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Rapport annuel des évêques

Année: 1872
Pays: Birmanie
Mission:
Rédacteur:Mgr Bigandet

Missions de Birmanie.
1872

Bien que l’ancienne mission de Birmanie ait été divisée, en 1870, par le Saint-Siége, en trois vicariats qui portent aujourd’hui les noms de Birmanie méridionale, Birmanie septentrionale et Birmanie orientale, les deux premiers demeurant confiés à notre Société, le troisième étant remis à la Congrégation des missions étrangères de Milan, nous continuons à réunir, sous le même paragraphe, les détails qui concernent nos deux vicariats de Birmanie, en attendant que la séparation complète soit effectuée.
Le peuple birman paraît donner, sous le rapport de conversions prochaines, d’assez grandes espérances. Des hommes influents sont même venus de plusieurs localités demander des missionnaires, promettant de s’instruire des vérités de la religion. C’est surtout, dans le Pégu que ce mouvement se manifeste et persévère malgré la famine qu’a produite l’absence presque complète de récoltes, depuis deux ans, et malgré les tremblements de terre qui sont venus accroître encore la détresse générale. Une moisson de 352 nouveaux convertis, durant l’année 1870, progrès relativement considérable, confirme ces résultats.
Les écoles de la mission se trouvent dans un état prospère. L’institution des soeurs de Saint Joseph de l’apparition donne, entre toutes, les résultats les plus satisfaisants, et recueille autant d’orphelines que le lui permettent ses faibles ressources.
Le séminaire continue à produire d’heureux fruits. Mgr Bigandet les énumère dans les lignes suivantes: « J’ai eu le bonheur de conférer les ordres mineurs à trois jeunes clercs « indigènes, et le diaconat à l’un de nos sous-diacres. Je mentionne ces ordinations avec un vif « plaisir, parce que je tiens surtout à la formation d’un clergé indigène. Parmi les 21 ouvriers « apostoliques qui travaillent dans ce vicariat, je compte trois prêtres du pays, ordonnés « depuis quelques années, et qui n’ont cessé par leur zèle, de se montrer dignes de leur « sublime vocation. »
L’imprimerie de la mission fonctionne avec une grande activité, et augmente toujours le nombre des ouvrages qu’elle édite en langue birmane. Ces ouvrages seront bientôt en quantité suffisante pour suffire à l’usage de tous les chrétiens . L’établissement de cette imprimerie a été pour la mission une source de grandes dépenses; mais les résultats de cette oeuvre de première importance compensent déjà très-amplement, par les fruits excellents qu’elle produit, les sacrifices assez considérables qu’elle a exigés dans le principe.
Durant l’année 1871, Mgr Bigandet a pu mettre enfin à exécution un projet, que, depuis longtemps, il avait fort à coeur: celui de fonder une mission régulière parmi les Indiens émigrés de la côte de Coromandel. Rangoon possède en ce moment une énorme population indienne. Ces gens s’y rendent pour gagner de l’argent, soit comme serviteurs des particuliers, ou du gouvernement, soit comme ouvriers pour travailler la terre. Parmi ces Indiens, se trouvent plus de mille chrétiens, dans la seule ville de Rangoon . Beaucoup d’entre eux amènent leurs femmes avec eux et ne songent plus à retourner dans leur pays. Mgr Bigandet a donc désigné un missionnaire spécial, pour s’occuper exclusivement de cette intéressante population. Deux écoles sont déjà ouvertes pour les enfants, ainsi qu’une chapelle où tous se rassemblent, pour les prières et les offices. Cette nouvelle mission promet beaucoup pour l’avenir. Dans le cours de l’année 1871, plus de vingt-cinq adultes païens y ont été baptisés . La distance qui sépare les lieux où vivent ces pauvres gens a rendu nécessaire l’adjonction de deux catéchistes au missionnaire qui en est chargé. Aussi, le bien qui s’opère parmi eux est-il des plus consolants . « Cette année, écrit Mgr Bigandet, à la fin de 1871, le nombre des « baptêmes d’adultes n’est pas très-considérable. Néanmoins, les chrétiens augmentent d’une « manière fort sensible . Quand je suis arrivé dans ce pays, la mission ne comptait guère que « quatre mille chrétiens. Aujourd’hui, le nombre s’en élève à plus de 9,300, sans compter de « 600 à 700 soldats européens ou indigènes catholiques.» Nous citerons encore les lignes suivantes qui donnent une idée très exacte du mode d’évangélisation le plus favorable dans ce pays. « Pour étendre efficacement le royaume de Dieu, dans ces pays, il faut un nombreux « personnel de missionnaires. Partout où un prêtre s’établit, il est sûr, avec un peu de temps et « de persévérance, de se voir bientôt environné d’une chrétienté nombreuse. On ne peut faire « que peu de chose par le moyen des catéchistes seuls, au milieu d’un groupe de païens. Ces « gens veulent un prêtre qui aille se fixer au milieu d’eux, qui les instruise, et dont ils « deviennent les disciples. Mais, où trouver des missionnaires en assez grand nombre, pour « occuper toutes ces localité? Il est diffcile de raisonner sur ce point, avec eux, et de les « convaicre. Ils voient, dans chaque village le moine boudhiste, dont la maison est le rendez-« vous des enfants pour l’école, et de leurs parents pour la conversation. Ils veulent, de leur « côté, avoir le prêtre au milieu d’eux, pour leur prêter aide et assistance dans leurs affaires, « aussi bien que pour en recevoir l’instruction religieuse.»
Les comptes rendus de l’administration mentionnent les chiffres suivants:

Exercice de 1870. Exercice de 1871.
Baptêmes d’adultes 352 212
Communions annuelles 3.600 4.000

La mission de Birmanie compte actuellement 9,350 fidèles, parmi lesquels 680 soldats européens ou cipayes. Elle possède 40 églises ou chapelles, dont cinq ont été récemment élevées . Le personnel de la mission compte: 1 évêque, 15 missionnaires français, 3 missionnaires italiens oblats, 1 frère italien oblat, 1 prêtre italien séculier, 1 prêtre de la Propagande, 3 prêtres indigènes et 4 clercs. Cruellement éprouvée par la mort de M. Rénier qui est allé au ciel la récompense de ses 36 ans d’apostolat, et par la perte de M. Navech, mort courageusement dans l’exercice de la charité, tandis qu’il soignait ses chrétiens atteints du choléra, la mission de Birmanie a reçu deux nouveaux confrères partis de France depuis notre dernier compte rendu.




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