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Rapport annuel des évêques

Année: 1922
Pays: Birmanie
Mission: Birmanie Méridionale
Rédacteur:Mgr Cardot

III. – Birmanie Méridionale.

Population catholique 61.158
Baptêmes d’adultes 457
Baptêmes d’enfants de païens 45
Conversions d’hérétiques 50


Mgr Perroy, coadjuteur de Mgr Cardot, nous envoie le compte rendu de la Mission de Birmanie Méridionale. Le vénérable Vicaire Apostolique s’est vu un moment menacé de cécité. Il a dû aller à Madras consulter un oculiste renommé. Après une double opération, il est rentré à Rangoon, voyant à peine pour se guider, mais avec l’espoir que dans quelques mois, l’opération de la cataracte lui rendra partiellement la vue. Avec Mgr le Coadjuteur et tous les missionnaires de la Birmanie, nous faisons des vœux, et nous unissons nos prières aux leurs, pour la guérison du vénéré Prélat.
Après avoir constaté une notable augmentation, sur l’an dernier, du chiffre des communions, et une légère diminution du chiffre de baptêmes d’adultes, Mgr de Médéa fait les mêmes remarques et jette le même cri d’alarme que nous avons entendus de la plupart de nos chefs de Mission. « C’est véritablement surprenant, écrit Sa Grandeur, que si peu d’ouvriers apostoliques, surchargés du travail que réclame l’administration de leurs chrétientés, puissent encore arriver à semblable résultat. Si nous voulons mener de front l’évangélisation de la Birmanie et la formation chrétienne de nos adeptes, il nous faut plus de missionnaires. Attristés de ne pouvoir accomplir tout le travail qu’ils ont devant eux, nos confrères font ce qu’ils peuvent sans se plaindre de leurs fatigues et de leur surmenage, car la formule paradoxale, « il faut qu’un missionnaire se tue ou se damne » semble très acclimatée dans notre Société. « Pour le moment, mon vicaire et moi sommes excédés de travail, m’écrit l’un d’eux, qui me demande de l’aide. Si nos efforts arrivent à maintenir le royaume de Dieu, ils n’arrivent pas à l’étendre. Je soumets ces réflexions à la bienveillance de Votre Grandeur, avec une filiale simplicité, bien décidé, en cas d’impossibilité, à faire mon possible jusqu’au bout. » Mais à moi, il incombe de jeter un cri d’alarme en leur faveur, et d’appeler au secours. Si ce rapport voit s’ouvrir les portes d’institutions religieuses ou de séminaires, je voudrais crier sous tous les cloîtres, à la porte de chaque cellule : « Vous, jeunes de France, venez donc nous aider. »
Chez les Tamouls, chez les Chinois, chez les Chins, chez les Carians et chez les Birmans, c’est la même constatation partout : le manque d’ouvriers apostoliques. Je laisse la parole à mes missionnaires.

Mission Tamoule. – M. Chave travaille dans les différents villages du poste de Kyauktan. Il passe un dimanche par mois à sa résidence et le reste du temps en tournée chez les chrétiens. « Cette année, écrit-il, en plus des 71 enfants qui ont fait leur première Communion solennelle à Pâques, j’ai eu bon nombre d’autres candidats, dont l’âge variait de 20 à 45 ans. Pour préparer ceux-ci à ce grand acte de la vie chrétienne, il m’a fallu tout un mois… J’ai fait la cérémonie de l’intronisation du Sacré-Cœur dans 79 familles…

