| Année: |
1906 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Cardot |
III. ─ Birmanie méridionale
Population catholique 48.400
Baptêmes d’adultes 423
Conversions d’hérétiques 22
Baptêmes d’enfants de païens 35
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« La lecture des rapports de nos chefs de district, écrit Mgr Cardot, prouve, une fois de plus, qu’il sont obligés de se donner déjà beaucoup de mal, pour maintenir et développer les chrétientés existantes. Certains postes, en effet, sont aujourd’hui de vraies paroisses, avec plusieurs succursales, dont la visite absorbe toute l’activité du curé et lui laisse à peine le temps de glaner çà et là quelques épis en terre infidèle.
« L’œuvre des baptêmes d’adultes se ressent d’un tel surcroît de travail. Cette année en particulier, le chiffre des conversions a beaucoup diminué, mais j’ai la joie de constater que les résullats de l’administration proprement dite sont notablement supérieurs à ceux des années précédentes.
« Dans le compte rendu de 1905, j’ai indiqué les autres obstacles que rencontre l’évangélisation en Birmanie méridionale. Je n’y reviens que pour signaler la misère de plus en plus grande, à laquelle beaucoup de nos chrétiens carians sont réduits aujourd’hui, par suite de leur imprévoyance et de leur manque de jugement. Ainsi il suffit qu’un membre de la famille ; même éloigné, ait maille à partir avec la justice, pour que les parents se croient obligés de le tirer d’embarras à prix d’argent. Les moyens font-ils défaut, on n’hésite pas à emprunter à gros intérêts, ou même avec hypothèque, et voilà plusieurs familles ruinées à tout jamais. Il n’y a pas, je crois, un seul poste dans la mission, où chaque année, quelques champs de chrétiens ne passent ainsi entre les mains d’usuriers païens. De là vient qu’un bon nombre de nos néophytes émigrent et cherchent fortune ailleurs : mais « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». C’est le cas pour nos Carians.
« D’autre part, la lutte entre baptistes et catholiques est à l’ordre du jour, à peu près partout. Tant à cause de l’émigration dont je viens de parler que de la propagande du trop fameux prophète carian, Ko-Sanyay, alias Hpo-Paik-San, nos rivaux deviennent de plus en plus redoutables. Le soi-disant prophète paralyse, chez ses congénères, le désir de suivre une autre religion que la sienne, habilement mélangée de protestantisme et de bouddhisme. Naïf et crédule par caractère, le Carian se laisse prendre dans les filets de l’imposteur, et ce dernier ne se fait pas scrupule de sucer sa proie jusqu’au sang, c’est-à-dire jusqu’au dernier sou. Il est à espérer qu’un jour ou l’autre, la pauvre victime cherchera un refuge à la mission catholique : mais ce n’est pas sûr. En effet, le Carian a beaucoup d’amour-propre, et, au lieu de se faire catholique, il pourrait bien aller cacher sa pauvreté dans les montagnes d’où il est originairement descendu. Plaise à Dieu que cette triste éventualité ne se produise jamais !
District de Bassein (40 baptêmes d’adultes). ─ « A la demande de nos chrétiens des bois, « écrit M. Provost, qui est chargé, avec M. Billé, du poste important de Bassein, je me suis « procuré un catéchiste. On l’appelle souvent dans les différents villages, pour discuter avec « les païens et les protestants. Je ne puis encore promettre à Votre Grandeur de nombreuses « conversions, mais je fonde de réelles espérances sur deux localités, l’une entièrement « païenne, l’autre moitié païenne et moitié baptiste. Les païens ont déjà renoncé à leurs « superstitions ; ils allaient embrasser l’hérésie, quand ils entendirent parler du catholicisme. « Sur leur demande, je leur envoyai deux catéchistes pour les instruire, et jusqu’ici, je n’ai « qu’à me louer de leurs bonnes dispositions. Je soupire après le jour où ils entreront dans le « giron de la seule véritable Église.
« De son côté, M. Ravoire, nouveau titulaire de Pauk-sein-be, me parle de plusieurs villages qui semblent vouloir venir à nous : « Quelques-uns, dit-il, ont déjà fourni des « baptêmes à mes prédécesseurs, mais n’y a-t-il pas toujours quelques épis à recueillir après la « moisson ? Je ramasse avec joie ces épis qui servent à grossir ma gerbe. »
« A Ywagon, M. Bernard continue les traditions de son prédécesseur, le regretté M. D’Cruz. Ce poste modèle vient d’être doté d’une belle église en bois. J’ai béni solennellement le nouvel édifice en septembre dernier, et l’ai dédié à Notre-Dame de Lourdes.
