| Année: |
1885 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie septentrionale |
| Rédacteur: | Mgr Bourdon |
IV. _ Birmanie Septentrionale. 1885
Population catholique 1800
Baptêmes de païens 35
Baptêmes d’enfants de païens 277
La mission de Birmanie septentrionale a été, cette année, le théâtre de graves événements politiques.
L’Empire Birman n’existe plus ; le dernier des Alongpara est parti pour l’exil, et l’Angleterre gouverne à Mandalay.
« Sans doute, dit Mgr Bourdon, c’est une puissance protestante qui s’empare du pays. Mais ceux qui connaissent cette puissance doivent à la simple justice et à l’évi-dence d’avouer que nous jouissons, sous elle, non seule-ment de la plus parfaite liberté, mais d’une protection très pratique et bien entendue.
« Au lendemain de la conquête et dans la confusion inséparable de telles circonstances, j’ai demandé protec-tion, pour nous et pour les nôtres, à M. Prendergast, le général en chef de l’expédition, et je me plais à proclamer qu’on me l’a tout de suite accordée, et de la façon la plus gracieuse du monde. »
Cependant les missionnaires ont dû payer un très dur tribut aux bandes de brigands qui infestent maintenant tout le pays.
A Bhamo, MM. Cadoux et Fercot ont été faits pri-sonniers ; pendant leur captivité de huit jours, leur vie ne tenait que par un fil ; heureusement, les Anglais sont arrivés à Mandalay, et nos confrères ont été aussitôt relâ-chés, mais ils ont perdu tout ce qu’ils possédaient.
A Nabeck, résidence de M. Lecomte, une bande de six cents voleurs armés jusqu’aux dents se sont précipités dans toutes les maisons du village et rien n’a été épargné. Chevaux, bœufs, or, argent, vêtements, tout est devenu la proie de ces brigands. « Ce qu’ils n’ont pu emporter, ils l’ont brisé en mille pièces : tables, chaises, tableaux, statues, tabernacle. Ils ont outragé le crucifix et ont tout souillé.
« M. Laurent, à Moulha, a subi un sort semblable à celui de M. Lecomte, et si ces deux missionnaires avaient été saisis par les brigands, nul doute qu’on ne les eût massacrés. »
Les pertes totales à Bhamo, à Nabek et à Moulha, peuvent être évaluées à 20.000 roupies.
De plus, la mission a été éprouvée par la perte de M. Ellerbach, à peine âgé de 25 ans, qui promettait à la mission les plus précieux services, et par la maladie de trois autres missionnaires.
Aujourd’hui le calme commence à renaître ; MM. Fercot et Cadoux sont retournés à Bhamo, et le gouverneur de cette ville, qui était fort hostile aux chrétiens, vient d’être changé.
Espérons que, sous la nouvelle administration qui va s’établir, nos confrères verront enfin le succès répondre à leurs efforts, et la mission de Birmanie Septentrionale prendre les développements rapides qui ont été jusqu’ici refusés au zèle des ouvriers apostoliques.
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