« J’étais conduit de maison en maison au son des tambours et grosses caisses. Dans chaque hutte, j’ai trouvé un petit autel en bois très bien orné, pour recevoir l’image du Sacré-Cœur. Malgré la fatigue, je me trouvais très heureux ; mais à mon retour à la résidence, j’ai dû m’avouer malade et prendre du repos… Vous remarquerez sans doute, Monseigneur, que le nombre des Extrêmes-Onctions est faible, comparé à celui des décès. Comme je suis seul, et les trois quarts du temps en voyage, il doit en être nécessairement ainsi. Il est bien triste cependant d’apprendre que ces pauvres gens sont morts sans sacrements. »
Toujours chez les Tamouls, M. Meyrieux est obligé lui aussi de rayonner dans sa Mission, avec possibilité de passer seulement un dimanche par mois dans sa résidence principale. « Rien de particulier à signaler, écrit-il, si ce n’est que j’ai entendu cette année 8.583 confessions. Les baptêmes d’enfants de chrétiens sont de 210. Encore je n’ai pu visiter l’importante chrétienté de Kulan. Tout cela, avec les voyages, les disputes à régler dans chaque chrétienté, – et c’est toujours à recommencer à chaque visite – représente un fardeau bien lourd pour un seul. J’ai des églises à bâtir. Comment faire ? Un seul ne peut pas être partout. »

Mission Chinoise. – Voici ce qu’écrit M. Allard : « Nous attendons pour notre école, l’arrivée de Religieux toujours promis, jamais donnés, et les dernières nouvelles sont franchement mauvaises. L’école avec un gros internat de 125 enfants est intenable sans religieux. Nous attendons des Religieuses pour une école de filles. Là aussi, après de grandes espérances, est venue la déception. Nous attendons de bons catéchistes Fokinois que je cherche en vain depuis plus de cinq ans. Pas d’auxiliaires, par conséquent nous sommes forcés M. Roy et moi de nous multiplier, de voler de droite à gauche, aujourd’hui à l’école, demain dans la brousse, d’où rien de complet, rien de fini, et le résultat de nos travaux et de nos fatigues ne nous donne point satisfaction. »

