| Année: |
1919 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie Méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Cardot |
III. — Birmanie Méridionale
Population catholique 60.392
Baptêmes d’adultes 366
Baptêmes d’enfants de païens 159
Conversions d’hérétiques 42
____
Les résultats des travaux apostoliques pendant le dernier exercice, écrit Mgr Cardot, ne diffèrent pas sensiblement de ceux exposés dans le rapport précédent ; nous avons réussi à maintenir nos positions et, nous en remercions Dieu. Cette année encore, nos chrétiens ont eu à supporter bien des épreuves. Quoique la guerre soit heureusement terminée, ses conséquences se font toujours péniblement sentir ; tout est d’une cherté inconnue jusqu’ici, même les produits du pays, et nos Carians, appauvris par leur imprévoyance incurable, ont de la peine à vivre. En bien des endroits, la récolte a été mauvaise ; pour payer les impôts en mars, il a fallu vendre le riz à un trop bas prix ; et, d’autre part, la maladie a ravagé les bestiaux. Ajoutez à cela la visite de l’influenza qui a fait de nombreuses victimes, surtout parmi nos meilleurs chrétiens ; tenez compte aussi des morts causées par le choléra ou la peste, et vous aurez une idée des principales difficultés rencontrées par les ouvriers apostoliques.
Pour donner un aperçu général des travaux de l’année, je dirai quelques mots des chrétiens, des païens, puis des œuvres d’éducation et de charité.
Chrétiens. — Dans les villes, les catholiques, presque tous Eurasiens, pratiquent leurs devoirs religieux d’une façon généralement satisfaisante. Mais il reste toujours difficile, surtout à la grande paroisse de la cathédrale, de trouver tous les fidèles qui y appartiennent et de les approcher. Les nouveaux venus ne se font pas connaître et les déménagements fréquents compliquent les visites à domicile si nécessaires cependant. Néanmoins, il est rare qu’un catholique tombe gravement malade sans que le prêtre soit appelé.
M. Picot, à l’église de Saint-Jean, est satisfait de l’assistance à la messe et de la fréquentation des sacrements. Le grand hôpital, dont il est l’aumônier, et qu’il peut visiter librement, lui offre des consolations précieuses mais non sans quelques déboires. Il se propose d’agrandir son église devenue trop petite et à déjà recueilli les fonds nécessaires.
A Moulmein et à Bassein, les paroissiens donnent aussi satisfaction. Dans tous ces grands centres, l’intronisation du Sacré-Cœur devient de plus en plus populaire, et nous avons la joie de compter déjà beaucoup de familles où la Sainte Image occupe officiellement la place d’honneur.
Quant aux chrétiens indigènes disséminés dans le district, les rapports que j’ai reçus de différents postes montrent clairement leur situation et les embarras que rencontrent les missionnaires au cours de leurs travaux.
M. Pavageau m’écrit de Gyobingauk : « Cette année encore, le P. Lucas n’a pas pu faire la tournée des montagnes ; il s’était mis en route, mais la fièvre l’a contraint à revenir. L’administration de cette partie de la Mission est réellement malaisée. A peine trouvons-nous des gens pour nous accompagner ; nous en revenons toujours épuisés et la plupart du temps, malgré nos précautions, avec la fièvre. De là, des infirmités qui minent les constitutions les plus robustes. D’un autre côté, les fruits spirituels de ces visites si éloignées des unes des autres sont bien maigres ; ces montagnards sont chrétiens tant que le missionnaire se trouve au milieu d’eux ; après son départ ils reviennent bien vite à leurs vieilles superstitions. A défaut de visites fréquentes qu’il nous est impossible de faire, il faudrait un catéchiste ou un maître, vivant au milieu d’eux, pour les maintenir dans leurs bonnes dispositions, les encourager dans leurs épreuves. Hélas ! ici encore, je suis très dépourvu : catéchistes ou maîtres d’école devraient être eux-mêmes des Carians des montagnes, et jusqu’ici je n’ai pas encore obtenu qu’ils me donnent des enfants pour les former. »
