| Année: |
1920 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie Méridionale |
| Rédacteur: | Mgr Perroy |
III. — Birmanie Méridionale
Population catholique 60.610
Baptêmes d’adultes 444
Baptêmes d’enfants de païens 52
Conversions d’hérétiques 59
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Pendant l’absence de Mgr Cardot, actuellement en Europe, écrit Mgr Perroy, Coadjuteur, c’est à moi qu’incombe le devoir de vous adresser le compte rendu des travaux de la Birmanie Méridionale pendant l’année 1919-20. Je suis quelque peu embarrassé à cause de mon inexpérience en cette matière, et aussi parce que la plupart des confrèves ne m’ont envoyé que des chiffres. Je m’en tiendrai donc forcément à des généralités.
Nous ne connaissons plus, en Birmanie Méridionale, ces heureuses années où il ne fallait pas moins de quatre chiffres pour exprimer le nombre de nos conversions annuelles de païens. Nous ne les comptons plus que par quelques centaines, et encore constatons-nous une tendance à la baisse. Mgr Cardot, dans son rapport de 1918, attribuait cet état de choses à la pauvreté croissante de nos chrétiens indigènes, au développement des associations bouddhistes, à la pénurie de missionnaires et à l’insuffisance de ressources matérielles. Ces causes, auxquelles s’ajoute le manque de catéchistes, s’accentuent d’année en année. Le dénûment des indigènes augmente dans toute la Mission, tandis que le prix des choses indispensables s’accroît d’une façon alarmante. Mais c’est surtout dans les districts du nord-ouest que la misère a été profonde cette année, la récolte du riz ayant manqué. Dans ces conditions, les gens obligés de chercher de quoi soutenir leur corps, se mettent peu en peine de ce qui regarde l’âme.
Toutefois si notre travail d’évangélisation reste hérissé de difficultés, au moins avons-nous la consolation de voir prospérer sans cesse nos œuvres d’éducation. Nous ne possédons pas de Collège catholique qui nous donne la place à laquelle nous pourrions prétendre dans l’Université qui s’ouvre cette année. Mais nos écoles supérieures continuent de tenir le premier rang et d’exciter la jalousie, parfois mal dissimulée, des autres établissements scolaires. Ces écoles au nombre de 8, sont tenues par les Frères des Ecoles chrétiennes, par les Sœurs du Bon Pasteur et les Sœurs de Saint-Joseph ou dirigées par des confrères aidés par des instituteurs laïques. Nos écoles de langue indigène restent sans rivales, grâce à nos deux écoles normales de filles et de garçons d’où sortent des maîtres et des maîtresses bien formés et dévoués.
Nos œuvres charitables, pour les vieillards et les lépreux, continuent de se développer régulièrement. Les Petites Sœurs des Pauvres ont été bien éprouvées en juin et juillet derniers par une épidémie d’influenza qui leur a emporté une vingtaine de leurs vieillards. La bonne Mère fut la première attaquée ; puis vint le tour de ses Petites Sœurs qui s’alitèrent presque en même temps. Il n’y en eut bientôt plus que trois pour soigner les divers malades, quêter la nourriture quotidienne et exécuter tout le travail de la maison qui compte 190 pensionnaires. Heureusement la population de Rangoon, qui tient un grande estime les vaillantes religieuses et leur œuvre, accourut aussitôt à leur secours. Des garde-malades et des infirmières, en plus grand nombre qu’il n’était nécessaire, offrirent leurs services ; des personnes charitables, apportèrent chaque matin, la nourriture des vieillards ; et, pour défrayer les dépenses extraordinaires provoquées par l’épidémie, on organisa des fêtes de charité. Grâce à Dieu, aucune des Petites Sœurs ne succomba et la maison, au bout de deux mois, reprit sa vie normale.
A la léproserie, le nombre des malades augmente, et les pauvres infortunés, que les Franciscaines-Missionnaires de Marie soignent avec tant de zèle, sont maintenant 265. M. Rieu, le directeur de l’Asile, a dû retourner en France cette année pour essayer d’y refaire sa santé compromise par l’accomplissement de devoirs fatigants.
Nous ne saurions terminer sans dire un mot de nos Missions tamoule et chinoise.
Les Tamouls forment le tiers de la population catholique de la Birmanie Méridionale et les 5 missionnaires attachés à la Mission tamoule ne suffisent pas au labeur qui leur incombe. Il leur faut accomplir des prodiges de zèle et d’activité pour visiter leurs Indiens, disséminés à travers un territoire immense. Et encore, ne peuvent-ils leur donner tous les soins désirables.
L’école tamoule de Rangoon, aujourd’hui école supérieure avec 425 élèves, a obtenu l’année dernière, la première place parmi toutes les écoles Anglo-Vernacular de la Province. A cette institution se rattache un pensionnat qui sert aussi de Petit Séminaire, pour les quelques jeunes gens tamouls qui donnent des signes de vocation ecclésiastique. On doit ce résultat au zèle de M. Sellos qui a donné sans compter à cette belle œuvre, son temps, ses ressources, et ses forces, à tel point qu’il vient d’être obligé de rentrer en France pour refaire sa santé entièrement anémiée.
La Mission chinoise ressemble à ces bébés lents à marcher. Mais notre cher confrère, M. Allard, est de ceux qui ne se découragent pas, Et déjà quelques succès sont venus récompenser sa persévérance et ses efforts.
L’école, fondée au prix de tant de sacrifices, est maintenant devenue prospère : elle compte 120 enfants, presque tous pensionnaires, dont plusieurs viennent de familles païennes les plus influentes de Rangoon. M. Allard a donc réussi à se faire une place au soleil et malgré ses opposants, protestants et païens, il s’est rendu acquéreur d’un terrain vaste et commode dans un des plus beaux quartiers de la ville. Ceux qui naguère l’auraient lapidé, lui amènent aujourd’hui leurs enfants à instruire, et même, quelques-uns demandent le baptême. Seul pendant si longtemps, il vient de recevoir du renfort dans la personne de M. Roy, dont le zèle entravé par la guerre, va pouvoir enfin se donner libre cours. Tout fait donc espérer le succès pour la jeune Mission Chinoise, et nous promet une belle page, à son sujet, dans le rapport de l’année prochaine.
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