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Rapport annuel des évêques

Année: 1903
Pays: Chine
Mission: Thibet
Rédacteur:Mgr Giraudeau

IV. — Thibet


Population catholique 2.004
Baptêmes d’adultes 128
Baptêmes d’enfants de païens 282
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Au cours du dernier exercice Mgr Giraudeau a visité la mission du Thibet dans toutes ses parties (à l’exception du Thibet sud) ; c’est pourquoi Sa Grandeur croit devoir nous donner un aperçu général sur la situation actuelle de son vicariat. Ce long voyage à travers les principautés thibétaines a procuré de grandes consolations à Mgr de Tiniade et lui a fait concevoir de belles espérances pour l’avenir.
« Afin d’effectuer le voyage dans des conditions convenables, écrit Sa Grandeur, j’ai équipé quatre cavaliers, jeunes gens chrétiens de Ta-tsien-lou ou des environs. Cette petite escorte personnelle doublée par les gardes que les mandarins mettaient à mon service, et renforcée encore par les missionnaires et les chrétiens qui m’ont accompagné régulièrement d’une station à l’autre, était suffisante pour inspirer aux Thibétains le respect qu’ils accordent toujours à celui qu’ils croient puissant.
« C’est toujours un crève-cœur pour moi, en quittant Ta-tsien-lou pour gagner les pays thibétains, d’avoir à parcourir seize ou dix-sept étapes sans rencontrer une seule chrétienté. La raison de cet éloignement des deux groupes du Thibet nord n’est peut-être pas assez connue. Au début, les pays thibétains et loutsé des rives de la Salouen, Bonga et ses alentours, donnèrent aux missionnaires l’illusion de conversions en masse. Ce que voyant, Mgr Thomine-Desmazures abandonna au Su-tchuen méridional la préfecture de Ta-tsien-lou et toutes les principautés non comprises dans le royaume de Lhassa. Les déboires ne se firent pas longtemps attendre. Chassés du royaume de Lhassa, les missionnaires s’éloignèrent le moins possible du théâtre de leurs premiers travaux. Les uns s’établirent sur la rive gauche du Mékong, dans la principauté de Bathang ; les autres, sur la rive droite du même fleuve, dans les pays thibétains de la province du Yun-nan.
« Mgr Chauveau, qui succéda à Mgr Thomine-Desmazures, était trop âgé pour se fixer en territoire thibétain ; il devait d’ailleurs se tenir en dehors de la région troublée, afin de pouvoir subvenir aux besoins de ses missionnaires, selon les circonstances, et garder ses communications ouvertes avec la Chine et 1’Europe. Il demanda donc à Rome et obtint que Ta-tsien-lou fût rétrocédé à la mission du Thibet. Bien qu’il ne perdit pas de vue Bonga qu’il espérait toujours récupérer, le vieil évêque, aidé d’un jeune missionnaire, commença à évangéliser la préfecture de Ta-tsien-lou. Il y eut bientôt une petite chrétienté à Ta-tsien-lou même et une autre à Chapa, avec un orphelinat de filles dans les deux postes. Tel fut le début de l’évangélisation parmi la population chinoise du vicariat du Thibet.
« Pourquoi le Vicaire apostolique ne se rapprocha-t-il pas de ses missionnaires en pénétrant dans le territoire du roi thibétain de Ta-tsien-lou et en fondant un poste à Lythang, principauté intermédiaire entre Ta-tsien-lou et Bathang ? Il tenta bien cet essai, mais le succès de l’entreprise était impossible, alors comme aujourd’hui, au moins en ce qui concerne Lythang. Là les lamas sont si puissants, qu’un étranger, même de passage, ne peut séjourner un ou deux jours dans la ville sans être menacé par eux. Voilà comment, par suite de circonstances indépendantes de la volonté des hommes, la mission du Thibet-Est est divisée en deux tronçons fort éloignés l’un de l’autre, et ces deux tronçons représentent des peuples de langues et de mœurs tout à fait différentes.

