| Année: |
1912 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie Méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Cardot |
III. — Birmanie Méridionale
Population catholique 59.423
Baptêmes d’adultes 551
Baptêmes d’enfants de païens 123
Conversions d’hérétiques 33
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« Au début de ce rapport annuel, écrit Mgr Cardot, je fais mienne la pensée exprimée par M. Héraud en tête de son compte rendu.
« Les apôtres, après avoir chassé les démons, guéri les malades et prêché le royaume de « Dieu, s’en revinrent joyeux faire leur rapport à Notre-Seigneur. L’Evangile ne nous fait « point connaître le succès de chacun d’eux, mais seulement qu’ils étaient tous pleins de joie, « bien qu’il soit permis de croire que le succès ne fût pas le même pour tous. Aujourd’hui, je « ne vois pas d’intéressant récit ni de grands succès à vous communiquer ; mais ce m’est une « joie quand même de vous faire savoir ce qui s’est passé dans ma Mission au cours du « dernier exercice. »
« D’abord, remarquons une augmentation considérable — près de 3.000 — dans le chiffre de la population catholique. Les causes principales en sont le recensement officiel de l’année 1911, qui a naturellement poussé nos Confrères à se rendre un compte plus exact du nombre de leurs chrétiens ; puis, l’immigration continue des chrétiens Tamouls, venant de l’Inde pour moissonner, d’abord, et se fixer, ensuite, dans les riches rizières du Delta ; enfin, la présence en Basse-Birmanie d’un bataillon presque entièrement composé de catholiques Irlandais, connus sous le nom de Royal Munster Fusiliers.
« Le chiffre des conversions est à peu près le même que celui de l’an dernier. Nous notons un plus grand nombre de baptêmes d’enfants de chrétiens (1.717), en même temps qu’une baisse appréciable dans le nombre des décès (1.035).
« Ce m’est une vive satisfaction de constater que les confessions et communions annuelles ont augmenté de plusieurs milliers, pendant que celles de dévotion atteignent des chiffres vraiment consolants. J’y vois la meilleure preuve du zèle que mettent nos Confrères à se conformer aux directions de notre Saint-Père le Pape Pie X.
« Dans les rapports précédents, il a été plusieurs fois question d’un soi-disant prophète Carian Po Païk San. Sa prédication politico-religieuse, et surtout ses mystifications trompeuses eurent, durant ces dix dernières années, un succès retentissant qui détourna beaucoup de simples Carians de la Foi catholique. Le pauvre homme a fini dans le désespoir. Criblé de dettes, rongé par le remords, harcelé par la crainte d’être accusé et arrêté comme criminel, sujet aux infirmités de la vieillesse — il avait 71 ans — ce malheureux prophète disait trois semaines avant son trépas : « Je vois la mort de bien près » .
« Il prit ses mesures en conséquence, régla ses affaires, désigna un de ses cousins, un bonze Carian, comme continuateur de son œuvre, puis découvrant les quelques marques distinctives qu’il portait à un doigt et à une jambe, il les montra en disant : « Je disparais pour revenir avant peu « sous la forme d’une jeune homme : je crains qu’on ne me reconnaisse pas ! » Le 9 juillet, vers 8 ou 9 heures du soir, il dit à son entourage : « Le moment est venu ; « la porte est ouverte, il me faut partir ! » Et le voilà qui monte dans sa tour en bambous, fait sa toilette et revêt des habits neufs qu’il retrousse comme quelqu’un qui s’apprête à faire un geste de valeur. Lorsque le silence s’est fait, il descend, fait quelques pas et se jette au fond d’un puits.
« Vainement fit-on des recherches, le lendemain. Ce ne fut que le 11 juillet au matin, qu’une Cariane allant puiser de l’eau et heurtant son seau contre un obstacle, regarda et aperçut un corps humain flottant à la surface de l’eau. C’était le cadavre de Po Païk San. Il était méconnaissable : on ne put l’identifier que par les marques qu’il avait au doigt et à la jambe.
« M. Mignot, de qui nous tenons tous ces détails, termine par la réflexion suivante : « Que « de Carians, soit ici, soit dans d’autres postes, fussent devenus catholiques sans le Po Païk « San ! Que de catholiques ont fait naufrage spirituellement pour s’être mis à la remorque du « fallacieux prophète ! A tous ces pauvres égarés nous tendons la main, et nous allons, sans « tarder, construire à Pado une maison-chapelle.
