| Année: |
1875 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Bigandet |
Birmanie méridionale
1875
Dans une lettre du mois de septembre dernier, adressée aux conseils de la Propagation de la Foi, Mgr Bigandet donne sur sa Mission les nouvelles que nous résumons dans les lignes suivantes :
Comme l’annonçait déjà le rapport de l’année dernière, la mission fondée à Rangoon et dans deux autres localités importantes, pour les nombreux chrétiens malabares déjà établis dans le pays ou qui arrivent, tous les ans, de la côte Coromandel, prend une consistance et un développement des plus encourageants. Avec les éléments les plus épars et les plus disparates, M. Le Rouvreur, qui en est chargé, est parvenu à former une chrétienté homogène, qui donne à ce digne missionnaire les plus grandes consolations. Il a bâti deux écoles ; l’une d’elles sert en même temps de chapelle ; elle est toute remplie les dimanches ordinaires, et elle est deux fois trop petite les jours de grandes fêtes. Vers le milieu de l’année, Mgr Bigandet a donné la confirmation à plus de soixante de ces Malabares, la plupart dans l’âge de 12 à 18 ans : il y avait aussi quelques personnes plus âgées, qui avaient été baptisées au mois de mars.
Vu le développement que prend cette mission, on a entrepris la construction d’une église en briques, dans une très belle position. S.G., entourée de tous les missionnaires présents à Rangoon, en a béni et posé la première pierre, et les fondements en étaient arrivés jusqu’au niveau du sol, à l’époque où Monseigneur écrivait. On devait continuer les travaux, au retour de la belle saison, en janvier. Les petits moyens des chrétiens malabares ne suffiront pas à la contruction de cet important édifice, mais on espère que la providence ménagera d’autres ressources.
Mgr Bigandet signale encore, au sujet de cette chrétienté, une particularité tout à fait favorable au progrès de la religion. Les chefs des Malabares, soit chrétiens, soit païens, vivent en très-bonne harmonie, et ils ont fait ensemble le pacte de s’aider mutuellement, pour prévenir les disputes qui peuvent surgir parmi leurs subordonnés. Il est entendu, d’ailleurs, que les païens ne s’opposeront pas à ce que ceux d’entre eux qui voudront se faire chrétiens embrassent la religion en toute liberté. Un accord de ce genre est d’autant plus important que, chez les Malabares, soit chrétiens, soit païens, il y a comme un instinct inné de se créer des chefs, qui exercent sur une autorité très-sérieuse, partout où ils se trouvent.
La mission des Carians continue aussi donner des consolations, bien que les mœurs et les usages de ces sauvages, qui ont l’habitude de vivre isolés les uns des autres, rendent le travail de nos confrères extrêmement pénible. Le plus difficile, toutefois, n’est pas d’arriver à leur donner l’instruction strictement requise pour recevoir le baptême ; la grande difficulté est de développer et de perfectionner cette instruction, et, surtout, d’amener ces pauvres gens à penser, sentir et agir d’après les principes du christianisme. Au sentiment de Mgr Bigandet et des confrères qui ont l’expérience de ces missions, le seul moyen de fonder solidement les chrétientés chez les Carians, et d’en assurer l’avenir, est d’y avoir des écoles. Déjà, deux beaux établissements de ce gence sont installés, l’un pour les garçons, l’autre pour les filles. Les familles étant éparpillées par petits groupes, formés à une grande distance les uns des autres, les enfants qu’on peut réunir dans les écoles doivent être généralement internes. On en compte 40 à l’école des filles, et 30 à celle des garçons.
Sur la fin de l’année dernière, Monseigneur a béni, à Bassein, une jolie église. Elle a été bâtie dans l’enclos où s’élève le grand établissement qui comprend à la fois : le noviciat pour les Frères des écoles chrétiennes, l’école anglaise, et l’école des catéchistes carians et birmans.
Les grands établissements dirigés, l’un par les sœurs du Bon-Pas-teur, à Rangoon, et l’autre par les sœurs de St Joseph de l’Apparition à Maulmein, continuent à prospérer et à donner de consolants résultats : le nombre des élèves va toujours en augmentant.
Le projet de construction d’un nouveau couvent à Rangoon, dont nous parlions dans notre lettre commune du 25 janvier 1874, a été heureusement réalisé par Mgr Bigandet, qui a d’ailleurs obtenu, pour cette œuvre, le bienveillant concours du gouvernement anglais.
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