De son côté, M. Granger me décrit en détail les épreuves du poste de Thonze. « Cette année a été aussi, pour un grand nombre de chrétiens, une année de dures épreuves. L’influenza, puis le choléra et la peste, maladies que les gens d’ici n’osent pas appeler par leur nom tant ils en ont peur, ont presque doublé le nombre des morts des années précédentes. J’ai eu la douleur de voir disparaître ainsi quelques bonnes personnes qui, par leur esprit de foi et leur vie exemplaire, étaient des modèles et des guides pour leurs compatriotes. De plus, ceux de mes chrétiens qui habitent entre l’Irrawaddy et le Haing, ce qui représente plus de la moitié de la Mission, sont dans une misère effrayante à cause de l’inondation de septembre dernier qui a détruit toutes les récoltes, et du renchérissement général. Déjà criblés de dettes, ils ne peuvent en contracter de nouvelles, car personne ne veut leur prêter ; et, pour se nourrir, ils courent de tous côtés quémander un peu de riz chez leurs parents ou amis moins pauvres. C’est navrant à voir. Ils ne peuvent pas non plus s’acheter des habits convenables et beaucoup, surtout parmi les jeunes, n’osent pas même paraître en public ni venir à l’église. Cet état de choses a été un obstacle assez sérieux à l’administration. La misère n’est pas bonne conseillère au point de vue moral et religieux, mais aussi je demande au bon Dieu d’accorder à mes pauvres gens, sinon l’abondance, du moins le nécessaire. Au cours de mes visites dans les différentes chapelles du poste, tous les chrétiens, ou presque tous, se sont approchés des sacrements ; et le zèle que nombre d’entre eux ont mis à remplir leurs devoirs religieux m’a beaucoup consolé.
M. Provost, expose à peu près les mêmes doléances. « L’influenza et le choléra, ont fait cette année, de grands dégâts dans le district de Bassein. Comme il arrive toujours, les plus influents de ceux dont les exemples affermissaient la foi de villages entiers, sont tombés victimes de ces fléaux. Leur disparition a causé des vides difficiles à combler. Loué soit Dieu quand même, qui les a jugés dignes de la récompense éternelle ! Du haut du ciel, ils rendront plus de services à la Mission que pendant leur séjour ici-bas. Malgré la rapidité foudroyante avec laquelle ces deux maladies terrassent ceux qu’elles saisissent, presque tous ont reçu les sacrements de la sainte Eglise et fait une fin édifiante. »
De même à Myaungmya. « L’influenza et le choléra, écrit M. Fargeton, nous ont tenus en alerte pendant une bonne partie du temps, et encore, avons-nous été des moins éprouvés. Par une grâce spéciale de la Providence, nos villages chrétiens furent, plus ou moins, épargnés par le flot dévastateur, qui emporta jusqu’à 25 % de la population païenne dans maints endroits. Bien peu de nos chrétiens moururent sans avoir reçu les derniers sacrements et, dans notre tristesse, ce nous fut une grande consolation de les avoir vus prêts à se présenter devant leur Juge.
La lettre de M. Foulquier, de Paukseinbe, porte aussi une empreinte de tristesse. « L’année qui vient de finir, écrit-il, comptera parmi les plus mauvaises. On peut l’appeler une année d’épidémies. L’influenza, le choléra, la petite vérole, ont, tour à tour, sévi parmi nos chrétiens. J’avais une moyenne de quinze à vingt décès tous les ans, mais cette fois, j’en ai déjà enregistré trente-six, et je ne connais sûrement pas le nombre exact de tous les catholiques décédés. En outre, la récolte du riz a été très inférieure et, depuis la fin d’avril, une épidémie qui dure encore, a enlevé la moitié des animaux nécessaires à la culture des champs. »
M. Héraud, de Zaungdan, n’a pas lieu non plus, de se réjouir : « Le bon Dieu, écrit-il, a voulu que la Birmanie prit une part à la grande expiation de l’Europe. Les chrétiens se ressentent de la cherté de la vie, et la maladie les a fortement éprouvés. J’ai enregistré beaucoup plus de morts que précédemment.
Païens. — Comme chaque année, Dieu a permis de recueillir quelques conversions dans les différentes paroisses des villes, à l’hôpital, chez les Petites Sœurs des Pauvres et à la léproserie de Rangoon. Dans les districts, leur nombre n’a pas atteint le chiffre espéré par les missionnaires.
