| Année: |
1930 |
| Pays: |
Birmanie |
| Mission: |
Birmanie Méridionale |
III. — Birmanie Méridionale.
Population catholique 67.220
Baptêmes d’adultes 997
Baptêmes d’enfants de païens 122
Conversions d’hérétiques 72
____
En l’absence de Mgr Perroy invité à prendre part aux travaux de l’Assemblée générale à Paris, Mgr le Coadjuteur nous présente le compte rendu de l’exercice 1929-1930. Sa Grandeur débute par le récit émouvant de la double convulsion, physique et sociale, qui en fin d’exercice a secoué si lamentablement la Birmanie Méridionale ; nous en donnons un large résumé.
Le lundi 5 mai, vers les huit heures et demie du soir, une secousse sismique, assez violente et prolongée, jetait la panique dans la ville de Rangoon : des immeubles s’effondraient, faisant une centaine de morts ou de blessés. A soixante kilomètres à l’est de Rangoon, la même secousse détruisait une partie considérable de la petite ville de Pégu : un violent incendie se déclarait, aggravant la catastrophe ; les morts et les blessés se comptent par milliers et, quant aux pertes matérielles, on les estime à plusieurs milliards. En ce qui concerne particulièrement la Mission, on n’eut à déplorer que deux accidents de personnes, mais les dégâts matériels sont considérables. L’évêché, fendu et lézardé, a été reconsolidé à grands frais, plus de 50.000 francs ; la cathédrale est sérieusement abîmée : une voûte s’est effondrée, les autres présentent des lézardes, les deux tours aussi ont souffert ; de grandes dépenses s’imposent pour conjurer une ruine complète, 750.000 francs selon certains architectes, beaucoup moins suivant d’autres ; quoi qu’il en soit, vu l’urgence immédiate, on s’est mis de suite aux réparations et on les continuera suivant les possibilités pécuniaires. La population chrétienne, elle-même victime du désastre, ne pourra que très peu contribuer aux dépenses qui s’imposent. A Rangoon, églises et résidences des missionnaires ont toutes plus ou moins souffert. En dehors de Rangoon, la chapelle de Pégu exige des réparations, celle de Saint-Sébastien, sur la ligne du chemin de fer entre Rangoon et Pégu, a été complètement détruite ; la belle église de Kyauktan, qui allait être achevée, est lézardée, sa flèche doit être démolie à partir d’une certaine hauteur. Nulle part les bâtiments ne sont complètement indemnes.
Quelques semaines après ce cataclysme, éclatait une rixe de la plus haute gravité entre débardeurs indiens et birmans employés aux travaux du port. A l’occasion d’une question de salaire soulevée par les nombreux coolies indiens, des ouvriers birmans furent recrutés ; la grève ainsi brisée, les Indiens abandonnèrent leurs prétentions, mais non leurs rancunes. Soudain, le 26 mai au matin, plusieurs milliers d’Indiens envahissent la ville de Rangoon, jetant des pierres sur les autobus, frappant et tuant. Exaspérés, les Birmans conduits par leurs bonzes répondent à la violence par la violence : la police est débordée, l’émeute est déchaînée ; à la fin de la journée, 800 tués ou blessés témoignaient de la fureur de la lutte. Les Birmans avaient eu le dessus, mais le lendemain, les Indiens, plus nombreux et mieux conduits, reviennent à la charge et refoulent les Birmans ; il n’y eut pourtant que quelques victimes. Le mercredi, les troupes anglaises occupent la ville ; la loi martiale est proclamée, et en quelques heures l’ordre est rétabli . Les jours suivants, il y eut bien encore quelques échauffourées, et de-ci de-là quelques meurtres. Depuis lors des rumeurs alarmantes n’ont cessé de circuler ; à l’occasion de la publication du rapport de la Commission Simon, le bruit courut que les Européens allaient être attaqués et tués ; il n’y eut pourtant qu’une mutinerie à la prison centrale, préparée fort habilement et depuis longtemps, peut-être à l’instigation d’agents étrangers. La police y mit bon ordre et une cinquantaine de morts et de blessés payèrent les frais de cette folle tentative, qui aurait pu avoir les plus graves conséquences.
