| Année: |
1894 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie Septentrionale |
| Rédacteur: | Mgr A. USSE |
IV. ─ Birmanie Septentrionale
Population catholique 4.773
Baptêmes d’adultes 255
Baptêmesd’enfantsdepaïens 60
Conversions d’hérétiques 2
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LETTRE DE MGR USSE, ÉVÊQUE TITULAIRE DE SELGE,
VICAIRE APOSTOLIQUE DE LA BIRMANIE SEPTENTRIONALE, A MM.
LES DIRECTEURS DU SÉMINAIRE DE PARIS.
Mandalay, le 31 octobre 1894.
Bien chers et vénérés Directeurs,
L’œuvre du bon Dieu est en progrès dans notre chère Mission de la Birmanie du Nord ; le démon perd du terrain ; et, sur les ruines du bouddhisme, la croix s’élève glorieuse et triomphante. Aussi, est-ce en rendant grâces à l’infinie miséricorde que le nouveau Vicaire apostolique de la Mission du Sacré-Cœur de Jésus commence ce compte-rendu.
Cette année, mes confrères ont eu la consolation de baptiser 255 adultes. Dans une mission où, naguère encore, les efforts des missionnaires étaient condamnés à une stérilité presque complète, ce chiffre est très éloquent. Après Dieu, auteur de tout don parfait, c’est notre regretté Père, Mgr Simon, qui l’a fait si riche et si beau. Du haut du ciel, il a prié pour ses pauvres enfants, et je tiens à lui donner un témoignage de ma reconnaissance en disant de lui avec la Sainte Ecriture : « Sa mémoire ne s’effacera jamais de nos cœurs, et son nom sera « transmis de génération en génération. » Non recedet memoria ejus, et nomen ejus requiretur a generatione in generationem (Ecclesiast., XXXIX, 13).
Le 1er avril dernier, je reçus la consécration épiscopale des mains de Sa Grandeur Mgr Cardot, Vicaire apostolique de la Birmanie méridionale, dans notre belle cathédrale de Mandalay. Quelques jours après mon sacre, je partis pour une tournée pastorale à travers la Mission, et j’eus le bonheur de constater les heureux fruits du zèle qui anime mes confrères. J’attribue les résultats obtenus à l’établissement de la Ligue du Sacré-Cœur dans les divers postes du Vicariat. Il ne manque qu’une chose à nos vieux chrétiens ; un peu plus de zèle pour la conversion de leurs frères païens. Sans prétendre au monopole du paradis, ils ne font pas tout ce qu’ils pourraient faire sans se gêner pour en ouvrir les portes à leurs amis. Les missionnaires s’efforcent de déraciner ce défaut, et cherchent parmi leurs chrétiens des auxiliaires pour la conversion des païens. Ils y arriveront, en inculquant à la jeunesse des principes de charité vraiment catholique, et en formant des catéchistes zélés, qui leur seront si utiles dans les nouveaux postes. Sous ce rapport, je dois le dire, ils ont déjà obtenu d’encourageants succès.
Passons maintenant en revue, si vous le voulez bien, les différents postes de la Mission.
A la ville d’Or (Mandalay), nous avons la paroisse de la cathédrale, qui compte 835 catholiques, dont 335 européens ou eurasiens et 500 birmans. M. Octave Huysman, provicaire, en est chargé ; il s’occupe en outre des soldats catholiques. Le chiffre des communions mensuelles s’élève à 235 dans cette paroisse, et la ligue du Sacré-Cœur y fait un bien immense. Les birmans surtout sont édifiants ; ils donnent le bon exemple aux européens.
Le couvent de Saint-Joseph est attaché à la cathédrale. L’éloge de nos chères Sœurs n’est plus à faire. Elles se dépensent avec un admirable dévouement à la formation intellectuelle et morale de 275 élèves, dont 145 européennes ou eurasiennes et 130 birmanes. Cette année encore, leurs élèves ont obtenu de très beaux succès aux examens.
Le 18 avril dernier, eurent lieu l’inauguration du nouveau couvent et la distribution des prix. M. Pope, directeur de l’Instruction publique en Birmanie, honora de sa présence cette fête de famille et n’eut que des félicitations à adresser aux maitresses et aux élèves.