M. Pavageau écrit : « L’évangélisation va toujours son train, bien lentement : l’heure des conversions n’a pas encore sonné. D’ailleurs, une grande partie de notre temps est prise par l’administration de nos chrétiens si dispersés, et nous ne sommes pas outillés comme il faudrait, pour nous occuper beaucoup des païens. Un vieux Carian, médecin et sorcier, que nous prêchions depuis longtemps sans succès, vient enfin de se convertir. Il ne voulait pas renoncer à ses diableries dont il vivait ; car, d’après la coutume, il avait toujours sa part des sacrifices offerts aux esprits ; mais, sentant qu’il allait mourir, il fit appeler le P. Lucas et demanda le baptême, qu’il reçut dans de bonnes dispositions, en engageant fortement ses parents et amis à faire comme lui. Son exemple a déjà produit des fruits et nous a valu la conversion de quatre ou cinq familles du village, en attendant de nous gagner le village tout entier. »
Voici les constatations de M. Provost : « Les conversions sont peu nombreuses. La moisson est mûre dans beaucoup d’endroits, mais les ouvriers apostoliques manquent. Bon nombre de villages baptisés sont fortement ébranlés, grâce au zèle de mon assistant, le P. Nicolas, qui semble se spécialiser de plus en plus à combattre leurs erreurs. On l’appelle dans toutes les directions, et il se fait un plaisir, non moins qu’un devoir, de répondre à ces appels pendant les loisirs que lui laisse l’administration des anciens chrétiens. S’il pouvait consacrer tout son temps à l’évangélisation proprement dite, je crois que les conversions se multiplieraient bientôt. Mieux vaut, peut-être, laisser la bonne semence germer lentement ; je me défie des conversions en bloc quand le premier enthousiasme est passé. »
M. Fargeton relate une conversion qui fit sensation à Myaungmya : « Un fait qui montre que le bon Dieu choisit ses élus un peu partout, c’est la conversion d’un clown birman Nga Kaug, en arrivant à Myaungmya, se cassa la jambe d’une façon si malheureuse, que sa troupe dut le laisser à l’hôpital. La gangrène ne tarda pas à se déclarer ; alors, une des infirmières catholiques, le prenant en pitié, lui parla du ciel où ses souffrances seraient finies et lui demanda s’il ne voudrait pas voir un prêtre. Sur sa réponse affirmative ; on envoya chercher le Père Pascal, qui vint de suite et essaya de sauver cette âme. Le pauvre homme, touché par la grâce, manifesta une telle ferveur, qu’à partir de ce moment, il cessa de se plaindre et offrit ses souffrances à Notre-Seigneur, pour l’expiation de ses péchés. Il demandait souvent, si c’était suffisant pour qu’il fut pardonné et, regardant amoureusement le crucifix, il lui faisait des actes touchants de confiance et d’adoration. Ce fut, dans ces beaux sentiments, qu’il reçut le baptême ; il expira le lendemain même, après une agonie terrible, pendant laquelle il ne cessa de répéter le nom de Jésus. Il nous avait demandé d’être enterré au milieu des chrétiens, afin que l’on priât encore pour lui. Vraiment les voies de Dieu sont admirables. »
M. Maisonabe écrit de Kyangin « L’année qui vient de s’écouler, a été pauvre en résultats : sept adultes seulement, dont un in articulo mortis, ont reçu le saint baptême. En revanche, j’ai pu ramener, ou plutôt, le bon Dieu m’a ramené quelques apostats et indifférents. Il y a bien des catéchumènes, mais ils sont loin du poste et dispersés un peu partout. Dans le district, surtout dans le nord, il y a encore que de l’espoir : j’y ai trois catéchistes en campagne. Daigne le bon Dieu, bénir nos travaux l’année prochaine. »
De son côté, M. Riouffreyt espère quelques succès dans l’Archipel de Mergui : « Les Carians, vivant dans les îles de l’Archipel de Mergui, sont plus actifs, du moins plus hommes de ressources. Le transport par mer aidant, ils trouvent à Mergui même, ou dans les villages de pêcheurs de la côte, un débouché pour les produits de leurs jardins que par suite, ils cultivent avec plus de soin. Au mois de janvier, j’ai parcouru quelque-unes de ces îles avec un Carian influent : on y trouve des Baptistes à peu près partout. Ce n’est pas que les ministres Américains y paraissent très souvent, mais leurs adeptes des environs de Tavoy, fidèles à leurs habitudes d’émigration, s’y sont établis, suivis presque aussitôt, de catéchistes bien payés pour s’en occuper. J’avais fondé quelque espoir sur le Carian qui m’accompagnait, et la mort vient de me l’enlever ; toutefois, je continuerai à attirer à l’école de Kade, quelques enfants de son village et de sa parenté.
