| Année: |
1903 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Su-tchuen occidental |
| Rédacteur: | Mgr Dunand |
CHAPITRE III
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GROUPE DES MISSIONS DE L’OUEST
DE LA CHINE
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I. — Su-tchuen occidental
Population catholique 40.000
Baptêmes d’adultes 1.090
Conversions d’hérétiques 8
Baptêmes d’enfants de païens 22.077
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« En 1895, écrit Mgr Dunand, notre mission avait été terriblement éprouvée. En effet, tous nos établissements de Tchen-tou avaient été brûlés, pillés, anéantis. Dans la banlieue de la capitale et dans un certain nombre de sous-préfectures nous avions perdu églises, résidences, écoles, etc. Toutefois, grâce au concours énergique et intelligent que le ministre de France à Pékin, M. Gérard, voulut bien nous prêter dans ces douloureuses conjonctures, nous avions obtenu justice, relevé nos ruines, reconquis une place au soleil et nous espérions jouir d’une tranquillité parfaite, du moins pendant quelque vingt ans. M. Gérard ne partageait pas cet espoir : « La paix durera au plus trois ans », nous avait-il dit immédiatement après la signature des conventions avec l’autorité chinoise. Son Excellence, mieux renseignée que nous, voyait aussi plus juste.
« De fait, depuis la tempête de 1895, tous les deux ou trois ans, nous avons subi de graves secousses, mais la plus terrible sans contredit a été celle de 1902. Jusqu’à l’an passé, nos Chinois s’étaient pour ainsi dire exercés, afin de nous anéantir plus sûrement en dernier et suprême effort. Leurs machinations sataniques eurent d’abord un plein succès : humainement parlant, notre mission devait disparaître. Dieu eut pitié d’elle et la sauva. Voici les faits :
« Au printemps de 1902, quelques émissaires des boxeurs de Pékin vinrent au Se-tchouan pour soulever la province. Dans une audience que leur accorda le vice-roi Kouy, ils le prièrent de se mettre à la tête du mouvement, ou du moins de ne pas entraver l’exécution de leurs plans. Kouy, homme faible entre tous, les congédia poliment en promettant de leur donner réponse un peu plus tard. Or, il apprit bientôt que les émissaires étaient patronnés à Pékin par de hauts dignitaires de l’empire. Il n’osa donc ni les arrêter, ni les expulser. On les vit alors parcourir la province, dans tous les sens, propageant leurs idées et faisant de nombreux adeptes. Sauf quelques rares exceptions, les mandarins les toléraient : d’aucuns les appuyaient chaudement : entre autres, un des grands magistrats de Tchen-tou, le fameux Tsao, ennemi juré de l’étranger. On répandit des brochures, on afficha des placards, pour exciter le peuple à se défendre contre l’invasion des Européens qui, sous prétexte d’ouvrir des mines et de construire des routes, s’empareraient de la province et renverseraient la dynastie régnante. Ces écrits avaient été lus et goûtés, lorsque la sécheresse, suivie d’une terrible famine, vint augmenter l’excitation des esprits. Des boxeurs surgirent de toutes parts, et des légions de faméliques se rangèrent sous leur conduite pour marcher au premier signal. Les meneurs tinrent conseil : il fut décidé que, pour conjurer l’invasion de l’étranger, il fallait, de toute nécessité, exterminer d’abord les chrétiens, vendus aux Français et soupçonnés de favoriser leurs entreprises dans le Se-tchouan.
« On s’attaquerait en premier lieu aux chrétiens de Sou-kia-ouan et de Tsy-touy-oua, dans la sous-préfecture de Kin-tang, plus nombreux et aussi plus redoutables parce qu’ils habitent des villages situés sur la montagne ; on aurait ensuite plus facilement raison des autres districts, moins bien protégés par leur position topographique.
« Le terrible mandarin Tsao avait donné par écrit l’ordre secret de massacrer les chrétiens jusqu’au dernier, même les femmes et les enfants ; c’était le seul moyen, disait-il, de forcer les missionnaires à se retirer et de leur ôter l’envie de revenir.
