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Rapport annuel des évêques

Année: 1876
Pays: Birmanie
Mission: Birmanie méridionale
Rédacteur:Mgr Bigandet

Birmanie méridionale. 1876

Dans le rapport annuel que Mgr Bigandet adresse aux membres des Conseils de la propagation de la foi , Sa Grandeur constate les bonnes dispositions des fidèles et le dévouement des Missionnaires. « Le levain de la bonne nouvelle, par l’action de la grâce, fermente dans un grand nombre d’âmes. De plusieurs points opposés de la Mission, on ne cesse de me demander des Missionnaires… En maintes occasions, la Providence semble venir à l’aide de nos confrères dans l’exercice de leur ministère et cela d’une manière presque miraculeuse, ce qui ne laisse pas de toucher les néophytes et même les païens qui en sont témoin. »
Mgr de Ramatha cite à cette occasion deux faits extraordinaires qui se sont passés récemment dans sa Mission. Les néophytes confiés aux soins de M. Tardivel, désireux de concourir à la construction de l’église que notre confrère élève dans son district, se sont improvisés maçons, charpentiers, etc… Un d’eux conduisait un jour un chariot pesamment chargé de poutres de bois de fer. Chemin faisant, notre charretier s’endort, tombe par terre et une des roues lui passe sur les deux jambes. Les os auraient dû être broyés. Mais le néophyte travaillait au service du bon Dieu. Aussi le vit-on au grand étonnement de tous, se relever et marcher comme si rien ne lui était arrivé.
Une bonne Cariane voulait construire une église dans une nouvelle chrétienté. Mais la mort ne lui permit pas de voir la mise à exécution de son projet. Néanmoins , elle avait pris des précautions , et, dans ses dernières volontés, n’avait pas oublié l’église projetée. Mais elle avait compté sans sa fille. Celle-ci, avec l’aide d’autres parents, réclame d’abord le corps de sa mère et veut le faire enterrer avec toutes les superstitions en usage chez les païens . Elle n’y réussit pas. Elle espérait du moins empêcher la construction de l’église, mais le châtiment de Dieu l’attendait, ses deux complices moururent alors subitement ; elle-même perdit sa fortune qui était considérable, et actuellement elle est réduite au plus grand dénuement. Chrétiens et païens ont attribué ces malheurs à un châtiment de Dieu…
Mgr Bigandet ajoute quelques détails sur les établissements d’instruction dont sa mission est heureusement dotée et sur leur développement : « Nos établissements pour l’éducation sont très-considérables . Les écoles sont bien tenues et très-fréquentées. La ville de Rangoun prend toujours de nouveaux accroissements et la population métis surtout se multiplie sur une grande échelle. Mais les moyens d’existence n’augmentent pas dans la même proportion. Une foule d’individus viennent ici de Madras, de Calcutta et d’autres parties de l’Inde. Tous arrivent sans le sou, et, après quelques jours de déception, ils se trouvent réduits à la misère. Souvent ils ont de la famille. Les enfants ont besoin d’un asile. Nous avons de la place en suffisance pour les filles. Mais nous n’avons pas un local assez vaste pour les garçons. Les chers frères de la doctrine chrétienne, avec un zèle que je ne saurais trop louer, s’imposent d’énormes sacrifices, afin de fonder , attenant à leur maison, un orphelinat pour les enfants pauvres et abandonnés. Dans un mois ou deux, ils seront à même de recevoir un bon nombre de ces pauvres délaissés. Ce n’est pas seulement dans les villes, mais au milieu des bois, au sein d’une population qui vit seulement de la culture des champs de riz, que le zèle pour l’éducation de la jeunesse opère des merveilles. Le P. Bertrand, dans une chrétienté d’environ 1,500 âmes, vient de construire à neuf, avec l’aide de ses chrétiens , deux belles écoles , vastes , bien aérées, et solidement bâties. Le P. Bringaud, dans son district, a réalisé les mêmes œuvres , qui réellement ont excité ma surprise d’abord, puis mon admiration au plus haut degré. J’ai chaleureusement félicité ces deux chers confrères , des résultats extraordinaires qu’ils avaient obtenus par leurs efforts aussi intelligents que persévérants. Pour tout dire en un mot, les missionnaires, les frères et les sœurs, chacun dans sa sphère, rivalisent de zèle et de charité, d’abnégation et de dévouement. Ils sont le sujet de ma joie, de ma consolation et de mon édification.



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