| Année: |
1916 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie Méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Cardot |
III. — Birmanie Méridionale
Population catholique 59.480
Baptêmes d’adultes 498
Baptêmes d’enfants de païens 59
Conversions d’hérétiques 43
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« Les résultats du dernier exercice sont loin d’être aussi satisfaisants que nous le désirons, écrit Mgr Cardot. Le nombre des conversions obtenues pendant l’année est le plus minime que nous ayons eu depuis longtemps. En outre le chiffre de la population catholique est moindre que celui donné l’année dernière. Depuis assez longtemps, j’étais sous l’impression que dans certains postes anciens, le chiffre des chrétiens tel que l’indiquait nos catalogues devait être réduit. A la dernière retraite, j’appelai l’attention des missionnaires sur ce point, et plusieurs, ayant fait un recensement exact, ont trouvé que dans leurs districts le nombre des fidèles avait considérablement diminué. Quand d’autres confrères auront fait des relevés analogues dans leurs juridictions respectives, je m’attends encore a des chiffres inférieurs à ceux de cette année.
« Cette diminution tient principalement au caractère nomade des Carians, à la pauvreté et à la misère dans lesquelles ils sont tombés. Chaque année, des anciens postes du district d’Henzada des familles entières se dirigent vers le sud, à la recherche de nouveaux terrains de rizières à défricher. Où vont-ils ? Ils ne le disent pas. Souvent eux-mêmes l’ignorent. Et la plupart du temps, ils restent inconnus au missionnaire dans la juridiction duquel ils ont émigré. Quand ils ont vécu des années sans voir de prêtre, ils tombent dans l’indifférence et leurs enfants, en s’unissant aux païens, deviennent facilement des apostats. Les missionnaires découvrent assez fréquemment un certain nombre de ces familles égarées, et ont la consolation de les ramener à la pratique de la religion. Mais combien d’autres restent introuvables, ou font la sourde oreilles aux exhortations du prêtre ! Même chez ceux qui n’émigrent pas, ou rencontre des défections ; plusieurs de nos confrères le constatent dans leurs rapports. La difficulté d’instruire solidement les nouveaux chrétiens, souvent trop dispersés, en est une des principales causes. Les autres motifs sont la facilité de se marier dans des familles païennes, la pauvreté, les querelles, etc. C’est sur ce champ que le zèle et l’activité des missionnaires s’exercent principalement, en dehors du soin des chrétiens pratiquants.
« Le chiffre des sacrements reçus n’est pas aussi considérable qu’il serait, si le dernier exercice couvrait une année entière. Il n’est que de 11 mois, ayant été clos le 30 juin au lieu du 31 juillet. Cependant le nombre des confessions et des communions de dévotion est plus élevé que précédemment. »
Après ces remarques préliminaires, Mgr Cardot passe en revue les postes de la mission en citant généralement quelques extraits des rapports de ses prêtres.
RANGOON. « Les différentes paroisses de cette ville se sont maintenues à leur niveau ordinaire. Toutefois une amélioration sensible a été remarquée soit dans l’assistance aux offices les dimanches et jours de fêtes, soit dans la réception des sacrements. M. Picot, à Saint-Jean, trouve son église trop petite et se propose de l’agrandir. A l’hôpital du Gouvernement dont il a la charge spirituelle, il continue à faire beaucoup de bien, usant largement de la liberté dont il jouit pour visiter les malades.
« La mission chinoise a été officiellement et formellement ouverte le 1er août, par la bénédiction solennelle de la maison où elle est établie (1).
(1) Les Annales de la Société des Missions-Etrangères et l’Œuvre des Partants publieront dans un de leurs numéros de cette année 1917 le rapport de M. Allard.
« M. Allard a pu acheter un terrain, et y construire une maison qui a été solennellement bénite. Au mois de septembre, une école a été ouverte ; elle a débuté avec 6 élèves ; elle en compte maintenant 58, dont 31 sont païens. Cette école est entièrement catholique ; le catéchisme y est enseigné, et tous les enfants indistinctement suivent les exercices religieux. Le local étant devenu insuffisant, le missionnaire a construit un bâtiment en bois de teck de 110 pieds de long sur 20 de large.
« Les communions de dévotion ont augmenté et cette année on en a compté 2.276. Malheureusement le travail d’évangélisation dans les bois, l’établissement et la surveillance d’écoles en ville ne peuvent être menés de front. « Je crois plus utile pour le bien général, « ajoute M. Allard, d’abandonner le premier jusqu’au retour de M. Roy. Je ne néglige pas les « païens qui sont autour de moi, et j’ai eu la consolation d’en baptiser 38. »
« Le dispensaire donne de plus en plus de travail à l’âme généreuse, qui l’a entrepris avec tant de dévouement. Outre les enfants de l’école, Mrs Donohuœ soigne les Chinois qui viennent lui demander des remèdes.
