| Année: |
1913 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie Méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Cardot |
III. — Birmanie Méridionale
Population catholique 59.743
Baptêmes d’adultes 521
Baptêmes d’enfants de païens 123
Conversions d’hérétiques 49
_____
« En parcourant les rapports de mes missionnaires sur le dernier exercice, écrit Mgr Cardot, j’éprouve une joie bien vive à la vue des résultats obtenus ; mais je ne puis me défendre d’un sentiment de tristesse, en considérant l’impuissance où je suis, de satisfaire aux demandes de renfort qui m’arrivent de tous côtés à la fois. Trois confrères sont en France, deux autres doivent y aller prochainement : tous, pour raison de santé. Je n’ai pas un homme disponible sous la main. Il est vrai que, s’il plaît à Dieu, nous aurons 5 nouveaux prêtres indigènes, au commencement de l’année prochaine ; mais, d’ici là, l’œuvre des conversions va rester en souffrance.
« Un autre sujet de tristesse pour moi est la disparition du regretté M. Butard. Sans doute, depuis plusieurs années, la lèpre avait contraint cet excellent missionnaire de quitter l’armée active, pour entrer dans la réserve de l’apostolat ; mais il se rendait encore utile à son ancienne paroisse de Danbi et aux confrères de son voisinage. La mission perd en lui un ouvrier zélé et un saint prêtre.
« Les chiffres du tableau d’administration sont à peu près les mêmes que l’an dernier, excepté ceux des confessions et des communions de dévotion, qui augmentent de plus en plus. C’est pourquoi, malgré les difficultés du présent et les soucis de l’avenir, nous avons sujet de remercier Dieu des bénédictions qu’Il a répandues sur notre ministère, au cours de l’exercice 1912-1913. »
Nous allons suivre maintenant Mgr Cardot, dans une excursion à travers les districts de la Birmanie méridionale ; Sa Grandeur nous donnera, sur chacun d’eux, d’intéressants détails, puisés dans les rapports de ses missionnaires.
District de Tenasserim. — Population catholique 4.530 : conversions de païens 90. — « La côte de Tenasserim, qui donne son nom au district, n’a pour l’évangéliser qu’un seul missionnaire, M. Prades, aidé d’un prêtre indigène, le P. Ambroise. Voici ce que notre jeune confrère m’écrit : « Le poste de Kadai, où je réside avec mon vicaire, est incontestablement le « meilleur centre, pour rayonner parmi les Carians des montagnes et travailler à leur « conversion. Dans une récente tournée, je fus heureux de constater que plusieurs catholiques, « mariés à des païennes, étaient disposés à faire régulariser leur situation, et qu’un certain « nombre d’autres désiraient revenir aux pratiques religieuses. Ceux-ci, en particulier, « auraient besoin d’un maître d’école zélé et sérieux, qui, tout en les instruisant, les « protégerait contre les tracasseries incessantes des anabaptistes. Le chef du village, à qui j’ai « eu l’occasion de rendre service, nous est absolument dévoué. Avec son concours, nous « pourrions ravir quelques adeptes aux protestants, et remplacer leur école par une école « catholique. Ce qui importe d’abord, c’est de trouver un bon instituteur. Dans mon district, si « l’on veut obtenir des conversions, il faut ouvrir des écoles. Celle de Kadai m’a donné, cette « année, 4 baptêmes d’adultes. Il m’en faudrait une à Mergui, où les enfants sont nombreux « mais ne connaissent guère la religion.
« Je vais à Tavoy cinq à six fois par an ; le difficile est de réunir les catholiques qui « travaillent dans les mines. Maliwan et Victoria-Point comptent aussi un bon nombre de « chrétiens baptisés, planteurs pour la plupart : hélas ! ils sont à 200 milles de Mergui ! Un « missionnaire, résidant à Margui, pourrait s’occuper d’eux utilement. Pour moi, la chose « n’est pas pratique : je suis trop loin de Maliwan et de Victoria-Point. M. Prades a baptisé « 11 néophytes.
« A Moulmein, chef-lieu du district de Ténasserim, résident MM. de Chirac et Xavier Boulanger : ce dernier confrère nous donne les nouvelles qui suivent :
« Le souvenir de la mission prêchée par le R. P. Peal, S. J., de Darjeeling, vivra longtemps « dans la mémoire de tous ceux qui ont eu le bonheur d’y assister. Elle a duré 8 jours, du 15 « au 22 décembre. La foule, avide d’entendre l’éloquent prédicateur, se pressait à l’église « Saint-Patrick, matin et soir ; et, si les résultats pratiques de cette mission n’ont pas été très « éclatants, ils n’en sont, je crois, que plus sérieux et plus durables.