« Le sous-préfet de Kin-tang, nommé Yang, qui nous était dévoué, n’aurait jamais permis d’exécuter les ordres de Tsao. Que fait ce dernier ? Abusant de son titre de « fan-tay » (ministre de l’Intérieur), il accuse le pauvre Yang, qui est mis à pied par le vice-roi et remplacé par une créature du « fantay ».
« A peine arrivé à Kin-tang, le nouveau sous-préfet ordonne de relâcher les nombreux malfaiteurs que son prédécesseur avait emprisonnés. Ce fut le prélude de la bagarre. Les bandits, sortis de prison, n’eurent rien de plus pressé que de donner le mot d’ordre aux vauriens de la sous-préfecture de Kin-tang et des sous-préfectures voisines. En quelques jours, les routes furent infestées de brigands. Les maires des villages, soucieux de maintenir la tranquillité publique, arrêtèrent un certain nombre d’émeutiers et les conduisirent au mandarinat. Le sous-préfet vit la chose d’un mauvais œil ; il fit incarcérer pour la forme les coupables qu’on lui avait amenés, et les relâcha quelques jours après. Le missionnaire de Kin-tang, M. Dupuis, et le P. Léang protestèrent contre un tel procédé, et je réclamai moi-même fortement auprès du vice-roi. Pour toute réponse, le vice-roi envoya un délégué (oui-yuen) pour examiner l’affaire, mais cet homme gagné par de l’argent, et désireux de plaire à ses supérieurs dont il n’ignorait pas les intentions secrètes, promit beaucoup et... ne fit rien.
« Cependant les bandits agissaient à leur façon. En quelques jours, les districts de Sou-kia-oua et de Tsy-touy-oua se couvraient de ruines, 1.500 chrétiens étaient massacrés ; 400 à 500 avaient disparu et, jusqu’à ce jour, nous ignorons ce qu’ils sont devenus. M. Dupuis et le P. Léang échappèrent à la mort, mais le P. Houang, vicaire de M. Dupuis, fut saisi et décapité.
« Issu d’une excellente famille, le Père n’avait que trente-deux ans : sérieux et doué d’un bon jugement, il promettait de fournir une longue et fructueuse carrière. Trois mois avant sa mort, à l’époque de la retraite annuelle, s’entretenant avec un de ses amis, il s’écria tout à coup : « Il n’y a pour moi qu’un moyen sûr d’aller au ciel, c’est le martyre ; et qui sait si je ne « le subirai pas ? » Arrêté dans une caverne, il reçut le coup de la mort à genoux, entouré de quatre ou cinq chrétiens qui partagèrent bientôt son triomphe. Au ciel, il se souviendra de sa mission, de notre chère Société et spécialement des missionnaires qui l’ont formé aux vertus sacerdotales.
« A la suite des désastres de Kin-tang, les méchants s’enhardissent. De tous côtés, on voit accourir des gens sans aveu qui demandent à prendre rang parmi les boxeurs. Les femmes elle-mêmes sont entraînées dans le mouvement, et des jeunes filles, plus ou moins hypnotisées, se mettent à la tête des forcenés qui envahissent la grande plaine de Tchen-tou ; elles promettent à ceux qui les suivent que les balles ne leur feront aucun mal. En moins d’une semaine, dix districts sont ruinés ; douze églises et oratoires, pillés ou brûlés, ainsi que les presbytères, les écoles et les pharmacies. Cependant, à la capitale nous ne restons pas oisifs, car nous savons le sort qu’on nous réserve pour la fin. Chaque jour, nos secrétaires rédigent des pièces que nous adressons au vice-roi et aux mandarins. Ces messieurs nous répondent par de belles promesses qui demeurent sans effet. Le consul de France à Tchong-kin, M. Bons d’Anty, mis au courant de notre situation critique, fait l’impossible pour nous secourir. De son côté, M. Hourst, commandant de la canonnière française du Yang-tsé-kiang, se jette dans une barque chinoise avec trois de ses matelots et laisse son navire à Kia-tin, car les eaux sont trop basses pour lui permettre de l’amener à Tchen-tou. L’arrivée du commandant est bientôt suivie de celle de M. Bons d’Anty. Ces deux messieurs et les hommes de leur suite se conduisent en dignes représentants de la France ; leur présence calme les esprits et donne à réfléchir aux mandarins.
