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Rapport annuel des évêques

Année: 1905
Pays: Cambodge
Mission: Cambodge
Rédacteur:Mgr Bouchut

IV. — Cambodge

Population catholique 36.107
Baptêmes d’adultes 854
Baptêmes d’enfants de païens 5.326
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« L’exercice qui vient de finir, écrit Mgr Bouchut, a été bien dur pour les missionnaires et les chrétiens du Cambodge. Commencé avec une inondation qui a détruit la récolte du riz et fait périr de nombreux arbres fruitiers ; continué dans le désastre d’un typhon et d’un raz de marée, il se termine dans la misère et le lointain espoir d’une moisson, qui ne sera pas mûre avant quatre ou cinq mois. D’ici là, les chrétiens devront user d’expédients, comme ils l’ont fait jusqu’à ce jour, pour se procurer la nourriture nécessaire à leur subsistance.
« Les ruines amoncelées par le typhon ne sont pas encore entièrement réparées. L’église de Baclieu est toujours là avec ses murs renversés ; une salle du presbytère sert de chapelle provisoire. A Annhon, M. Merdrignac n’a point achevé la bâtisse du modeste logis qui le mettra désormais à l’abri des inondations. Les chapelles et presbytères paillotes sont déjà reconstruits. La mission a donné les premiers secours, qui ont été vite épuisés. Des chrétientés ont emprunté pour faire face aux nécessités les plus pressantes. L’année prochaine sera donc encore une année de gêne, et la marche normale, qui seule peut assurer le succès de l’évangélisation, ne pourra être rétablie qu’en 1907.
« Il est dur pour le missionnaire, écrit M. Pianet, de prêcher l’Évangile à des gens absorbés « par le souci de trouver le riz quotidien, sans pouvoir soulager leur misère corporelle. Notre-« Seigneur avait compris cette difficulté, puisque sa parole était presque toujours « accompagnée de miracles, qui avaient pour objet le soulagement des malades ou des « affamés, mais comment l’imiter ? »
« Tous mes confrères ont fait la même expérience que M. Pianet ; aussi l’évangélisation a-t-elle subi un arrêt sur certains points. On n’a pu réunir, d’une manière régulière, les catéchumènes pour les instructions ; au lieu de moissonner, on s’est contenté de glaner. J’ai la joie cependant de voir que les épis glanés sont nombreux, et de constater que les œuvres se rattachant à la Sainte-Enfance ont donné des résultats extraordinaires. En effet, nous avons recueilli dans les orphelinats, ou envoyé au ciel, plus d’enfants que les années précédentes ; et si le chiffre des baptêmes d’adultes a un peu fléchi, nos anciens catéchumènes ne sont point perdus ; ils nous restent fidèles, et d’autres se sont adjoints à eux.

« Les deux chrétientés fondées, l’an passé, à Kompong-Thom et Prek-Sala, se maintiennent d’une façon satisfaisante. Malheureusement, M. Sy, chargé, jusqu’à ces derniers mois, de trois provinces, n’a fait qu’administrer les postes déjà existants sans pouvoir les développer.
« Dans mes longs voyages en barque, écrit-il, sur le grand lac et les rivières qui y « aboutissent, je me suis rappelé bien souvent cette parole de l’Imitation : Qui multum « peregrinantur raro sanctificantur. C’est vrai, surtout pour le prêtre, qui doit non seulement « se sanctifier, mais aussi sanctifier les âmes confiées à ses soins. Il est bien difficile d’y « réussir, quand il faut se rendre toujours d’un endroit à l’autre, sans pouvoir séjourner nulle « part. »
« M. Arvieu, à son retour de Hong-kong, a été envoyé au secours de M. Sy ; mais il faudrait encore un missionnaire pour la province de Pursat. Alors M. Sy ne garderait que celle de Kompong-thom et serait vraiment déchargé.

