| Année: |
1881 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Bigandet |
Birmanie méridionale .
1881
L’administration dans la Mission de la Birmanie méri-dionale n’a été marquée par aucun incident important ; le chiffre ordinaire des baptêmes d’adultes s’est maintenu, et le succès n’a pas manqué au zèle des Missionnaires.
« Partout, écrit Mgr Bigandet, nos Missionnaires ont travaillé avec un zèle et une ardeur que j’ai été le premier à reconnaître et à admirer, et que je me sens heureux de signaler à votre attention .
« A Rangoon et dans le voisinage, nous avons au moins 1,880 néophytes indiens. M. Le Rouvreur, par son travail infatigable, sa patiente persévérance, est parvenu à for-mer une véritable paroisse composée de chrétiens qui, par leur bonne conduite, sont un objet d’édification pour tous et de consolation pour leur excellent pasteur. C’est un plaisir de voir leur vaste église remplie, même les di-manches ordinaires, d’une foule d’hommes et de femmes. Aux fêtes solennelles, le local est beaucoup trop petit . Je suis sûr qu’un tiers de la paroisse ne trouve pas accès dans le lieu saint. Ceux qui ne peuvent entrer se tiennent au dehors, priant on union avec ceux qui sont dans l’église. Cette chrétienté s’accroît toujours, non seulement par l’émigration de la côte Coromandel, mais surtout par les nombreuses familles qui se forment sans cesse d’une année à l’autre. Cette paroisse a ses écoles et même un orphelinat .
« La Mission parmi les Carians est sans contredit celle qui est cultivée par le plus grand nombre de nos Missionnaires. C’est elle qui fournit le plus de chrétiens.
Mais elle offre de grandes difficultés que j’ai déjà eu l’honneur de vous signaler dans des rapports précédents... Je vous parlais surtout de l’habitude invétérée qu’ont ces habitants des forêts, de vivre dans de petits hameaux de deux ou trois maisons, éparpillés dans toutes les direc-tions, au milieu du delta de l’Iraouaddy, sur un terrain qui, pendant sept mois de l’année, est plus ou moins accessible. Ces maisons ne sont abordables qu’au moyen de petits bateaux .
« A cet inconvénient qu’on ne peut bien comprendre que lorsqu’on est sur les lieux et que l’on se trouve obligé de visiter ces localités pendant la saison des pluies, il faut en ajouter un autre ou quelquefois plusieurs qui font saigner le cœur des Missionnaires. Je veux parler des maladies, principalement du choléra et de la petite vérole. Il n’y a pas d’année où quelques-uns de nos districts carians ne soient visités par l’un ou l’autre de ces deux fléaux . Je viens de recevoir une lettre de M. Brin-gaud, Missionnaire dans un district qui occupe un des plus beaux sites du pays, et qui semble réunir toutes les con-ditions de salubrité . Cependant, le choléra a sévi en ce lieu avec une extrême violence pendant les mois de juin et de juillet, c’est-à-dire pendant la saison des pluies, enlevant avec plusieurs autres, quatre des principaux chrétiens qui étaient très dévoués à la Mission . L’an dernier, ce fléau a exercé ses ravages dans un district confié aux soins de M. Bertrand, et cette année, la petite vérole lui a enlevé un bon nombre de ses ouailles .
« Pour encourager nos chers Confrères au milieu de leurs épreuves, plusieurs faits providentiels qui m’ont été signalés, indiquent que le bon Dieu est avec ses fidèles serviteurs. Il y a quelques mois seulement, j’étais dans une localité située près de Rangoon, et j’ai constaté avec un grand plaisir que M. Kern, tout en s’occupant des différents groupes de chrétiens et des païens qui sont dans son district, est parvenu à créer et à maintenir deux écoles nombreuses et florissantes, l’une pour les filles et l’autre pour les garçons .
« Nos grandes écoles, sous la direction des Frères et des Sœurs , sont toujours sur un excellent pied et me donnent les plus vives satisfactions . Elles sont la source d’un grand bien spirituel et temporel pour la Mission . »
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