« Sur ces entrefaites, le vice-roi Kouy, plus faible que méchant, reçoit son changement, et son départ est le signal de la recrudescence du mouvement boxeur. M. Hourst lui-même est obligé de nous quitter pour reprendre son service, et, comble de malheur, une partie des murs de la ville s’écroule, un beau matin. Les Chinois, toujours superstitieux, attribuent cet accident à la présence des étrangers à Tchen-tou ; les boxeurs y voient un signe du ciel qui les invite à pénétrer dans la capitale. Un jour, vers la mi-septembre, ils s’avancent et entrent sans obstacle par la porte du Sud. La nouvelle de leur venue se propage comme l’éclair. La panique est générale, les boutiques se ferment ; mais on s’aperçoit bientôt que les boxeurs sont en très petit nombre et que leurs complices de la ville refusent de leur prêter main-forte. L’attitude des Français et des Anglais, décidés à vendre chèrement leur vie, a considérablement refroidi l’ardeur des conjurés. La bande de fanatiques qui a pénétré dans la ville rencontre tout à coup le cortège d’un grand mandarin qui, pour sauver les apparences, ordonne à sa garde de tirer sur les boxeurs. Une bataille s’engage, quelques soldats sont tués, la plupart des boxeurs restent sur le carreau, les autres disparaissent.
« Enfin le nouveau vice-roi arrive. Il se nomme Tsen. Homme énergique, il a le tort de se montrer fantasque, voire même cruel. Bientôt les boxeurs et leurs alliés se multiplient, et, comme ils n’ont plus rien à prendre chez les chrétiens, ils se mettent à piller les riches familles païennes. C’est ce qui nous sauve. Le vice-roi, frappé de l’importance de nos désastres, s’imaginait que les chrétiens les avaient provoqués et les en rendait responsables dans son for intérieur. Il n’avait aucune base pour appuyer son opinion, mais les preuves du contraire ne pouvaient le convaincre. Il n’ouvre les yeux et ne se rend un compte exact de la situation qu’à la lueur des incendies qui dévorent les maisons des païens. Alors il n’hésite plus ; il donne des ordres sévères aux soldats, et les lance contre les boxeurs. A partir de ce moment là, nous n’avons plus que des alertes et l’horizon commence à s’éclairer.
« Voici maintenant ce qui se passa dans certains districts. A Yn-kia-pa, district dépendant du sous-préfet de Tchen-tou, le dimanche du Rosaire, l’oratoire fut assiégé, vers le soir, par environ 600 bandits. M. Montel se défendit bravement à la tête d’une poignée de chrétiens. Il soutint un véritable siège depuis cinq heures du soir jusqu’à dix. Les femmes réfugiées dans l’oratoire récitaient le chapelet pendant que les hommes, abrités derrière les murs de l’enclos repoussaient les assaillants dont le tir mal dirigé ne fit de mal qu’aux tuiles des maisons. Des soldats, postés à cinq kilomètres de là, entendirent la fusillade et se portèrent au secours des assiégés. Les boxeurs eurent plus de 60 des leurs mis hors de combat ; du côté des fidèles, pas une égratignure : seuls les murs et les tuiles des maisons furent un peu endommagés. Si les boxeurs avaient eu le dessus, ils auraient égorgé environ 600 chrétiens. Un double vœu, fait par M. Montel au Sacré-Cœur et à Notre-Dame du Très-Saint-Rosaire, le préserva, lui et ses ouailles, de cet affreux malheur.
