| Année: |
1907 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie septentrionale |
| Rédacteur: | Mgr Hervy |
IV. — Birmanie septentrionale
Population catholique 8.725
Baptêmes d’adultes 279
Baptêmes d’enfants de païens 82
Conversions d’hérétiques 23
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Le grand événement de cet exercice pour la mission de la Birmanie septentrionale, a été la nomination et la consécration d’un nouveau vicaire apostolique, dans la personne de Mgr Foulquier, avec le titre d’évêque de Corydallus. Les brefs arrivèrent en Birmanie le 30 septembre 1906. Le 21 novembre suivant, Mgr Foulquier recevait la consécration épiscopale des mains de Sa Grandeur Mgr Cardot, vicaire apostolique de La Birmanie méridionale, assisté de Nosseigneurs Barillon et Tornatore. Mgr Bourdon, évêque titulaire de Dardanie, malgré son grand âge, avait voulu venir de Singapore pour offrir à son successeur ses souhaits d’heureux et fécond épiscopat. Un bon nombre de missionnaires des vicariats voisins, tous ceux de la mission se pressaient autour du nouvel élu, dans un même élan de joyeux respect et de profonde affection. Les cérémonies du sacre s’accomplirent avec toute la pompe possible en pays de mission. Quand l’évêque consécrateur termina la sainte liturgie en demandant au ciel de longues années d’épiscopat pour le nouveau Pontife, tous les cœurs à l’unisson redirent le ad multos annos. Les membres de la Société des Missions-Étrangères répètent cette prière. Que le Seigneur, dans sa miséricordieuse bonté, donne au pasteur chargé de ce vaste champ de la Birmanie septentrionale, de grouper et de multiplier un troupeau nombreux de brebis dociles et fidèles, d’y étendre le royaume de Dieu en diminuant de jour en jour l’empire des ténèbres !
Mgr Foulquier, en commençant le compte rendu des travaux de ses missionnaires durant l’exercice 1906-1907, rend grâce à Dieu des résultats obtenus. Ils sont supérieurs à ceux des années précédentes. Les missionnaires éprouvent longtemps leurs catéchumènes, avant de les admettre au saint baptême. Cette sage lenteur est exigée par l’instabilité native des peuples qu’ils évangélisent. Si elle ne s’harmonise que difficilement avec le zèle ardent qui aspire à compter vite de gros chiffres de néophytes, elle vise les véritables intérêts des âmes et de l’Église.
En Birmanie comme ailleurs, la parole de Notre-Seigneur se vérifie toujours d’une manière spéciale, dans les premiers temps de l’évangélisation d’un peuple : Pauperes evangelizantur. Ce ne sont pas les riches qui viennent les premiers à la doctrine de vérité, mais les pauvres. Le premier soin du missionnaire, quand une famille se présente à lui avec le désir de se convertir, est de lui fournir des moyens de subsistances stables, si elle n’en a pas. Il faut la fixer au sol, pour fonder sur elle des espérances sérieuses. Il l’aide, autant que sa propre pauvreté le lui permet, à se bâtir une maison, à se procurer des champs à cultiver, une paire de bœufs et des instruments aratoires. C’est après tous ces préliminaires, condition presque toujours indispensable du succès, que commence l’instruction religieuse, dans les moments laissés libres par le travail des champs. Les explications de la doctrine se donnent aux femmes, au milieu de la journée. Les hommes sont généralement groupés le soir, et les causeries religieuses se poursuivent souvent bien avant dans la nuit.
Pour ces natures un peu lentes et paresseuses, l’instruction est longue, longue pour le cœur du missionnaire. Mais l’expérience lui enseigne que, pour former de vrais chrétiens avec les Birmans, il faut les façonner sans se presser et en toute patience, sans compter ni les jours ni les mois.
Peu à peu le triage se fait. Le temps permet de connaître ceux que la grâce a touchés et qui lui obéissent. Leur sincérité se manifeste dans les mille circonstances de la vie quotidienne. Leur foi commence à porter des fruits d’une saveur vraiment chrétienne… C’est alors que le jour du baptême approche, et que le missionnaire voit ses sacrifices récompensés et ses prières exaucées. Il régénère ces âmes, qu’il a arrachées au prix de tant de peines au joug de Satan.
