Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1938
Pays: Birmanie
Mission: Birmanie Méridionale
Rédacteur:Mgr Provost

III. — Birmanie Méridionale.

Population catholique 85.077
Baptêmes d’adultes 1.243
Baptêmes d’enfants de païens 185
Conversions d’hérétiques 150


Bien que cet exercice ait été marqué au coin d’épreuves si douloureuses pour le présent et si angoissantes pour l’avenir, à tel point que les Annales de la Mission de Rangoon peuvent l’enregistrer à bon droit sous le nom d’année terrible, les résultals consolants que les prédicateurs de l’Evangile ont obtenus prouvent une fois de plus que l’Eglise grandit et se fortifie au milieu des ronces et des épines.
« Dès le début de l’exercice, écrit, S. Exc. Mgr Provost, dans l’espace des trois premiers mois exactement, le Bon Dieu a rappelé à Lui cinq bons prêtres, quatre Européens et un Indigène. Tous étaient un peu âgés, passablement usés par le climat et la maladie, mais rien ne faisait prévoir que leur fin fût si proche, ni surtout qu’ils disparaîtraient tous en même temps. Ils semblent toutefois en avoir eu un pressentiment. Leur dernier rapport, écrit au mois de juillet 1937, se terminait par un touchant « adieu » et l’expression de leur regret sincère de ne pouvoir travailler plus longtemps dans leur chère Mission. Vers la mi-août, M. Mignot, notre cher aveugle qui, malgré son infirmité, dirigeait avec zèle et une bonne humeur inaltérable le poste fondé par lui dans l’enthousiasme de ses premières années de mission, s’éteignait à l’hôpital de Rangoon après quelques jours de maladie. Deux mille chrétiens pleurent leur père; son église, petit joyau d’architecture et centre d’un pieux pèlerinage, reste veuve, et 200 enfants, instruits dans une école anglaise secondaire et une école birmane, orphelins. Le jour de sa mort, M. Rieu le remplaçait à l’hôpital. Quelques jours après, les médecins ayant diagnostiqué un cancer aux intestins, le malade fut confié aux bons soins des Religieuses Franciscaines de l’asile des incurables, qu’il avait dirigé pendant plusieurs années. Le mal fit des progrès beaucoup plus rapides que la Faculté ne les avait prévus et l’emporta vers la mi-septembre. Il laisse derrière lui avec une école anglaise supérieure un poste important où 3.500 jeunes chrétiens, tant sur la montagne que dans la plaine, se fortifiaient dans la foi et grossissaient progressivement leur nombre sous sa direction expérimentée. Exactement un mois plus tard, M. Allard, le fondateur de la paroisse chinoise, mourait à Bangalore où rien n’avait été épargné pour la guérison d’un mal dont on n’a jamais bien connu la nature. Enfin, vers la mi-novembre, une bronchite emportait M. Pavageau dont la forte constitution était depuis longtemps minée par des crises d’asthme aussi violentes que répétées. Lui aussi laisse un héritage bien lourd à porter : 2.500 chrétiens et deux écoles supérieures anglaise et birmane, où les plus intelligents de nos jeunes Carians vont terminer leurs études. Ces vides creusés coup sur coup ont été d’autant plus difficiles à combler qu’un seul prêtre indigène a été ordonné au cours de l’année et qu’aucun nouveau missionnaire n’a reçu sa destination pour la Mission de Birmanie méridionale. Une nouvelle recrue est enfin annoncée, mais à elle seule, elle ne pourra pas rétablir l’équilibre rompu.
« A ces morts qui ont jeté le désarroi parmi les chefs, a succédé un cataclysme qui a semé beaucoup de tristesse et un peu de découragement dans les rangs les plus humbles de l’armée. Au commencement et à la fin de décembre des pluies aussi violentes qu’intempestives ont détruit une partie de la moisson déjà coupée. Vu la mauvaise qualité du riz gâté par la pluie, le prix de vente a considérablement diminué, et la quantité a été réduite d’un tiers presque partout, de la moitié dans plusieurs districts. C’est un vrai désastre pour nos chrétiens, en grande majorité laboureurs, qui n’ont pas d’autre culture pour compenser ou atténuer la récolte déficitaire du riz. Déjà très appauvris, ils sont maintenant dans une misère noire encore aggravée par son cortège habituel de vols et de pillages.