« La secte fondée par Po Païk San, évolua d’abord du côté des Baptistes américains, puis s’en sépara : aujourd’hui, elle n’affiche plus aucune nuance de christianisme. Elle porte le nom de « Independent Karen Mission » ; mais elle est plutôt une compagnie financière, dont les affaires rien moins que prospères risquent fort d’aboutir du jour au lendemain à une honteuse banqueroute.
« Je mentionnais, l’an dernier, les fruits nombreux et consolants produits par une Mission donnée à la Cathédrale et à l’église Tamoule de Saint-Antoine. L’exemple a été suivi par la paroisse Saint-Jean de Rangoon, où une Mission de huit jours a été donnée avec prédications en Birman. Par suite de la distance que la majorité de nos chrétiens d’origine Birmane ont à parcourir pour se rendre à l’église, l’assistance n’a pu être très nombreuse, le matin surtout. Néanmoins, un bien sérieux en est résulté, et comme l’assure M. Picot, « la ferveur des « paroissiens de Saint-Jean n’a fait qu’y gagner. Chaque dimanche, dit-il, je suis heureux de « constater, du haut de la chaire, que peu nombreuses sont les places vides. » MM. Ravoire et Maye ont également tenu à donner une retraite à leurs paroisses : j’aime à croire que l’exemple sera imité et qu’au prochain rapport j’aurai encore l’occasion de revenir sur ce point.
« Une autre forme d’apostolat, non moins utile, est l’apparition, à l’aurore de cette année 1912, de deux bulletins, l’un mensuel en Anglais, l’autre bi-mensuel en Birman, dus 5 l’initiative de MM. Luce et Perroy, provicaires. M. Perroy que je me suis adjoint comme second assistant à l’époque de la dernière retraite, reste toujours supérieur de l’Ecole Normale de garçons à Thonzeh. En même temps, il imprime sur place et fait paraître le bulletin en Birman, intitulé : Le Semeur. L’autre, en Anglais, avec le titre de Voix, était un bulletin paroissial ; sur mon désir, il est devenu aujourd’hui le bulletin religieux de toute la Birmanie. Quelques-uns de nos Confrères parlent de ces publications dans leurs rapports : il est utile de les faire connaître dès le début de ce compte rendu. L’œuvre de la bonne presse est trop connue de nos jours pour ne pas nous réjouir de la voir en honneur et d’en constater le succès dans ce Vicariat.
« Dieu nous a conservés dans un état de santé qui nous a permis de faire face aux obligations toujours croissantes du saint ministère. Qu’Il soit béni de nous avoir épargnés cette aunée ! Je lui rends également mille actions de grâce pour le retour sain et sauf de MM. Pavageau et Allard à leur poste respectif.
« Parcourons très rapidement les districts où travaillent nos Confrères.
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District de Henzada. — Population cath. 10.320. — Conversions : 121. — Bapt. d’enfants de chrétiens : 359.
« Notre vénéré doyen, M. Tardivel, est toujours alerte malgré ses 52 années de labeurs apostoliques. « Par suite des émigrations, écrit-il, le poste de Maryland reste à un chiffre de « chrétiens à peu près stationnaire. Je comptais baptiser, aux environs de Pâques, un certain « nombre de païens assez éloignés de ma résidence. Des infirmités m’ont obligé à remettre le « voyage à une autre époque. Si ces catéchumènes persévèrent, j’aurai une bonne récolte pour « le prochain exercice. »
« Nous ne pouvons suivre M. Tardivel à travers les chrétientés de son district qu’il nous fait connaître en détail. Arrêtons-nous un moment pour donner un souvenir ému à Sœur Thérèse-Marie du Sacré-Cœur, décédée en juin dernier à l’âge de 60 ans. Convertie à la foi catholique, lorsqu’elle avait 15 ans, elle ne cessa, depuis, de vivre et de travailler pour la Mission Cariane. Elle consacra sa vie entière à l’instruction, religieuse avant tout, des jeunes filles confiées à ses soins .
« L’origine de sa vocation tient du miracle. Peu de temps après sa conversion, elle fut prise de douleurs au côté droit suivies bientôt de plaies suppurantes. Les médecins de Rangoon constatèrent qu’une côte était cariée et déclarèrent que, seule, une opération chirurgicale pouvait procurer la guérison. Thérèse, nullement pressée de se soumettre au scalpel, revint à Maryland, résolue d’obtenir de Dieu le remède à son mal.
