| Année: |
1916 |
| Pays: |
Cambodge |
| Mission: |
Cambodge |
| Rédacteur: | Mgr Bouchut |
IV. — Cambodge
Population catholique 52.649
Baptêmes d’adultes 855
Baptêmes d’enfants de païens 4.827
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« Malgré deux années de guerre et l’absence de huit missionnaires mobilisés, écrit Mgr Bouchut ; malgré le malaise qu’a ressenti la population indigène au commencement de 1916, les œuvres de la mission du Cambodge se sont maintenues dans le même état de prospérité qu’auparavant, et j’en remercie le bon Dieu.
« Le chiffre des baptêmes d’adultes, seul, a fléchi. Les districts de Tralong et de Hoahung ont donné un peu plus de 70 baptêmes d’adultes chacun ; celui de Cantho, 40 ; celui de Sadec, 37 ; mais ailleurs, les gerbes ont été plutôt légères. Les circonstances actuelles en sont la cause. Voici en effet ce que M. David écrit de Chhlong : « Je n’ai que 22 baptêmes d’adultes. « Ce chiffre doit vous étonner, car l’an passé j’avais annoncé un bon nombre de « catéchumènes. Cinq familles cambodgiennes ont pris la fuite, lors des manifestations des « protestataires. Je n’ai pas osé baptiser les autres, dans la crainte qu’elle ne partent après « avoir reçu le sacrement. En somme, j’ai eu une vraie déception ; et je me crois obligé « désormais de faire subir à mes catéchumènes de race cambodgienne une épreuve beaucoup « plus longue. »
« D’autre part, pendant plusieurs mois, les chrétientés annamites du Cambodge ont été secouées par la peur. Le souvenir de ce qui se passa lors de la révolte cambodgienne de 1885 revenait naturellement à l’esprit des néophytes. Heureusement, rien de bien grave ne s’est produit. Mais l’œuvre de l’évangélisation a nécessairement souffert de cet état d’inquiétude. Même en Cochinchine, la crainte de troubles possibles n’a point favorisé l’entrée des païens dans notre sainte religion.
« J’ai visité un bon tiers de la mission. Bien que des vapeurs sillonnent les fleuves et abrègent les distances, les cent trente et quelques mille kilomètres carrés sur lesquels s’étendent nos 166 chrétientés représentent une superficie bien vaste à parcourir. Je commence à m’en apercevoir. C’est du reste à peu près le quart de la superficie de la France.
« Dans ma tournée en Cochinchine, j’ai béni solennellement la jolie église de Cantho, qui a coûté à M. Constant Duquet bien des soucis et des labeurs. Commencée avant la guerre, elle a reçu cette année ses derniers ornements architecturaux. J’ai béni, dans le même voyage, l’église de Tralong édifiée heureusement et rapidement par M. Quimhrot. Simple mais vaste, elle fait la joie des chrétiens. Elle remplace un mauvais hangar avec parois en feuilles, devenu du reste tout à fait insuffisant pour la nombreuse population catholique.
« A Banam, j’ai constaté avec joie que l’école des catéchistes, éprouvée pendant de longs mois par la maladie, avait repris son cours normal. Elle nous donnera en janvier prochain treize nouveaux catéchistes . M. Blondet se plaint des conditions matérielles dans lesquelles ses chrétiens gagnent péniblement leur vie. Plusieurs vont chercher fortune ailleurs. Le missionnaire se propose de diriger le trop-plein de sa chrétienté centrale vers des terrains en friche de l’intérieur, à Khsachsa. La question est de savoir si les néophytes acceptent de s’y transporter.
« M. Bousseau espère beaucoup de la nomination d’un vicaire à demeure à Trakiet, district de Sadec. Vingt-cinq catéchumènes, recueillis déjà depuis longtemps par M. Prodhomme, viennent d’y être baptisés. L’instruction générale des fidèles, presque tous nouveaux dans la foi, va se développer avec la présence du prêtre, et tout permet de croire que la petite chrétienté de Trakiet ne tardera pas à prendre un sérieux accroissement.
« M. Prodhomme, retiré à Tanphutrung, ne reste pas oisif, malgré de nombreuses infirmités et de grandes souffrances. Il essaie d’augmenter le petit noyau de chrétiens qui l’entourent.
« Le séminaire va nous donner bientôt six nouveaux prêtres. Quant aux deux établissements des Frères des Ecoles chrétiennes, ils progressent de plus en plus à Phnompenh et à Soctrang.
« Je termine mon compte rendu par l’état des œuvres de nos Sœurs de la Providence de Portieux. Ce tableau, bien qu’aride en lui-même, fera comprendre la grandeur des résultats obtenus par nos dévouées collaboratrices.
10 Personnel :
Religieuses françaises 40
Religieuses indigènes 142
Novices et postulantes 45
20 Etablissements :
a) 6 orphelinats où sont élevés 176 garçons et 445 filles.
b) 2 pensionnats de filles européennes, métisses ou indigènes : 80 enfants.
c) 5 hôpitaux appartenant aux religieuses : 3.481 malades y ont été soignés pendant l’année. Le nombre de lits occupés est de 433.
d) 3 maternités avec sages-femmes indigènes diplômées ; 454 accouchements dans l’année (1).
30 335 adultes et 1.928 enfants de païens ont été baptisés dans les divers établissements des Sœurs.
40 Plus de 40 Sœurs indigènes sont, en outre, chargées des écoles paroissiales de filles, et même de celles de garçons, dans 20 grandes chrétientés. Elles s’y emploient en même temps à l’œuvre de la Sainte-Enfance, sous la direction du missionnaire. »
(1) Les Sœurs donnent encore leurs soins aux malades dans 4 hôpitaux provinciaux du Gouvernement.
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