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Rapport annuel des évêques

Année: 1904
Pays: Chine
Mission: Thibet
Rédacteur:Mgr Giraudeau

IV. ─ Thibet


Population catholique 2.050
Baptêmes d’adultes 75
Baptêmes d’enfants de païens 202
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« Jusqu’ici, écrit Mgr Giraudeau, il suffisait qu’un voyageur essayât de pénétrer au Thibet, ou que l’Angleterre fît un pas en avant du côté de la frontière ouest, pour exciter des menaces et des violences à l’égard des missionnaires et des chrétiens, échelonnés sur les rives du Mékong et de la Salouen. Or, depuis un an et plus, les Anglais ont frappé à la frontière du Dalai-lama, d’abord timidement, puis, hardiment, sans que les Thibétains, contre leur habitude, nous aient cherché querelle. La raison de ce calme inusité, c’est que l’appui de la Chine fait maintenant défaut aux lamas.
« Le gouvernement chinois, ne pouvant plus s’opposer à l’ouverture du Thibet, laisse l’Angleterre agir librement. Il paraît, d’ailleurs, disposé lui-même à occuper effectivement les principautés thibétaines, qu’il abandonnait, depuis si longtemps, à la tyrannie des chefs indigènes et des lamas. Déjà, les mandarins militaires président au défrichement des terrains susceptibles de culture et en font des rizières. Toute une petite armée, sous la conduite d’un général, va s’établir à Tchamouto, comme pour marquer là la frontière de l’empire chinois. D’un autre côté, une expédition anglaise est sur le point d’entrer à Lhassa, si elle n’y est pas déjà. Tout cela semble indiquer le début d’une phase nouvelle dans la vie politique du peuple thibétain. Quel parti pourrons-nous tirer, au point de vue religieux, de cette évolution forcée ? L’avenir le dira.
« Bien que le nombre des baptêmes d’adultes soit inférieur à celui du dernier exercice, nous avons cependant réalisé quelques petits progrès, comme en témoignent les divers rapports des confrères.