District d’Henzada (128 baptêmes d’adultes). ─ « Notre cher et vénéré doyen, M. Tardivel, n’a pu m’envoyer, cette fois, son rapport annuel, toujours si intéressant. Les infirmités de la vieillesse ont failli nous ravir le vaillant ouvrier. Par bonheur, il finit par se décider à venir à Rangoon et passa quelques semaines à l’hôpital. Un mois de repos complet, au sanatorium de Maymyo, acheva la guérison, et le vétéran de la Birmanie méridionale a repris son travail ordinaire à Maryland. M. Bouche le seconde avec un grand dévouement. Tout en s’occupant des nombreux chrétiens d’Henzada, le zélé vicaire de M. Tardivel a trouvé le temps de préparer 25 adultes au baptême.
« A Mittagon-okpho, par suite de la rupture d’une digue de l’Irawaddy, les terres étaient devenues impropres à la culture et nos chrétiens se disposaient à émigrer. Dans cette extrémité, M. Herzog entreprit de refaire la digue. Le gouvernement promit à notre confrère de payer les frais de ce gigantesque travail, s’il était trouvé satisfaisant. En moins de cinq mois, la digue était rétablie. Elle a déjà fait ses preuves, cette année, car elle a tenu bon malgré une forte crue du fleuve. « Le malheur, écrit le missionnaire, c’est que le choléra m’a « enlevé plusieurs chefs de chrétienté et la plupart des hommes influents d’Henzada. Et « maintenant, quel sera l’effet moral de mes travaux d’ingénieur, sur l’esprit des Carians « païens qui en profitent ? Se laisseront-ils approcher plus facilement : voudront-ils enfin « m’écouter et embrasser notre sainte foi ? C’est ce qu’il me tarde de constater au cours du « prochain exercice. Leur conversion est, en effet, la seule récompense que j’ambitionne, et « non le fusil d’honneur que « me propose le gouvernement anglais. » Le P. Andréas vicaire de M. Herzog, a administré 31 baptêmes d’adultes.
« M. Héraud a la consolation de voir revivre les vieilles chrétientés fondées par M. Naude-Theil. Son compte rendu n’accuse pas moins de 1.190 chrétiens pratiquants et 28 baptêmes d’infidèles.
« M. Cathébras a recueilli la succession du regretté M. Maigre à Letthama. Notre jeune confrère apporte la belle gerbe de 34 baptêmes d’adultes. « Parmi les nouveaux baptisés, dit-« il, je dois signaler à Votre Grandeur une bonne vieille, dont la conversion a été vraiment « extraordinaire. Ak-Y-Htou, c’est son nom, avait donné sa fille païenne en mariage à un « jeune chrétien. La cérémonie s’était faite selon le rite carian. Au bout de quelques années, le « mari, pris de remords, veut se mettre en règle avec l’Église, et dans ce but invite sa femme à « se préparer au baptême. Celle-ci refuse tout d’abord, puis elle finit par se convertir et est « baptisée. L’idée me vint alors de gagner la mère. Je vais la voir et lui propose de se faire « chrétienne : « Non, je ne veux pas », dit-elle, d’un ton qui ne me permet pas d’insister. Je me retire un peu penaud, persuadé qu’il n’y a rien à faire avec celle païenne entêtée.