Après son sacre, Mgr Foulquier a visité tous ses missionnaires dans leurs postes. « L’enthousiasme qu’ils ont su inspirer à leurs chrétiens, dit Sa Grandeur, restera longtemps présent à ma mémoire, comme un doux souvenir qui m’aidera à porter le lourd fardeau placé sur mes épaules. » La foi qui anime les néophytes, le bon exemple qu’ils donnent aux païens, a été une grande consolation pour son cœur d’évêque, comme ils seront toujours la louange véritable et la gloire de ses auxiliaires.
Mgr Foulquier, dans la suite de son compte rendu, passe en revue les principaux postes, et note les points saillants, qui se recommandent plus spécialement à l’attention dans l’exercice présent.
A la cathédrale de Mandalay, M. Darne a la consolation de voir l’église bien remplie chaque dimanche. La ligue du Sacré-Cœur, ardemment soutenue par le zélé curé, est sans doute pour beaucoup dans le nombre prodigieux des communions de dévotion, qui sont venues réjouir le cœur de Jésus.
Le P. Paul rend grâce à Dieu et à la Vierge immaculée de la protection toute spéciale dont ses chrétiens ont été favorisés au temps de la peste. Très peu d’entre eux ont été atteints par le fléau. Il se félicite de leur piété fervente.
La peste s’est au contraire abattue sur la paroisse de Saint-François-Xavier.
« Dépourvus de tout confort, écrit M. Hervy, mes Tamouls semblent des victimes « désignées de la première épidémie qui passe. La peste en a fait mourir beaucoup. « J’enregistre cette année-ci 63 décès. Dans ce nombre, trop grand pour mon petit troupeau, je « remarque 18 enfants enlevés avant l’âge de six mois. »
M. Léon Lafon est chargé de la paroisse chinoise de Mandalay. « Il est toujours le même, dit Monseigneur, infatigable, ardent, enthousiaste. Il circule à n’importe quelle heure du jour à travers les rues de la ville, quêtant pour ses orphelins, rendant service à tous ceux (et ils sont nombreux, chrétiens ou païens) qui s’adressent à lui. Comment nourrit-il tant d’orphelins ? Comment réussit-il à payer tant de maîtres ? Demandez-le-lui, il vous répondra que la Providence ne l’a jamais abandonné : « Bien souvent, dit-il, je me suis trouvé sans le sou, et « pourtant j’ai toujours pu donner du riz à mes enfants. »
M. Lafon est également chargé de terminer les constructions de la léproserie, dont la direction a été confiée à M. Bouffanais. Ce jeune confrère s’est mis à son œuvre avec courage et confiance, tout en trouvant le fardeau un peu lourd. Dans son rapport sur la situation de l’établissement, il conclut : « Nous sommes loin des commencements, loin du 1er janvier « 1892, jour où le regretté M. Wehinger ouvrit solennellement sa première léproserie, avec « deux malades seulement. Le fondateur alla résolument de l’avant, si bien qu’à la fin de « l’année le nombre des lépreux atteignit la centaine. Le mouvement fut si bien donné, « l’impulsion fut si vigoureuse, que l’affluence continue vers cet asile Sainte Jean, dont les « pavillons ont été construits si vastes, et sont devenus si hospitaliers, qu’ils semblent « prétendre à l’ambition de garder ici le monopole de la charité chrétienne. »
« L’instruction religieuse des lépreux est confiée au P. Tobias. Nos chères Sœurs Franciscaines continuent d’accomplir chaque jour leur œuvre de sacrifices. Leur vie est au-dessus de tout éloge. Les anges de Dieu comptent leurs pas.
« Ne quittons pas la léproserie sans saluer M. Faure, absorbé dans ses livres : notre vénérable doyen traduit en ce moment quelques-uns de nos meilleurs auteurs spirituels.
« Le titulaire de Maymyo, M. Jarre, bâtit toujours. Il vient de terminer son école de filles, dont il avait parlé dans son rapport de l’année dernière.
« En février prochain, écrit-il, les Sœurs de Saint-Joseph ouvriront celle école, sous le nom « de Couvent de la Sainte-Famille. C’était une œuvre qui s’imposait, tant était grande la « détresse de nos enfants catholiques, obligés de subir l’influence toujours néfaste d’une « éducation protestante. Aussi, nous sommes-nous résignés aux plus grands sacrifices, pour « arriver à ce but.