Ta-tsien-lou. ─ « M. Dejean, provicaire, fait l’historique de sa paroisse depuis un an : « L’an dernier, écrit-il, je manifestais la crainte que le préfet, qui se dit notre ami mais ne « nous aime pas, ne parvînt à arrêter le mouvement de conversions qui se dessinait. Il n’en a « rien été, grâce à Dieu, et aujourd’hui, plusieurs officiers de son prétoire se sont déclarés « chrétiens, ainsi que bon nombre de gros marchands et de patrons d’ouvriers. Il ne faut « cependant pas se faire illusion ; il y aura du déchet. Parmi ces nouveaux convertis, « quelques-uns ont leur famille en Chine, où est leur véritable domicile ; d’autres ont leur « famille ici, mais les femmes s’entêtent et ne veulent pas se faire chrétiennes.
« L’an dernier, nous avions déjà les protestants du rite anglais, « fou-in-tang » ; nous « avons maintenant les protestants du rite américain, « ky-tou-tang ». Ces derniers sont « beaucoup moins lancés que les premiers, et font de bonnes affaires. Ils s’occupent surtout « de médecine. Quant à leurs prosélytes, neque numerantur neque ponderantur. Pour couper « l’herbe sous les pieds à ces loups déguisés en bergers, nous avons dû ouvrir notre porte à « deux battants et nous montrer faciles dans l’admission des adorateurs. Afin d’attirer les « païens à nous, deux vastes immeubles ont été achetés en ville, où nous avons maintenant « une salle de réunion pour les chrétiens, une salle de prédication et une pharmacie.
« Il va sans dire qu’il y a eu quelques rixes entre néo-catholiques et néo-protestants. Je « crois ne pas manquer à la vérité en disant que, presque toujours, les protestants étaient « agresseurs et avaient tort. Mais que de difficultés pour les amener à en convenir, et surtout « pour obtenir d’eux une réparation ! Cette arrogance des protestants a failli leur coûter cher. « Un de leurs adeptes, s’étant oublié jusqu’à porter la main sur le général dans son propre « yamen », fut livré au préfet. Les ministres eurent l’audace de réclamer le coupable pour le « juger eux-mêmes : mais les soldats menacèrent de saccager la demeure des Révérends et de « deux de leurs principaux adeptes. Alors le coupable fut jeté en prison, et il y est encore. « L’opinion publique jugea sévèrement la conduite insolente des protestants et, à partir de ce « jour, leur propagande est demeurée stérile, à Ta-tsien-lou.
« Le 25 octobre, fête du Patronage de la sainte Vierge, Mgr Giraudeau, assisté de MM. « Léard et Grandjean, bénit solennellement la chapelle de Pe-men (porte du nord), ( placée « sous le vocable de la sainte Famille. Les chrétiens s’étaient cotisés pour offrir une plaque « (pien) magnifique, des lampes et des lanternes chinoises, destinées à orner l’intérieur de la « chapelle. Quelques païens amis avaient aussi fait leurs présents. Le préfet vint en grand « équipage prendre part à notre joie. Dès son arrivée, avant les politesses d’usage, il tint à « aller faire ses dévotions à la chapelle. Monseigneur, deux confrères et moi l’accompa-« gnâmes ; 400 chrétiens formaient la haie des deux côtés. Le préfet s’avança jusqu’auprès du « sanctuaire, grave, respectueux, sans s’arrêter à regarder l’ornementation, et fit devant le « tabernacle les neuf grandes prostrations que l’on ne fait qu’à l’empereur. Le silence était « solennel, l’attention gérérale, et cette cérémonie, non prévue par les rubriques, ne manqua « pas d’un certain cachet vraiment religieux.
« Comme les protestants n’ont guère de fête en dehors du Christmas (Noël), qui est pour « eux la fête des fêtes, nos nouveaux convertis ont tenu à ce que la Noël catholique surpassât « en éclat la Noël hérétique. Un grand vélum rouge fut tendu au-dessus de la cour de « l’évêché ; sous le vélum, un arc de triomphe fut dressé. Depuis la grande porte de l’évêché « jusqu’à l’entrée de la chapelle, on ne voyait que décors de toute sorte. Il y eut messe à « minuit, mais pour les hommes seulement. Les mandarins et bon nombre de païens voulurent « contribuer aux frais de la fête. Deux soldats, envoyés par le préfet, se tenaient à la porte de « l’évêché pour faire circuler la foule des visiteurs. Tout se passa très bien, et la voix « publique proclama hautement que la fête protestante avait été ridicule, en comparaison de la « nôtre.
« Deux convois funèbres ont traversé, cette année, les rues de Ta-tsien-lou. Les chrétiens « ont accomnpagné, jusqu’à la porte de l’Est, les restes de deux néophytes qui devaient être « transportés dans leur pays. En tête du cortège s’avançait la croix entre deux acolytes ; l’eau « bénite, l’encens, rien ne manquaît. Près de 200 hommes suivaient, un cierge à la main, en « bon ordre et récitant les prières des morts. Ces cérémonies touchantes ont beaucoup « impressionné la population païenne. »
« Ta-tsien-lou a fourni 12 baptêmes d’adultes, 31 d’enfants d’infidèles et 300 adorateurs.

Cha-pa. ─ « Par suite du départ de M. Emile Monbeig , qui a été placé à Ouy-sy, Cha-pa restera nécessairement sans titulaire pendant, quelques mois. En attendant l’arrivée de M. Tintet, M. Grandjean est chargé de pourvoir aux besoins spirituels de ce district. A Len-tsy et à Cha-pa, M. Grandjean compte 12 baptêmnes d’adultes, 75 d’enfants d’infidèles et une centaine d’adorateurs.
« Au mois de juillet, les postes de Cha-pa et de Kiao-chang furent menacés d’une catastrophe. Un jour, on vit le Tong-ho, démesurément gonflé, charrier, dans ses flots tumultueux, des bois de charpente, des meubles, des arbres déracinés, etc. Le plateau, situé en face de Cha-pa, détrempé par des pluies extraordinaires, s’éboula en partie, ensevelissant plusieurs personnes et refoulant les eaux du fleuve sur la plaine de Cha-pa. Une famille chrétienne eut sa maison et ses champs emportés par le torrent. L’inondation a causé de grands ravages sur les deux rives du fleuve.