« Un jour, au moment où j’allais baptiser des catéchumènes, je vois venir Ak-Y-Htou à « leur tête : « Que viens-tu faire ici, que désires-tu ? lui dis-je. ─ Le baptême, répond-elle, et « tout de suite, car je ne veux pas demeurer plus longtemps au service du démon. » Je lui fais « subir, séance tenante, un petit examen : elle récite les prières, qu’elle sait toutes par cœur. « Ravi de l’ardeur qu’elle avait mise à s’instruire, je la baptise avec les autres. Après la « cérémomie, Ak-Y-Htou s’attache à mes pas : « Père, dit-elle, venez vite chez nous, pour « bénir la maison ; venez aujourd’hui, ce soir, pas plus tard. » Impossible de refuser. Je me « rends donc chez ma fervente néophyte, dans la soirée. Lorsque je commence la bénédiction « de la maison : « De grâce, dit Ak-Y-Htou, en me serrant la main, n’épargnez ni vos « bénédictions, ni l’eau de prière ; répandez partout cette eau sanctifiante, pour qu’il ne reste « plus un seul diable dans la maison. » Depuis son baptême, Ak-Y-Htou est une excellente « chrétienne ; elle se distingue surtout par son assiduité aux offices. »
District de Maubin (36 baptêmes). ─ « Jamais, de mémoire d’homme, écrit de Yandoon « M. Ballenghien, on n’avait vu, dans la contrée, autant de cas de fièvre qu’à la dernière « saison des pluies. A la fièvre est venue se joindre la dysenterie ; néanmoins, le nombre des « décès parmi nos chrétiens est au-dessous de la moyenne. Peut-être faut-il en chercher la « cause dans l’émigration incessante de nos pauvres gens. Par suite de l’inondation, j’évalue à « peu près à 200 les Carians qui m’ont quitté pour aller chercher fortune ailleurs. Je voudrais « pouvoir dire que d’autres n’émigreront pas ; mais comment l’affirmer, alors que l’Irawaddy « monte d’un pied en vingt-quatre heures ? Déjà, nombre de chrétiens ont leurs rizières « inondées. En admettant qu’ils puissent encore planter, ils n’obtiendront qu’une demi-« récolte, qui suffira pour les empêcher de mourir de faim ; non pour leur permettre de payer « leurs dettes et se procurer le nécessaire.
« Comme ailleurs, mes chrétiens se divisent en deux catégories : ceux qui peuvent venir à « la messe le dimanche, et ceux qui ne le peuvent pas, à cause de l’éloignement. Les premiers « sont le petit nombre ; toutefois la qualité, chez eux, rachète la quantité. Ce sont des chrétiens « zélés et d’une conduite exemplaire. Parmi les seconds, on trouve aussi de vrais serviteurs de « Dieu, mais, en général, ils laissent à désirer sous le double rapport de l’instruction religieuse « et de l’observation des préceptes divins. Il faut les visiter assidûment, sans quoi ils seraient « bientôt perdus pour nous. »
District de Tenasserim (51 baptêmes d’adultes). ─ « Le poste de Kade, écrit M. « Jumentier, serait aujourd’hui très important, si un missionnaire avait pu y être placé, dès sa « fondation, qui date d’un demi-siècle. Les 200 chrétiens disséminés autour de ce village sont « les descendants des néophytes de M. Lacrampe ; ils ont été maintenus dans le droit chemin « par une suite ininterrompue de catéchistes. Les catéchumènes de M. Plaisant, au nord, ceux « de M. Naude, au sud, se sont découragés et, peu à peu, les deux stations naissantes ont « disparu. Grâce à M. Vérine, qui me remplace à Mergui, je compte développer l’œuvre de « l’évangélisation parmi ces bons montagnards carians. »
« Convaincu que le meilleur moyen de réussir à faire quelque chose de durable était de fonder un village exclusivement chrétien, M. Loizeau a transporté ses pénates de Wimpa à Kyaik-kan, localité d’accès plus facile. Déjà cinq familles baptisées se sont installées à côté du missionnaire, ce qui donne bon espoir pour l’avenir. Notre confrère enregistre 11 baptêmes de païens.
« En dépit des multiples occupations qui le retiennent àMoulmein, M. Boulanger veut bien visiter les nombreux chrétiens tamouls perdus dans les rizières, qui s’étendent entre les collines de Martaban et le golfe du même nom. « J’ai trouvé de ces pauvres Indiens, écrit le « missionnaire, qui n’avaient pas vu de prêtre depuis vingt ans. Aussi leur joie fut-elle grande « et bruyante quand, en mai dernier, accompagné d’un catéchiste, j’allai faire ma première « tournée d’administration chez eux. Les pluies étant survenues, ma tournée ne fut pas « complète, et je me contentai de donner la sainte communion à 150 personnes. J’espère bien « que le chiffre des communions sera doublé l’an prochain, car le nombre total de ces Indiens « est de 450 environ. »
« Nyaung-le-bin et ses alentours rappellent un peu « le Klondike », par le nombre de Carians qui y affluent de tous les points du delta : « Évidemment, dit M. Mignot, ce n’est pas « la crème des autres postes qui vient ici. Il y a pourtant des exceptions. Ainsi, dix familles « sont arrivées de Mitta-gon-okpho. Pleines de foi et bien instruites de leur religion, elles font « honneur au missionnaire qui les a formées, Hélas ! comme tant d’autres, les pauvres gens ne « tardèrent pas à être atteints de la fièvre, qui règne dans nos parages et qui n’est pas la « malaria. Après huit jours de fièvre, le corps du malade s’enfle et prend une teinte jaune « sombre ; la respiration devient de plus en plus difficile et la mort ne tarde pas à arriver. « Vingt-deux personnes, appartenant aux dix familles venues de Mittagon-okpho, sont mortes « victimes de cette fièvre maligne ; les autres sont retournées dans leur pays.