Les Sœurs ont aussi une maison de refuge pour les vieilles femmes, et elles ont envoyé au ciel neuf de ces chrétiennes de la veille. ─ A la cathédrale et au couvent, il y a eu 17 bapuimes d’adultes et 4.800 communions de dévotion.
Aujourd’hui que l’instruction joue un si grand rôle en Birmanie, une école de garçons est absolument nécessaire, à Mandalay. Je me suis occupé de cette importante affaire, et le gouvernement a bien voulu m’accorder un subside. L’an prochain, nous bâtirons l’école sur un terrain que nous possédons depuis longtemps déjà.
M. Boulanger est toujours à la tête de la chrétienté tamoule, qui compte 450 âmes environ. « Le grand événement de, cet exercice, m’écrit-il, a été la construction de l’église des indiens, « qui va se terminer sous peu. L’édifice est de style roman et domine de toute la hauteur de « son dôme (75 pieds au-dessus du sol), les maisons qui l’environnent. Mes pauvres « néophytes sont fiers de leur église, qui n’est cependant rien moins qu’un monument « somptueux, et promettent d’y venir entendre la messe avec toute la régularité désirable. Ils « espèrent que Votre Grandeur voudra bien, à l’occasion de la fête de saint François-Xavier, « mettre la dernière main à l’édifice par une bénédiction solennelle. Inutile de vous dire, « Monseigneur, que je m’associe au vœu exprimé par mes chers paroissiens et que leur désir « est le mien. »
M. Boulanger a baptisé 3 adultes.
L’évangélisation des chinois de Mandalay vient d’être reprise. Elle, avait été forcément interrompue à la mort de M. Fercot, qui, seul, parmi les missionnaires, connaissait suffisamment la langue chinoise pour exercer le saint ministère auprès des enfants du Céleste Empire, que le commerce ou la misère amènent en Birmanie. Le bon Dieu a eu pitié des chinois que nous avons ici, en m’envoyant un prêtre zélé qui parle très bien leur langue et connaît parfaitement leurs coutumes. C’est M. Lafon, naguère encore directeur au collège de Pinang. Chaque jour, notre nouveau confrère rassemble ses catéchumènes dans un local spécial et leur apprend les prières et le catéchisme. La chrétienté chinoise a été mise sous le patronage de saint Joseph, et M. Lafon a déjà envoyé au ciel, comme prémices de son apostolat, deux néophytes ondoyés in articulo mortis. Un catéchiste, destiné à aider notre confrère, est attendu de Pinang, ces jours-ci. J’ai en outre adressé une supplique au gouvernement pour obtenir la concession d’un terrain près du quartier chinois, afin d’y bâtir une église.
Sortons maintenant de la ville, et allons aux Jardins Royaux. C’est là, à l’ombre des manguiers, que se trouve notre léproserie Saint-Jean. Elle abrite 124 lépreux, grands et petits. MM. Wehinger et Martin dirigent l’établissement et soignent les malades avec un dévouement dont l’éloge n’est plus à faire. Le 17 de ce mois, j’ai eu le bonheur de régénérer, dans les eaux du saint baptême, 44 de ces pauvres lépreux ; une dizaine d’autres avaient déjà été baptisés durant l’année.
M. Martin, de son côté, en parcourant la ville, à la recherche de ceux qu’il aime à appeler ses amis, a eu la consolation d’en ondoyer 22, qui n’ont pas tardé à échanger leur vie de misère contre les joies du paradis. Le chiffre des baptêmes de lépreux est donc de 78 : c’est là un magnifique résultat, et je ne saurais assez recommander notre œuvre a la charité des bonnes âmes de France.
Nous commencerons la visite des districts par le sud de la Mission, si vous le permettez.
A 160 milles de Mandalay, sur la ligne du chemin de fer, nous trouvons d’abord Pyinmana (76 catholiques). C’est une ville pittoresque et d’un climat très sain : nous y avons établi le séminaire Saint-Louis de Gonzague, qui n’est autre qu’une école préparatoire au collège de Pinang où nous avons déjà 4 élèves. 12 petits latinistes, pleins de bonne volonté et d’entrain, étudient à Pyinmana, sous la direction du P. Augustin. Cet excellent prêtre indigène s’est toujours fait remarquer par une grande aptitude pour l’instruction des enfants. Il aime ses élèves et en est aimé.