« Lorsque nous arrivâmes aux premiers villages du territoire de Bathang, par ordre des Tou-se (roitelets thibétains), le peuple mit à notre disposition trente animaux de selle et de charge. Nous en acceptâmes une partie, juste ce qui nous était nécessaire, et nous payâmes, comme si la corvée n’avait pas été commandée. Le peuple qui n’était point accoutumé à recevoir un salaire pour ses corvées, parut enchanté et nous accabla de politesses et de petits présents. A Bathang, roitelets thibétains et mandarins chinois se montrèrent très empressés. Ces derniers allèrent même trop loin dans leur obséquiosité, car il est permis de croire que leurs sentiments intimes ne répondaient point à leurs démonstrations extérieures. En tout cas, leur conduite eut l’avantage de disposer favorablement le public à notre égard.
« Deux jours après mon arrivée à Yerkalo, tous les maires de la sous-préfecture vinrent ensemble me saluer, me raconter leurs misères et me prier d’aider le peuple contre les concussions et les rapines dont il était victime de la part des lamas et des chefs subalternes. Je promis de me faire l’écho de leurs plaintes auprès du premier chef indigène, qui a toujours été en bons termes avec nous et qui désirerait voir son peuple heureux.
« Sur le point d’arriver à Atentse, nous rencontrons M. Dubernard qui, malgré sa santé affaiblie, avait chevauché deux jours à la tête d’une escorte de chrétiens. On avait répandu le bruit que les lamas d’Atentse arrêteraient l’évêque à son passage, et notre excellent confrère avait cru bon d’en avertir les autorités chinoises. C’est sans doute pour cette raison que la garnison, drapeaux déployés, vint nous recevoir à l’entrée de la ville et nous fit la même politesse au départ. Si les lamas avaient prévu cela, ils eussent été un peu plus discrets.
« Après quelques jours de repos à Tsekou, nous prîmes la route du Lou-tse-kiang. Je me sentis profondément ému lorsque, de la montagne qui domine le Lou-tse-kiang, on m’indiqua au loin la situation des villages de Bonga, de Songta et de Lampou, dont les habitants (Lou-tse) continuent, m’a-t-on affirmé, à prier Dieu et la sainte Vierge pour obtenir le retour de leurs missionnaires, qui leur ont été enlevés par la violence, il y a trenre sept ans. Le sentier qui conduit au Lou-tse-kiang est extrêmement fatigant ; mais je fus grandement dédommagé de mes fatigues pendant mon séjour au milieu de nos nouveaux chrétiens dont la ferveur et le bon esprit m’étonnèrent, malgré ce qu’on m’en avait déjà raconté. Il est vraiment difficile de trouver une population aussi bonne, aussi honnête et qui soit si bien préparée à embrasser le christianisme. Si la foi n’était pas un don de Dieu, on pourrait dire que les Lou-tse ont mérité d’être chrétiens.
« Après les fêtes de l’Assomption, que je célébrai à Tse-kou, nous nous dirigeâmes vers Siao-ouy-sy et Ouy-sy. Dans cette dernière ville, la mission n’avait pas encore de pied-à-terre ; j’achetai, près de la porte du nord, un emplacement convenable pour y établir une résidence. Cette acquisition fut favorisée par l’accueil empressé que m’avaient fait les mandarins. On espère que la ville de Ouy-sy, dont la population est très paisible, aura bientôt son petit noyau de chrétiens.

« Nous y rencontrâmes des chefs indigènes et des gens du peuple, délégués de groupes importants. Les uns et les autres étaient venus pour demander justice au mandarin chinois contre les lamas qui, sans aucun droit, s’emparent des terrains des villages et usurpent la juridiction civile des chefs nommés par le gouvernement de Pékin. Malheureusement, les mandarins même intègres sont entourés d’interprètes qui, payés par les lamas, présentent toutes les affaires sous un faux jour et font traîner les procès en longueur, afin de ne point tarir la source de leurs revenus malhonnêtes.
« Parmi les plaignants se trouvaient les délégués d’un gros village, dont un vaste terrain avait été saisi par la lamaserie de Hong-pou, pour la raison soi-disant péremptoire, que ledit village avait jadis cédé aux missionnaires de Tsekou un emplacement pour fixer, sur la rive gauche du Mékong l’extrémité du pont de corde par lequel on passe d’une rive à l’autre. Cette affaire nous touchait de près ; je devais m’en expliquer avec le mandarin ; il me fit les plus belles promesses, mais aujourd’hui tout est encore dans le statu quo. Il en est de même d’un champ, acheté par les missionnaires, et dont les lamas d’Atentse s’emparèrent à la faveur des troubles de 1900. Nous espérons néanmoins que le gouverneur du Yun-nan finira par nous rendre justice.
« J’ai pu constater au cours de mon voyage que là où sont les missionnaires le peuple est dégoûté des lamas, qu’il estime le prêtre catholique et lui donne facilement sa confiance. Aussi je crois très juste cette parole des missionnaires de Tsekou : « Que la Chine rende « justice au peuple et à nous, dans les procès avec les lamaseries, et il se produira un grand « mouvement de conversions. »
« Parti de Ta-tsien-lou le 9 juin, j’y étais de retour le 24 octobre. J’avais parcouru près de quatre-vingts étapes. Les neiges rendirent le retour difficile. Je remercie Dieu de m’avoir accordé la santé nécessaire pour effectuer ce voyage, de m’avoir préservé de tout accident et d’avoir ramené à bon port mes cavaliers chinois, peu préparés pour une si longue expédition.