« Je n’ai que 30 baptêmes d’adultes : c’est peu, à la vérité, mais c’est toujours autant de « pris sur l’ennemi, en attendant mieux. »
District de Pégu (132 baptêmes d’adultes). ─ « Le manque de catéchistes, ou plutôt le manque d’argent pour rémunérer leurs services, voilà encore une des causes du peu de progrès de l’évangélisation en Birmanie méridionale. M. Granger déplore cette pénurie de ressources. « A défaut d’un maître de religion carian, dit-il, je dois me contenter d’un palefrenier birman ; « encore suis-je heureux de l’avoir. Si mal outillé, je ne pouvais compter sur une abondante « moisson : trente épis péniblement ramassés dans le champ immense de Thonzeh, voilà ma « récolte de l’année.
« Les baptistes nous font concurrence de tous côtés. Il n’est presque pas de village carian « qui ne possède une école tenue par un maître protestant. Or, cet hérétique ne se borne pas à « enseigner la grammaire et le calcul ; l’esprit de prosélytisme, qu’il possède à un degré « étonnant, ne laisse pas que d’influencer parents et élèves et de les orienter vers l’erreur. Il « nous est impossible de soutenir la lutte sur ce terrain, vu le nombre beaucoup trop restreint « de nos maîtres d’école catholiques. »
Écoles. ─ « L’éducation est la question capitale pour nous en Birmanie. Nos confrères le comprennent de mieux en mieux, chaque jour ; aussi se font-ils un devoir de diriger toute leur énergie, toutes leurs ressources de ce côté. Nous avons actuellement 25 écoles de garçons, 19 de filles, 45 écoles mixtes et 31 orphelinats ; soit une centaine d’établissements scolaires pour 6.368 élèves, dont 3.877 garçons et 2.491 filles. Chiffres éloquents, qui proclament plus haut que je ne saurais le faire le désintéressement et l’esprit de sacrifice qui animent nos confrères, nos religieux et nos religieuses.
« L’ouverture d’une école de garçons à Bassein, écrit M. Provost, est le grand événement « de l’année, car le progrès, que je tiens à signaler dans la mission cariane, en est la « conséquence. J’étais loin de prévoir que le nouvel établissement dût donner si vite des « résultats non moins sérieux que consolants. »
« La nouvelle école mixte de Kade compte déjà 30 élèves, garçons et filles : « J’en aurai le « double, affirme M. Jumentier, le jour où je pourrai admettre les petites filles comme « pensionnaires dans un couvent dirigé par des religieuses indigènes. »
Établissements communs. ─ 1o Séminaires. ─ « Le petit séminaire de Moulmein continue, sous la très sage direction du vénérable P. Moïse, son œuvre excellente entre toutes. Il compte présentement 8 élèves de latin, 1 clerc minoré et 1 théologien, qui recevra bientôt la tonsure. Dans le courant de l’année, plusieurs sujets, nouvellement admis, ont dû, faute de signes de vocation, rentrer dans leur famille. Dieu veuille que nous soyons plus heureux avec les jeunes recrues, l’an prochain !
« Nous avons, en ce moment, 10 séminaristes à Pinang. Trois d’entre eux viennent de recevoir le sous-diaconat des mains de Monseigneur de Malacca. Sa Grandeur, veut bien me promettre de leur conférer le diaconat aux environs de Noël, ce dont je la remercie très cordialement. Le bon prélat ne m’en voudra pas, j’en suis sûr, si je me réserve l’ordination sacerdotale de ces chères prémices de notre séminaire, après les fêtes de Pâques.
2o Écoles normales. ─ « Celle de Thonzeh, pour les garçons, est dirigée par M. Perroy, et ne le cède à aucun autre établissement de ce genre en Birmanie. L’association des anciens élèves a tenu sa réunion annuelle, dans la semaine de Pâques : 28 maîtres d’école étaient présents. J’ai présidé moi-même les exercices de clôture, et les bonnes dispositions qui animent ces jeunes gens m’ont grandement édifié. Les conseils que je leur donnai, à cette occasion, seront suivis, je n’en doute point, pour le bien de la mission dont ils sont les précieux auxiliaires.