« Nous avons réussi, M. de Chirac et moi, à établir une association catholique à « Moulmein : 280 membres ont été enrôlés. Le but principal de cette association est de « grouper les catholiques, de les intéresser davantage aux choses de la religion, et d’obtenir « qu’ils se conduisent, en toute occasion, comme des enfants de Dieu et de l’Eglise. »
« M. Loizeau et son zélé vicaire, le P. joseph, comptent 400 chrétiens à Theinzeik ; ils ont baptisé 13 catéchumènes, depuis un an. Le site est enchanteur, mais le terrain est ingrat.
« A Hngetpiawdaw, la moisson mûrit à vue d’œil , dit M. Mignot. Le nombre des Carians « rouges, baptisés en 1901, a considérablement diminué ; beaucoup sont morts, d’autres ont « émigré. Les Carians blancs sont moins nomades ; j’en ai baptisé 12 à Kya-Gyaung. Le vieux « chef, chrétien depuis trois ans, est tout feu et flamme pour répandre la bonne nouvelle « autour de lui, et gagner à Dieu ses parents et ses connaissances.
« Le poste de Nattaung a donné une dizaine de conversions, et notre position s’affermit à « Padakwin. Kanaso-Myaung prend de l’importance ; 25 païens y ont été baptisés. Au total, « j’enregistre 47 nouvelles recrues.
« Les chrétientés des montagnes de l’est ne demandent qu’à se développer. Le branle est « donné ; nous n’avons qu’ à accélérer le mouvement. Pour cela, un vicaire ne me suffit pas ; « il m’en faudrait deux. »
District du Delta. — Population catholique : 7.936 ; conversions : 101 — M. Bonnet, titulaire de Nyaung-gon, malgré la maladie qui l’a forcé de rentrer momentanément en France, a trouvé moyen de jeter les fondations d’une église en briques et d’enregistrer 20 baptêmes de païens. Le P. Raphaël administre la chrétienté, pendant l’absence de M. Bonnet.
« Le fait saillant de l’année à Pyapon, chez M. Cathébras, a été l’érection d’une maison-chapelle, que notre confrère décrit ainsi : « C’est, dit-il, une construction en bois, où, entre « deux grandes chambres, j’ai réservé une salle de 70 pieds de long, qui sert de chapelle. Le « rez-de-chaussée reste encore à aménager pour une école de jeunes carians chrétiens. Mon « petit troupeau s’est augmenté de 18 nouveaux convertis, depuis un an. »
« Kyaiklat est un poste tamoul, qui ne compte pas moins de 4.500 chrétiens. En l’absence de M. Mazoyer, M. Riouffreyt, son vicaire, nous renseigne sur le travail accompli depuis un an :
« Grâce à la direction ferme et éclairée de M. Mazoyer, dit-il, les résultats obtenus ne sont « pas inférieurs à ceux de l’exercice précédent. Jusqu’ici, le principal obstacle à l’influence du « missionnaire avait été le va-et-vient continuel de nos Indiens. Or, le dernier recensement « m’a permis de constater, que plus de 500 familles se sont établies définitivement dans le « pays ; les unes ont déjà acheté des terrains, les autres veulent aussi en acheter. Si cet « heureux changement se maintient, il faudra à Kyaiklat une école et une église, dont les « fondements sont déjà posés. »
« Les importantes chrétientés de Maubin et de Yandoon sont administrées par MM. Chagnot et Ballenghien.
District de Bassein. — Population catholique : 13.256 ; conversions : 56. — « La chrétienté de Kanatzogon, confiée aux soins de MM. Cartreau et Mourier, se compose de 4.000 fidèles. Pour développer la vie spirituelle chez les néophytes, les missionnaires ont établi le catéchisme de persévérance, qui se fait chaque dimanche et attire beaucoup de monde. Les communions de dévotion sont de plus en plus nombreuses ; les écoles se maintiennent à un bon niveau, et donnent satisfaction aux inspecteurs du gouvernement. Deux nouveaux centres scolaires ont été fondés, cette année, dans les villages éloignés. Le chiffre des conversions de païens est de 19.
« La paroisse de Myaung-Mya compte plus de 4.000 âmes. Elle est dirigée par M. Fargeton, qui a pour auxiliaire le zélé P. Pascal. Parmi les principaux faits de l’année, M. Fargeton cite les suivants : visite de Mgr Cardot et confirmation de 116 néophytes en septembre ; congrès du 8 avril, à l’occasion de la translation des restes de M. Kern de Bassein à Myaung-Mya ; la bénédiction de l’école des Sœurs ; la création d’une caisse de secours mutuels et la conversion de 11 païens.