Le 24 juin, les résultats de l’enquête de la Commission Simon sur les modifications à apporter au Gouvernement de l’Empire des Indes, étaient publiés ; en ce qui concerne la Birmanie, la Commission recommande sa séparation immédiate de l’Inde. Cette nouvelle fut reçue avec satisfaction et même avec enthousiasme ; mais la mesure proposée est insuffisante, les Birmans veulent l’autonomie ; elle ne leur sera pas accordée : qu’en résultera-t-il ? L’air est chargé d’électricité ; on dit que des sabres se forgent partout dans le pays, on en aurait même saisi 5.000 en gare de Rangoon. Bref, conclut Mgr le Coadjuteur, « l’atmosphère que nous respirons actuellement nous fait éprouver une impression indéfinissable de malaise et d’insécurité ; le commerce et les affaires sont en souffrance. Et de tout cela, la religion subit, le contre-coup.
« De quoi demain sera-t-il fait, se demande Sa Grandeur ? sans doute l’avenir appartient à Dieu, et nos pronostics, ont une valeur toute relative, cependant le passé est une indication de l’avenir. Sans arriver à une autonomie complète, les Birmans auront de plus en plus la main sur l’administration de leur pays. Or il est avéré qu’ils ne nous aiment pas, parce que nous sommes des étrangers et parce que nous prêchons une religion contraire au bouddhisme. Depuis qu’un certain nombre de Ministères, entre autres celui de l’Instruction publique, leur sont dévolus, nous sommes exposés à bien des brimades. Les Conseils d’Arrondissement favorisent ouvertement les écoles nationales aux dépens des nôtres. Les Municipalités, mieux organisées et se croyant invincibles, ont cherché en maints endroits à supprimer d’un trait de plume des écoles de Mission vieilles de trente ans, pour mettre à leur place des écoles purement bouddhiques. Sans doute le Gouvernement a mis son veto, mais, si j’en juge par ce qui vient d’arriver dans un cas par moi soumis à sa décision, il, semble faiblir ; il se contente de conseiller aux Municipalités, très fortement, il est vrai, de « reconsidérer » leur arrêté. A mesure que le Gouvernement cédera, les Birmans relèveront, la tête, et nous pouvons nous attendre à des vexations.
« Nous sommes menacés, en premier lieu, de perdre presque tout contrôle sur l’éducation de la jeunesse, sur cette floraison d’écoles qui était notre orgueil. Les dangers diffèrent, suivant qu’ils menacent nos écoles anglaises ou indigènes.
« L’Université va absorber, à partir de 1931, les écoles normales anglaises. Elle aura donc entre les mains la formation de nos maîtres et maîtresses d’écoles, comme elle a déjà celle de toute la jeunesse des classes dirigeantes. Directement, nous ne pouvons rien contre ce monopole. Tous nos efforts doivent se borner à pallier le mal causé dans les intelligences par l’enseignement neutre, sinon anticatholique, qui se donne dans ses murs. Après la visite de la Mission, je fis des démarches pour savoir ce que nous pourrions tenter de ce côté. Au début, l’Université nous eût volontiers donné un terrain pour nous permettre d’élever un collège ou hôtel. Mahométans et Hindous nous avaient devancés, leur demande ne fut pas exaucée ; dès lors le corps dirigeant me fit comprendre qu’à son grand regret, il était dans l’obligation de suivre à notre égard la même ligne de conduite. On m’a conseillé d’acheter, en bordure de la clôture universitaire, un terrain où nous pourrions avoir une chapelle, un cercle d’étudiants, ou même, si nous le désirions, un hôtel où nos jeunes gens pourraient trouver, avec le vivre et le couvert, cartains antidotes pour sauvegarder leur foi. Les Anglicans se sont rangés à ce parti et ont déjâ mis leurs plans à exécution. Malheureusement, les terrains ont doublé de valeur, et puis il y a la question du personnel. Ma tâche consiste à poser les données du problème aussi clairement que possible, je n’ai aucune mission pour le résoudre.