« Le grand et le petit séminaire, voisins l’un de l’autre, sont situés dans la sous-préfecture de Pen-hien, à l’entrée des montagnes. Depuis bien des années, lorsque des troubles se produisent au Se-Tchouan, les malfaiteurs accourent de vingt-cinq lieues à la ronde et s’organisent pour attaquer nos établissements. C’est la haine de la religion qui les pousse beaucoup plus que l’amour du pillage. Leur rage est excitée par le démon, qui ne peut voir d’un bon œil les deux maisons, où se forment les sujets dont le rôle sera un jour de détruire son règne.
« Vers la fin d’octobre, plusieurs lettrés de Pen-hien font venir des boxeurs, s’initient à leurs rites et sont admis dans la corporation. On fixe le jour pour la visite des séminaires de la mission. Le jour venu, une bande d’illuminés marche sur nos collèges, drapeau déployé. Une jeune fille (Kouan-yn) portée en chaise, dirige le cortège et promet merveille. La panique est générale sur tout le parcours. Des soldats, en garnison à vingt kilomètres de nos établissements, jettent leurs armes et prennent la fuite tandis que les missionnaires avertis du danger qui les menace, eux et leurs élèves, se préparent à faire aux boxeurs l’accueil qu’ils méritent.
« A cinq cents mètres du petit séminaire se trouve un grand marché, dont la garnison reçoit l’ordre de se porter à la rencontre des bandits et de les repousser. Les soldats se mettent en campagne, mais soit par peur, soit par connivence, ils tirent en l’air, ce qui redouble l’audace des agresseurs, qui se proclament invulnérables et hurlent comme des bêtes fauves. Malheureusement pour ces derniers, dans les rangs des soldats il y avait quelques chrétiens, entre autres, un jeune homme, qui, armé d’un vulgaire fusil à mèche, vise le chef des brigands et lui loge dans le ventre une charge de plomb qui l’étend raide mort. Enhardis par cet exploit du jeune chrétien, ses camarades reprennent courage et, cette fois, tirent très juste. Presque tous les boxeurs sont tués ; le reste prend la fuite et le personnel de nos établissements en est quitte pour une forte émotion. Il me serait facile de raconter vingt faits analogues, arrivés ici et là ; car, jusqu’en avril, les boxeurs ont fait parler d’eux.
« Durant huit mois nous avons été en procès pour obtenir les indemnités qui nous étaient dues. Les négociations ont été pénibles, surtout à la capitale, parce que les délégués du vice-roi, inspirés par leur maître, ne nous offraient que des compensations dérisoires.
« Enfin, Dieu aidant, le dévouement et l’énergie du ministre de France à Pékin, M. Dubail, et de notre consul, M. Bons d’Anty, ont eut raison de la mauvaise volonté des mandarins et tout s’est arrangé convenablement, eu égard au temps où nous vivons. Quant au vice-roi, il s’est montré rétif jusqu’au bout, et n’a signé les conventions que la veille de son départ pour Canton. Il s’y est résigné, non par esprit de justice, mais dans l’espoir d’être bien noté à la cour de l’Empereur et à la légation de France.
« Le départ de Tsen a été pour nous vraiment providentiel. Si cet homme était resté à Tchen-tou, nous aurions été molestés, du moins sournoisement. Je n’en veux pour preuve qu’une brochure composée pour lui et distribuée à tous les prétoires. Elle contient quinze articles fort malveillants, dont l’un en particulier dit ceci : « Quand un différend religieux s’élèvera entre catholiques et protestants, le mandarin local jugera en dernier ressort. » M. Bons d’Anty déféra le factum à Pékin, où il a été désapprouvé. Toutefois, nous avons des raisons de croire que, condamné pour la forme, il est secrètement approuvé en haut lieu.
« Le nouveau vice-roi, nommé Sié, n’est pas encore venu. Le mandarin chargé de l’intérim, vieux matois de soixante-dix-huit ans, se montre mieux disposé qu’on n’aurait osé l’espérer. Il nous a fait une visite officielle que nous lui avons rendue de suite.