« Un Birman qui vient de mourir, ajoute M. Fargeton, mérite bien une petite notice. Po-« min était d’une droiture et d’une honnêteté proverbiales. Converti, il y a 15 ans, sa ferveur « première ne s’était point refroidie. Il s’acquittait de ses devoirs de chrétien, sans se laisser « influencer par les railleries des habitants de son village. Il avait chez lui un petit autel, « devant lequel il faisait ses dévotions. Il s’était procuré tous les livres de religion qu’il avait « pu trouver et les possédait à fond. Son bonheur était de parler religion, et, quand il venait à « Myaung-Mya, mon catéchiste devait passer toute la nuit à discuter avec lui sur les questions « religieuses. Jamais il ne permit à ses domestiques de travailler le dimanche, tout en les « payant comme s’ils travaillaient ; et il ne louait ou prêtait ses bêtes, qu’à la condition qu’on « ne les ferait pas travailler le dimanche. Ce bon chrétien s’en est allé au ciel, et a dû y être « bien accueilli. »
« M. Emile Foulquier, chargé du district de Kyongtalok, dirige tout un groupe de villages carians et tamouls ; en tout, 750 âmes. « L’avenir du poste de Kyongtalok, écrit notre « confrère, repose sur les Indiens catholiques, qui défrichent la forêt, et la transforment en « rizières qu’ils n’abandonneront jamais. »
« M. Provost, chef du district de Bassein, a construit deux chapelles. « Les écoles, dit-il, « me donnent satisfaction : le bon esprit y règne. Aux derniers examens, tous les élèves de « 1’Ecole normale ont obtenu leur brevet simple ; et tous les élèves, garçons et filles des « écoles préparatoires, ont passé avec succès les examens auxquels ils sont astreints. Au « noviciat des Sœurs indigènes, il y a eu deux prises d’habit, et 2 nouvelles postulantes ont « été reçues.
« Tout va bien à Ywegon, écrit M. Joseph Mourlanne : les fidèles assistent régulièrement à « la messe le dimanche, et la fréquentation des sacrements est en honneur parmi eux. « Marygon, au contraire, laisse à désirer : il n’y a guère que les femmes, qui fassent preuve de « bonne volonté. Dagon est incomparablement meilleur. A Mézabu, l’esprit est bon et la vie « chrétienne assez intense. »
« M. Maye réside à Poukseinbé, à environ 30 milles de Ywegon ; la population catholique, dont il a la charge, est de 1.200 âmes.
District de Henzada. — Population catholique : 1.049 ; conversions : 155. — « M. Bouche, curé de Lethama, écrit ce qui suit : « La chrétienté Chin a disparu, en grande partie « du moins. Où sont allés ces pauvres gens ? Il est difficile de le dire ; car, quand un Chin « émigre, il va d’autant plus loin, que son bagage est plus léger et ses dettes plus lourdes. Un « certain nombre se sont installés dans l’Arracan. C’est le gouvernement qui a obligé les « Chins à partir, en s’emparant des terres défrichées par eux, pour y faire des « plantations. » « M. Bouche a baptisé 12 païens.
« Pour la première fois depuis 52 ans, dit Mgr Cardot, la main de notre cher et vénéré doyen, M. Tardivel, s’est refusée à faire le compte rendu annuel. La chose est d’autant plus regrettable, que les relations de M. Tardivel étaient toujours marquées au coin d’une expérience sûre, et qu’elles étaient très intéressantes. Le vénérable octogénaire a passé la plume à son vicaire M. Charbonnel. Nous savons ainsi que, dans le district de Maryland, 13 adultes et 2 enfants de païens ont été baptisés, et que les écoles sont au nombre de 10. Toutes sont tenues par des maîtres catholiques, qui apprennent aux enfants l’amour et la crainte de Dieu.
« M. Héraud a préparé l01 personnes à la confirmation, dans le poste de Shagai ; il a ouvert deux nouvelles écoles : l’une à Thinganaing, l’autre à Megueyet. L’un de ses 9 adultes baptisés a fait don d’une belle cloche, pour appeler les chrétiens à la prière, et selon l’expression de ce généreux néophyte, « pour indiquer aux païens le chemin qui mène au vrai « bonheur ».