« L’église de Maryland a pour titulaire Notre-Dame du Sacré-Cœur et possède une statue de la Madone représentée sous ce vocable. Un jour, Thérèse vint se prosterner devant la statue et prier. Elle y était depuis plus de quatre heures, quand, en se relevant, elle s’aperçut qu’elle était devenue boîteuse, mais que les plaies et la suppuration avaient disparu comme par enchantement. Sur-le-champ, elle fit le vœu de consacrer sa virginité et sa vie à Dieu et à sa sainte Mère, pour le bien de la Mission ; ci elle ajouta à son nom de baptême celui de Marie du Sacré-Cœur. Elle a été fidèle jusqu’à la fin, ne cessant d’offrir ses souffrances pour le bien de son prochain. Notre-Seigneur l’a trouvée mûre pour le ciel et a cueilli sa sainte âme le 14 juin, le jour même de la fête de son Divin Cœur.
« Espérons que, l’an prochain, une bonne récolte viendra couronner les efforts de M. Tardivel et ceux de son vicaire, M. Charbonnel.
« A Thinganaing (1.489 chrétiens), M. Héraud trouve bien maigre le chiffre de 14 conversions qu’il a obtenues. « J’avais l’espoir d’un meilleur résultat, écrit-il ; mais je n’ai pu « visiter assez fréquemment mes catéchumènes, dont quelques-uns n’ont pas été trouvés « suffisamment prêts ou dignes de confiance. Le chiffre total des communions de dévotion « s’élève à 1.700 ; c’est un record pour la mission de Thinganaing. J’ai 6 écoles, tenues par « des instituteurs catholiques et fréquentées par 236 élèves. De nombreux enfants chrétiens « restent encore sans instruction. »
« M. Ravoire est satisfait de sa paroisse de Danbi. Il trouve aussi quelques difficultés à faire venir les enfants à l’école. Il apporte un total de 18 baptêmes d’adultes. « Le fait le plus « saillant de l’exercice, dit-il, est la conversion d’un bouddhiste Carian de haute condition. Un « travail d’épuration s’opérait dans son esprit depuis plusieurs années : un par un, il passait les « dogmes bouddhistes au crible du bon sens. La doctrine de l’annihilation, en particulier, « s’opposait directement à ses désirs de bonheur et d’immortalité. Dieu permit que cette âme « de bonne volonté se liât d’amitié avec des voisins catholiques. Il prit nos livres, les étudia et « trouva bien vite la vérité qu’il cherchait. Puisse-t-il être le sauveur de ses frères !
« Voilà un homme, ajoute M. Ravoire, à qui le journal catholique birman sera d’un grand « secours pour l’aider à persévérer dans la foi. il est grandement à désirer que ce journal se « glisse dans les familles païennes et leur apporte la lumière de la vérité. Quand le facteur le « porte dans un village, un attroupement se forme chez l’abonné : chacun s’empresse de lire « ou d’écouter les nouvelles ; c’est un bon signe pour l’avenir de nos chrétientés. »
« L’année qui vient de finir, écrit M. Herzog, curé de l’importante paroisse de Zaungdan « (2.500 âmes), ressemble en tout à la précédente : mêmes espoirs, mêmes déceptions, mêmes « résultats. J’ai encore pu administrer 40 baptêmes d’adultes. Les écoles restent florissantes. « Je voudrais pouvoir les multiplier et recevoir un plus grand nombre d’orphelins païens. »
« De Kyangyin, M. Maisonabe envoie d’intéressants détails sur la mission Chin. « Les « meilleurs parmi les Chins que j’ai visités, semblent être ceux qui, dans ces 20 dernières « années, sont descendus de Thayetmyo. Ils sont plus droits, plus énergiques, plus laborieux, « moins birmanisés en un mot, que ceux qui sont établis de temps immémorial dans les « districts de Prome et de Henzada. Il y a, parmi eux, une forte proportion de chrétiens. Mon « grand désir serait d’aller porter la foi dans leur pays d’origine. Plus nous attendrons, plus la « chose sera difficile ; mais je puis à peine suffire au travail dans cette partie déjà « évangélisée. »
« Ce n’est pas un missionnaire, mais cinq ou six qu’il faudrait lancer à cette conquête des âmes à l’extrémité Nord du Vicariat, où rien n’a encore été tenté.
« M. Bouche, qui travaille également parmi les Chins, nous dit que c’est dans les montagnes, et non dans la plaine des environs de Lethama, qu’il faut aller chercher des catéchumènes. Il a une vingtaine de chrétiens abonnés au Semeur ; ils se font un plaisir de le communiquer à leurs voisins païens. « Puisse ce petit journal, s’écrie-t-il, vivre longtemps ! « Tel qu’il est, il fait déjà un grand bien. »
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District de Bassein. — Population cath. : 13.443 — Conversions : 101. — Bapt. d’enfants de chrétiens : 371.