Mo-sy-mien. ─ « M. Assézat, qui administre cette chrétienté depuis Pâques, compte 2 baptêmes d’adultes, 12 d’enfants d’infidèles et 40 nouveaux adorateurs. Tout récemment, à la suite de plusieurs conversions, des protestants anglais et américains se donnèrent rendez-vous à Mo-sy-mien pour une grande manifestation anticatholique. Le préfet de Ta-tsien-lou, prévenu à temps, envoya des satellites qui avaient mission de saisir les meneurs. Ceux qui dirigent le mouvement protestant sont des gens sortis des prisons de Ta-tsien-lou, ou sur le point d’être arrêtés à cause de leurs injustices criantes. Si le mandarin les traite comme ils le méritent, la coterie hérétique ne nous fera plus de misères à Mo-sy-mien.

Yaregong. ─ « M. Soulié est content de son petit troupeau. Notre confrère vient de construire une chapelle et une nouvelle résidence.
« La lamaserie de Tchroua-gung (secte rouge) lui a rendu, dans cette construction, des services payés, il est vrai, mais cependant fort appréciables. Voici ce qu’en dit M. Soulié :
« Mes bons rapports avec la lamaserie continuent. Votre Grandeur sait déjà que c’est la « lamaserie qui m’a fourni la presque totalité des bois de construction. L’intendant s’est « donné beaucoup de peine et de souci à ce sujet. Il me disait, l’autre jour, que les tracas « causés pour réunir les matériaux, l’avaient fait grisonner et que, de sa vie, il n’avait eu tant « d’ennuis. Le jour où l’on dressait la charpente de la nouvelle résidence, la lamaserie a « envoyé spontanément une dizaine de lamas, forts comme des bœufs, qui nous ont donné « très aimablement un bon coup de main, dans cette fatigante et dangereuse opération. Parmi « mes charpentiers, se trouvait aussi un lama, qui a travaillé pendant près de trois mois. C’est « un habile ouvrier ; il a sculpté, au-dessus de la porte d’entrée, un Sacré-Cœur tout à fait « semblable à l’image que je lui avais donnée pour modèle. Sur la façade principale, il a « gravé trois inscriptions thibétaines dont voici la traduction : 1o Le grand Maître du ciel et de « la terre, des esprits et des hommes, c’est Dieu. 2o Il n’y a qu’une seule religion vraie et « juste. 3o Miséricordieuse Mère Marie, conçue sans péché, je me réfugie sous votre « protection.
« Les païens de Yaregong, pour me remercier d’avoir vacciné les enfants et distribué des « remèdes aux malades, ont voulu couvrir gratis ma maison. « Eh ! bien, leur ai-je dit, « maintenant que nous avons une chapelle assez grande j’espère que chacune de vos familles « enverra bientôt un représentant assister à la messe le dimanche.─ La-so ! La-so ! Thou-« demba. Oui, oui, peu à peu nous viendrons nous faire chrétiens », fut-il répondu en chœur. « Mais il est beaucoup plus facile de dire qu’on se fera chrétien que de le devenir en réalité. »