GYOBINGAUK. « Le fait principal de l’année a été la bénédiction solennelle de la nouvelle église en briques, de style roman, que M. Pavageau a construite. La cérémonie a eu lieu le 29 septembre, fête de saint Michel, titulaire de l’église. J’y étais entouré de nombreux confrères venus des trois missions de la Birmanie. Les autorités civiles de la ville, quoique non catholiques, y assistèrent, preuve de leur estime pour le missionnaire et des relations cordiales existantes entre eux et lui.
BASSEIN. « M. Provost écrit « J’espérais pouvoir, cette année, offrir une belle gerbe de « conversions à Votre Grandeur : je n’en compte que 26. Un certain nombre de villages, au « pied des collines, non loin de la mer, étaient ouverts. Mon assistant, dès sa première visite « après la retraite, y fut atteint d’une fièvre maligne qui le cloua sur le lit pendant près de deux « mois. Les forces ne lui sont pas entièrement revenues. Son travail de l’année s’en est « ressenti, et le mien aussi par contre-coup.
« Les villages carians se divisent tout naturellement en trois groupes :
« I. Les villages convertis de longue date sont la région de l’apathie. Les progrès de la « religion y sont presque nuls. Les vieillards pensent à leur âme. Ils sont heureux de la visite « du prêtre qui leur permet de remplir leurs devoirs religieux. Malheureusement, ils sont « impuissants à inculquer ces sentiments à leurs enfants. Que sera la jeune génération ? Les « écoles n’atteignent qu’une infime minorité, et même cette minorité semble vouloir se « birmaniser, ce qui est le contraire de « se christianiser ». Toutefois dans le district de « Bassein, grâce à l’influence des vieux parents, tous presque tous les mariages se font encore « chrétiennement.
« II. Les villages baptistes, qui depuis quelques années demandent à entrer dans la « véritable Eglise, offrent un spectacle plus consolant. Pas d’apathie, pas d’indifférence chez « eux. Ils ont un zèle très combatif. A chaque instant, ils provoquent des réunions et des « discussions avec leurs anciens coreligionnaires, qu’ils n’ont du reste aucune peine à « confondre.
« III. Les villages encore païens, situés aux pieds des collines qui nous séparent de la mer, « sont habités par des populations restées un peu sauvages, mais qui nous accueillent « volontiers. Un chef de village s’est fait baptiser cette année ; deux autres familles ont suivi « son exemple. On m’a envoyé des enfants, afin que je les prépare à tenir une petite école qui « fera beaucoup de bien dans le quartier. En attendant, plusieurs autres familles étudient le « catéchisme.
KANAZOGON. « M. Mourier est le titulaire du poste, depuis que la maladie a très gravement frappé M. Cartreau. Il est aidé par un vicaire. Dans ce district, les chrétiens sont généralement instruits et partant solides dans la foi. Le zèle de M. Bertrand, qui l’a fondé et y a travaillé pendant 40 ans, continue à porter ses fruits.
MYAUNGMYA. « Maungmya est aussi une des principales stations chez les Carians ; M. Fargeton, qui l’administre avec beaucoup d’activité et d’intelligence, constate avec joie que la communion est devenue plus en honneur dans bon nombre de ses chapelles secondaires. Il parle ensuite des difficultés qu’il a eues avec plusieurs villages d’apostats, et des succès partiels qu’il a obtenus.