« M. Provost remercie Dieu de lui avoir rendu la santé et de l’avoir ramené au poste d’où la maladie l’avait tenu éloigné pendant près de deux ans. « Je ne puis que me louer, ajoute-t-il, « du bon esprit qui anime la paroisse, des rapports de confiance établis entre tous les « chrétiens, sans distinction de race, et leur pasteur, de la générosité avec laquelle tous « contribuent à soutenir et à faire prospérer les œuvres paroissiales. Les chrétiens Carians « donnent des consolations au P. Benedict. La santé de M. Girard étant trop ébranlée pour lui « permettre de continuer personnellement le travail commencé dans les villages païens et « anabaptistes, où un mouvement sérieux vers le catholicisme s’est dessiné il y a quelques « années, un catéchiste instruit et assez influent entretient ce mouvement de bon augure : 27 « conversions ont été obtenues au cours de cet exercice. »
« Le fait saillant de l’administration du poste de Paukseinbè, qu’administre M. Maye, est la Mission prêchée, au mois de février dernier, par le P. Daniel, et clôturée par une belle procession du Saint-Sacrement. Le soir même de la fête mourait le fils des premiers chrétiens qui avaient reçu et hébergé le premier missionnaire venu à Paukseinbè : il était entouré de 4 prêtres à ses derniers moments. Dieu récompensait dans le fils l’hospitalité accordée par sa pieuse famille au premier apôtre de cette contrée.
« M. Foulquier est satisfait du bon esprit des 760 chrétiens de Kyontaloke. Les Tamouls de Paukpinkwin qu’il a visités, lui ont également procuré des consolations ; mais le choléra a fait parmi eux de grands ravages.
« De Myaungmya, M. Fargeton écrit : « Je parlais, l’an dernier, de mes espérances relativement à Chaungzauk ; elles se sont réalisées. Ce fut une grande joie pour moi, de procéder, le lundi de Pâques, à la bénédiction de la chapelle et, après la sainte messe, au baptême de 13 catéchumènes. Le total des conversions pour le présent exercice est de 33. Les vieux chrétiens de Thingangon ont élevé une chapelle en l’honneur de la sainte Vierge. Je dois rappeler, ici, le vide fait dans ce poste par la mort si subite de Sœur Clara, qui pendant plus de 40 ans s’est employée à l’instruction et à l’édification de nos chrétiennes. La mort a surtout fauché parmi les enfants : sur 84 que j’ai baptisés cette année, 35 se sont déjà envolés au Ciel. Le P. Pascal travaille avez zèle ; mais, dans une paroisse de 4.283 chrétiens, deux prêtres peuvent-ils suffire à tous les besoins ?
« Pour la première fois, M. Cartreau, empêché par la maladie, a dû confier à son assistant, M. Mourier, le soin de rédiger le rapport d’administration de l’importante station de Kanatzogon. « Trois nouvelles chapelles ont été ouvertes, écrit ce Confrère. L’œuvre des « conversions ne progresse pas. Mais il n’y a pas lieu de s’en étonner, quand on considère que « Kanatzogon compte aujourd’hui 4.995 chrétiens, disséminés sur un vaste territoire, à des « distances considérables. Le P. Paboun est toujours très dévoué ; mais, pour lui aussi, le « poids des ans se fait sentir. »
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District du Delta. — Population cath. : 7.840. — Conversions : 83. — Bapt. d’enfants de païens : 237.
« A Maubin, M. Chagnot a eu la consolation d’enregistrer 35 baptêmes d’adultes.
Une longue et grave maladie a failli nous enlever, au mois de mars dernier, le missionnaire de Pyapon, M. Cathébras. Il est maintenant bien guéri et plus vaillant que jamais. Voici ce qu’il écrit : « Si Dieu me fait la grâce d’une meilleure santé pour l’année qui commence, « j’espère réparer le temps perdu. Le chef de la chrétienté du village de Puti a construit une « belle chapelle. Le bâtiment d’une école baptiste, fermée pour manque d’élèves, a été « converti en chapelle catholique à l’usage des chrétiens de Kundaïne. »
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District de Tenasserim. — Population cath. : 4.402. — Conversions : 102. — Bapt. d’enfants de chrétiens : 150.