« Comme je l’ai indiqué plus haut, les écoles indigènes sont mises en péril par les tracasseries des Birmans. Ils ont le nerf de la guerre, les secours pécuniaires qui nous ont permis jusqu’ici de maintenir toutes nos institutions sur un bon pied. Du jour où ces secours seront supprimés, qne pourrons-nous faire ? Nous ne pouvons guère envisager la question d’écoles libres ; nos Carians s’apauvrissent de plus en plus ; plusieurs confrères me signalent dans leurs rapports que, criblés de dettes, ils continuent à émigrer, et ceux qui restent sont trop pauvres même pour maintenir en bon état la petite chapelle de leurs villages ; dès lors que pourraient-ils bien faire pour aider instituteurs et institutrices ? Avec une population aussi disséminée que notre troupeau catholique, il ne saurait être question d’une école centrale et, d’autre part, la fondation de dix petites écoles dans chaque poste de missionnaire décuple les difficultés et rend la situation inextricable.
« Il y a plus, continue Sa Grandeur, les Birmans, depuis qu’ils sont pratiquement au pouvoir, ont une tendance à contrecarrer la prédication de l’Evangile. Depuis plusieurs années, les bonzes se montrent à notre égard d’une arrogance extrême. Les gens du peuple se sont départis de cette politesse et de cet esprit d’hospitalité exquis qui faisaient leur plus grand charme. Les agitateurs ont fort bien compris que le pays serait plus fort s’il appuyait ses revendications politiques sur la religion nationale. Ils cherchent donc à rendre combatif le bouddhisme, qui jusqu’ici ne troublait personne. Il en résulte que certains villages carians, terrorisés par leurs voisins birmans, remettent leur conversion à plus tard. Dernièrement, pendant qu’un prêtre indigène expliquait le catéchisme à des catéchumènes, les Birmans des des environs allèrent jusqu’à attaquer à coup de pierre prédicateur et auditeurs. Dénoncés à la police, ils firent des excuses. Mais, en résumé, il ne faut pas se le dissimuler, les Birmans voient de mauvais œil le progrès de l’Evangile dans leur pays ; plus ils auront de pouvoir, plus ils entraveront nos efforts. Les prêtre indigènes, qui sont Carians, seront aussi haïs et plus méprisés que nous.
« Après ma consécration épiscopale, j’ai parcouru tous les postes de la Mission et j’ai pu me convaincre de visu de la vérité éternelle de cette parole de Jésus-Christ, qui ne peut être répétée sans larmes par le pasteur de la Birmanie Méridionale : Messis quidem mulla, operarii autem pauci. Nos postes sont en général trop vastes, de là des voyages dispendieux qui absorbent le temps ; le missionnaire rentre à son centre, là où il a ses écoles, ses religieuses ; il ne peut pousser comme il le faudrait la conversion des païens ; faute de personnel suffisant et aussi de ressources, impossible de rompre le pain de la doctrine à tous ceux qui le demandent. Sans doute nos prêtres indigènes sont plus nombreux : j’en ai ordonné six au mois de février ; mais nous allons avoir un arrêt de plusieurs années. D’ailleurs, nos prêtres indigènes, sauf de fort rares exceptions, ne travaillent d’une façon vraiment satisfaisante que s’ils sont fortement encadrés ; or les cadres commencent à manquer et les jeunes recrues qui nous arrivent de Paris ne suffisent plus à combler les vides. Chaque année, quelques confrères, surchargés de travail, sont obligés de retourner en France pour y refaire leur santé, mais aux dépens de la santé de ceux qui restent. Nous nous débattons dans un cercle vicieux, et ne pouvons que suivre le conseil de Notre-Seigneur : Rogate Dominum messis. Nos prières vont à Dieu, le Maître de la moisson ; mais notre devoir est de les faire passer par son intendant, l’Administration Centrale de Paris, qui nous pardonnera notre insistance à cause de nos besoins.
« Quelques-uns de nos prêtres carians administrent depuis plusieurs années des postes importants dans le voisinage des prêtres européens. Cette année, nous avons cru pouvoir prendre une décision plus hardie : la côte de Tenasserim, depuis Tavoy jusqu’à Victoria Point, en passant par Mergui, a été confiée au zèle et aux bons soins de trois prêtres carians, dont l’un a déjà dirigé un poste à notre entière satisfaction. Je suis allé moi-même les installer au village de Kadai., où plusieurs missionnaires européens avaient autrefois établi leur résidence. L’accueil que nous a fait cette population simple, l’empressement des vieux chrétiens à régulariser leur situation, l’insistance de plusieurs villages, païens à se voir visités par les prêtres ou les catéchistes, voilà des motifs d’espérance pour l’avenir. Nos trois ouvriers apostoliques se disent heureux du sort qui leur est échu. »
La note dominante des comptes rendus des missionnaires, nous confie Mgr Provost, est la tristesse ; nous disons la tristesse, mais non pas le découragement. Sans s’attarder à des lamentations stériles, ils continuent leur lutte contre le bouddhisme et le protestantisme, et il nous semble que leur attitude est bien de nature à réjouir la Sainte Eglise et enorgueillir leur Evêque. La gerbe de 1.069 conversions moissonnées au cours de l’exercice est la mieux fournie de toutes celles recueillies, jusqu’ici en Birmanie Méridionale. Avec Mgr le Coadjuteur, nous allons voir nos confrères à l’œuvre dans leurs postes respectifs.
« Privé de la vue, mais toujours joyeux, dit Sa Grandeur, M. Mignot communique son enthousiasme à ses assistants indigènes et nous offre 96 conversions. M. Loizeau, au milieu des montagnes malsaines de Papua a pu glaner 70 épis. Nos jeunes prêtres carians, à Kadai le suivent de près avec 67. Le P. Pascal, autre prêtre indigène augmente son troupeau, déjà considérable, de 63 unités et M Héraud, à Thinganaing, de 53. Arrêté par l’âge, infirmier de son vicaire cloué sur son lit durant plus d’un mois, M. Ballenghien s’excuse de n’avoir que 32 conversions, et se console dans l’espoir d’un succès plus grand l’an prochain. M. Maisonabe, remis des fièvres pernicieuses contractées dans le pays Chin n’a pu résister à la nostalgie ; ayant demandé et obtenu la permission de quitter les délices de Capoue, il nous envoie de sa randonnée chez ses anciens chrétiens quelque peu laissés à eux-mêmes depuis son départ, une relation enthousiaste ; sans doute il y a eu des défections mais un bon nombre de nouveaux convertis sont restés fidèles, quelques-uns même quoique éloignés du prêtre, travaillent avec zèle à la conversion de leurs frères. Il faudrait, dit M. Maisonabe, un ou plusieurs confrères européens, mais si nous tardons, les Chins se birmaniseront et deviendront inconvertissables.
« M. Chave achève à Kyauktan une église tamoule qui sera l’une des plus belles de la Mission. Quoique en beaucoup d’endroits ils commencent à contracter des dettes, les Indiens, venus en Birmanie pour y amasser un petit pécule, sont plus travailleurs et plus prévoyants que nos Carians. Leur foi est aussi mieux ancrée et plus agissante. Presque partout, ils ont réussi à acheter des champs, dont les revenus sont consacrés aux besoins de leur chapelle locale. S’ils se font tirer l’oreille pour aider directement le missionnaire et les œuvres générales, ils rivalisent dans la construction de leurs églises et la célébration de leurs fêtes. Cette année, j’ai béni dans le district confié au P. Philippe une église qui, isolée au milieu des champs de riz, a coûté plus de 500.000 francs. Aucune dépense ne fut épargnée pour rendre cette bénédiction plus solennelle. L’année prochaine, un autre groupe du même district célébrera une fête semblable, et, bien entendu, cherchera à éclipser les voisins. On peut voir en cela un excès ; toujours est-il que nous sommes, chez les Tamouls, loin de l’apathie de nos Carians, et, bien que surmenés de travail par l’administration des sacrements au point de ne pouvoir s’occuper des conversions des païens et d’avoir forcément à négliger les enfants catholiques, les missionnaires qui travaillent sur cette population à la foi vive et tenace ont encore la meilleure part.