« Je crois devoir noter ici un fait qui n’est pas sans intérêt pour la mission du Thibet. Depuis deux ans, les grandes lamaseries jaunes des principautés voisines de Lhassa avaient une tendance marquée à s’emparer du pouvoir civil et à revendiquer une complète indépendance. La puissante lamaserie de Lythang prit la tête du mouvement. En février 1903, le préfet de Ta-tsien-lou se rendit à Lythang, et, comme cela se pratique habituellement au Thibet il conclut avec les lamas un de ces arrangements qui ne mènent à rien, et qui n’aboutissent qu’à jeter de la poudre aux yeux du public. Ce replâtrage ne pouvait tenir longtemps. Au mois de juin, la lamaserie était en révolte. Le préfet avertit le vice-roi de Tchen-tou, qui met des troupes à sa disposition. Il court aussitôt à Lythang avec quelques centaines de soldats, la plupart thibétains. Il espère encore vaincre les rebelles par la diplomatie ; mais, à peine arrivé, il est cerné par les lamas, et ses soldats, surpris, n’ont que le temps de se jeter sur leurs fusils et de tirer. Devant les armes à tir rapide des Chinois, les lamas battent en retraite et s’enferment dans leur monastère, où tout est préparé pour soutenir un siège. Après une lutte de deux jours, les Chinois se rendent maîtres de la lamaserie ; le kembo (supérieur) est saisi et décapité, avec trois de ses assistants. Le mandarin trouva largement, dans cette riche lamaserie, de quoi payer les frais de sa campagne, et, à son retour, la population de Ta-tsien-lou lui fit une réception triomphale. Sur ces entrefaites, la lamaserie de Bathang, escomptant la victoire de sa voisine, avait déjà exercé des vexations envers les Chinois : mais dès que la défaite des lamas de Lythang fut connue, elle rentra prudemment dans l’ordre et reprit ses pratiques religieuses. Il faut reconnaître que la victoire du préfet de Ta-tsien-lou a délivré nos stations thibétaines d’un péril imminent.

« A. nos soucis ordinaires est venu s’ajouter un nouvel ennui, dans les premiers mois de cette année ; les ministres de l’hérésie, disparus depuis 1900, se sont de nouveau établis à Ta-tsien-lou, où ils déploient un zèle digne d’une meilleure cause. Bien que les prédicants des deux postes protestants voisins de notre mission aient été saisis par ordre du mandarin et jetés en prison, pour avoir, au moyen de fallacieuses promesses, extorqué au peuple des sommes considérables, l’hérésie trouve ici de nombreux adeptes. Il est vrai qu’ils ne se montrent pas difficiles dans le choix de leurs prosélytes : on affirme que les convertis continuent à honorer leurs poussahs comme s’ils n’étaient pas devenus chrétiens. Pour lutter contre l’erreur qui s’est établie au centre de la ville, nos anciens établissements situés en dehors des portes du sud et du nord, ne nous suffisent plus, et nous cherchons à nous installer nous aussi intra muros. Nous avons déjà trouvé un terrain que nous paierons fort cher, mais qui nous est absolument nécessaire.

