| Année: |
1877 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie septentrionale |
| Rédacteur: | Mgr Bourdon |
Birmanie septentrionale.
1877
Nos confrères ont suivi avec le plus vif intérêt les essais tentés , au milieu de toutes sortes de difficultés , pour étendre le royaume de Dieu dans les vastes régions qui séparent la Birmanie de la Chine, parmi les tribus diverses qui en occupent le sol. Nous avons déjà eu l’occasion de signaler les avantages que procureront un jour à nos Missions de l’ouest de la Chine les communications qui ne tarderont pas à s’établir d’une manière régulière entre l’Inde et le Céleste-Empire par la Birmanie. Déjà plusieurs touristes anglais et américains, que le meurtre de M. Margary n’avait pas découragés, ont heureusement effectué le voyage de Chine en Birmanie. A leur suite, deux chrétiens du Yun-nan sont venus apporter à M. Lecomte des lettres de M. Le Guilcher, et, si aucun obstacle ne survient , M. Proteau se dispose à faire le même voyage. Tandis que les Missionnaires du Yun-nan s’établissent à Taly-fou, nos confrères de la Birmanie s’avancent à leur rencontre, et bientôt, nous l’espérons, la croix marquera ce chemin sur lequel l’étranger ne trouve actuellement que dangers et obstacles. Mais cette marche en avant des missionnaires de la Birmanie ne se fait pas qu’au prix des plus grands sacrifices : « MM. Faure et Cadoux, nous écrit Mgr Bourdon, se maintiennent toujours dans le village katchine de Chya-oo-boun, mais, hélas ! que de fatigues, que de souffrances il leur faut endurer ! Les larmes me viennent aux yeux quand je songe que, dans ces montagnes inhospitalières, ces pauvres confrères manquent de tout, sont exposés à tous les dangers. » « Par malheur, écrit de son côté M. Lecomte, la dernière saison des pluies a été longue et pénible pour tous ; les fièvres, occasionnées surtout par les privations, nous ont réduits à un triste état de santé. Quoi qu’il en soit, tout le monde est à son poste et y restera. Sans espérer de voir finir bientôt nos misères, nous sommes néanmoins assurés que le plus difficile est passé, nous avons enfin un gîte. MM. Faure et Cadoux savent la langue assez pour pouvoir désormais se faire comprendre des sauvages et leur annoncer la bonne nouvelle. (« Cette étude, nous dit Mgr de Dardanie, était d’autant plus ardue que nos confrères avaient moins de ressources à leur disposition, privés qu’ils étaient de livres, de dictionnaires, etc. ») Néanmoins, nous ne nous faisons pas illusion ; nous nous attendons à ce que nos travaux restent sans fruit, peut-être pendant plusieurs années. Nos pauvres sauvages, abrutis par l’opium, sont peu sensibles à nos bons procédés. Notre maison, il est vrai, est toujours remplie de visiteurs, mais de cette curiosité à l’intelligence du bien que nous voulons leur faire, la distance est grande. On a fait tous les efforts possibles pour attirer les enfants et les déterminer à demeurer avec nous ; jusqu’à présent on n’a pu y réussir. Impossible même de trouver des domestiques … Quoi qu’il en soit, puisque le bon Dieu nous a conduits au milieu de ces pauvres gens, c’est qu’il a sur eux des vues de miséricorde.
« Tandis que MM. Cadoux et Faure sont installés sur la montagne de Chya-oo-boun, M. Lyet se dispose à partir dans une autre direction et à planter sq tente sur la montagne, à l’est de Bhamo. »
Bien que lointaines encore, les espérances de nos confrères n’en sont pas moins fondées. Que n’ont-ils, hélas ! le même espoir auprès des populations birmanes, jusqu’à présent sourdes à leurs sollicitations, endurcies dans leur ignorance et dans leurs superstitions !
Nous ne terminerons pas ce rapide exposé de la situation et des épreuves des Missionnaires de la Birmanie septentrionale, sans exprimer le vœu que nous formons pour que Dieu bénisse leurs courageuses entreprises , leur donne la force et la santé, et rende à leur affection leur vénérable Vicaire Apostolique , qu’une cruelle maladie a momentanément éloigné de sa chère Mission.
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