Au nord de Pyinmana, nous avons Tha-ya-gon, village de fondation récente. Là sont rassemblées une vingtaine de familles sous la houlette de M. Ruppin. La plupart de ces familles sont prêtes à recevoir le baptême, et je compte le leur administrer moi-même dans les premiers jours de novembre. Les Anglais avaient bâti un fortin à l’ouest du village : on y a établi l’oratoire du poste et le fort anglais est devenu le fort du bon Dieu, où les âmes faibles trouveront un refuge assuré.
M. Legendre réside à Yemethin, centre important, autour duquel on rencontre de beaux villages païens que le zèle de notre confrère n’a pas encore réussi à entamer, à cause surtout de l’hostilité des mahométans établis dans ces parages : Musulmani inimici nostri, disait avec raison un vieux missionnaire italien ; mais la grâce du bon Dieu est toute puissante, et M. Legendre ne perd pas courage.
A Meiktila, petite ville située sur le bord d’un lac charmant, M. Jarre remplit les fonctions d’aumônier auprès des soldats, tout en s’occupant des chrétiens de l’endroit. Il a ouvert un catéchuménat pour les païens ; une dizaine de familles y apprennent la doctrine. J’ai bénit la chapelle du poste militaire nouvellement construite.
Plus haut et presque aux portes de Mandalay, le voyageur aperçoit une flèche élégante qui émerge au milieu des manguiers touffus : c’est le clocher de la petite église de Chan-tha-gon (colline du bonheur). Nous avons là 100 catholiques et 30 catéchumènes. Le 24 mai dernier, le village avait pris un air de fête, les rues étaient pavoisées et la joie de l’âme se reflétait sur tous les visages : 38 adultes allaient recevoir le baptême. Je les baptisai moi-même ; de plus j’armai soldats du Christ par l.’onction du saint chrême plusieurs de nos néophytes et distribuai le pain des anges à des enfants qui ne l’avaient pas encore goûté. Que de grâces, en un même jour, descendirent sur ce petit coin de la terre. Naguère encore il ne produisait que des ronces et des épines, et le voilà désormais embaumé du parfum de toutes les vertus chrétiennes ! M. Pelletier et le P. Tobie, son auxiliaire, étaient heureux au-delà de toute expression, à la vue des fruits si consolants de leurs travaux et de leurs sacrifices.
Le principal orphelinat de la Mission se trouve à Chan-tha-gon : les jeunes enfants étudient ; ceux qui sont plus grands apprennent un métier qui leur permettra de gagner leur vie, un peu plus tôt, un peu plus tard, à leur sortie de chez nous.
L’ouvrage ne manque donc pas à Chan-tha-gon. Cependant M. Pelletier vient de fonder un nouveau poste à Kenlat, où 18 familles de potiers s’instruisent avec ardeur. Il doit aussi visiter les chrétiens et les catéchumènes de Kyauksé.
Quittons la ligne du chemin de fer que nous avons toujours suivie jusqu’ici, et rendons-nous à Myingyan chez M. Duhand. Les chrétiens sont au nombre de 232. Notre confrère a baptisé deux adultes, cette année, dans son vaste district qui s’étend à une distance de plus de 100 milles vers le sud, et comprend quatre villes importantes : Myingyan, Pakokoo, Minboo et Magoué. J’ai bénit l’église de Myingyan ; l’oratoire de Pakokoo est dédié à saint François-Xavier, et celui de Magoué à saint Joseph.
Le poste de Nabeck, l’un des plus anciens de la Mission, est administré par M. Foulquier : 291 catholiques. C’est de cet excellent village que sont sortis la plupart de nos prêtres indigènes. Notre cher confrère s’y dépense tout entier aux œuvres fondées par le regretté M. Lecomte : il a baptisé 4 adultes.