« Il ne nous reste plus qu’à dire un mot de nos travaux de l’année. Bien que les résultats soient loin de répondre à nos désirs, je suis heureux de signaler un progrès très sensible au double point de vue de la réception des sacrements et de la conversion des païens.
« La région chinoise (préfecture de Ta-tsien-lou) promet une bonne moisson dans un avenir très rapproché. A Ta-tsien-lou même, la classe des marchands est sérieusement entamée. A Lentsy, les néophytes formeront bientôt une véritable paroisse. Malgré ce mouvement très consolant au sein de la population chinoise, les baptêmes ont été assez rares au cours de l’exercice. C’est, du reste, depuis que j’ai reçu le compte rendu des districts, que le mouvement s’est surtout développé.
« Les baptêmes d’adultes proviennent, cette année, presque exclusivement des chrétientés thibétaines. Le Lou-tse-kiang vient en tête avec 44 baptêmes. M. Villesèche, chargé de la chrétienté de Pe-ha-lo, parle en ces termes des bonnes dispositions de ses néophytes : « Ce « n’est pas chose aisée d’instruire nos pauvres Lou-tse qui ignorent presque le thibétain. « Heureusement, leur bonne volonté est grande : ils sont avides de s’instruire, ont peur d’être « retardés pour le baptême, et personne ne se résigne à savoir moins de doctrine que son « voisin. A moi seul, j’aurais eu de la peine à les préparer au baptême pour Pâques, aussi ai-je « appelé une famille chrétienne à mon secours. Chaque soir, mes Lou-tse se réunissaient en « deux endroits différents, et deux catéchistes leur apprenaient les prières et répétaient mes « instructions du jour. Je n’avais que deux catéchistes attitrés, mais je puis dire qu’il y en avait « autant que de chrétiens, grands et petits. On est émerveillé de voir l’entrain que mettent les « nouveaux catéchumènes à apprendre, et le zèle dont les anciens font preuve pour enseigner « aux autres ce qu’ils savent. En somme, à Pe-ha-lo, c’est la formation de tous par tous, sous « la direction du missionnaire. Qu’aucun mauvais bruit ne vienne interrompre le mouvement « des conversions, et bientôt, je l’espère, tous les villages voisins seront à nous. »
« M. Genestier, après avoir parcouru le bas Lou-tse-kiang, pour s’assurer le concours de toute la population contre l’invasion des Tsaronais, qu’on disait imminente, s’est fixé sur les bords mêmes de la Salouen, à Kiora. Il a baptisé deux adultes. Si Dieu nous accorde la paix, Kiora deviendra un centre important. L’intention de notre zélé confrère serait d’organiser ainsi plusieurs postes avec chapelle et pied-à-terre pour le missionnaire. Malheureusement, si l’on veut faire des constructions durables, il faut avoir recours aux ouvriers chinois qui ne consentent à travailler, dans ce pays, qu’à la condition de toucher des salaires très élevés. Le bas Lou-tse-kiang est très bien disposé. Non seulement les païens ont promis de s’unir aux chrétiens pour résister aux envahisseurs tsaronais, s’il en est besoin, mais ils voulaient encore retenir au milieu d’eux le missionnaire, pendant quelques jours. Les mauvaises rumeurs ne lui permirent pas de se conformer à ce désir ; il fallait avant tout préparer la défense. Pour évangéliser efficacement cette partie du Lou-tse-kiang, il faudrait un missionnaire parlant la langue « lyssou ». Or, lorsqu’on est déjà âgé et qu’on a dû apprendre le chinois et le thibétain, on n’est guère apte à exercer sa langue sur un autre idiome. Un jeune missionnaire pourrait facilement apprendre cette langue, dont la connaissance lui permettait non seulement d’évangéliser le bas Lou-tse-kiang, mais aussi quantité de villages des pays voisins.
« Tsekou a donné 17 baptêmes d’adultes ; Yerkalo, 14. L’une et l’autre de ces chrétientés compte des adorateurs dans les villages des alentours, ce qui est de bon augure pour l’avenir.
« Le rapport du missionnaire de Siao-ouy-sy et Ouy-sy ne m’étant point encore parvenu, je ne puis parler de ce district, où la moisson s’annonçait belle à l’époque de ma visite.

Thibet-sud.  « Cette partie de la mission progresse régulièrement, sous la protection du « drapeau anglais. Le nombre des baptêmes d’adultes a été de 33. « Cette année, écrit M. « Moriniaux, nous avons eu la joie de voir venir à nous plusieurs nouvelles familles de « catéchumènes. Quelques-unes d’entre elles se sont établies au milieu de nos anciens « convertis. Le difficile est de faire de ces catéchumènes des chrétiens convaincus, et de les « préparer sérieusement au baptême. Notre hospice a, comme de coutume, donné asile à « quelques malades abandonnés par les païens et réduits à la dernière misère. Deux pauvres « femmes, entre autres, y sont mortes presque immédiatement après leur entrée : elles ont eu à « peine le temps de recevoir le baptême. L’une d’elles avait fait promettre à son mari et à ses « enfants, réunis autour d’elle à ses derniers moments, qu’ils suivraient son exemple, et se « feraient chrétiens. La promesse a été tenue ; tous sont maintenant convertis. »
« A Maria-Basti, écrit M. Hervagault, le résultat de nos travaux eût été plus considérable, « s’il nous avait été possible de pourvoir à l’instruction de nos catéchumènes lepchas. Mais du « moins, à part cinq ou six, tous ont persévéré, et, si la bonne Providence nous envoie un « catéchiste zélé, tous nos catéchumènes auront bientôt pris rang parmi les baptisés.
« La famine, avec son caractère de misère, sévit depuis quelques mois et s’annonce plus « rigoureuse pour l’année prochaine. Tout en nous plongeant dans la désolation, elle a été « l’occasion pour nous de constater chez nos chrétiens une sincère charité envers le prochain.» Presque tous les chrétiens, à Maria-Basti, font la communion le premier vendredi du mois, et M. Hervagault espère que cette pieuse pratique en l’honneur du Sacré-Cœur attirera sur son district les grâces les plus abondantes.
« Nos élèves latinistes sont au nombre de 10. L’un d’eux, un brahme du Sikkim, étudie au collège de Pinang. Les neuf autres sont au séminaire de Ta-tsien-lou ; deux d’entre eux ont commencé l’étude de la philosophie. Tous nous donnent satisfaction par leur bon esprit, leur amour de l’étude et leur piété. »




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