« Voici un trait cité dans son rapport et qui montre combien le démon tient ses adeptes. « Sanchein, du village de Bwethlan, était un jeune homme païen qui avait été consacré « spécialement au démon. Il avait passé, me disait-il, par beaucoup de cérémonies, et avait « reçu des tatouages magiques, qui le mettaient complètement sous l’influence des nats « (esprits). Un peu d’instruction et une petite fortune l’aidèrent à épouser, hélas ! sans « dispense, une jeune chrétienne de bonne famille. Quand je parlai aux parents de la fille de « régulariser sa situation avec lui, il me jura qu’il mourrait sur-le-champ s’il participait de « quelque façon à une cérémonie chrétienne. Pour le gagner je priai et fis prier, et en même « temps je demeurai en bons termes avec lui. Mais aussitôt qu’à la chapelle où il venait me « voir, on devait faire des prières, et surtout célébrer la sainte messe, Sanchein s’enfuyait au « plus vite. Inutile de vouloir le retenir, il était sûr de mourir s’il restait. Pendant 8 ans, je le « vis souvent, surtout pendant une de ses rnaladies. Je n’obtins rien. Enfin cette année, par une « faveur, je crois, de la sainte Vierge, il consentit à étudier les prières et la religion qu’il « connaissait dé’à passablement. Mais quand je lui proposai de recevoir le baptême, sa « réponse fut : « Plus tard, plus tard ! » tant il était effrayé. Je lui dis que je prenais sur moi la « responsabilité de tout ce qui pouvait advenir. Il finit par consentir. Pendant les cérémonies, « il tremblait de tous ses membres ; mais aussitôt que l’eau baptismale eut coulé sur son front, « il poussa un tel soupir de soulagement qu’on eût dit qu’il était déchargé du poids d’une « montagne. Le reste du jour il ne cessait de répéter : « Comme je suis heureux ! Oh ! si « j’avais su j’aurais reçu le baptême depuis longtemps ; mais j’avais si grand’peur ! » Depuis « lors, Joseph Sanchein vit en bon chrétien et s’efforce de réparer le temps perdu. »
PAUKSEINBÈ. « M. Foulquier est content de la marche de ses écoles, et loue le zèle de ses deux religieuses indigènes. Parlant de l’administration de son poste il écrit : « Permettez- « moi de vous signaler un fait qui s’est passé dans un village assez éloigné de ma résidence. « On vint m’avertir que dans ce village un catholique était atteint du choléra. Je partis de « Paukseinbè à 6 heures du soir et j’arrivai à la maison du malade vers 11 heures. Ayant été « averti que j’allais arriver, celui-ci appela son père ct lui dit : « Apportez-moi mes plus beaux « habits, le Père va venir, je me confesserai et je recevrai l’extrême-onction ; mais je ne mour« rai pas » A mon arrivée je lui donnai des remèdes, j’entendis sa confession, et je lui « administrai le sacrement des mourants. Après l’avoir reçu, le malade me dit : « Père, je ne « mourrai pas, le bon Dieu me guérira par l’extrême-onction. » Le lendemain il se trouvait « mieux, et trois semaines après je le voyais arriver à ma résidence : il venait remercier Dieu « de lui avoir rendu la santé. J’ai tenu à rapporter ce fait qui prouve la foi vive de nos « chrétiens dans la vertu du sacrement d’extrême-onction, même pour la guérison du corps. »
YWÉ. « Cette chrétienté, administrée par M. Joseph Mourlanne, a été, à deux reprises, fort éprouvée par le choléra. « Pendant notre retraite annuelle, m’écrit-il, trois personnes sont « mortes du choléra sans avoir pu recevoir les derniers sacrements.
« Tout au commencement des pluies, le même fléau a frappé et dispersé un village en « formation, composé d’immigrés.
« La dévotion au Saint-Sacrement est plus que jamais en honneur à Ywé ; les communions « y sont plus fréquentes, et un assez bon nombre de fidèles sont vus chaque jour dans la soirée « devant le tabernacle. »
DANBI. « La population catholique pratiquante du district s’élève à 1.000 âmes, écrit M. « Ravoire. J’ai pu ces deux dernières années constituer l’état des familles de la mission depuis « son origine. Une bonne partie, la majorité, est restée fidèle à son baptême ; une partie est « retournée aux vanités du siècle ; le reste est composé de nomades qui ne sont jamais « satisfaits de leur position actuelle et rêvent de fortunes faites rapidement en d’autres lieux, « souvent fort éloignés... Des villages entiers ont disparu ; par contre, j’ai ramené au bercail « plus de quinze familles. »
KYANGIN. « Dans ce poste, M. Maisonabe travaille sur les peuplades tchinne jusqu’à la frontière nord de cette mission : « Grâce à son catéchiste et à un chrétien dévoué, qui ont prêché dans les districts de Prome et de Thayetmyo, il a pu baptiser quelques adultes, après les avoir éprouvés avec soin. Le nombre total des païens convertis et baptisés par lui cette aunée est de 35. »
LETHAMA. « Ce district est administré par M. Bouche assisté d’un vicaire, le P. Ambroise, qui s’occupe des chrétientés éloignées. Tous les deux trouvent que l’indifférence envahit peu à peu l’âme de leurs Carians. »
MARYLAND. « Fondé par M. Tardivel, ce district est toujours sous sa houlette. Mais l’âge et les infirmités empêchent le vieux missionnaire de quitter sa résidence, et c’est à son vicaire, M. Charbonnel, qu’incombe le devoir de l’administration des petites chrétientés : « En outre des 9 chapelles, dont 3 récemment construites, raconte ce dernier, j’ai réussi à faire « ériger en quatre endroits un oratoire avec autel dans la principale maison du village. »
SINBU. « Le nombre des chrétiens de ce district diminue toujours. M. Bohn, le titulaire du poste, est content de ce qui reste, et ses chrétiens sont contents de lui : c’est le résumé de son rapport.