« Henzada est desservi par M. Herzog ; Danbi, par M. Ravoire, qui a recueilli la succession du cher et regretté M. Butard. M. Ravoire résume la situation religieuse de sa paroisse en ces termes : « Le niveau religieux, voire même la note de piété, monte « sensiblement à Danbi. Si le nombre des nouveaux baptisés n’est pas élevé, celui des « catéchumènes promet une bonne moisson. Le journal birman, le Semeur, nous est très utile ; « sans en avoir l’air, il fait un bien considérable. Comme une pluie fine, qui pénètre « facilement la terre et n’arrête pas le voyageur, le Semeur pénètre, sans effrayer personne, « même dans les milieux les plus susceptibles. Le nombre des abonnés est d’une cinquantaine « environ, mais les lecteurs se comptent par centaines. »
« M. Herzog n’a eu que 27 baptêmes d’adultes à Zaundan, lorsqu’il comptait sur une soixantaine. « A part l’église récemment achevée, dit-il, tous les bâtiments du poste tombent « en ruines. Le presbytère, l’école des garçons et celle des filles sont à refaire. J’ai dû abattre « le presbytère, avant qu’il ne s’abattît sur quelqu’un d’entre nous. Voilà du travail et des « soucis en perspective pour longtemps.
« Le district de Zaundan se divise en 3 groupes : celui de l’est, qui compte 7 chrétientés, « ayant chacune sa chapelle et son école subventionnée par le gouvernement ; celui du nord, « avec 6 chrétientés et 4 chapelles ; enfin celui du sud-est, avec 6 chrétientés et 4 chapelles. « Un village de ce dernier groupe a été emporté en entier par le choléra. »
« A Kyangin, M. Maisonabe a vraiment lieu de se réjouir des résultats de l’année. Outre que ses chrétiens sont devenus meilleurs, il a régénéré 63 païens adultes. Notre jeune confrère ne craint pas sa peine ; pas assez, eu égard à l’insalubrité des montagnes qu’il parcourt en tous sens. « J’ai entrepris, raconte-t-il, un voyage de reconnaissance jusqu’au nord de mon district, « près de Thayetmyo. Cette excursion, faite à pied et par petites étapes, m’a permis de prendre « contact avec les Chins. L’empressement avec lequel j’ai été reçu partout, me porte a bien « augurer de l’avenir. Je suis revenu avec l’intention bien arrêtée d’apprendre le chin. Les « païens nous ouvrent leurs portes toutes grandes ; l’action s’impose à nous, mais elle exige « d’autres bras que les miens. A moi seul, je ne puis réussir : il me faut du renfort. »
District de Rangoon.. — Population catholique : 23.612 ; conversions : 263. — « M. Pavageau, qui réside à Gyobingauk, présente à Mgr Cardot une gerbe de 51 baptêmes de païens « modestes épis, glanés çà et là, dit-il. Nos 7 écoles de village sont loin de réunir tous « les enfants chrétiens, ajoute-t-il ; si seulement je pouvais faire venir les autres aux écoles de « la résidence ! C’est là le difficile. Quant à nos sautés, chacun de nous se porte du mieux « qu’il peut. Le plus robuste est encore le P. Lucas ; ce qui ne l’empêche pas d’avoir, de temps en temps, des accès de fièvre. Le P. Daniel, malgré la soixantaine, reste toujours jeune « de cœur et d’esprit, et il me rend de précieux services. Le P. Lucas est vraiment zélé et « pieux ; il ne craint pas sa peine et est très aimé de tout le monde. Inutile de dire combien je « suis heureux de me retrouver à Gyobingauk, après 3 années d’absence, qui m’ont paru 3 « siècles. Actuellement, ma santé n’est pas brillante : le moindre écart de régime m’est « funeste. Or, quand on voyage, on n’a pas toujours ce qu’il faudrait. »
« A mi-chemin entre Gyobingauk et Rangoon, on aperçoit la flèche de l’église de Tonzeh. M. Granger, curé de la paroisse, est tout heureux d’avoir pu augmenter son troupeau de 37 nouvelles brebis.
« MM. Allard et Picot s’occupent de l’évangélisation des Chinois à Rangoon. « Nous « n’avons cette année, écrit M. Allard, que 12 baptêmes d’adultes. Par contre, nos 75 « catéchumènes donnent de sérieuses espérances. Nous tenons à ce qu’ils soient suffisamment « instruits et éprouvés, pour qu’ils forment une élite, et que leur conduite irréprochable attire à « nous les païens. Le manque de catéchistes de divers dialectes est le grand obstacle aux « conversions. Les Fokiénois et les Cantonnais nous échappent forcément, et nos catéchistes « hakkas n’atteignent qu’une minime partie de la population chinoise.