A 20 milles au nord de Nabeck, nous rencontrons Choungoo, gros bourg de 15 à 20.000 âmes. La station se compose de 270 chrétiens ; M. Giraud y a conféré le baptême à 4 païens. Notre confrère est aussi chargé de la petite chrétienté de Monywa, sur les bords du Chindwen. Cette ville, un des boulevards du bouddhisme en Birmanie, est célèbre par son commerce, par le grand nombre de ses moines à robe jaune, et surtout par l’immoralité proverbiale de ses habitants. Si sa santé le lui eût permis, M. Giraud aurait visité nos quelques chrétiens de Kendat, qui, à cause de leur éloignement, n’ont pas vu de prêtre depuis quatre ans ; mais il a dû se borner à la visite de Kalewa, petite ville située au confluent du Myitha et du Chindwen.
Il y a trois districts dans le nord-ouest de la Mission. Shwebo est illustre dans les Annales de l’histoire de la Birmanie. En effet, cette ville se glorifie d’avoir vu naître Alompra, chef de la dynastie que l’Angleterre a chassée du trône. Elle est occupée aujourd’hui par un régiment européen dont M. Herr est aumônier. Le district compte 505 catholiques, dont 365 à Schwebo même. M. Herr n’a pas un moment libre d’un bout de l’année à l’autre, mais grâce à son énergie peu commune et à sa robuste santé, il suffit à tout. Cette année, il a bâti l’église de Shwebo ; un généreux chrétien, Alphonse Moung Thaihnan, à qui nous devons aussi les deux églises de Chan-tha-gon et de Chan-tha-ywa, lui a procuré les fonds nécessaires à la construction de l’édifice. La bénédiction solennelle eut lieu le 31 mai dernier, en présence de 12 missionnaires ; la veuve de notre insigne bienfaiteur, qui était allé, quelque temps auparavant, recevoir au ciel la récompense de sa charité, assistait à la cérémonie que je présidai moi-même. La musique militaire joua ses plus beaux morceaux : rien ne manqua à la fête.
Trois mois plus tard, le 8 septembre, je retournai chez M. Herr pour baptiser 42 birmans adultes. Notre zélé confrère a fondé deux nouveaux postes : le premier à Ouaihmyot et le second à Tenpaoukon ; il visite, tous les ans, Kambalou, Wountho, Mogouk, Youatung et Sagaïn. Dans cette dernière ville, ancienne capitale des rois Birmans, nous n’avions pas encore de chapelle. Je viens d’y acheter un terrain sur lequel nous ne tarderons pas à construire un oratoire et une résidence. « Il me semble, écrit M. Herr, que dans un avenir « prochain, nous allons cesser d’être des glaneurs et devenir des moissonneurs. Fiat ! Fiat ! »
M. Faure réside à Chan-tha-ywa, où nous avons eu autrefois plus de 600 catholiques : il n’en reste aujourd’hui que 359 ; les autres ont émigré vers le sud par crainte des brigands qui infestaient le pays avant l’arrivée des Anglais. Les chrétiens de Chan-tha-ywa sont simples et pleins de respect pour le missionnaire, qui est tout à la fois leur roi, leur père et leur juge. L’église du poste avait été incendiée en 1885 par les dacoïts ; la modicité de nos ressources ne nous avait pas permis de la rebâtir ; mais grâce à la générosité d’Alphonse Moung Thaihnan, elle vient de renaître de ses cendres plus belle qu’autrefois. La bénédiction en a été faite par moi, le 18 février, en présence d’une foule de chrétiens et de païens accourus de tous les environs. Le soir de la fête, on a représenté Joseph vendu par ses frères : cette petite scène a eu un grand succès et tout le monde s’en est retourné content.
M. Faure a baptisé 3 adultes dans son district qui comprend aussi Yé-u (87 chrétiens, avec une église, et unc école).
Monhla et Chyaou-yo : 300 catholiques, 2 églises et 2 écoles. M. Laurent, chef de ce district avait tenté une expédition chez les Chins. La maladie de ses compagnons lui a fait abandonner momentanément son projet, et il est allé revoir ses chrétiens de Monhla, dont il partagea les souffrances et soutint le courage pendant la tourmente de 1885. A cette époque, les brigands portaient de tous côtés la terreur, la dévastation et la ruine. Ils essayèrent d’incendier l’église et le presbytère de Monhla ; mais ils en voulaient surtout au Père qui dut se cacher dans les hautes herbes de la forêt. La Providence le sauva. Il va rebâtir l’église de Monhla qui menace ruine, et réparer, autant que lui permettront ses faibles moyens, les désastres causés par le fer et le feu, à l’époque néfaste dont je viens de parler.