« Pignalu, ancienne résidence épiscopale des environs d’Oudong, semble vouloir renaître à la vie. Au dix-huitième siècle, cette station, qu’on appelait Thnol, partagea, avec Prambey-chom, la gloire de servir de refuge aux vicaires apostoliques de la Cochinchine, chassés par la persécution. C’est de ces deux chrétientés que Mgr Lefèvre et Mgr Piguel dirigèrent leur vaste vicariat ; là sont leurs tombeaux et ceux de plusieurs missionnaires.
« En 1848, Mgr Miche releva Pignalu et s’y fixa, mais les rebelles détruisirent la nouvelle résidence en 1867. Seules, deux familles cambodgiennes catholiques et quelques Annamites continuèrent d’habiter dans un lieu si riche en souvenirs. M. Joly, malgré le peu de loisirs que lui laisse l’administration de ses 1.600 chrétiens de Kosey-keo, a entrepris la résurrection du poste de Pignalu. Puisse-t-il réussir !

« M. Tandart dirige la paroisse de Phnom-penh. Son activité seule lui permet de faire face aux nombreuses occupations qui lui incombent. Il se doit, en même temps, aux Français, aux Cambodgiens, aux Annamites, aux Manillois, aux Indiens, qui forment un total de près de 2.000 catholiques. Il dessert l’hôpital français, l’hôpital indigène et l’orphelinat.
« Depuis vingt ans, chacun reconnaissait la nécessité de diviser la paroisse de Phnom-penh ; depuis vingt ans, hélas ! on reculait devant la dépense. Pour toute fondation en ville, il faut d’abord se procurer un terrain ; puis, construire, non pas des paillotes, les règlements de police s’y opposent, mais des maisons en pierres et en briques. Tout cela exige une somme considérable. Enfin nous avons acheté un emplacement suffisant pour église, presbytère et école. Les fondations d’une chapelle très modeste et d’une résidence ont été jetées, il y a quelques mois ; puis, nous nous sommes arrêtés. Nous préparerons peu à peu les matériaux nécessaires aux constructions, et nous reprendrons le travail, quand la bonne Providence nous aura fait trouver l’argent qui nous manque.

« La station de Kampot, créée l’an dernier par M. Entressangle, est devenue le centre d’un nouveau district. M. Larrabure, qui en est le titulaire, et M. Grandmaire, qui réside à Locson, devront s’entendre pour évangéliser la grande île de Phu-quoc. Quelques chrétiens du Cambodge, de la Cochinchine et de l’Annam y forment déjà un premier noyau. Phu-quoc sera facile à administrer, car un service régulier de vapeurs reliera bientôt cette île à la côte.
« M. Unterleidner met tout son cœur à développer Losut, chef-lieu de son district. Plusieurs familles de catéchumènes ont répondu à ses pressants appels et grossiront bientôt le chiffre de ses néophytes.
« M. Merdrignac, malgré sa détresse, a organisé une nouvelle chrétienté à Trabong.
« M. Thieux, qui a trouvé cette année à Rachgia ce qu’il avait laissé à Baigia : « l’extrême gêne, la lutte pour la vie », a réussi néanmoins à former un poste de chrétiens à Thom-dinh. « Que deviendra ce nouveau groupement ? écrit-il. L’affaire est confiée au bon Dieu. S’il « daigne nous accorder une bonne récolte, je pense que, l’an prochain, il y aura une chapelle à « Thom-dinh, et mes braves néophytes pourront remplir plus facilement leurs devoirs « religieux. »
« De Cantho, M. C. Duquet signale un sérieux mouvement à Tan-phong, centre absolument païen : « 65 catéchumènes se sont fait inscrire, dit-il, et la plupart suivent « régulièrement les catéchismes. Tout fait donc espérer que plusieurs pourront être « prochainement régénérés dans les eaux du baptême. Une femme, cousine de chrétiens de « Nang-gu, donne l’exemple à tous. Véritable boute-en-train, elle ne craint pas de reprocher « aux uns leur paresse, aux autres leur indocilité. On voit qu’elle a fréquenté les chrétiens. J’ai « même cru, un moment, qu’elle était déjà chrétienne. »
« Dans le district de Tralong, M. Gonet, malgré toute la peine qu’il a dû se donner pour venir en aide à 2.500 affamés, a entamé l’élément païen sur plusieurs points et compte près de 200 catéchumènes.