« Mon église devient trop étroite. Il faudra bâtir encore. Au cœur de la ville, il y a une « petite chapelle. Que ne puis-je la transformer en église, du jour au lendemain ! C’est « toujours la question d’argent qui est difficile à résoudre et arrête complètement ou retarde « les plus beaux projets. »
M. Moindrot, tout nouvellement arrivé en mission, est auprès de M. Jarre. Il a le soin des Tamouls, qui sont très nombreux à Maymyo.
Trois missionnaires se partagent la charge du district de Kyauksé. Ce sont MM. Pelletier, Bazin et Vulliez.
M. Pelletier résume en quelques mots les fruits de son travail : « 66 baptêmes, 95 « confirmations et 75 premières communions, tels sont, numériquement parlant, les résultats « de cette année pour le district. Le nombre des chrétiens a augmenté un peu, et parmi les « catéchumènes plusieurs demandent instamment le baptême. Ils ne tarderont pas à le « recevoir. »
La chrétienté de Maguidaw exigerait un confrère à poste fixe. Les distances à parcourir, les accès de fièvre, qui retiennent souvent M. Bazin à Kyauksé, ne permettent pas aux missionnaires de la visiter aussi souvent que le bien à y faire le demanderait. Aussi, M. Pelletier prie instamment Mgr Foulquier d’y établir un confrère, ce qui permettrait de fonder de nouveaux postes dans les environs.
Les villages de Zangye et de Kenlat sont administrés régulièrement. Ce dernier est en progrès.
Le démon a fait sentir son action en plus d’une circonstance. « Nous avons en une année « de luttes souvent renouvelées, dit M. Pelletier, contre bien des entreprises du tentateur, « s’efforçant de semer la zizanie de-ci de-là, dans le champ du Père de famille. Une autre « épreuve encore, la maladie, nous a frappés cruellement. Chant-hagon, tout le monde le sait, « est fameux par ses fièvres. Il n’est personne qui n’ait à payer son tribut aux terribles « maîtresses de la contrée. Jeunes ou vieux, anciens et nouveaux, tous, et trop souvent « beaucoup à la fois, leur doivent accorder domicile. Cette année a été tout spécialement « terrible. Je citerai l’exemple d’une famille de neuf membres, arrivée ici en octobre dernier, « et dont cinq étaient couchés au cimetière trois mois plus tard. Les autres s’enfuirent de « frayeur. Dans ces conditions, on comprend la difficulté que nous rencontrons à augmenter le « nombre des familles. Malgré tout, le chiffre des sacrements administrés durant le cours de « l’année nous prouve que le bon Dieu nous a ménagé un certain progrès moral chez nos « fidèles. Parmi eux, quelques-uns surtout doivent être des âmes bien précieuses à ses yeux. »
« A Myaukaïne, M. Vulliez est heureux au milieu de ses chrétiens. Durant les derniers mois, il a prêté son concours avec un dévouement tout fraternel à M. Jarre pour l’administration du district, pendant que celui-ci était occupé par toutes ses constructions.
« M. Ruppin, revenu plein de santé de France, est établi à Yamethin. Sa grande sollicitude, cette année, a été de visiter tous ses chrétiens, répandus sur un vaste territoire. Il les a vus, il les connaît pour la plupart. Néanmoins, un certain nombre n’ont pas été rencontrés, lors de son passage. Il cherchera une nouvelle occasion pour se mettre en relation directe avec eux. Quelques chrétiens carians, venus de la mission voisine des Pères italiens, sont aux scieries de Kyithangoun. Le missionnaire veut aussi les voir le plus tôt possible, pour les soutenir, les encourager et leur faciliter l’observation de tous leurs devoirs de catholiques.
« A Yamethin même, la ligue du Sacré-Cœur a une organisation parfaite. Ses membres s’approchent souvent de la sainte table.