Yerkalo. ─ « M. Vignal est arrivé à baptiser 11 adultes, en se donnant beaucoup de mouvement. « J’avais des néophytes à Gunra, écrit-il, village situé à trois quarts d’heure de « Yerkalo. Ces gens sont occupés, du matin au soir, à leurs salines qu’ils ne peuvent quitter ; « comment faire pour les instruire, ayant à Yerkalo mon école de garçons que je dirige moi-« même ? Il fallait pourtant trouver un moyen. Je pris le parti de faire réciter la leçon à mes « élèves à la tombée de la nuit, et immédiatement après, je me rendais à Gunra. Les « néophytes, revenus des salines, se réunissaient, récitaient en commun la prière du soir ; « puis, commençait le catéchisme, qui durait jusqu’à 9 ½ et 10 heures. Je couchais là, et « revenais le lendemain à Yerkalo célébrer la sainte messe. A Gunra, 4 adultes seulement ont « reçu le baptême ; 4 ou 5 autres n’ont pas été jugés assez instruits.
« J’ai récolté peu de baptêmes, mais j’ai jeté la semence qui, tôt ou tard, portera ses fruits. « Les païens venaient me voir et disaient entre eux devant moi : « La religion du Père doit « être la vraie religion ; autrement, il ne se donnerait pas tant de peine pour la prêcher. Ce ne « sont pas les lamas qui font ainsi ! Si on ne leur donne pas de bons repas, et s’ils ne sont pas « bien payés, ils ne se dérangent jamais pour prier ; ils font beaucoup d’injustices et pas une « bonne œuvre ; en somme, ils ne cherchent qu’à nous manger. Réunissons toutes les familles « du village, tenons conseil et déclarons-nous chrétiens. » Ils se sont réunis, en effet ; mais, à « cause de deux ou trois individus influents qui n’ont dit ni oui ni non, la conversion a été « remise à plus tard.
« Quelques autres villages ont demandé à se mettre sous la protection des missionnaires, « mais à la condition qu’ils ne se feraient chrétiens que plus tard. Comme de juste, cette « condition n’a pas été acceptée. »
« M. Bourdonnec est satisfait de son école de catéchistes. Deux des jeunes gens, sortis de cette école, sont placés et s’acquittent avec zèle de leurs fonctions ; deux autres ont été envoyés au séminaire de Ta-tsien-lou, où ils réussissent fort bien. Sous peu, M. Bourdonnec doit nous amener un ou deux autres sujets de sa formation.

Tse-kou. ─ « M. Théodore Monbeig, chargé par M. Dubernard de rendre compte du dernier exercice, nous fournit les détails suivants : « M. Dubernard a travaillé, pendant tout « l’hiver, à Petong, et moi, je me suis occupé de Tse-kou. Il a fallu à M. Dubernard un grand « courage pour s’établir ainsi dans un village païen, où notre situation était loin d’être « brillante. Les néophytes étaient bien restés fidèles, mais la plupart des adorateurs n’osaient « plus s’avouer chrétiens, de peur d’encourir le ressentiment des païens. M. Dubernard se « proposait de relever les ruines morales, tout en construisant un modeste oratoire. Grâce à « Dieu, il a parfaitement réussi. Ceux qui avaient déjà adoré sont revenus à nous, et d’autres « paraissent décidés à se convertir. Le missionnaire leur expliquait la doctrine, matin et soir, « affermissant ainsi dans la foi ceux qui sont déjà baptisés, et disposant les autres à recevoir « prochainement le sacrement qui doit les faire enfants de Dieu et de l’Église.
« Dans tous ses travaux, M. Dubernard a été particulièrement secondé par notre vieille « catéchiste Agnès, supérieure des jeunes filles thibétaines qui se destinent à l’état religieux. « Cette excellente femme se sert de tous les moyens pour gagner la confiance des païens ; elle « donne des remèdes aux malades, soigne les petits enfants, pleure avec ceux qui pleurent, se « réjouit avec ceux qui sont dans la joie ; et surtout prie sans cesse pour la conversion des « infidèles. Pendant qu’elle se dépense ainsi à l’extérieur, ses novices indigènes implorent la « miséricorde de Dieu sur ses travaux.
« Comme je l’ai déjà dit, M. Dubernard, tout en relevant le moral des néophytes, pressait « la construction de l’oratoire. Aujourd’hui, l’oratoire s’élève gracieux et coquet ; il éclipse « sans peine la pagode païenne et toutes les autres constructions du village. Puisse-t-il se « remplir bientôt de fervents adorateurs du vrai Dieu !
« Les écoles de Tse-kou ont très bien marché ; nos institutrices se sont acquittées de leur « devoir d’une façon irréprochable. Nos novices thibétaines ont été mises à l’essai pour « l’éducation des filles ; tout porte à croire qu’elles réussiront, dans cette œuvre, aussi bien « que leurs sœurs de Chine.
« Si nous n’avons pas eu la consolation d’enregistrer de nombreux baptêmes, nous « sommes heureux du moins de constater une réelle augmentation de foi parmi nos ouailles : « témoin le chiffre de 1.361 confessions de dévotion et 1.174 communions répétées, pour 400 « chrétiens. Pas un de nos néophytes n’a manqué au devoir pascal. A la suite de la terrible « famine de l’an dernier, ces pauvres gens se sont endettés pour plusieurs années. La nouvelle « récolte s’annonce assez belle, mais ce n’est pas avec une bonne récolte qu’ils peuvent « combler leur déficit. »

Ouy-sy. ─ « A Ouy-sy, M. Tintet escompte des succès prochains. Une vaste maison, où il y a peu de réparations à faire, a été achetée pour servir de résidence au missionnaire ; ce qui nous dispensera de construire sur le terrain acheté, il y a deux ans.