« Pour accélérer le mouvement de conversion des Chinois, nous avons inauguré les « semaines de conférences religieuses, et recouru à la diffusion de la bonne presse. La « première de ces semaines de conférences eut lieu à Moulmein, et fut bien suivie : les fruits « s’en font peu à peu sentir. La seconde semaine se fit à Kyaiklat : elle aussi, fut fort bien « suivie. Les Fokiénois m’ont demandé alors d’avoir leur semaine de conférences. Je leur ai « promis qu’ils l’auraient, dès l’arrivée d’un catéchiste fokiénois. Il y a 8 mois de cela, et les « pauvres gens attendent toujours.
« La bonne presse est aussi un moyen puissant de conversion. Aujourd’hui, la majorité de « nos groupements de chrétiens chinois est abonnée au journal catholique des Pères Lazaristes « de Tientsin. . Nos efforts pour donner à la mission chinoise l’autonomie, qui lui est « absolument indispensable, n’ont pas encore abouti ; mais la bénédiction spéciale du Saint-« Père et les prières des petits enfants pour le succès de notre œuvre, nous sont un gage que « l’heure de Dieu ne saurait tarder à venir »
Œuvres. — « Le petit séminaire de Moulmein, dit Mgr Cardot, conserve sa moyenne ordinaire de 16 étudiants ecclésiastiques. Cinq séminaristes, sortis de Pinang, ont terminé avec succès leurs 2 années d’épreuve, et reçu les ordres mineurs au commencement de l’année. Ils sont retournés ensuite au Collège général, pour y suivre un cours supplémentaire de pastorale : j’espère qu’ils recevront les ordres sacrés à la fin de 1913, et la prêtrise, en mars 1914.
« La prospérité ininterrompue de nos écoles de Frères et de Sœurs a obligé ces chers auxiliaires à agrandir leurs bâtiments scolaires. L’école des Frères possède aujourd’hui 3 étages au lieu de 2, dans sa façade et ses nouvelles ailes. Les anciennes ailes recevront, un peu plus tard, le même exhaussement. Les additions faites à l’école des Sœurs sont plus modestes, mais suffisantes pour répondre aux besoins actuels.
« Comme je vous l’annonçais, l’an dernier, les Petites Sœurs des Pauvres ont maintenant une belle chapelle, dont le plan général, suggéré par feu M. Janzen, et surtout la voûte gothique, toute en bois de teck, sont un modèle du genre. J’ai béni solennellement la chapelle sous le vocable de l’Immaculée-Conception, en novembre dernier, à l’issue de notre retraite annuelle.
« L’asile des lépreux reste privé de son fondateur et surintendant, M. Freynet, retenu en France par le mauvais état de sa santé. M. Rieu le remplace, dans cette œuvre qui fait l’admiration de tous. Le gouvernement impérial a décerné, cette année, la décoration du Kaiser-I-Hind à Sœur Catherine, de l’ordre de l’Apparition de saint Joseph de Marseille, ancienne lépreuse, aujourd’hui guérie, pour services publics rendus dans l’éducation des pauvres enfants lépreux. Sir Georges Shaw, gouverneur par intérim de Birmanie, est venu lui-même remettre les insignes de cette décoration à Sœur Catherine, le 23 août dernier.
« Je vous parlai assez au long, l’an dernier, du Catholic Bond, établi à la capitale en faveur des Européens et Eurasiens catholiques. Moulmein a emboîté le pas, à l’issue d’une mission, en formant une association catholique. En juin dernier, ce fut le tour de la chrétienté tamoule, avec son « Indian Catholic Association » . C’est donc une organisation en règle, que prennent les forces catholiques, sur le terrain religieux et social.
« Le projet de « Directoire et coutumier de la mission a été réalisé. Le texte définitif fut proposé et unanimement approuvé, à la retraite de novembre dernier. Relié avec le Règlement général de notre chère Société et un appendice, ayant rapport à l’exercice du saint ministère, le Directoire de la Birmanie méridionale forme un volume de 300 pages, dont l’impression fait honneur à notre maison de Nazareth de HongKong, et aussi à M. Tour, qui en a corrigé les épreuves. L’unanimité des suffrages de nos confrères, pour l’approbation du texte de ce Directoire, me garantit l’unanimité de leur zèle à l’observer : Ut omnes unanimes... honorificemus Deum et Patrem Domini nostri Jesu Christi. »
~~~~~~~
<< Retour page précédente
|