« Saint Joseph, patron de l’église, l’a protégée d’une manière extraordinaire contre l’incendie, dont elle était directement menacée. « Déjà le clocher prenait feu, dit le Père. « Épuisé, ayant fait tout ce qui était humainement possible, je me suis adressé à saint Joseph, « dont la fête tombait le lendemain, et je me contentai de lui dire : « Grand saint Joseph, si « vous voulez que votre fête soit célébrée cette année à Yamethin, venez à mon secours, « arrêtez les flammes. » Gloire à notre saint patron ! Le feu n’a pas atteint l’église. Elle a été « sauvée. »
A Meiktila, il y a quelques chrétiens que M. Darne visite de temps en temps. La garnison sera bientôt renforcée. On y a construit de nouvelles casernes. La population catholique s’y accroîtra d’ici peu. Ce sera un nouveau centre d’action à fonder dans un avenir rapproché.
M. Charles Lafon exerce son zèle à Sagaing. Quatre autres chrétientés lui demandent aussi ses soins et son temps. Partout, il a la joie de voir augmenter le nombre des communions. Aucun de ses chrétiens ne manque à ses devoirs religieux essentiels. Son église, vieille et trop étroite, ne saurait suffire, il a dressé des plans pour en reconstruire une neuve, et plus en harmonie avec le chiffre de la population catholique. Il demande à la divine Providence de lui fournir la moitié de la somme qui lui manque pour commencer les travaux.
M. Herr, le patriarche de Shwebo, comme l’appelle Mgr Foulquier, trouve que son troupeau ne se développe pas aussi rapidement qu’il le désirerait. « J’ai baptisé, dit-il, 41 « adultes. Au village de Kyionkong, où il y a un grand nombre de catéchumènes, je n’ai pu « régénérer que 15 d’entre eux. Mon catéchiste a été malade. Les instructions n’ont pas été « faites dans les conditions voulues. De plus, l’endroit est si malsain, que souvent les « nouveaux venus se découragent et nous quittent, pour s’en aller planter leur tente ailleurs, « avant d’avoir eu le temps de se préparer suffisamment au baptême.
« A Tegyikong, je n’ai pas pu construire ma chapelle. Jamais je n’avais eu tant de « difficultés à réunir les matériaux. Soit ici, soit ailleurs, j’ai été partout contrecarré dans mes « efforts et dans mes plans. La raison première vient, je crois, de ce que les compagnies qui « exploitent les forêts engagent tous les buffles qu’elles peuvent trouver pour la saison.
« La source de mes consolations est dans la fréquentation des sacrements de la part de mes « chrétiens. Depuis que j’ai expliqué aux néophytes le décret du Souverain Pontife sur la « communion fréquente, il y a eu une augmentation de communions dans tous les villages, « mais surtout à Shwebo. J’en compte un millier de plus que l’année dernière. »
« Ce district de Shwebo, fait remarquer Mgr Foulquier, est trop grand pour deux missionnaires. Les voyages sont longs et dispendieux. Les confrères sont toujours en route, et ils ne peuvent passer que quelques jours dans chaque poste. J’espère pouvoir leur envoyer un jeune auxiliaire après la retraite.
« A Chang-ou et à Mongwa, où M. Remandet a remplacé M. Giraud, les chrétiens sont assez réguliers. L’église se remplit à peu près chaque dimanche. » Les catholiques de Chang-ou sont commerçants pour la plupart. Souvent ils s’absentent pour leur négoce. Ces voyages fréquents ne laissent pas de créer des difficultés pour l’administration du poste.
M. Couillaud rebâtit son église. L’ancienne, construite par les missionnaires italiens, menaçait ruine. Elle était d’ailleurs devenue trop petite pour le poste.
Les deux villages de Chang-yo et de Monhla donnent toute satisfaction à leur zélé pasteur. La confession et la communion fréquentes y sont en honneur. Pour préparer avec plus de soin ses fidèles à leur devoir pascal, M. Laurent leur a prêché une retraite de trois jours. Les résultats obtenus sont trop réels pour qu’il ne soit pas engagé à recommencer une autre année.
M. Granié, de son côté, constate que les chrétiens de Chantha-ywa et de Ye-ou ont un grand attrait à s’approcher des sacrements. Il a reconstruit, avec l’aide des fidèles, la résidence de ce dernier poste.