« La mort et la misère ne sont pas les conséquences les plus funestes du péché originel. Elles aident les vrais chrétiens à se détacher peu à peu du monde et à le quitter finalement sans regret pour aller jouir de la récompense promise. L’orgueil, au contraire, conduit directement les âmes à leur perte. Depuis que séparés de l’Inde, ils ont en main plus de pouvoir, les Birmans aspirent plus que jamais à être les maîtres chez eux. Ils oublient que leur pays doit à l’Angleterre ce qu’il est. L’air ambiant est saturé d’indépendance. Cet esprit s’est malheureusement infiltré chez nos Carians catholiques et a tourné biens des têtes dans le district de Henzada. Ils appartiennent à une tribu de tout temps méprisée par les Birmans pour son infériorité intellectuelle, et dont les missionnaires ont cherché constamment à relever le niveau. Oublieux de nos efforts et de nos sacrifices pour atteindre ce but, ils nous reprochent de ne pas leur avoir donné une éducation supérieure, malheureusement au-dessus de leur condition et de leurs moyens, qui leur eût permis de participer au gouvernement de la contrée. « Les demi-savants, écrit M. Ravoire, les maîtres d’école, les petits employés de « l’Administration qui jouissent maintenant d’une pension, tous ceux, en un mot, qui doivent « davantage à la Mission, sont les premiers à l’accuser de n’avoir pas fait plus. » —M. Ogent, vicaire forain du district encore en pleine effervescence où, par rancune, un certain nombre de catholiques excitent les autres à se passer désormais du ministère des missionnaires, résume ainsi les causes de ce mouvement regrettable. « De sottes revendications nationalistes « carianes, alors que ces pauvres Carians ne forment qu’une minime partie de la population « totale du district, leur volonté d’avoir de grandes écoles, alors qu’il est très difficile de « garder leurs enfants, même gratuitement, jusqu’à la fin des études primaires, enfin, comme « toujours dans les œuvres diable, l’emploi du mensonge pour discréditer les missionnaires « ont opéré un changement radical dans l’attitude jusqu’ici si respectueuse des notables. »
Malgré une propagande effrénée, dont l’apathie cariane semblait pourtant bien incapable, les autres districts ont été à peine entamés, mais les échos en ont troublé l’harmonie et inspirent des craintes sérieuses pour l’avenir. « Les excitations venues de l’extérieur, écrit M. « Mourier, les mauvais conseils et les détestables exemples donnés par ceux qui devraient « mieux comprendre leur devoir, n’ont pas été sans produire une certaine agitation qui a nui à « l’esprit de piété, d’obéissance et de charité qui devait régner parmi les chrétiens. L’orgueil, « l’esprit d’insoumission et de révolte ont fait du progrès. Un avertissement donné « charitablement est presque toujours mal pris. Le nombre des communions de dévotion en a « souffert, et ce mauvais esprit ne crée pas une ambiance favorable à la conversion des « païens, » — « ni surtout, ajoute M. Perrin, à la conversion des anabaptistes, qui fatigués de leurs dissensions continuelles, tournaient de plus en plus les yeux vers nous, attirés par l’admirable unité de l’Eglise catholique. » — Il est incontestable que le nombre des communions de dévotion a subi dans les districts carians un recul compensé par la piété des autres races ; il est certain aussi que l’enthousiasme de quelques catéchumènes a été refroidi et leur élan arrêté par l’attitude irrespectueuse et agressive de maints notables. Malgré tout, les 1.393 conversions obtenues au cours du présent exercice, sont le chiffre des bonnes années, et la population catholique de la Mission s’est élevée normalement de 83.051 à 85.077. Si la disparition simultanée de plusieurs confrères préposés à des postes importants, si la pauvreté toujours croissante de nos chrétiens, la campagne de dénigrement menée contre les efforts des missionnaires n’ont pas porté un coup immédiat à la vitalité de la Mission, ces causes cependant peuvent avoir des effets fâcheux qui nous font craindre pour son avenir.