THINGANAING. « Ce poste est le plus ancien du district de Henzada, ayant été fondé par M. Naude-Theil il y a 55 ans. Il souffre aussi de la plaie de l’émigration causée par la pauvreté, et de l’indifférence toujours croissante des Carians pour la religion. « L’année qui vient « de s’écouler, m’écrit M. Cathébras, est marquée par de peu brillants résultats au point de « vue des conversions : 8 baptêmes en tout. Si de ce côté je suis déçu, les soins que le P. « Andréas et moi avons donnés à nos chrétiens ont produit quelques fruits. Cette année, le « nombre des confessions et communions de dévotion a presque doublé ; celles faites pour « remplir le devoir pascal ont augmenté dans la même proportion. C’est le village de la « résidence qui a apporté le plus grand appoint ; les villages éloignés y ont aussi contribué. « Chaque dimanche, à Thinganaing, 35 à 40 personnes s’approchent de la Sainte Table, et « presque tous les autres pratiquent la communion mensuelle. Malheureusement, petit à petit, « par suite de la misère, la mission de Thinganaing se dépeuple. Pendant cette guerre, le « commerce étant paralysé, le riz ne se vend plus, et de plus la dernière récolte a été très « médiocre. Même les familles qui devraient être à l’aise ont de la difficulté à vivre, »
MAUBIN et PYAPON. « M. Chagnot, aidé d’un vicaire indigène, a la charge de ces deux postes, pour le moment réunis. Voici ce qu’il dit : « Le nombre des baptêmes d’adultes « enregistrés cette année est le plus faible de toute ma vie de missionnaire. La misère en est, je « crois, la cause principale. Tous, pauvres et riches, gémissent ; ils maudissent la guerre qui a « arrêté le commerce et fait monter très haut le prix des denrées.
« J’ai beaucoup à faire pour ramener à la pratique chrétienne un grand nombre de familles « venues du nord, et restées longtemps sans être connues des prêtres de ce district. Les « chrétiens très dispersés contractent trop facilement mariage avec les païens. Les unions à « régulariser sont nombreuses. Deux garçons et deux filles de mon école de Maubin, ayant « cette année passé leurs examens définitifs pour l’enseignement dans nos écoles normales, « j’ai pu ouvrir deux nouvelles écoles dans le district. »
MOULMEIN. « M. Boulanger, à l’église de Saint-Patrick, se plaint que les chrétiens qui la fréquentent retombent trop facilement dans la pratique du moins possible. Sa consolation est de voir que les élèves des grandes écoles continuent à s’approcher fréquemment de la Sainte Table : « Je suis heureux aussi, ajoute-t-il, de signaler le bel exemple de fidélité à la « communion quotidienne, par tous les temps, d’une famille modèle composée du père, de la « mère et de cinq enfants. »
« La paroisse de Sainte-Marie, à Moulmein, est privée des soins de son pasteur, M. de Chirac, parti en France pour cause de maladie en juin dernier. Elle est administrée par le P. Michael, le supérieur du petit séminaire, sous la direction de M. Boulanger.
THEINZEIK. « La station de Theinzeik, dans le district de Thaton, est administrée pendant l’absence de M. Loizeau par un excellent prêtre indigène, le P. Joseph. C’est un poste de fondation récente : les chrétiens, encore peu nombreux, sont pour la plupart éloignés du centre de la mission et très disséminés. Il est difficile de les atteindre pour les instruire et les confirmer dans leur foi encore bien faible, et quelques-uns sont retournés à leurs pratiques superstitieuses.
NYUNGLEBIN. « Ce district, que M. Mignot, malgré sa cétité presque complète, dirige avec autant de zèle que d’hahileté, continue à prospérer ; cette année encore, il nous apporte un chiffre consolant de 31 conversions de païens.