« M. Guibé, missionnaire ambulant pour le service des Chinois du haut Cambodge, travaille, depuis son retour de Canton, à grouper les bonnes volontés qu’il rencontre dans ses courses apostoliques.
« Ce que fait M. Guibé pour les Chinois, M. E. Dalle vient d’être appelé à le faire pour les Cambodgiens de la basse Cochinchine. Dans le lieu où il se trouve actuellement, nous comptons 65 chrétiens, qui ont été forcément négligés jusqu’ici. Laissons-le nous raconter ses débuts : « Ce sont les femmes, écrit-il, qui forment le plus grand obstacle à la conversion des « Cambodgiens en Cochinchine. Plusieurs païens sont venus me dire : « Père, nous voudrions « nous faire chrétiens, mais nos femmes ne veulent pas ; elles craignent que le diable ne les « fasse mourir. » J’ai pu cependant inscrire 12 catéchumènes dans 4 familles différentes. Ils « semblent vouloir persévérer. D’autres m’ont faussé compagnie. A ces catéchumènes, « comme aux anciens chrétiens, je réserve une période d’instruction après le repiquage du riz : « les hommes seront enseignés par le chef de la chrétienté ; les femmes, par celle d’entre elles « qui me semblera la plus apte au double point de vue du savoir et de la bonne conduite. Une « fois instruits, mes chers Cambodgiens pourront vivre en bons fidèles sous la protection de « Notre-Dame du Rosaire, patronne de leur église. Que Dieu daigne m’aider à établir son « règne parmi le peuple khmer ! »

« Les diverses conquêtes que je viens de noter sont un gage de prospérité pour l’avenir de la mission, et un encouragement pour les missionnaires qui se dévouent à l’évangélisation des païens. Ceux qui administrent les anciennes chrétientés n’ont pas manqué non plus de consolations au milieu de toutes leurs épreuves.
« M. Hion loue la bonne conduite des jeunes gens de son district. « La ferveur de mes « chrétiens de Culaotay, écrit-il, va toujours en augmentant. Le grand nombre des « communions de dévotion le prouve bien. La jeunesse me donne toute satisfaction. A part « une ou deux exceptions, garçons et filles sont assidus aux offices et au catéchisme du « dimanche. Le jour de l’Ascension, j’ai eu une belle cérémonie ; 36 enfants ont communié « pour la première fois. Tous s’y étaient préparés par l’assistance aux catéchismes « supplémentaires et une petite retraite de trois jours. »
« M. Prodhomme, à Sadec, se félicite d’avoir établi dans sa paroisse la confrérie du Sacré-Cœur. Des mandarins, interprètes et employés indigènes au service du protectorat, en font partie et donnent le bon exemple à tous les associés.
« M. Brun, à Soctrang, se plaît à constater un accroissement de piété qui est de bon augure pour l’avenir. Ses catéchumènes, chinois et annamites, ne se sont pas laissé abattre par les pertes que leur ont causées l’inondation et le typhon.