« Dix-sept jeunes filles ont, cette année, quitté l’école normale de Bassein, munies de leur brevet d’institutrice. Parmi elles se trouvent deux religieuses indigènes, qui dirigent aujourd’hui l’école de Gyobingauk.
« Pieuses, dévouées et instruites, écrit M. Pavageau, ces deux Sœurs rendent d’immenses « services. A leur arrivée, il ne restait guère, de mon école de filles, que le bâtiment, et, « comme il est plus difficile de ressusciter une institution de ce genre que de la créer, je me « demandais si la présence de nouvelles religieuses suffirait à inspirer confiance aux parents « et à attirer des élèves. Le résultat a dépassé mes espérances. J’envoyai les deux institutrices « dans les villages, et, au bout de quinze jours, elles m’amenaient une trentaine de « pensionnaires. C’était plus qu’il n’en fallait pour recommencer l’œuvre et regagner la « confiance perdue. Les enfants se plaisent au pensionnat, et la façon aimable dont les Sœurs « les traitent est un gage certain de succès pour l’avenir. »
« Huit postulantes ont pris l’habit, depuis un an. C’est un beau chiffre sûrement, mais il ne répond pas encore à nos besoins. L’Esprit-Saint souffle où et quand Il veut. A nous d’attendre patiemment son heure, en priant pour le développement de l’œuvre si utile des Sœurs indigènes.
« Grâce à la visite de la Révérende Mère générale des Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition de Marseille, plusieurs points importants ont pu être réglés, entre autres la construction d’un nouveau noviciat à Bassein, dès que les ressources le permettront. Je tiens à exprimer ici à la Révérende Mère ma profonde gratitude pour le vif intérêt qu’elle prend à nos œuvres de Birmanie. Puisse-t-elle bientôt nous envoyer un nombre de religieuses suffisant, pour assurer l’avenir des fondations existantes, comme aussi de celles qui sont en voie d’exécution !
Œuvres de charité. ─ « A l’asile de Kemmendine, le nombre des lépreux augmente toujours. « Dieu merci, dit M. Freynet, le chiffre des conversions suit la même progression « ascendante. Le jour de Noël, j’avais le bonheur de régénérer une douzaine de « catéchumènes ; 22 malades avaient été déjà ondoyés à l’article de la mort. La résignation, « avec laquelle nos bons lépreux voient venir et acceptent la mort, est vraiment admirable. Un « Birman chrétien était à l’agonie. Entendant le son de la cloche : « C’est l’heure de la « bénédiction du saint-sacrement, dit-il à ceux qui l’entouraient, allez à la chapelle et priez le « bon Dieu pour moi, car je sens que je vais mourir bientôt. » « Prévenez le Père, disait un « autre, je désire le voir au plus tôt ; je vais mourir, et je ne veux pas partir de ce monde sans « faire une bonne confession. » « Père, suppliait un troisième, baptisez-moi, car je ne vais pas « tarder à mourir. » Même courage parmi les femmes. L’une d’elles, sur le point de mourir, « appelle ses compagnes et les religieuses, pour leur demander pardon des peines qu’elle « croyait leur avoir causées. »
« Mêmes consolations à l’asile des vieillards, où 17 baptêmes d’adultes ont été conférés. Le manque de place se fait sentir plus que jamais. Il est à souhaiter que les Petites Sœurs trouvent bientôt les fonds nécessaires pour agrandir leur établissement ; mais alors il faudra songer à augmenter aussi leur personnel, déjà trop restreint. Le surmenage est à craindre pour nos bonnes religieuses, qui viennent de perdre une de leurs Sœurs.
« Née à Singapore, de parents d’origine portugaise, c’est au début d’une carrière qui promettait d’être des plus fructueuses et dans la fleur de l’âge, que Sœur Anne des Sept-Douleurs a été ravie, tout d’un coup, à l’affection de ses compagnes et de ses vieillards. Ouvrière de la première heure et assistante de la Mère, supérieure, elle a été la première à tomber sur la brèche.
« J’offre ma vie pour le bien de la communauté », telles furent ses dernières paroles.
« Au moment où j’écris ces lignes, la santé de deux autres Sœurs nous donne de l’inquiétude. Mais, le moyen de retenir l’élan de ces anges de la charité, qui ne demandent qu’à se dévouer et à s’envoler au ciel... »
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