« Les deux importantes paroisses de Moulmein continuent à donner satisfaction à MM. de Chirac et Boulanger. Un grand bien est attendu d’une mission qui va être donnée dans cette ville, une des premières de la Birmanie qui ait reçu la bonne nouvelle de l‘Evangile. Elle fut la résidence, pendant un quart de siècle (1830-1856), du vicaire apostolique d’Ava et Pégu.
« M. de Chirac nous entretient des difficultés qu’il rencontre dans la construction de sa nouvelle église. Ses deux principaux ouvriers ont fait faux bond ; mais il ne perd pas l’espoir de les retrouver et de continuer les travaux après la saison des pluies. De concert avec M. Boulanger, M. de Chirac travaille avec succès à la diffusion de la bonne presse. Saint-Mary compte aujourd’hui 65 abonnés au Catholic Herald de Calcutta, quinze à la Voix de Rangoon et 10 au Semeur.
« Les 10 conversions que j’enregistre, écrit M. Loizeau, ont été obtenues chez les « Taungthus. J’ai vivement senti le besoin d’un bon catéchiste, influent et respecté, natif de ce « pays. Je crois avoir trouvé, parmi les néophytes de l’année dernière, un homme qui me « semble avoir les aptitudes nécessaires. »
« La paroisse de Nyaunglebin est toute à la joie de posséder de nouveau son dévoué pasteur et fondateur, M. Mignot. Dieu a voulu récompenser l’épreuve du missionnaire, en lui permettant d’enregistrer 69 conversions, le plus haut chiffre de toutes les stations du Vicariat. Elles sont en partie le fruit des efforts et du zèle du P. thomas, qui a porté l’Evangile sur les montagnes situées au nord-est de Shwegyin. M. Mignot s’est occupé à réparer son église et à construire une nouvelle maison d’école.
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District de Rangoon. — Population cath. : 23.418. — Conversions : 203. — Bapt. d’enfants de chrétiens : 600.
« MM. Pavageau et Allard se sont vus, à leur retour, placés à peu près dans les mêmes conditions qu’avant leur départ pour la France, le premier avec une église à rebâtir, le second avec une Mission chinoise à fonder.
« Pendant l’absence de M. Pavageau, M. Joseph Mourlanne n’a eu qu’à se louer des dispositions des chrétiens de Gyobingauk. Avec l’aide du dévoué P. Lucas, il a enregistré 38 conversions.
« M. Picot, qui administre la paroisse Saint-Jean de Rangoon, a baptisé 10 adultes chinois.
« Le rapport remis par M. Sellos sur l’administration de la paroisse tamoule, qui compte dans la ville même de Rangoon, plus de 12.000 chrétiens, est un éloquent témoignage du travail accompli, mais aussi, hélas ! de celui qui aurait dû être fait et n’a pu l’être, par suite de la pénurie de catéchistes et surtout de missionnaires. Depuis le départ de M. J.-B. Mourlanne pour la France, trois Missionnaires seulement ont à s’occuper des nombreux fidèles de cette vaste chrétienté. L’un d’eux, M. Dessalle, doit encore apprendre la langue. N’est-il pas à craindre que ces Confrères ne puissent, à leur tour, soutenir le labeur incessant et vraiment écrasant d’un ministère difficile ?
« M. Chave, qui remplace M. J.-B. Mourlanne, laisse ses deux assistants, MM. Sellos et Dessalle, visiter les catholiques indiens dispersés dans les districts voisins de Rangoon : ces catholiques sont au nombre de 3.540, pour lesquels nous avons 19 chapelles. Le cœur saigne, vraiment, à la vue de l’abandon forcé dans lequel ils se trouvent, même parfois à l’heure de la mort.
« S’il était possible d’avoir un missionnaire en résidence dans la campagne, à Kyauktan par exemple, au milieu de toutes ces chrétientés, nous aurions, n’en doutons pas, un consolant rapport du genre de celui qu’envoie M. Mazoyer.