GROUPEMENTS TAMOULS. « Je n’ai reçu aucun rapport de plusieurs de ces postes ou paroisses ; je le regrette, car je suis persuadé qu’on aurait pu narrer des choses intéressantes, en particulier sur les nombreux chrétiens tamouls dont le nombre augmente d’année en année. Ils sont au moins 20.000 divisés en trois postes principaux : Rangoon, Kyauktan et Kyaiklat. Ce dernier poste pendant l’absence de M. Mazoyer est administré de Rangoon.
SÉMINAIRES. « Le petit séminaire compte 17 élèves, le plus haut chiffre depuis sa fondation. Cette année, 5 de ces élèves ont été envoyés à Pinang, et 2 en sont revenus pour leurs deux années de probation. Le 8 avril, j’ai eu le bonheur d’ordonner 3 nouveaux prêtres indigènes, les PP. Adrien, Gabriel et Marcellin, que je n’ai pas eu de peine à placer. Depuis 1907, 17 prêtres ont été ordonnés, et d’année en année leur nombre augmentera. Je saisis cette occasion d’exprimer ma profonde reconnaissance au vénéré M. Wallays et à ses assistants du Collège Général de Pinang, pour les grands services qu’ils ont rendus à cette mission, en formant ces nouveaux prêtres au saint ministère, M. Wallays, malgré son grand âge, a bien voulu aussi prendre la peine de traduire en latin le Directoire de cette mission, qui, l’an prochain, sera remis à nos prêtres indigènes.
ECOLES. « Nos deux écoles normales sous la direction de MM. Perroy et Provost se maintiennent à un niveau tout à fait satisfaisant, et fournissent aux écoles primaires de la mission les maîtres et maîtresses dont elles ont besoin. Le noviciat des religieuses indigènes à Bassein a 4 novices et 4 postulantes.
« Les écoles des Frères des Ecoles chrétiennes à Rangoon et à Moulmein, celles des sœurs du Bon-Pasteur à Rangoon, des Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition à Moulmein et à Bassein, font notre grande force dans ces villes. Sans ces dévoués et incomparables auxiliaires, nos enfants européens et eurasiens seraient pris par les agences protestantes, et nos nombreux orphelins de la même race seraient abandonnés. Les succès de ces écoles aux examens, la bonne éducation que les élèves y reçoivent, les maintiennent très haut dans l’estime de tous. Cette année a été marquée par le 50e anniversaire de l’arrivée des premières religieuses du Bon-Pasteur à Rangoon, le 8 février 1866. A cause des temps pénibles que nous traversons, la célébration de cet anniversaire a été remise à la fin de la guerre : on s’est contenté d’une fête de famille à laquelle évêque et missionnaires ont été heureux de prendre part.
ETABLISSEMENTS DE CHARITÉ. « Nos deux grandes œuvres de charité à Rangoon, l’Asile des lépreux, et la Maison des Petites Sœurs des Pauvres sont le moyen dont Dieu se sert pour nous gagner de nombreuses sympathies. Ces deux établissements sont absolument pleins ; quand des temps plus propices viendront, il faudra songer à les agrandir. Malgré la guerre, on a réussi à trouver les ressources suffisantes pour les maintenir. Presque aussitôt après son arrivée en Birmanie, notre nouveau Gouverneur, Sir Harcourt Butler, leur a fait l’honneur de les visiter officiellement ; il a été profondément touché du dévouement de nos religieuses. Aux consolations que ces deux œuvres me donnent, je dois joindre celle de voir que la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus continue à se maintenir et à s’accroître dans presque tous les districts de la mission, surtout dans les villes. La célébration du premier vendredi de chaque mois amène un nombre considérable de fidèles à la Sainte Table, et est pour beaucoup le point de départ de la communion fréquente, même quotidienne.
« A Noël, j’ai fait un appel d’argent à tous nos chrétiens de la ville et de la campagne, pour nous procurer les ressources nécessaires au soutien de la mission et de ses œuvres. Il n’a pas été inutile, mais il n’a pas produit tous les résultats que j’en espérais. Tant que les allocations de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance ont été normales, je me suis abstenu de demander pour les œuvres générales de la mission, et nos chrétiens, quoiqu’on leur ait souvent dit le contraire, étaient sous l’impression que nous avions en Europe des fonds illimités. La guerre et ses conséquences financières pour les missionnaires ne leur ont pas encore fait comprendre que nous sommes vraiment dans le besoin, et qu’il est de leur devoir de nous venir en aide. Il est vrai que la pauvreté générale de nos catholiques indigènes ne leur permet guère de nous secourir. Cependant, avec une meilleure organisation pour la collecte des aumônes, on aurait lieu d’espérer davantage. On tâchera d’y arriver avec l’aide de Dieu et la bonne volonté des missionnaires. »
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