| Année: |
1928 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie Septentrionale |
| Rédacteur: | Mgr Foulquier |
IV. ─ Birmanie Septentrionale.
Population catholique 12.180
Baptêmes d’adultes 262
Baptêmes d’enfants de païens 375
Conversions d’hérétiques 47
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« L’année 1927-1928, écrit Mgr Foulquier, s’est écoulée paisiblement pour la Mission de Birmanie Septentrionale. En comparant les statistiques de l’an dernier avec celles de cette année, je suis heureux de constater du progrès sur toute la ligne, progrès bien faible assurément si l’on ne tient compte que des chiffres, mais réel si l’on veut bien considérer le milieu sur lequel nous travaillons, ainsi que la mentalité de gens tournés de plus en plus vers les choses matérielles.
« Les épreuves ne nous ont pas manqué. D’abord la maladie, qui a immobilisé la moitié des missionnaires, et forcé trois d’entre eux à retourner en France pour y refaire leur santé ; ils se remettent bien lentement, et nous ne voyons pas encore quand il leur sera donné de revenir à leur poste de travail. Puis les préoccupations matérielles : constructions nouvelles d’églises et d’écoles, réparations aux anciennes, tout cela a immobilisé plusieurs autres confrères dans leurs postes respectifs. Ils se plaignent de n’avoir pas pu donner à leurs catéchumènes et à leurs chrétiens l’instruction nécessaire ; de ce fait, bon nombre de baptêmes ont été ajournés. »
M. Gilhodes nous écrit de ses montagnes Katchins : « Le grand événement de l’année a été la visite du Vicaire Apostolique à Khudung le premier dimanche après Pâques : la confirmation fut donnée à 26 néophytes. A cette occasion eut lieu la grande réunion annuelle de nos Katchins, surtout de la tribu des Kawries. Ces réunions font beaucoup de bien, elles entretiennent l’union et l’esprit de famille chrétien ; elles développent aussi notre influence parmi les païens qui viennent y assister nombreux.
« En l’absence des PP. Juéry et Collard retenus en France par la maladie, l’administration et l’instruction ont naturellement laissé à désirer. Cependant le P. Bona et les catéchistes ont régulièrement visité tous les villages où nous avons néophytes et catéchumènes, et où des familles nouvelles se sont fait inscrire pour l’instruction après avoir renoncé au culte des esprit. A Loiying une bonne chapelle en planches a remplacé la vieille hutte de bambous. A Khudung un orphelinat a été construit pour les garçons, celui des filles a été agrandi. Les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie continuent avec le plus grand zèle à s’occuper de l’école, orphelins et orphelines, du soin des malades, et aussi des petits moribonds, dont vingt ont été baptisés.
« Le P. Carolus est allé s’établir dans un nouveau centre Katchin, au village de Pankat, à trente-cinq kilomètres environ dans le Sud-Est de Khudung. Depuis deux ans les tribus de cette région lui demandaient de venir au milieu d’elles ; c’est maintenant un fait accompli, une maison a été construite, servant à la fois de chapelle et d’école, avec une chambrette pour le Père, séparée du reste par une simple cloison en bambou. Durant la bonne saison, de novembre à mai, le Père y réside peu, allant de village en village pour instruire les catéchumènes et recrurer éventuellement de nouvelles familles. Parmi ses 300 catéchumènes, un certain nombre, dit-il, pourront être baptisés dans le courant du prochain exercice. La vie du missionnaire est dure dans ce pays, mais elle est animée d’un espoir réconfortant pour l’avenir.
« Chez les Shans de la plaine de Bhamo, M. Roche a été encore cette année contrarié par des imprévus continuels. Il déplore surtout que ses catéchistes ne soient pas à la hauteur de leur tâche : « Avec des hommes capables, déclare-t-il, j’aurais dû avoir durant cet exercice au « moins 150 baptêmes, au lieu de cela je n’enregistre que 38 noms en tout. » Je dois noter que cette plaine arrosée par le Tapin et le Male est le pays par excellence de la fièvre des bois, et que cette année encore notre confrère a été immobilisé par la maladie deux mois de la bonne saison. Par ailleurs les réparations nécessaires à son école l’ont encore absorbé pas mal de temps. Vingt-quatre ans de Mission ont été pour lui autant d’années de malaria qui l’ont épuisé ; ce n’est pas la bonne volonté qui en a souffert, mais la bonne volonté à elle seule ne saurait suffire.
« A Bhamo, l’école Saint-Louis continue à prospérer ; la partie dont la construction avait été suspendue faute de fonds, a été enfin terminée. Malheureusement l’aide du gouvernement anglo-birman, sur laquelle nous comptions, nous a manqué. L’œuvre des Sœurs Franciscaines soutient sa réputation : leur charité au dispensaire et au cours de leurs visites aux malades a porté ses fruits : elles ont eu le bonheur de baptiser 44 enfants à l’article de la mort.
« Nos anciennes chrétientés birmanes se sont maintenues au niveau de régularité et de ferveur du passé. Les missionnaires qui s’en occupent, désirant toujours le plus parfait, déplorent plusieurs cas de brebis indociles.
« L’église de Chanthaywa ne suffisant plus à la population chrétienne de ce gros village, voulait être agrandie. M. Pelletier y a travaillé dur cette année ; elle est enfin terminée, et sous peu on en fera la bénédiction. Les dimensions en sont plus que doublées, si bien que désormais les 650 chrétiens de l’endroit y seront au large. Durant ce temps, le P. Louis, prêtre indigène du poste de Monhla, dut s’occuper de Chaung-Yo ; ce village, un peu négligé, visité moins souvent que par le passé, a souffert quelque peu.
« M. Herr a failli nous quitter pour un monde meilleur : une violente attaque de dyssenterie aiguë, à l’âge de soixante-cinq ans, nous a causé la plus vive inquiétude. La forte constitution du malade, les soins qui lui ont été prodigués, ont eu heureusement raison du mal ; mais deux mois de loisir forcé ont été pour notre confrère si actif une terrible épreuve. Il vient de retourner à son cher Shwebo où il travaille depuis trente-huit ans. Durant sa maladie, son vicaire le P. George a visité les 15 chrétientés du district. M. Herr a refait la chapelle de Lepanghyi : c’est maintenant une construction substantielle, en briques, couverte en tôle ondulée, et qui remplace avantageusement la petite chapelle provisoire des débuts. Le district de Shwebo nous donne cette année 31 baptêmes d’adultes.
« Le rêve du P. Joseph à Chaung-U serait de remplacer la vieille église, faite de planches, et qui tombe en ruines, par une belle église en briques. Les matériaux sont prêts, les fonds aussi, les travaux commenceront sous peu. Au point de vue spirituel, cette vieille chrétienté s’est un peu améliorée, constate le P. Joseph ; les épreuves et les pertes subies dans leur commerce ont ramené à une pratique plus assidue de leurs devoirs un certain nombre de ces chrétiens.
« M. Fallières nous écrit : « La population catholique des districts pétrolifères de « Yenangyaung et de Chauk a sensiblement augmenté. Dans ce dernier centre, il est « nécessaire de bâtir une bonne église pour remplacer la vieille chapelle actuelle qui menace « ruine. L’emplacement fait partie du champ de pétrole, et la Compagnie B.O.C. désire « l’endroit pour y creuser un puits. On m’avait promis un nouveau terrain, et je pensais bâtir « dans le courant de l’année. J’avais compté sans la lenteur de l’administration qui n’a pas « encore, après une attente de plusieurs années, désigné le terrain promis ; de plus, la « concurrence faite dans l’Inde par les Compagnies américaines aux Compagnies birmanes « sur les prix du pétrole, a obligé la B.O.C. à faire des économies en vue de payer aux « porteurs de titres les gros dividendes des années précédentes, si bien que je n’ai pu obtenir « l’aide pécuniaire que l’on m’avait promise. Les catholiques souscrivent régulièrement, « l’église sera bâtie en dépit des difficultés, mais il faudra un peu plus de temps et de peines. »
« M. Moindrot qui visite tous les trois mois Namtu, centre de l’exploitation et de la fonderie de Burma Mines Co, a enfin obtenu du gouvernement le terrain nécessaire à la construction d’une église dont le besoin se fait sentir de plus en plus vivement, le nombre des catholiques augmentant sans cesse. Jusqu’ici la Compagnie des mines avait mis à notre disposition une vielle baraque en planches qui était un local bien trop étroit pour le nombre des fidèles, près de 400. Un des chefs de la Compagnie, dont la femme est une bonne catholique irlandaise, a promis de bâtir à ses frais la nouvelle église, dont le devis monte à 15.000 roupies environ.
« Outre l’administration de sa paroisse de Maymyo, M. Moindrot fait quatre fois par semaine une classe à nos séminaristes. Le programme d’examen pour l’entrée à Pinang, communiqué par la Propagande, nous oblige à renforcer les études de nos petits séminaristes qui viennent tous de nos petites écoles de villages chrétiens. Ainsi certains élèves que nous aurions envoyés à Pinang cette année, devront être retardés d’une année sinon de deux. Le nombre de ces séminaristes se maintient à peu près au même niveau, soit dix-huit unités. Dans le courant de l’année, un prêtre, trois sous-diacres, cinq minorés et un tonsuré ont été ordonnés ; les cinq minorés et un sous-diacre sont encore à Pinang.
« A la léproserie Saint-Jean, les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie ont continué avec le même dévouement admirable dont elles ont toujours été animées leur œuvre de charité envers les malheureux lépreux. Lors de leurs visites à domicile, ou encore au dispensaire même elles ont eu le bonheur d’administrer 226 baptêmes d’enfants à l’article de la mort.
« Les écoles de filles tenues par les Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition sont toujours très prospères. A Mandalay, elles ont dû encore agrandir leur établissement, et tous les ans elles sont obligées de refuser des demandes d’admission faute de place. A Maymyo le nombre des pensionnaires a un peu fléchi, mais le nombre des externes par contre a augmenté.
« L’école Saint-Pierre à Mandalay, tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes, est remontée à son ancien niveau, grâce au zèle et au dévouement du Directeur actuel et de ses Frères. Les résultats aux derniers examens ne pouvaient être meilleurs. Je constate avec le plus grand plaisir que le bien spirituel et moral des enfants est l’objet de l’attention toute particulière du Frère Directeur. »
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