« Le poste de Kyaiklat, dit-il, groupe 4. 500 chrétiens ; il a été établi pour les Indiens du « Delta de l’Irrawaddy. Du point central qu’est Kyaiklat, il est facile de rayonner et de visiter « les douze chapelles où se réunissent nos Tamouls. Ce nombre d’oratoires témoigne de leur « esprit de foi, car ils ont supporté tous les frais de leur construction et ils les entretiennent. Ils « rétribuent aussi le catéchiste oui est attaché à chacune de ces chapelles : ce catéchiste sert, « habituellement, de maître d’école aux enfants des villages les plus rapprochés. La résidence « du missionnaire, une pauvre maison en bois qui servait aussi de chapelle et d’abri pour les « chrétiens, vient d’être remplacée par une construction en briques où nous pouvons loger « décemment. L’assistance de M. Riouffreyt m’est précieuse, parce qu’elle permet des visites « plus fréquentes de nos chrétiens et facilite l’administration des derniers sacrements aux « malades. »
« M. Boulanger est heureux de signaler un commencement d’organisation des chrétiens tamouls qui habitent les environs de Moulmein, dans le district de Thaton. Trois nouvelles chapelles ont été construites, ce qui porte à 7 le nombre des oratoires ou pied-à-terre à l’usage du missionnaire.
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« Le Petit Séminaire de Moulmein reste prospère sous la sage direction du P. Michael. Quatre de nos séminaristes ont reçu la tonsure au mois de mars dernier, ils donnent de sérieuses garanties de persévérance.
« Malgré des agrandissements successifs, nos asiles de lépreux et de vieillards sont au complet. Les Petites-Sœurs des Pauvres ont presque terminé leur chapelle. Elles pourront quitter le rez-de-chaussée dé leur établissement pour se loger, avec moins d’incommodités, au premier étage.
« Afin de ne pas répéter ce que je disais, l’an dernier, concernant l’œuvre capitale de l’éducation de la jeunesse dans cette Mission, il suffira de signaler ici les résultats obtenus aux examens du Gouvernement. Ils sont toujours des plus brillants et font honneur au catholicisme. Nous sommes si bien les premiers que les protestants anglais et américains se liguent contre nous pour organiser la concurrence.
« Croyant mieux réussir dans leurs desseins, ils n’ont pas craint d’accuser les Missionnaires catholiques de l’Inde et de la Birmanie de manquer de loyauté envers la Couronne Britannique, et de les déclarer incapables de comprendre le caractère anglais et de former de bons citoyens pour la défense de l’Empire.
« Par une remarquable coïncidence, au moment même de ces attaques, le Gouverneur de la Birmanie, sur le désir du Vice-roi des Indes, décernait la décoration du Kaiser-I-Hind, pour services publics rendus dans l’Inde, à M. Perroy, provicaire, récompensant ainsi ses efforts et ses succès sur le noble champ de bataille qu’est l’éducation. A l’occasion d’une visite officielle au district de Tharrawaddy et aux écoles de Thonzeh, Sir Harvey Adamson remit lui-même cette décoration. Nous sommes tous très fiers et reconnaissants de cette haute distinction, qui honore le digne récipiendaire et aussi la Mission tout entière.
« Le meilleur résultat de la campagne entreprise par nos adversaires, a été la formation, dans ces derniers mois, du « Catholic Bond ». C’est une association catholique, composée de membres actifs, déterminés à soutenir, à étudier et à pratiquer leur religion, toujours prêts à la défendre en cas d’attaque. Les liens qui unissent les divers membres sont consolidés par la vertu de tempérance et l’esprit de sacrifice (self-sacrifice). Le fonctionnement de l’œuvre ressemble à celui qui a fait le succès des Conférences de Saint-Vincent de Paul. L’Union comprend 4 degrés : les agrégés, les membres, les associés et les adhérents, afin d’en assurer la direction, le nombre, le recrutement et le support matériel. Le Président général de la nouvelle Association est Sir Charles Fox, président et premier juge de la Cour Suprême de Rangoon ; le Président du Conseil est un médecin-major de l’armée anglaise, vice-commissaire général des Services sanitaires de la Birmanie ; le Vice-président, un jeune avocat élevé à l’école des Frères et tout dévoué aux œuvres de la Mission.
« Le nombre des agrégés et membres, pour la seule ville de Rangoon, dépasse déjà la centaine. C’est une garde d’honneur, ou plutôt un bataillon d’élite, prêt à entraîner la masse catholique au jour où elle croira devoir lutter, sur le terrain social, pour la revendication de ses droits. Qu’on vienne désormais les accuser eux et leurs pasteurs de déloyauté, ils sont prêts à répondre. Les associations Catholiques fonctionnent déjà dans plusieurs diocèses de l’Inde. La Birmanie, vu son isolement, a un besoin plus grand encore d’une Union catholique, capable de défendre et de faire valoir ses intérêts religieux sur le terrain social.
« Nous suivons le courant des plus saines idées actuelles. Nous nous unissons pour accroître notre force de résistance et l’opposer à nos adversaires. »
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