Passons aux districts du Nord. ─ Bhamo auquel se rattache Katha (petit poste de 50 catholiques) est confié aux soins de M. Bérard. Notre confrère a réussi à ramener au bercail quelques brebis égarées, et, s’il avait le don des langues, il ferait un bien immense dans cette grande ville frontière, où toutes les races se coudoient et toutes les religions se pratiquent. Parmi nos 80 chrétiens de Bhamo, il y a des birmans, des chinois, des indiens et des eurasiens. M. Bérard s’occupe aussi des soldats de la garnison.
Plus au nord, et presque au pied des montagnes Katchyns, à Nan-kaïpa, poste fondé par M. Cadoux, de vénérée mémoire, le bon Dieu a des enfants qui l’adorent et qui l’aiment. C’est là que réside M. Accarion. J’allai le voir au mois de juin dernier. Sa maison n’est rien moins qu’un palais ; il y vit heureux cependant avec le bon Dieu. J’eus le bonheur de célébrer la messe dans son pauvre Bethléem et d’adresser la parole aux nouveaux convertis. Il y a là 37 catholiques et 80 catéchumènes katchyns, shans ou birmans, qui seront baptisés l’an prochain.
Nous avons obtenu du gouvernement un terrain situé près du confluent du Tapin et de l’Irawaddy. Comme il est bien préférable à celui que nous possédons en ce moment, M. Accarion ne tardera pas à y transporter sa tente. Que les bénédictions du Ciel descendent sur les travaux du missionnaire pour les féconder et assurer l’avenir de sa jeune chrétienté.
Vous voyez par ce compte-rendu, bien chers et Vénérés Directeurs, que les missionnaires de la Birmanie du Nord travaillent avec ardeur au salut des âmes, et que le Sacré-Cœur de Jésus se plaît à bénir les efforts de ses vaillants soldats ; mais nos succès seraient beaucoup plus grands si les ouvriers apostoliques étaient plus nombreux. Et puis, comment ferons-nous, si la maladie et la mort viennent décimer nos rangs ?... D’ailleurs nous ne suffisons déjà plus à la besogne. Voilà au sud-est de la Mission 2.000 Carians qui nous appellent et tendent les bras vers nous. Mon cœur se brise quand je considère l’impossibilité dans laquelle je me trouve de leur porter secours. Envoyez-nous des missionnaires : je vous en conjure pour l’amour de Dieu et le salut des âmes.
Le 20 mai, fête de la Très Sainte Trinité, j’ai ordonné deux prêtres et conféré la tonsure à un de nos anciens élèves de Pinang. Je fis donner à la cérémonie, toujours si imposante par elle-même, le plus d’éclat possible, pour l’honneur du sacerdoce d’abord, et aussi pour stimuler le zèle des parents et les engager à faire plus volontiers à Dieu le sacrifice de leurs enfants. J’ai déjà nommé le P. Augustin en parlant du séminaire. Le P. Paul est chargé de l’école des garçons à Mandalay ; il s’occupe en outre de la cathédrale et du chant. Nos deux jeunes prêtres sont bien édifiants et nous rendent de grands services.
Cette année, le choléra a fait de nombreuses victimes, à Mandalay et dans plusieurs autres centres de la mission ; par une protection toute spéciale du bon Dieu et de la très sainte Vicrge, nos catholiques ont été épargnés.
Bien chers et vénérés Directeurs, je vous remercie de tout cœur du bienveillant intérêt que vous nous avez témoigné en nous accordant deux nouveaux confrères. Priez souvent pour le vicaire apostolique et les missionnaires de la Birmanie septentrionale, qui prieront de leur côté pour la réalisation de tous vos saints désirs.
Veuillez agréer...
† A. USSE,
Ev. tit. de Selge.
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