« La plupart, écrit le missionnaire, se sont montrés fermes dans la foi et m’ont demandé « avec instance la grâce de la régénération. Je me suis empressé de la leur accorder, vu leurs « bonnes dispositions et leur science suffisante de la doctrine. Parmi les néophytes, je dois une « mention particulière au nommé Ky, chef de la milice annamite, mort peu après son baptême. « Ky servait dans l’armée depuis longtemps ; il était estimé des officiers français qui louaient « sa fidélité, son respect de l’autorité et sa franche courtoisie. Atteint d’une ophtalmie qui « menaçait de lui faire perdre la vue, il fut envoyé à l’hôpital indigène. Malgré les soins des « religieuses, le mal ne put être enrayé ; au contraire, il empira. Ky perdit la vue, mais ne « désespéra point. A l’époque du jubilé, il se fit porter plusieurs fois à la paillote qui servait « d’église, entendit mes sermons et promit de se faire chrétien. Je ne tins guère compte de sa « promesse, surtout lorsque je le vis quitter l’hôpital, où il était traité selon son rang, pour « retourner dans sa famille toute païenne. Je l’avais même perdu de vue, quand un jour, on « vint me dire qu’il était très malade et voulait mourir enfant de Dieu. Jugez de ma joie ; je « pars avec un catéchiste et arrive à la case de Ky, où je trouve sa famille réunie. Il a fait « enlever tous les emblèmes du paganisme. Je l’instruis de mon mieux et le baptise en « présence de ses enfants. Le mourant, épuisé par de longues souffrances, ne peut guère « parler, mais on voit sur sa physionomie qu’il est heureux. Je lui ai fait plusieurs visites, « pendant les quelques jours qui ont suivi son baptême, et il s’est éteint tout doucement.
« Sa mort a été un événement pour le corps de la milice. Païens et chrétiens ont eu a cœur « de contribuer aux frais des obsèques. Les principaux fonctionnaires français ont assisté aux « funérailles, et un discours a été prononcé sur sa tombe. Que Thomas Ky, heureux élu de « Dieu, intercède au ciel pour sa famille et les païens du Cambodge ! »
« M. Chouffot parle de la confiance de ses chrétiens envers la sainte Vierge : « Le choléra, « dit-il, exerçait de grands ravages dans la chrétienté de Soai-rieng. Les notables vinrent me « voir et demandèrent la permission d’organiser une procession en l’honneur de la sainte « Vierge pour conjurer le fléau. Je ne crus pas devoir les y autoriser tout d’abord. Nous étions « en pleine inondation ; tous les soirs, il tombait une pluie diluvienne. Le dimanche du « Rosaire arrive ; j’accorde la permission tant sollicitée, et tout le monde se met « immédiatement à l’œuvre. A 5 heures, une procession s’organise en radeau. Notre-Dame « des Victoires est promenée triomphalement sur la rivière à travers le village. La nuit venue, « chaque chrétien allume une torche. On prie, on récite le chapelet tout haut ; c’est un pieux « désordre, au milieu duquel je remarque une ferveur inaccoutumée. Nous voici au centre du « village ; le temps menace, le vent souffle, quelques gouttes de pluie tombent déjà ! Nous « continuons quand même. La procession s’achève, nous rentrons à l’église et aussitôt il pleut « à verse.
« Pendant les préparatifs de la fête, un jeune homme avait été pris du choléra ; son père, « qui préparait le dais de la sainte Vierge, refusa d’aller le soigner, déclarant laisser ce souci à « la bonne Mère. Sa foi a été récompensée ; son fils est guéri. Depuis la fête du Rosaire, il n’y « a pas eu un seul cas de choléra. »

« L’Annamite converti ne perd pas sa foi, même au milieu de ses égarements, et il finit toujours par revenir au bercail avant de mourir, si le missionnaire est là pour lui donner l’absolution. M. C. Duquet cite deux exemples de ces tardifs retours à Dieu.
« Une vieille chrétienne, dit-il, qui avait longtemps habité dans des villages païens, où ses « enfants s’étaient perdus, se sentant sur le point de mourir, se fait ramener près de l’église. « Elle déplore son passé, confesse publiquement ses fautes, demande les derniers sacrements « et meurt en prononçant les saints noms de Jésus et de Marie. — Un chrétien de Sadec, « fumeur d’opium, abandonne sa femme et ses enfants, et s’éloigne de son village pour « échapper aux réprimandes du missionnaire. Il s’en va de marché en marché et cesse toute « pratique religieuse pendant de longues années. Une maladie survient qui le mène aux portes « du tombeau. Il lui reste 30 centimes de piastre dans sa pauvre bourse, il les emploie à louer « une voiture, qui le reconduit à l’église de son ancien village. Mais la voix lui manque, il « balbutie son nom et ces deux mots : confession, extrême-onction. Il reçoit les derniers « sacrements en se frappant la poitrine et entre immédiatement en agonie. »

« Il m’est agréable de reproduire encore le compte rendu de M. David qui, seul parmi les confrères du Cambodge, semble n’avoir enregistré que des joies depuis un an.« L’année 1904-« 1905, écrit-il, est la plus belle des cinq que j’ai déjà passées au grand Fleuve. J’ai baptisé 35 « adultes et autant d’enfants de païens. Mon petit troupeau de Keng s’est augmenté de 5 « nouvelles brebis ; 4 brebis égarées sont rentrées au bercail à Kratié ; 5 familles païennes ont « tout quitté pour venir à Chhlong apprendre à connaître le vrai Dieu : 5 autres familles, dont « 2 comptent 8 et 9 membres, se se sont fixées près de moi à Thanh-gia. Elles savent déjà les « prières et presque tout le catéchisme. « Jamais, me dit souvent la religieuse qui les instruit, « depuis vingt ans que je m’occupe des catéchumènes, je n’ai vu des gens si dociles, si exacts « pour l’étude de la doctrine. »
« Je me plais moi-même, chaque soir, à leur expliquer notre sainte religion. Si je leur « demande : Qu’avez-vous adoré jusqu’ici ? Les uns répondent : Thich-Ca-Phat (Bouddha) ; « d’autres : Ba-Quan-Am (déesse des marins, des bateliers) : ceux-ci : Ong-Tao-Thau (dieu « lare) ; ceux-là : les ancêtres. — Vous ne savez donc pas que ces soi-disant divinités ne sont « que des hommes comme les autres ; des hommes qui ont mené parfois une vie honteuse, et « qu’un roi, sous un prétexte ou sous un autre, a proposés à l’adoration de ses sujets ? — Nous « n’en savions rien ; nos parents nous ont dit : faites ceci, faites cela, vous serez heureux ; et « nous le faisions sans raisonner. — Mais, avez-vous jamais été secourus, protégés par vos « dieux ? — Jamais, c’est vrai ; néanmoins nous avons fait notre possible pour ne pas nous « attirer leur colère. — Êtes-vous heureux de vous convertir ? — Oh ! oui, car le Dieu des « chrétiens est tout-puissant ; il protège ceux qui l’aiment pendant la vie, et place dans le « paradis, après la mort, les âmes qui lui ont obéi et l’ont adoré. Oh ! que nous sommes « heureux ! Nous avions si peur d’entrer dans le corps d’un chien ou d’un âne, après la « mort ! »

« Le séminaire de la mission nous a donné, cette année, trois nouveaux prêtres. La chapelle, vieux vestige des bâtiments primitifs, ne suffisait plus ; nous l’avons démolie pour en construire une nouvelle, large, bien aérée, et qui sera en harmonie avec les autres parties du nouveau séminaire.
« L’ouverture d’une école de catéchistes à Bouam a été retardée à cause de notre pauvreté ; mais j’espère que l’œuvre pourra être inaugurée au mois de janvier 1906.

« Les Religieuses de la Providence de Portieux ont eu la joie d’ondoyer 327 adultes et 1.663 enfants dans leurs hôpitaux et dispensaires, et ont donné leurs soins à 2.034 malades. Elles comptent 621 enfants dans leurs 5 orphelinats.
« L’orphelinat de Chaudoc menaçait ruine. L’ensemble de l’installation était d’ailleurs si précaire, qu’il était impossible d’hésiter à reconstruire l’établissement. Malgré leurs charges déjà très lourdes, nos vaillantes auxiliaires n’ont point reculé devant les sacrifices qui s’imposaient à elles. Leur confiance en Dieu et leur abnégation ont été récompensées. Des bâtiments spacieux et solides s’élèvent aujourd’hui à Chaudoc, et sont prêts à recevoir les nombreux enfants que la Providence y enverra.
« Les Sœurs ont fait preuve du même dévouement en acceptant de s’établir à Battambang. Depuis deux mois, deux Sœurs françaises et deux Sœurs indigènes y sont installées provisoirement dans une paillote. De nouveaux sacrifices d’argent vont être nécessaires pour organiser hôpital et orphelinat. Le zèle des Filles du Vénérable Moye mérite d’autant plus d’éloges qu’elles ont accepté la nouvelle fondation, au lendemain du désastre qui constitue leur grande épreuve de l’année.
« En effet, le typhon, qui, le 2 novembre dernier, a fait tant de ravages dans le sud de la mission, a renversé l’orphelinat des Sœurs à Soctrang. Par bonheur, les religieuses venaient de sortir avec tout leur personnel, quand la charpente s’effondra, entraînant avec elle des pans de murs. Les pertes sont énormes. Les meubles ont été écrasés ; moustiquaires, couvertures, vêtements, tout a été anéanti sous les décombres. Daigne le bon Dieu nous fournir les moyens de relever ces ruines qui, hélas ! après dix mois sont toujours là ! »


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