Nous aurons à Mergui, grâce à la générosité de M. Brown, de Rangoon, une belle église, que Votre Grandeur viendra certainement bénir au début de la prochaine bonne saison. Elle serait à peu près finie, s’il ne me manquait des briques pour le clocher. »
Œuvres d’éducation et de charité. — La question de l’instruction a toujours occupé une place très importante dans l’œuvre apostolique de la Birmanie Méridionale. Chaque missionnaire fait son possible pour développer et multiplier dans son district les écoles, presque toutes, purement indigènes. En plus des grandes écoles anglaises, tenues par les Frères et les Sœurs dans les villes, nous n’avons que cinq autres écoles où l’on enseigne l’anglais. Jusqu’à présent, toutes nos écoles ont reçu un subside du Gouvernement, mais nous voici menacés de voir, à brève échéance, diminuer ce secours. Un vent de laïcisation commence à souffler sur le pays, les faveurs officielles vont aux établissements gouvernementaux et aux écoles bouddhistes ; qu’arrivera-t-il lorsque les Birmans auront pris une plus grande part au Gouvernement de la province ? Que peuvent en attendre les institutions chrétiennes ?
Voici quelques extraits des rapports des missionnaires :
« Mon école anglaise se maintient, écrit M. Pavageau, de Gyobingauk, et mon école indigène se développe en même temps, qu’y augmente le nombre des orphelins et des enfants pauvres. Mais, comme il faut tout leur fournir, mes moyens ne suffisent pas. Je voudrais être assez riche, pour faire venir chez moi, tous les enfants catholiques de ma mission ; c’est la seule manière de leur donner une instruction vraiment chrétienne. On ne peut guère compter sur nos maîtres d’école, ils n’ont pas à cœur l’enseignement du catéchisme dont ils ne peuvent retirer aucun avantage matériel. »
M. Granger, de Thonze, nous apprend que le nombre d’enfants, garçons et filles, a encore augmenté cette année. « M. Perroy et moi, en sommes très contents, dit-il, car, au moins ici, apprennent-ils à connaître, et à pratiquer leur religion. Mais les dépenses, presque toutes à notre charge, augmentent avec le nombre et, par les temps difficiles que nous traversons, nous pouvons à peine équilibrer notre budget. Si notre grand Patron Saint Joseph n’y veillait pas, ce serait, je crois bien, une faillite complète.
« Le nombre des enfants, dans les différentes écoles, s’est accru très légèrement cette année, écrit, de Bassein, M. Provost. Les bâtiments sont remplis, les maîtres et maîtresses surchargés de travail. Dans ces conditions, nous avons à peu près tout ce que nous pouvions espérer. Aux derniers examens, vingt-et-un élèves de l’école normale ont obtenu leur brevet. Cette école est l’espoir, du noviciat des Sœurs indigènes que, presque seule, elle alimente. Le nombre des postulantes a augmenté dernièrement dans de telles proportions, que le bâtiment, qui date de il y a douze ans, ne suffit plus du tout : j’y ajoute une aile.
Quatre Sœurs indigènes sont allées, le mois dernier, compléter deux anciens postes et en ouvrir un nouveau. Sept professes, quatre novices, et quatorze postulantes, restent actuellement à Bassein. Des épreuves de toutes sortes ont marqué le début de cette œuvre, et m’ont tout d’abord, inspiré des craintes sérieuses pour son avenir ; mais, grâce à Dieu, elle donne enfin des signes certains de vitalité.