« Bhamo, dont la population catholique est composée de soldats, de quelques Eurasiens et de Tamouls, ne donne pas grande consolation à M. Juéry. « Mon cœur, dit-il, est plus à l’aise, « au milieu des chers Katchinsde Mangkam. Ce village a été formé, l’année dernière, de deux « autres fondus ensemble. Assistance régulière aux instructions et aux offices divins, bonne « volonté, dévouement, voilà ce que je trouve chez ses habitants.
« Dès que la saison des pluies fut passée, je m’installai chez eux et commençai à les « instruire. Au milieu de mai, j’ai pu conférer le baptême à 18 d’entre eux, ce qui porte à 32 le « nombre des néophytes dans ce village. Cette année, j’espère pouvoir perfectionner leur « instruction, préparer les autres catéchumènes, qui sont une vingtaine, à recevoir le saint « baptême, et attirer de nouveaux adorateurs. »
MM. Gilhodes et Faucheux consacrent aussi leur zèle à l’évangélisation des Katchins, dans les montagnes. Ils viennent de terminer l’école, dont le besoin se faisait sentir d’une manière si pressante. Dans ses moments de loisir, M. Gilhodes étudie, avec le secours d’un vieux sorcier, la mythologie et les légendes katchines, d’où sont sorties toutes les superstitions du pays. Appuyés sur la grâce de Dieu et avec de la persévérance, du travail et de la bonté, nos confrères ont la certitude de faire du bien dans ces populations frustes et paresseuses. Ils mettent leur espérance dans les enfants, et font tout leur possible pour les attirer à eux. Pour arriver à ce résultat, il y a eu cette année une distribution de prix à l’école. C’était des habits, du riz et du carry.
M. Faucheux, afin de faciliter la sanctification du dimanche à ses chrétiens, les réunit dans l’après-midi, pour la récitation du chapelet. La formation de ces natures un peu primitives se fait lentement, et la notion de l’ensemble de tous les devoirs religieux ne pénètre que par degrés dans leur esprit.
Chez les Shans, nous trouvons M. Roche. Ce cher confrère est souvent aux prises avec la fièvre. Il a consacré à l’instruction des néophytes les moments de répit qu’elle lui a laissés. Il les prépare à la confession et à la première communion. Il rapporte le fait suivant, qu’il faut juger en se rappelant que l’on se trouve au milieu des Shans, si attachés à leurs superstitions nationales, avec de pauvres sauvages qui viennent seulement de recevoir le baptême, et qui ont perdu leur missionnaire, M. Delort, au lendemain de leur entrée dans le sein de l’Église. M. Roche ne fait que commencer l’étude de leur langue :
« Pendant que j’étais à Maymyo, malade de la fièvre, mon catéchiste, Po-élik, tomba « gravement malade. Comme c’est l’homme le plus considéré du village, tout le monde vint le « voir, et ses amis païens lui suggérèrent de sacrifier aux phis, les esprits, pour obtenir sa « guérison. Il refusa énergiquement, préférant mourir plutôt que de s’obtenir la santé par « l’invocation des esprits mauvais. Son état s’aggravant, les païens s’assemblèrent pour le « sacrifice. Mais la femme du malade, entendant le bruit, quitte aussitôt le chevet de son mari, « qui avait perdu connaissance, et chasse les sacrificateurs. Dieu a récompensé cette fidélité « de son serviteur en lui rendant la vie au moment où tout semblait désespéré. Aujourd’hui « mon catéchiste est brillant de santé.
« La bonne volonté de mes Shans, voilà pour le moment toutes mes consolations. Plus « tard, quand nous serons plus nombreux, et que nous connaîtrons bien leur langue, nous « aurons, avec la grâce de Dieu, des chrétiens modèles parmi eux. Alors nous pourrons « continuer la conversion des païens momentanément interrompue. »
Mgr Foulquier termine son compte rendu en disant qu’il fait siennes toutes les remarques sur la nécessité première des écoles en Birmanie, exposées par M. Luce, provicaire de la Birmanie méridionale, dans son rapport sur l’exercice 1906-1907. « Je dois pourtant dire, ajoute Monseigneur, que la Révérende Mère supérieure du couvent de Mandalay a été décorée du Kaiser-I-Hind. Elle seule a été étonnée de cette distinction si flatteuse. Nous remercions le gouvernement anglais de reconnaître ainsi et de récompenser le mérite de cette admirable religieuse. »
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