« Sans nous appesantir davantage sur nos misères, jetons un coup d’œil sur nos divers champs d’action pour nous rendre compte du travail et des progrès accomplis dans le cours de l’année. La vie chrétienne est particulièrement intense dans nos neuf paroisses de langue anglaise. Leurs membres, dix mille environ, sont mieux groupés et mieux instruits. Elles comprennent un bon tiers de notre population scolaire et la totalité de nos œuvres de bienfaisance. La cathédrale en particulier, sous la direction de son zélé pasteur, M. Roy, nous présente une magnifique floraison des œuvres les plus variées. Le titulaire attire notre attention sur deux d’entre elles : les Conférences de Saint-Vincent de Paul, réformées pour les rapprocher de l’esprit qui doit les animer, et une nouvelle venue, la Légion de Marie. Voici ce qu’il écrit à leur sujet : « Les Conférences de Saint-Vincent de Paul, si nécessaires en ces « temps de chômage, ont été profondément modifiées vers la fin de l’année dernière. Des « méthodes défectueuses ont été partiellement corrigées. Un progrès a été réalisé. J’espère « qu’on ne s’arrêtera pas en si bon chemin. L’introduction de la Légion de Marie dans la « paroisse est indiscutablement, un des faits marquants de l’année. A la fin de ses études au « séminaire Saint-Sulpice, M. Machado est allé étudier son fonctionnement et s’imprégner de « son esprit à Dublin où cette œuvre a pris naissance. Dès son retour ; il en jeta hardiment les « fondations dans plusieurs paroisses et écoles de Rangoon. Malgré sa vigilance, l’activité des « premiers légionnaires a pu, en quelques cas, manquer de discrétion ; des maladresses même « ont été commises. Une sélection s’impose et se fera peu à peu. Les bonnes volontés « persévérantes acquerront progressivement l’expérience nécessaire. Je suis convaincu que la « Légion de Marie est appelée à faire beaucoup de bien ; je n’hésite pas à déclarer que dès « maintenant elle est dans la paroisse un rouage utile. »
« La cathédrale, tranche avantageusement sur les autres paroisses de langue anglaise. Les Anglo-Indiens sont profondément ancrés dans la foi, mais les superstitions, le caprice, la faiblesse de caractère, le manque de persévérance sont les défauts de race dont ils n’arrivent pas à se défaire. Une remarque de M. Mamy, curé de Moulmein, pourrait s’appliquer à tous : « Le principal événement de l’année, dit-il, fut la mission prêchée par les PP. Rédemptoristes. « Elle suscita dans nos deux paroisses un véritable enthousiasme et un plein succès ; mais la « première ferveur s’est vite refroidie, et, à part de rares exceptions, tout le monde se contente « aujourd’hui comme autrefois de la pratique des devoirs essentiels de la religion. »
« La piété tamoule est en général moins éclairée, mais plus démonstrative. Un grand nombre de familles disséminées dans les petites villes et à la campagne, à cause de leur isolement et de leur connaissance insuffisante de la langue du pays, échappent presque complètement au ministère du prêtre. Il est difficile d’en évaluer le nombre. Trois mille sont rattachés à deux paroisses de langue anglaise où ils reçoivent tous les secours religieux dont ils peuvent avoir besoin, et 22.000 forment quatre paroisses exclusivement tamoules, l’une à Rangoon et les trois autres dans le Delta. A Rangoon, M. Dessalle, assisté de deux prêtres indigènes, nous offre 65 conversions. Les écoles paroissiales d’un millier de garçons et filles, maintiennent dans la paroisse un solide esprit de piété, alimenté et manifesté par 67.000 communions de dévotion. Dans le Delta, MM. Chave, Meyrieux et Philippe, secondés par deux assistants indigènes seulement, ont peine à pourvoir aux besoins spirituels d’une population de 14.000 âmes éparpillées en soixante villages, eux-mêmes composés de fermes isolées assez distantes les unes des autres. Cent mille communions leur ont été distribuées au cours de visites ininterrompues. Malheureusement, l’éducation de 209 enfants seulement peut-être vraiment contrôlée par ces prêtres. Les autres sont élevés dans de petites écoles privées, dont les maîtres, choisis et payés par les parents des élèves, ne sont pas toujours suffisamment qualifiés et zélés pour s’acquitter d’un travail qui peut avoir tant de répercussion sur l’avenir de ces trois postes. Les solides fondations d’une grande école centrale prouvent la volonté bien arrêtée de M. Philippe d’enrayer le mal. Par ailleurs, les catholiques indiens du Delta sont peu mêlés aux païens. Excellent pour