M. Fargeton, écrit de Myaungmya. : « Cette année, j’ai du réparer à grands frais, mon école de garçons qui menaçait ruine, C’est maintenant un bâtiment, moitié briques, moitié planches, qui me donne une belle salle de classe de soixante-dix pieds sur trente. Ces travaux m’obligèrent à retarder l’ouverture des écoles, mais la rentrée se fit régulièrement, et les classes ont repris leur cours normal. J’ai pu aussi ouvrir deux nouvelles écoles dans mon district, une à Chantagon, l’autre à Mwehankkaung ; et déjà, elles me donnent de belles espérances. Comme d’habitude, nous avons profité de la confirmation, pour parfaire l’éducation religieuse des enfants, par une préparation de trois semaines, et malgré un surcroît de fatigue, je regrette de n’avoir pu y consacrer plus de temps. »
M. Boulanger, écrit de Moulmein « Un heureux événement, c’est l’inauguration d’un noviciat à notre couvent de Saint-Joseph. Ce nouveau bâtiment, a été bénit le jour de l’Ascension, en présence de toute la communauté. La Mère Supérieure eut la joie d’y installer aussitôt, quatre jeunes postulantes. »
M Riouffreyt a le plus vif désir d’offrir aux enfants de Mergui, le bénéfice d’une éducation chrétienne et de fonder des écoles anglaises dans cette ville. Je prie Dieu de lui permettre de trouver les ressources nécessaires. Ce pays de mines et de plantations de caoutchouc, se développe rapidement, et la population catholique s’y multipliera, en proportion.
Nos institutions charitables sont prospères. La léproserie de Kemmendine, hospitalise près de 150 malades, et M. Rieu manque de place pour en recevoir davantage. La vie chère lui cause quelques inquiétudes, mais il compte sur la Providence, pour lui permettre d’équilibrer son budget. Le public de Rangoon s’intéresse à cette œuvre, et n’a pas cessé de la soutenir ; même pendant la guerre, les subventions charitables ont conservé leur chiffre habituel, et certaines l’ont dépassé.
Quant aux Petites Sœurs, elles sont toujours aussi populaires et. trouvent facilement de quoi subvenir aux besoins de leurs 130 vieillards des deux sexes ; elles songent à agrandir leur établissement, par l’addition d’une aile, prévue dans le plan primitif, mais qu’elles n’avaient pu construire, faute de ressources.
L’armistice et la signature de la paix ont été l’occasion de fêtes données au bénéfice des œuvres charitables de Rangoon, et nos deux institutions n’ont pas été oubliées.
L’hôpital pour les incurables, qu’on doit ériger à la mémoire de Mgr Bigandet, reste encore à l’état de projet. La guerre a fait grand tort à la souscription publique ouverte dans ce but, mais nous espérons bien que les initiatives généreuses du début, vont reprendre leur essor.
Avant de terminer ce rapport, je me permettrai de signaler un événement qui a fait quelque bruit, autour de mon humble personne : je veux parler de la célébration du 25e anniversaire de ma consécration. Le 24 juin 1918, ce ne fut qu’une petite fête de famille ; mais, cette année pour obéir aux vœux de nos catholiques, j’ai dû me résigner à des fêtes solennelles qui ont duré trois jours, les 18, 19 et 20 février. Mgr Foulquier, de la Birmanie Septentrionale, et Mgr Legrand, évêque de Dacca, un de mes anciens condisciples de Paris, m’ont fait l’honneur d’y assister ; presque tous nos missionnaires étaient présents et il y en avait aussi quelques-uns des missions voisines ; enfin, bon nombre de chrétiens étaient venus des districts. Ce fut pour mes diocésains, l’occasion de m’offrir un cadeau, qui m’a permis de liquider la dette de la cathédrale.
Des non catholiques et des païens ont pris part à nos réjouissances : on a remarqué la présence du Lieutenant-Gouverneur, de l’Evêque Anglican, de plusieurs ministres protestants, des principales notabilités, des Birmans, Mahométans, et Hindous influents ; ils ont, eux aussi, voulu me témoigner leur estime, en me présentant une somme d’argent. Je l’ai employée à fonder, en faveur de nos Eurasiens, des bourses aux universités du Gouvernement. Mais je ne me fais pas illusion ; ces témoignages d’estime et de respect, ne s’adressaient pas tant à moi personnellement qu’au chef de la religion catholique, dont on apprécie les services dans toutes les sphères de la société.
~~~~~~~
<< Retour page précédente
|