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M. CONTE
MISSIONNAIRE DU CAMBODGE
M. CONTE (Jules-François), né à Villefranche (Rodez, Aveyron), le 4 août 1864. Entré laïque au Séminaire des Missions-Etrangères le 5 septembre 1884. Prêtre le 8 juillet 1888. Parti pour le Cambodge le 24 novembre 1888. Mort à Lonxuyen le 16 novembre 1919.
M. J.-F. Conte naquit à Villefranche (Aveyron), le 4 août 1864. Nous n’avons aucun détail sur ses premières années. Entré au Séminaire des Missions-Etrangères le 5 septembre 1884, il fut ordonné prêtre le 8 juillet 1888 et reçut sa destination pour le Cambodge où il arriva le 18 décembre.
Il fut envoyé à Soairieng, chez M. Combes. Après quelques semaines de vie commune, M. Combes installa son jeune confrère dans la chrétienté de Talok, près de la frontière cochinchinoise afin de lui permettre d’étudier plus facilement la langue au milieu des Annamites. Ses débuts furent plutôt durs. Il se mit à l’étude avec ardeur, parvint à posséder convenablement la langue, mais il ne la parla jamais bien à cause de son élocution trop rapide.
A la fin de l’année 1889, il fit appelé comme professeur au Séminaire de Culaogieng et y demeura deux ans. De là il passa à Rachgia, où il eut à souffrir divers ennuis de la part d’une administration mal disposée. Puis, en 1892, on lui confia le district de Nanggu. Ce fut là que notre cher confrère donna toute la mesure de son dévouement et de son savoir-faire. Il s’identifia si bien avec son district que, longtemps après son départ de la chrétienté, il ne fut désigné par les Annamites que sous le nom de Père Nanggu.
M. Conte, sous des dehors brusques, possédait un très bon cœur et s’attachait fortement à ceux qui lui inspiraient de la sympathie. Il aima ses chrétiens, et en fut aimé. Il acquit sur eux une forte autorité et l’utilisa pour le plus grand bien de ses ouailles. Il s’occupa particulière-ment de l’instruction des enfants et obtint, pour tenir ses écoles, des religieuses indigènes de Culaogieng. A l’examen de confirmation, la moyenne de science religieuse de ses élèves était parmi les plus élevées.
Il ne négligea pas la conversion des païens et eut la joie de baptiser pas mal de catéchumènes, mais son œuvre de prédilection fut l’œuvre des baptêmes des enfants de païens in articulo mortis. Chaque année il en offrit une belle gerbe au divin Maître. Il développa les ressources matérielles de son district avec beaucoup de sens pratique, ce qui lui permit de multiplier le nombre de ses chrétiens solidement établis, et de doter les chrétientés secondaires de chapelles très convenables.
M. Conte resta seize ans à Nanggu et vit la population catholique du district passer de 1.200 à 1.500 environ. En 1908, la maladie l’obligea à partir pour la France, où il eut la joie de revoir sa bonne et vénérable mère. Puis à peine rétabli, il reprit le chemin du Cambodge. A son retour, le poste de Nanggu étant occupé, il reçut la direction de celui de Bendinh voisin du premier. Il travaille là six ans, au milieu de nombreux chrétiens, malheureusement avec une santé plus ou moins chancelante. Aussi fut-il contraint, de céder la place à un confrère plus robuste ; puis, après un séjour de quelques mois au Sanatorium de Hongkong, il revint prendre un poste de repos à Lonxuyen.
Lonxuyen est un lieu de passage pour les missionnaires, une sorte de carrefour, où les lignes de bateaux se croisent en sens divers. Notre confrère eut souvent l’occasion de donner l’hospitalité à ses confrères français et indigènes. Il la donna toujours simple, franche, large, sans jamais manifester aucun ennui, aucune contrariété.
Sa santé cependant ne s’améliorait pas, mais rien ne faisait prévoir un dénouement prochain, lorsqu’une attaque — sans doute d’apoplexie — le foudroya.
Le samedi soir, 15 novembre, M. Conte était descendu à l’église pour confesser quelques personnes ; il avait pris ensuite son repas, et était allé se reposer comme à l’ordinaire. Le dimanche, les chrétiens réunis à six heures du matin pour les prières, ne le voyant pas descendre, montèrent dans ses appartements et le trouvèrent étendu sans connaissance au pied de son lit. Aussitôt avertis, les voisins du presbytère, M. et Mme Duvillard, accoururent et lui donnèrent les premiers soins : on le réchauffa, ou lui fit respirer de l’éther. Un instant il ouvrit les yeux et reconnut ceux qui le soignaient, mais impossible de parler ; il porta sa main droite à sa tête et la laissa retomber en refermant les yeux, l’agonie commença.
Pendant ce temnps le docteur avait été mandé, les religieuses étaient arrivées et s’empressaient autour du mourant. M. Arvieu, qu’on était allé chercher en auto, administrait en toute hâte l’Extrême-Onction, faisait la recommandation de l’âme, donnait une dernière absolution et notre bon M. Conte rendait son âme à Dieu. Il était 10 h. ¼ .
Les obsèques eurent lieu le lendemain à sept heures. Tous les Français de Lonxuyen y assistaient. Les Pères de Culaogieng avaient amené quelques séminaristes. De nombreux chrétiens étaient venus de Nanggu pour témoigner leur vénération et leur affection à l’égard de leur ancien pasteur. M. Herrgott chanta la messe avec les PP. Sanh et Van comme diacre et sous-diacre.
M. Conte avait manifesté le désir de reposer au cimetière de Nanggu, son ancienne paroisse. Le corps, accompagné des missionnaires, et de nombreux chrétiens, y fut transporté le soir même. C’est là que notre cher confrère attend la résurrection glorieuse. Requiem aeternam dona ei, Domine.
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