eux, cet isolement nuit à leur rayonnement et à l’extension de la Sainte Eglise. Surmenés, les missionnaires ne peuvent pas faire d’incursions dans les villages païens et les conversions dans ce quartier sont très rares. Elles sont très rares également pour le moment à la mission chinoise, où la lourde succession de M. Allard a été courageusement recueillie par M. Danis et notre premier prêtre chinois ordonné en décembre 1936. Jusqu’ici ce jeune vicaire n’a pu que visiter les 730 chrétiens, petits commerçants disséminés dans les petites villes et les gros villages du district. M. Danis, tout en apprenant la langue, dirige avec entrain et succès l’école dont dépend en grande partie l’avenir de l’église chinoise dans le Vicariat. Il nous écrit : « Grâce à l’aide loyale des maîtres et catéchistes, « grâce aussi à la bonne volonté des chrétiens, la « responsabilité dont vous m’avez chargé ne m’a pas semblé impossible à porter. L’avenir ne « m’apparaît pas sous des couleurs trop ternes. L’école a fait un bond en avant. Nous « comptons cent élèves de plus que l’an dernier, ce qui porte le nombre total à 351. Les « catholiques ne sont que cinquante-huit ; mais, comme tous les enfants sans distinction « apprennent le catéchisme, je crois volontiers que la bonne semence germera dans certaines « âmes, ce qui sera un gage de grandes espérances spirituelles. »
« A l’extrême pointe nord du Vicariat, nous trouvons le poste Chin ; M. Maisonabe qui n’a rien perdu de l’ardeur de sa jeunesse continue d’en être le pionnier. Il s’avance de plus en plus vers le nord et laisse à M. Chevallier le soin de fortifier dans la foi et de préserver ceux qu’il réussit à arracher aux griffes de Satan. « Il faut aller vite, écrit-il, car le travail devient de plus « en plus difficile. Les Chins ont beaucoup a dégénéré depuis trente ans. La liqueur distillée « se substitue ou plutôt s’ajoute au vin de riz, et l’usage de l’opium s’est introduit récemment « parmi eux. En outre, le bouddhisme y a implanté de profondes racines, amenant avec lui son
« cortège de superstitions birmanes, sans que les Chins bouddhistes aient pour cela renoncé à « une seule de leurs superstitions ancestrales. Ils ont, par contre, oublié tout ce que leur « religion conservait de l’élément vrai et primitif, et, dans l’ordre moral, ils ont copié les vices « des Birmans. Ces dégénérés sont maintenant la grande majorité. Ils ne se convertiront pas « avant que les vrais Birmans leur aient montré le chemin. » A l’arrière, M. Chevallier organise à Prome ce qui deviendra plus tard le centre du district Chin. Comme nous le fait pressentir son rapport, par suite de la modicité des ressources et malgré des miracles d’économie, les débuts sont encore assez humbles. « Parmi les événements les plus importants « de cette année, signalons l’arrivée de trois Religieuses Carianes qui ont pris en main « l’enseignement et la direction de l’orphelinat des filles. Une chapelle a été enfin construite « entre le presbytère et le couvent, mais elle n’est fermée que par des bambous tressés et son « plancher n’est encore que de la terre battue. » — Bien que le poste Chin soit entièrement confié aux bons soins de ces deux zélés missionnaires MM. Maisonabe et Chevallier, pour leur venir en aide, M. Ogent n’a pas hésité à joindre à son vaste district le groupe du sud où par trois fois, sans succès, on avait autrefois tenté d’établir une résidence. Sa générosité a été récompensée. Toujours consolantes, les visites, de ces villages lui ont fourni cette année une première récolte qu’il espère voit suivie de beaucoup d’autres. — « J’ai pu recueillir les « premiers épis, écrit-il, et une autre gerbe est en train de mûrir. Le plus fort contingent est « venu de Sanmyaung où j’ai fait 24 baptêmes. Ce village composé de 44 maisons toutes « Chin, a maintenant son école où étudient une trentaine d’enfants. A une heure de là, j’ai « administré aussi douze baptêmes dans un village de la montagne. Si ce premier noyau de « fidèles persévère, la moisson sera belle l’année prochaine. Qu’un prêtre puisse s’établir dans « ce quartier, et il aura, avec une chrétienté très florissante, un vaste champ d’apostolat, car il « y a encore de nombreux villages dont la visite serait intéressante. »