« Cependant, dans nos villages carians, malgré la pauvreté de leurs ouailles, nos mission-naires s’efforcent d’établir ou de maintenir leurs postes sur un bon pied. A Maryland, M. Foulquier continue la construction de sa grande église, patiemment, lentement, sagement, suivant ses moyens. Les murs sont achevés, et dans deux ou trois ans, avec son église, son presbytère, son école de garçons et son couvent, le poste ne manquera de rien. M. Mourier vient de bâtir une nouvelle école de garçons à Kanatzogon, après l’avoir doté d’une église et d’un couvent. Quoique plus spacieuse que la précédente, elle est déjà remplie. De fait, bien que plusieurs missionnaires se plaignent de la diminution du nombre des enfants dans leurs écoles, le chiffre total de 14.201 dépasse de 1.100 le total de l’an dernier. Il y a eu une diminution réelle de 130 orphelins, diminution qui touche de plus près les missionnaires, chez qui ces enfants ont le vivre et le couvert, et cela cause leurs doléances.
« Malgré les dangers auxquels les modes et les amusements du jour l’exposent, la population cosmopolite de nos villes mène une vie chrétienne et fréquente les sacrements. Comme beaucoup de personnes du monde en Europe, ces chrétiens font un tour de force et semblent se dédoubler pour faire part égale entre la dévotion et le plaisir ; il essayent de servir Dieu et Mammon et croient y réussir.
« Les Frères des Ecoles chrétiennes, les Sœurs du Bon-Pasteur d’Angers, les Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition de Marseille, ont porté nos écoles de langue anglaise au tout premier rang dans la province et donnent aux 4.000 enfants qui fréquentent ces écoles une éducation très soignée. Nos petites Sœurs indigènes, réparties entre 14 résidences de mis- sionnaires, y dirigent les écoles birmanes ; on commence même à leur confier les écoles primaires de garçons ; i1 est à désirer que ce mouvement continue : elles ont plus de zèle que les institutrices laïques pour enseigner le catéchisme et habituer les enfants à de sérieuses pratiques religieuses. A la maison-mère de Bassein, nous avons en ce moment 12 postulantes, indice d’un recrutement satisfaisant.
« Les Petites-Sœurs des Pauvres, les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie se dévouent joyeusement au soulagement de leurs pauvres vieux, des lépreux, des incurables. Quoique dans un état de santé assez précaire, M. Fargeton, dès son retour de France, s’est remis vigoureusement au travail ; il achève en ce moment un nouvel hôpital qui lui permettra de recevoir dans son asile 300 lépreux. Les 120 lits de l’hôpital des Incurables étant par trop insuffisants, le Gouvernement a exprimé le désir que le nombre en fût porté à 300. Si nous considérons le chiffre des conversions obtenues dans ces différents établissements, nous devons conclure qu’ils atteignent le but pour lequel ils ont été fondés. Les Petites-Sœurs nous apportent 42 baptêmes de vieillards, dont 22 in articulo mortis. Aux Incurables et à l’asile des lépreux, 133 adultes ont été batisés, dont 117 in articulo mortis. Ces baptêmes joints à ceux de 122 enfants de païens, chiffre qui est malheureusement inférieur à celui de l’année dernière, attireront sur notre Mission, nous en avons la confiance, les meilleures bénédictions de Dieu.
« Au Séminaire de Pinang, nous n’avons plus que 6 sémnaristes, mais à Moulmein, la rentrée a été très bonne. Notre Petit Séminaire compte 27 élèves, soit 10 de plus que l’année dernière, et M. Bazin, Supérieur intérimaire en l’absence de M. Mourlanne, m’écrit qu’il n’a qu’à se louer du bon esprit qui règne dans l’établissement parmi les professeurs et les élèves. Ainsi, quoique la note dominante du compte rendu des missionnaires soit la tristesse, confiant dans la ténacité de leurs efforts et leur bon esprit, confiant surtout dans les promesses de Notre-Seigneur, je termine le mien, après vous avoir exposé simplement les difficultés de l’heure présente et les craintes pour l’avenir, par une prière d’action de grâces et un cri d’espérance : « Non praevalebunt. »
~~~~~~~
<< Retour page précédente
|