Mission Carianne. – A Bassein, M. Provost, retenu à la résidence par le noviciat des Sœurs Indigènes, les école et la paroisse européenne, a un seul prêtre indigène pour la visite des villages lointains. Cet aide ne lui suffit pas. Je lis dans son rapport :
« Depuis plusieurs années, la Mission de Bassein ressemble à un arbre qui donne beaucoup de fleurs et très peu de fruits. Mon assistant, malgré son zèle, ne peut répondre à l’appel de tous les villages qui désirent entendre parler de notre Sainte Religion. Dans chacun de ceux qu’il peut visiter, il rencontre, à côté de curieux, une ou deux familles bien disposées qui ne demandent qu’à s’instruire. Leur exemple entraînerait vite les craintifs et les hésitants ; nous aurions assez rapidement un bon nombre de ces noyaux pleins de promesses. Malheureusement, son travail chez les vieux chrétiens empêche le prêtre de visiter ces catéchumènes aussi souvent qu’ils devraient l’être. Pendant son absence, la bourrasque passe, les coreligionnaires et les pasteurs – nos catéchumènes sont presque tous des baptistes – reviennent à la charge, regagnent leur influence ébranlée. Les fleurs tombent, et les conversions sont rares… »
Malgré son excès de travail, M. Provost est heureux de constater qu’à peu près tous ses mourants ont pu être assistés à leurs derniers moments.
M. Loiseau a l’administration d’un vaste district, encore inexploré par le missionnaire catholique. L’étendue du travail à accomplir et l’espoir de nombreuses conversions activent sa bonne volonté, mais le désespèrent par l’impuissance des moyens dont il dispose. Chacune de ses tournées le met en contact avec de bonnes âmes simples, prêtes à recevoir la bonne nouvelle, mais qu’il n’ose recueillir, à cause de l’impossibilité dans laquelle il se trouve d’en prendre soin dans la suite. « Le seul auxiliaire que j’ai, écrit-il, pour m’aider dans ces régions lointaines et montagneuses est un brave Carian qui fait l’office de catéchiste. Il voyage d’un endroit à l’autre, réunissant tous les soirs pour la prière commune, les chrétiens et aussi les païens de bonne volonté. Pendant la journée, il réunit les enfants et leur fait la classe. Il va aussi visiter les malades ; et comme, grâce au « Pain-Killer » et à la chlorodyne, il a eu la chance de guérir plusieurs malades, il est en passe de devenir médecin habile, ce qui ne contribue pas peu à augmenter son influence. »
Des aides de ce genre sont sans doute précieux, mais insuffisants pour protéger nos pauvres catéchumènes contre le flot des Baptistes.
« J’avais écrit dans le « Voice » – notre bulletin catholique – continue M. Loiseau, une relation de mon précédent voyage. Il est probable que la Mission Baptiste en a pris connaissance, car un de ses ministres a refait ce voyage en suivant mon itinéraire, s’efforçant de détruire le travail que j’avais fait. Il y a réussi, en particulier dans un village, où un ex-catéchiste des Baptistes qui devait m’amener plusieurs familles, m’avait promis de se faire catholique. Gourmandé par son ministre, il a consenti à rester dans le giron de la secte protestante, moyennant 25 roupies par mois. »
M. Maisonnabe constate dans sa Mission Chin le même désastre que cause la séparation forcément prolongée du missionnaire et de ses chrétiens ou catéchumènes.
« Mes catéchumènes, écrit-il, se sont découragés et, dans certains villages, les chrétiens ont fléchi. Plusieurs même sont entrés dans les rangs des Anglicans et des Baptistes. Les premiers semblent avoir agi de bonne foi, ne se rendant pas compte de la différence entre les deux confessions, et fatigués de ne voir ni prêtre, ni catéchiste catholique. Les derniers, en général, étaient plutôt l’écume de nos chrétiens, et ceux qui les ont reçus peuvent répéter le mot : « Le pape a sarclé son jardin et a jeté les mauvaises herbes dans notre enclos. » Il faudrait être continuellement en contact avec nos néophytes, mais je suis seul et ne peux être partout à la fois. »
Par contre, dès qu’un missionnaire reçoit quelque aide, soit un prêtre indigène, soit même un catéchiste, il constate une amélioration sensible sur tous les points de sa Mission. M. Chagnot, qui fut un de ces rares heureux, en janvier dernier, m’écrit :
« Depuis que Votre Grandeur a bien voulu me donner un vicaire, mon horizon s’est un peu éclairci ; mon fardeau, jadis si lourd, pèse moins sur mes épaules, affaiblies par une mauvaise santé et vingt-cinq ans de séjour en Mission. Le renforcement de mes effectifs militants a eu un résultat immédiat. Bon nombre de mauvaises unions entre païens et chrétiens ont pu être régularisées et, plus de temps ayant été donné à l’instruction des païens, le chiffre des baptêmes d’infidèles a augmenté. Je comptais un moment sur mieux encore, mais certaines familles inscrites au catéchuménat, ont disparu de mon rayon d’action au dernier moment, et j’ai dû en refuser d’autres qui ne me donnaient pas garanties suffisantes de persévérance. Je n’ai donc enregistré que 45 baptêmes de païens, mais beaucoup d’autres se préparent pour un avenir prochain. »
C’est bien notre situation que décrivait le Souverain Pontife dans son admirable sermon de la Pentecôte dernière : « Ils sont là, sûrs de la victoire, prêts à donner pour elle leur vie, mais ils ressemblent à une armée qui serait dépourvue d’armes et de munitions. Et ces troupes splendides sont contraintes de s’arrêter. D’autres accourent pendant ce temps, sur le champ qui ne leur appartient pas. Ils prennent une place qui ne leur était pas due. Ils moissonnent là où ils n’avaient pas semé. Que ce spectacle est angoissant ! »
A la somme de travail imposé à nos missionnaires, s’ajoutent des difficultés d’administration paroissiale, dont le caractère nomade des Carians n’est pas la source la moins féconde. La maladie, de mauvaises affaires, des ennuis de la part des Birmans, etc., sont des motifs suffisants pour que tout un village transporte ailleurs. M. Ravoire me dit en avoir fait l’expérience : « Un beau jour, je me suis aperçu de la disparition d’une colonie de Carians catholiques, de vrais troubadours au sang nomade, des fanatiques du silence et de la solitude, cultivant, avec amour et persévérance, la paresse et les dettes. Les Birmans sont venus. L’endroit leur convenait. Ils leur ont fait comprendre, par signes ou autres procédés : « Ote-toi de là que je m’y mette. » Ils ont compris. Où sont-ils partis ? Je vous le dirai l’an prochain. Il me faut d’abord faire des recherches et consulter la carte. »
Même plainte de la part de M. Charbonnel à Maryland : « J’ai refait cette année le recensement de mes chrétiens, et j’ai eu la douleur de constater qu’une douzaine de familles manquaient à l’appel. De plus en plus, l’émigration de nos chrétiens s’accentue Où vont-ils ? la plupart du temps on ne peut le savoir ; ils partent sans crier gare, et leurs parents eux-mêmes ne savent où ils sont allés. C’est à ce mouvement d’émigration que nous devons la diminution assez sensible du nombre des confessions et communions. »

Ecoles. Asiles. Séminaire. – Une œuvre fait le souci de tous nos missionnaires, et chacun s’y dévoue avec le plus grand zèle, c’est l’œuvre des écoles. Là, je suis heureux de constater partout une marche en avant. Le nombre des écoles et celui des enfants qui les fréquentent, ont augmenté dans chaque poste. Nous n’avons cependant pas encore réussi à faire comprendre à tous les parents l’obligation qui leur incombe, de placer leurs enfants pendant quelques années dans ces écoles, où seulement ils pourront recevoir l’éducation chrétienne, que la maison ne saurait leur donner. « Sous prétexte qu’à neuf ans, écrit M. Bouche, les enfants sont capables de rendre quelque service, soit à la maison, soit au pâturage, les parents les retirent de l’école après un an ou deux, c’est-à-dire avant d’avoir appris le catéchisme. Et ces enfants grandissent sans avoir rien appris de la religion… Malheureusement, le gouvernement ayant maintenant supprimé les secours qu’il nous donnait, à l’avenir, il me faudra diminuer de moitié au moins le nombre des enfants nourris par la Mission. Et alors, combien aurai-je d’enfants à l’école ? »
En réalité, le gouvernement n’a pas supprimé les secours accordés à nos écoles. Il ne donne pas, comme par le passé, de subsides basés sur les résultats aux examens, mais il paye simplement le salaire entier des instituteurs et institutrices. Ce système ne déplaît pas aux maîtres, mais, somme toute, il ne revient plus rien au missionnaire, qui cependant doit nourrir, habiller la plupart des élèves et leur donner même les fournitures classiques. Ce sera une difficulté de plus dressée devant le zèle du pasteur, mais il ne se laissera pas décourager et il n’abandonnera pas les petits de son troupeau.
« C’est cette partie de mon troupeau, écrit M. Pavageau, que je préfère sans contredit. Ceux-là, on peut les instruire, les former, leur inculquer des habitudes chrétiennes. Ils pourront peut-être dans la suite donner du tracas ; cela n’empêche qu’ils auront la foi et qu’à un moment ou l’autre on pourra les ramener dans le droit chemin. »
M. Héraud écrit de son côté : « Les Américains Baptistes d’Henzada se hâtent de mettre leur emprise sur le plus de villages possible, en y plaçant des maîtres et des maîtresses avec brevet élémentaire. Il faut absolument leur tenir tête. Ce sera mon travail de l’année prochaine. J’espère que les écoles normales de Bassein et de Thonze pourront m’aider et me fournir les instituteurs et institutrices nécessaires. »
Ces deux écoles normales, sous la direction de M. Provost à Bassein, et de M. Mamy à Thonze, deviennent de plus en plus prospères. Nous y avons ajouté la préparation au brevet élémentaire et chaque année nous pouvons mettre à la disposition des confrères 40 à 50 maîtres ou maîtresses d’école, possédant les différents certificats pédagogiques.
Je ne dirai rien de nos grandes écoles européennes de Rangoon et de Moulmein, si ce n’est qu’elles maintiennent leur haute réputation et se développent d’année en année.
Il faut en dire autant de notre léproserie et de notre asile de vieillards. La première, avec ses 275 malades donne des consolations, mais dans ces temps difficiles, ce n’est pas chose aisée que de la maintenir. M. Rieu y réussit cependant encore, grâce à son zèle, son habileté et son travail. Chez les Petites Sœurs des Pauvres, il n’y a plus de place disponible. Les aspirants se font tenir au courant de l’état sanitaire de la maison. Sitôt que l’un des pensionnaires est sérieusement malade, ils font file pour prendre de ses nouvelles, non pas tant par sympathie pour le moribond que pour arriver le premier à demander son lit après sa mort. Les bonnes Petites Sœurs vont agrandir leur asile l’an prochain et terminer leur plan dans son entier.
Le projet de réformer notre Petit Séminaire, dont je parlais l’année dernière, est aujourd’hui un accompli. La direction en a été confiée à M. Joseph Mourlanne, qui s’est donné tout entier à cette grande œuvre. Aidé de deux prêtres indigènes et d’un laïque comme professeurs, il a commencé la réalisation d’un programme d’études, qui devra nous donner des jeunes gens vraiment instruits, et à la hauteur de leur vocation. Il nous reste maintenant à bâtir. La vieille maison généreusement mise à notre disposition par le bon M. de Chirac, ne répond plus à nos besoins. En octobre prochain, nous allons jeter les fondations d’un bâtiment estimé à 50.000 roupies. La somme épouvante, mais la dépense est nécessaire et nous comptons sur la Providence.
Je termine par la relation d’un événement qui fera époque dans les Annales de notre Mission : la visite du Délégué Apostolique pour l’Inde. Mgr Pisani n’avait encore pu visiter la Birmanie, placée sous sa juridiction en 1920. Le 20 janvier 1922, nous avions l’honneur et la joie de le posséder au milieu de nous. Reçu au débarcadère par Mgr Cardot, son Coadjuteur, le clergé et les catholiques les plus notables de Rangoon, il fut conduit à la cathédrale dont la belle sonnerie des cloches annonçait la nouvelle de son arrivée. Son Excellence se laissa approcher avec bonne grâce, conversa avec les petits comme avec les grands, accepta le petit goûter offert par les dames birmanes, et dès son premier contact avec nos catholiques, il avait gagné tous les cœurs. Le lendemain qui était un dimanche, Son Excellence voulut bien accepter d’officier pontificalement à la cathédrale et ordonner à la prêtrise cinq diacres Carians. Cette ordination causa à Mgr Pisani un plaisir qu’il ne cacha pas. Nous étions tous à la joie et partout se préparaient de belles fêtes, quand, ce même jour, le télégraphe nous apporta la nouvelle de la mort de Sa Sainteté Benoît XV. Toutes visites et toutes réceptions officielles furent immédiatement arrêtées. Cependant, Mgr le Délégué ne voulait pas quitter la Birmanie sans l’avoir parcourue et s’être renseigné sur son état religieux. Accompagné de Mgr le Coadjuteur, il fit une tournée par le bateau dans le Sud-Ouest de la Mission, et par chemin de fer, du côté de l’Est. Cette visite était privée, et cependant, dans maints endroits, aux escales du bateau, aux gares, plusieurs groupes de catholiques se portèrent, parfois en grand nombre, au devant du représentant du Siège apostolique, pour lui offrir leurs hommages et recevoir sa bénédiction. Au cours de ce voyage il visita un village catholique Carian et un village birman. Ceci lui valut l’expérience d’une course en charrette à bœufs, à travers les rizières, ce qu’il n’apprécia pas beaucoup ; mais il fut vivement intéressé par tout ce qu’il vit dans ces villages.
De retour à Rangoon, Monseigneur se retira dans la Birmanie du Nord jusqu’à l’élection du nouveau Pape. Il en redescendit vers le 20 février. L’Eglise n’était plus en deuil. Mgr Pisani ne voulut pas quitter la Birmanie sans visiter Moulmein, avec notre Petit Séminaire et ses belles écoles européennes, tenues par les Frères des Ecoles Chrétiennes et les Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition. Là, il eut une réception vraiment grandiose. Le 24, Son Excellence s’embarquait pour Calcutta, déclarant qu’il emportait de Birmanie le meilleur souvenir et que ce qu’il avait trouvé dans notre Mission avait de beaucoup dépassé son attente. Quant à nous, grands et petits, avec qui il fut si bon et si paternel, nous n’oublierons jamais Mgr Pisani.


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