« La paroisse Cariane est de beaucoup la première en importance. Les catholiques dépassent le nombre de 40.000 divisés en vingt postes. Un seul de ces postes est situé en territoire Carian, au pied des montagnes qui nous séparent du Siam, dans la petite ville de Papun. M. Loizeau y réside depuis quinze ans. Son troupeau est en grande partie disséminé sur la montagne à toutes les altitudes. Pour trouver leur subsistance sur ce terrain pauvre, les cultivateurs brûlent chaque année un coin de la forêt qu’ils ensemencent et abandonnent pour recommencer ailleurs l’année suivante. Aussi M. Calmon est-il toujours par monts et par vaux à la recherche de ses brebis errantes et isolées. On conçoit les difficultés d’implanter la foi et les habitudes chrétiennes dans l’âme de ces nomades. Lorsque les Carians descendent dans la plaine, ils gardent leur tempérament de montagnards, et, à cause de leur petit nombre au milieu des Birmans hostiles qui cherchent à les gruger, ils conservent leur tendance à l’isolement. Ils ne s’attachent pas à la terre qu’ils cultivent. Quand ils l’ont péniblement défrichée, ils n’en considèrent que la valeur vénale, dont ils veulent profiter avant leur mort, sans une pensée pour les enfants qui les suivent. De là viennent les obstacles rencontrés partout, quoique à divers degrés, dans l’évangélisation des Carians. M. Charbonnel nous invite à faire le tour de sa chrétienté. C’est un vrai voyage au long cours, dont il est impossible de prévoir les étapes, et à plus forte raison le terme. Les villages à visiter, cachés dans un dédale de criques où les minuseules pirogues sont immobilisés dans la boue à marée basse, sont fort distants les uns des autres. Après une journée de voyage pour atteindre une maison chrétienne isolée, on apprend le soir que les occupants ont transporté leurs pénates ailleurs. Un village donnait de belles espérances de conversions en masse. On y envoie des catéchistes, des religieuses pour donner en quelques semaines les dernières instructions préparatoires au baptême. La récolte, a manqué au dernier moment et les catéchumènes sont partis chercher ailleurs, sinon fortune, du moins leur subsistance. Nos vaillants missionnaires qui, malgré ces difficultés, ont recueilli dans les postes Carians 919 conversions méritent les plus grands éloges. Sans doute quelques villages paraissent plus solidement établis, mais ceux-là mêmes se dépeuplent. Il arrive souvent en effet que, trop confiants dans l’abondance des récoltes à venir, les Carians mettent leur orgueil à bâtir une belle maison dont ils sont finalement chassés, victimes de leur imprévoyance.
« Tous les postes sont pourvus d’écoles primaires qui nous permettent d’assurer aux enfants catholiques une bonne formation religieuse et une instruction en rapport avec leur condition ; elles nous donnent la facilité de semer le bon grain dans les âmes des enfants païens du voisinage. Les missionnaires sont surtout secondés dans cette œuvre par les sœurs indigènes de Bassein qui, sous la sage direction de M. Perrin, augmentent en nombre et, malgré les difficultés de l’heure présente, ont gardé le meilleur esprit. Les Frères des Ecoles Chrétiennes, les Sœurs du Bon Pasteur et de Saint-Joseph de l’Apparition de Marseille continuent à former l’élite de la population catholique et bouddhiste. Leur dévouement et leurs succès gagnent la sympathie et l’estime de tous. Ils donnent à 750 enfants anglo-indiens une éducation gratuite qui permet à ceux-ci de vivre honorablement. Les sœurs du Bon Pasteur ont ouvert l’année dernière un foyer pour les jeunes filles qui travaillent à Rangoon. Leur petit nombre, 37, est uniquement dû à l’exiguïté du local actuel. Ces mêmes religieuses bâtissent en ce moment un refuge destiné à abriter 250 pensionnaires. Les soins dévoués dont les Petites Sœurs des Pauvres et les Sœurs Franciscaines M. M. entourent leurs vieillards et leurs malades, gagnent à Dieu bien des cœurs. M. Mourlanne, le pieux aumônier de l’asile des lépreux et des incurables, a pu récolter sur ce terrain bien préparé 135 conversions d’adultes.
« Les dernières instructions du Souverain Pontife sur la nécessité d’exercer une sélection de plus en plus sévère parmi les candidats au sacerdoce ont immédiatement fait des vides dans les rangs de nos séminaristes. Dix-huit seulement restent à Penang, et vingt-deux au petit séminaire de Moulmein sous la direction ferme de M. Bazin. M. Saint-Guily nous écrit que les Clarisses Colettines se recrutent normalement à Pegu. Leur communauté compte actuellement treize membres. Nous avons confiance que les prières et les sacrifices offerts dans le silence de leur cloître ramèneront la paix et la prospérité dans la Mission. »



~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam