| Année: |
1909 |
| Pays: |
Cambodge |
| Mission: |
Cambodge |
| Rédacteur: | Mgr Bouchut |
IV. ─ Cambodge
Population catholique 42.741
Baptêmes d’adultes 730
Baptêmes d’enfants de païens 5.107
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« Au Cambodge, les résultats de l’évangélisation ont été, cette année, inférieurs à ceux des années précédentes, écrit Mgr Bouchut. Les ouvriers apostoliques ont cependant travaillé avec zèle ; mais, depuis deux ans, les missionnaires valides sont moins nombreux et plusieurs districts ont été forcément négligés. C’est là, je pense, la raison principale de l’infériorité de nos succès. D’autre part, et pour la même raison, toute marche en avant nous est interdite. Je m’étais proposé de faire évangéliser la grande île de Phu-quoc, dans le golfe de Siam. Déjà plusieurs voyages avaient été faits en vue de préparer une installation provisoire. Mais, devant la pénurie des missionnaires, il a fallu rebrousser chemin. Ce sera pour plus tard, s’il plaît à Dieu.
« J’ai, malgré tout, le plaisir d’annoncer la fondation d’une chrétienté à Siem-réap, à 2 kilomètres des fameuses ruines d’Angkor. Cette station, surtout lorsque nous pourrons y établir un missionnaire à demeure, nous permettra d’étendre notre action sur la partie nord du bassin du Grand-Lac qui nous échappait encore. M. Arvieu y organise l’installation d’une dizaine de familles qui formeront le noyau de la chrétienté. Les difficultés du début ont été vaincues. Cette chrétienté, il y a lieu de le croire, se développera rapidement.
« Les postes du territoire de Battambang ont joui d’une paix relative qui leur permet de se reconstituer. Taom, en particulier, a vu les fugitifs réintégrer, en grand nombre, leurs foyers. Tout fait espérer que la confiance et la prospérité y reprendront place comme autrefois.
« Dans les régions du Grand-Lac, les districts de Bung-kranh, Kompong-thom, Pralai-meas, se développent normalement. Chaque année apporte son contingent de nouveaux chrétiens.
« Sur le Grand-Fleuve, M. David se plaint de n’avoir pu baptiser, cette année, que 21 catéchumènes. It a bâti à Chhlong une petite église d’une élégance parfaite. Son rêve serait d’en faire autant pour chacune de ses cinq chrétientés échelonnées sur le Mékong.
« Kanchor et Baulum ne possèdent encore rien comme chapelle. Le district de Meat-krasar atteint le beau chiffre de 1.700 catholiques. Phlautrey, dont la population a augmenté considérablement, s’est enrichie de l’émigration de Banam qui ne peut nourrir tous ses habitants.
« Dans la région de Soai-rieng, les chrétiens ont été en butte à de multiples tracasseries. L’œuvre de l’évangélisation y a été difficile. Le P. Trieu, cependant, a eu la consolation d’enregistrer à Somrong 35 baptêmes d’adultes.
« Plusieurs missionnaires, entre autres ceux de Sadec et de Boot, se félicitent des résultats obtenus par la pratique de la communion fréquente. Nos exhortations ont été, en général, entendues des chrétiens. Un renouveau de ferveur se manifeste partout où la Table sainte est plus fréquentée.
« Le beau district de Cantho, malgré les nombreux baptêmes de païens de ces dernières années, voit sa population catholique demeurer stationnaire. Les récoltes ont été tellement défectueuses, que beaucoup de chrétiens émigrent vers Ba-xuyen et Rach-gia. M. Constant Duquet fait tous ses efforts pour implanter plus profondément la foi au cœur de ses ouailles, néophytes pour la plupart, et amener au christianisme de nouvelles recrues.
« Les fidèles de la chrétienté de Con-nhiem, écrit-il, ont reçu, cette année, le bienfait de « l’explication méthodique du catéchisme, donnée par un séminariste. Tous, hommes, « femmes, jeunes gens, enfants, ont suivi les cours avec un louable empressement pendant « plusieurs mois. Les fruits en seront durables. Je me propose de procurer le même bienfait « aux fidèles de Ran-ram, tous néophytes et encore bien ignorants des choses de la religion.
« Depuis que Phong-dien possède un prêtre à demeure, l’esprit de foi y a beaucoup « augmenté, la jeunesse y est instruite et pieuse. Il ne reste plus que quatre ou cinq personnes « réfractaires à toute exhortation. J’aime à espérer que la source des catéchumènes, « longtemps tarie par la tiédeur des fidèles, y coulera de nouveau avec abondance.
« Ma plus grande joie, cette année, a été la fondation du poste de Nhon-nghia. On y « compte une cinquantaine de catéchumènes, tous animés d’un bon esprit. Malheureusement, « le décès du chef de ce groupe, survenu au moment où tout allait pour le mieux, rend encore « précaire cette fondation.
« Un essai a été tenté sur le Rach-tranoc, mais il ne semble pas devoir réussir, « actuellement du moins. Le propriétaire de céans, après de belles et alléchantes promesses, « prête trop l’oreille aux oracles d’un sorcier. Il a fallu donner une autre destination au « catéchiste qui y avait été envoyé. »
« MM. Quimbrot et Haloux comptent, à eux deux, 3.350 chrétiens baptisés et 240 catéchumènes. Dans leur intéressant compte rendu, je relève le fait de premières communions plus particulièrement solennelles à Tra-long, Cai-trau, Cai-nhum. Ces deux confrères réclament du renfort afin de cueillir toute la moisson et entretenir dans la ferveur leurs nombreux chrétiens. M. Haloux signale la fondation définitive de deux nouveaux postes, Tan-phu et Vinh-loc, déjà ébauchée l’année dernière.
« Côco s’est affermi au point de vue matériel, mais la population chrétienne demeure stationnaire. M. Keller, après avoir pourvu son centre de district de tout le nécessaire, a bâti une petite église à Giong-chac, mais il a eu à déplorer l’incendie de la chapelle de Nhu-gia, dû, pense-t-il, à une main criminelle.
« Bac-lieu se relève de la crise matérielle que lui avaient fait subir le typhon de 1904 et plusieurs mauvaises récoltes successives. Cai-hine a été doté, par les soins de M. Jules Duquet, d’une église en briques, dont les chrétiens sont particulièrement fiers. Hung-hoi a remplacé la misérable paillote qui lui servait de chapelle par une construction solide, spacieuse couverte en tuiles.
« M. Larrabure, à la pointe de Ca-man, circule sans cesse à travers les arroyos, pour aller d’une chrétienté à l’autre. Les vieux chrétiens de Rach-nha sont dévots au Saint-Sacremont et comprennent très bien l’importance de la communion. Ils s’approchent souvent de la sainte Table. Mais les autres chrétientés, composées de nouveaux baptisés, laissent à désirer. La pauvreté est, chez eux, le grand obstacle aux préoccupations spirituelles : « A Cai-cam, en « particulier, écrit le missionnaire, il faudrait que les gens puissent sortir de leur état de gêne « actuel. On verrait alors arriver de nouvelles recrues. La chrétienté se développerait « rapidement. »
« Les religieuses de la Providence poursuivent avec le même succès leur œuvre de dévouement. Elles ont eu, cette année, la joie de voir achevée la construction de l’orphelinat de Soc-trang, que le typhon avait détruit et qu’elles travaillaient à relever depuis cinq ans. Ces dévouées auxiliaires ont à Soc-trang toute la sympathie de la population européenne et indigène. Chrétiens et païens les ont aidées de leur obole pour construire, sur un plan plus large, la maison des Sœurs et l’orphelinat et ajouter aux deux hôpitaux indigènes d’hommes et de femmes, épargnés par le typhon, un corps de bâtiment destiné à recevoir les malades européens.
« Les premiers triduums de la mission eu l’honneur de nos nouveaux Bienheureux ont eu lieu au séminaire d’abord, puis à la paroisse de Culao-gieng. C’est là que furent saisis, en janvier 1859, Pierre Qui, jeune prêtre, vicaire du regretté M. Pernot, et Emmanuel Phung, catéchiste, chef de la chrétienté. Nous possédons leurs corps qui ont été placés, celui du Bienheureux Pierre Qui, sous le maître autel de la chapelle du séminaire, celui du Bienheureux Emmanuel Phung, sous le maître autel de l’église paroissiale. Ces fêtes ont été particulièrement brillantes et pieuses. J’ai eu le plaisir d’y assister et d’officier pontificalement le troisième jour de chaque triduum. Les séminaristes avaient consacré, depuis longtemps, leurs récréations à préparer oriflammes, écussons, guirlandes. Deux grands tableaux, peints par un élève, représentaient, sinon les véritables traits des deux Bienheureux, du moins le type annamite avec une grande perfection. Quinze cents chrétiens et deux mille païens ont défilé devant ces tableaux pour les admirer. Les nombreux missionnaires et prêtres indigènes qui ont assisté au triduum sont repartis embaumés de parfums tout célestes. Nous continuerons ces triduums dans les églises principales de chaque district. J’espère que nos chrétiens y puiseront un accroissement de foi et de ferveur dans la pratique de la religion. Ce qui s’est passé à Culao-gieng m’est un garant de cet espoir. M. Hion m’exprimait sa joie des 900 communions distribuées dans les trois jours du triduum. A part cinq persommes qui, vu leur situation irrégulière, ne pouvaient s’approcher des sacrements, tous les chrétiens de la paroisse avaient communié.
« Daigne le bon Dieu, par l’intercession des Bienheureux martyrs, glorifier notre sainte religion aux yeux des païens et la faire progresser chaque jour davantage ! »
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