Lou-tse-kiang. ─ « Le nombre des baptêmes du dernier exercice est loin d’égaler celui « de l’an passé, écrit M. Villesèche. La cause principale en est qu’il m’a été plus difficile « d’instruire les catéchumènes. Les baptisés de cette année habitent Meradam et Poula. A « cause de la distance, quelques individus seulement par famille ont pu suivre les instructions. « Comme ils se sont montrés obéissants et fidèles à leurs devoirs, je n’ai pas été bien sévère « pour les admettre au baptême. Les soldats chinois, ayant établi leur camp à Pé-ha-lo, les « chrétiens, qui n’aiment pas du tout leur voisinage, se sont retirés dans la vallée et ne « reviennent à la montagne que le dimanche. Leur éloignement a été un obstacle à « l’instruction des catéchumènes, qui autrefois se formaient si facilement au contact des « anciens ! Les écoles m’ont donné satisfaction comme de coutume. »

Kiora. ─ « A Kiora, où s’est établi M. Genestier, l’heure de la grâce ne semble pas encore venue. Cependant, comme le poste est tout à fait central, le missionnaire y prépare la construction d’une résidence et d’une petite chapelle. Il espère, du reste, que s’il parvient à gagner deux ou trois familles, toutes les autres suivront le mouvement.

Thibet-Sud. ─ « M. Moriniaux, supérieur de cette partie de la mission, nous donne les renseignements suivants sur Padong et Maria-Basti.

Padong. ─ « La station se développe peu à peu. Cette année, cependant, les conversions et « les baptêmes ont été moins nombreux. Une grande partie de la population s’étant engagée « au service de l’expédition anglaise, il y a moins de malheureux et, partant, moins de « conversions. Nous avons achevé l’instruction des chrétiens de Cachin, baptisés depuis deux « ans : à Noël, ils ont été admis à la première communion.
« Le 4 juin 1903, nous avons ou la joie de voir venir au milieu de nous le vénérable « fondateur du Thibet-Sud, M. Desgodins, après une absence de neuf laborieuses et utiles « années, passées au service de la mission à Hong-kong. Le 27 juillet, nous avons célébré une « messe solennelle de Requiem pour Sa Sainteté Léon XIII. Le dimanche suivant, nous « chantions un Te Deum d’action de grâces pour l’élection de Sa Sainteté Pie X. »
« Les missionnaires du sud ont essayé de fonder une nouvelle station à Gotok, près de la frontière du Boutan ; mais, comme il y avait déjà, dans le voisinage de ce village, une école protestante, le gouvernement des Indes leur a refusé l’autorisation de s’y établir. Ils ont choisi alors une autre localité, et attendent maintenant la permission du gouvernement pour s’y installer.

Maria-Basti. ─ « Là, aussi, peu de catéchumènes ont pu recevoir le baptême. « Un petit « nuage passe sur Maria-Basti, écrit M. Hervagault ; mais il se dissipera promptement. La « ferveur générale n’a pas diminué, comme en témoigne le nombre des communions de « dévotion. Notre-Dame-des-Victoires veille sur Maria-Basti. »
« Le Thibet-Sud a fourni 10 baptêmes d’adultes.

« Pendant que je rédigeais ce compte rendu, ajoute Mgr Giraudeau, j’ai reçu la nouvelle officielle de l’entrée des Anglais à Lhassa. L’Angleterre veut faire du Thibet une nouvelle province de son empire. Si l’on introduit les réformes dont me parle le préfet de Ta-tsien-lou, c’est tout un bataillon de nouveaux missionnaires qu’il nous faut, pour ne pas nous laisser devancer par les protestants. Je viens de nommer notre vénérable doyen, M. Desgodins, curé de Lhassa, sans toutefois, bien entendu, lui imposer l’obligation de se rendre à son poste immédiatement. »

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