« En vérité, depuis le mois de mai 1902, le Se-chouan a passé de tristes jours : boxeurs, sécheresse, famine, maladies, mauvaise administration, rien ne nous a manqué. La sécheresse a amené la famine : la famine a engendré plusieurs maladies, dont la plus dangereuse, la fièvre typhoïde, a fait d’innombrables victimes. S’il faut en croire les rapports officiels, dans la seule ville de Tchen-tou et ses faubourgs le nombre des morts s’est élevé à 80.000. Ce chiffre, même en le supposant exagéré, en dit long. Des familles entières ont disparu. Dans une vallée du ressort de la sous-préfecture de Kien-tcheou, sur 2.000 habitants il en reste 5 seulement. Au dire des païens, les localités les plus éprouvées sont celles où les boxeurs ont fait le plus de mal aux chrétiens.
« La maladie nous a visités nous-mêmes, mais elle s’est montrée relativement bénigne à notre égard. Les courses pour la visite des malades ont été bien fatigantes pour les missionnaires, et notre cher confrère M. Gremaud est mort victime de son dévouement. MM. Piel et Bottereau, sans parler de trois ou quatre prêtres indigènes, ont été sérieusement atteints. Actuellement tous paraissent hors de danger.
« Malgré ces épreuves, la visite des chrétiens s’est faite régulièrement. Sans doute le chiffre des baptêmes de païens adultes n’est pas élevé, mais c’est déjà beaucoup que nous n’ayons point péri dans la tempête et que nous ayons pu regagner nos positions. Missionnaires et prêtres chinois se sont montrés à la hauteur de la situation. Si la récolte laisse à désirer, il faut s’en prendre aux événements qui ont paralysé en grande partie le zèle des ouvriers apostoliques.
« La persécution a épouvanté bon nombre de catéchumènes, qui se sont cachés et ont remis à des temps meilleurs la préparation au baptême.
« D’un autre côté, le principe d’autorité est respecté en Chine ; les mandarins, pères et mères du peuple, donnent le ton, et le peuple les suit. Or, ces magistrats, hostiles au christianisme, font tout ce qui dépend d’eux pour empêcher leurs subordonnés de se convertir, car, une fois chrétiens, ils ne pourraient plus les exploiter à leur guise. Un Chinois baptisé a bientôt conscience de sa dignité, et, tôt ou tard, il sait la faire respecter de ses supérieurs.
« Malgré ces obstacles et d’autres qu’il serait trop long d’énumérer, nous arrivons à glaner quelques nouveaux épis, et à maintenir dans la voie droite les anciens chrétiens.
« Nous profitons en ce moment des bonnes dispositions du vice-roi intérimaire pour relever nos ruines. L’indemnité nous est payée régulièrement.
« M. Caluraud s’occupe, depuis trois ans, de la reconstruction de notre petit séminaire. L’édifice fera honneur au talent de notre cher confrère. Des tours avec créneaux protégeront l’établissement contre les boxeurs dont la race, hélas ! n’est pas encore près de s’éteindre.
« A Tchen-tou, notre cathédrale vient de s’achever in angustia temporum. M. Rouchouse, qui a dirigé les travaux, a doté la mission d’un monument digne de la capitale du Se-tchouan.
« Trois Frères de Marie ouvriront une école de français à Tchen-tou, dès que le local sera prêt. Beaucoup d’élèves se présentent, mais nous ne pourrons recevoir que les fils des mandarins et des principales familles de la ville.
« L’hôpital français vient d’être inauguré. Déjà les malades y affluent, grâce au dévouement si intelligent de M. le docteur Legendre et des religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie, chargées de la direction de la maison.
« Actuellement, un vent favorable souffle pour nous et pour la France. Par contrat régulier passé entre le médecin de l’hôpital et le vice-roi, M. Legendre est officiellement nommé chirurgien de l’armée chinoise et professeur de médecine. Les élèves choisis par le gouvernement suivent ses cours dans une dépendance de notre hôpital.
« Cet heureux état de choses durera-t-il longtemps ? Il est permis d’en douter, et les nombreux points noirs qui se dessinent un peu partout sur l’horizon de la Chine, nous invitent à nous tenir sur nos gardes. Quand le tonnerre grondera, nous aviserons. En attendant, nous travaillons comme si la paix devait durer toujours. »
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