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Rapport annuel des évêques

Année: 1906
Pays: Chine
Mission: Su-tchuen occidental
Rédacteur:Mgr Dunand

Su-tchuen occidental


Le compte rendu que Mgr Dunand nous avait d’abord adressé s’étant égaré, Sa Grandeur a bien voulu nous en adresser un autre, qui nous arrive au dernier moment et que nous sommes heureux de reproduire.

Population catholique 40.000
Baptêmes d’adultes 1.329
Baptêmes d’enfants de païens 19.360
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« La visite de nos chrétiens s’est faite partout sans difficulté, écrit Mgr Dunand. Nous avons eu des procès à soutenir, car la liberté de prêcher la religion, inscrite dans les traités, est souvent méconnue en pratique. Comme en France, le mot de liberté est affiché sur les murs, mais c’est un trompe-l’œil.
« Le mouvement des conversions se soutient et promet, avec de la patience et du temps, de sérieux résultats. Le chiffre de nos catéchumènes admis au baptême a été supérieur à celui des dernières années. Nous comptons, cette année encore, dix mille adorateurs environ. Quelques-uns se retirent, et d’autres viennent les remplacer.
« Dans notre mission, nous manquons de catéchistes, capables et dévoués, pour former et instruire les néophytes. Il est difficile, en effet, de trouver, chez un Chinois, les qualités requises pour faire un bon maître d’école. Cet embarras cessera le jour où les Petits Frères de Marie, nos auxiliaires, auront recruté des sujets pour leur Institut. Nos prêtres indigènes, soutenus par les missionnaires, nous rendent de précieux services : il en sera de même des catéchistes, quand ils seront enrôlés et soutenus par les Frères.
« Grâce aux Religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie, nous espérons obtenir bientôt des maîtresses d’école vraiment capables. Elles ont déjà, en effet, une école normale, où des jeunes filles de bonne famille se préparent à la carrière de l’enseignement.

« Vu le nombre toujours croissant des chrétiens du district de Gan-yo, nous avons dû ériger une nouvelle paroisse dans une localité qui possède une église neuve, autour de laquelle sont groupés plus de 500 catholiques. D’autres districts devraient aussi être divisés, mais le personnel nécessaire nous manque.
« M. Gaillard est sérieusement malade. Ce cher confrère semble vouloir nous quitter pour un monde meilleur. Abandonné des médecins, il met sa confiance en Notre-Dame de Lourdes qui, seule, peut lui rendre sa belle santé d’autrefois.
« Malgré le petit nombre de nos missionnaires, nous avons dû nous résigner à diviser le district de Kouan-hien, car il ne fallait pas moins de douze journées de marche au missionnaire, pour le parcourir dans sa longueur. M. Dury garde la partie supérieure de ce district et a fixé sa résidence à Song-pan, ville stratégique, d’où il lui est facile de se mettre en rapport avec les « barbares » du voisinage.
« Nous avons ordonné deux prêtres indigènes, qui ne suffisent point, hélas ! pour combler les vides faits par la maladie ou la vieillesse dans les rangs de notre clergé chinois.
« La banlieue de Tchen-tou semble se réveiller de sa torpeur séculaire. Le curé de Yn-kia-pa a baptisé plus de 100 adultes, et les catéchumènes continuent à étudier dans 17 écoles.

« Le fait, le plus saillant de cet exercice a été notre installation dans la ville de Sin-fan, distante d’environ 30 kilomètres du chef-lieu de la province. Jusqu’ici, il nous avait été impossible de nous y établir. La population nous était absolument hostile, et le sous-préfet, partageait la haine de ses subordonnés à l’égard du catholicisme. Le vice-roi lui-même nous était contraire, assure-t-on. Enfin, après bien des démarches, grâce à l’appui du consul de France, le gouverneur de la province a donné des ordres, et le mandarin s’est exécuté. En rusé Chinois, il est venu nous féliciter, dans notre résidence de Sin-fan, où nous nous trouvions de passage un soir, en revenant de visiter nos deux collèges. Actuellement, Sin-fan compte une soixantaine de familles qui désirent se faire catholiques. Dieu veuille leur accorder la grâce de persévérer !

« La construction de notre petit séminaire est enfin achevée. L’établissement, vaste et bien aménagé, peut loger plus de 100 élèves, ayant tous leur cellule.
« Nous devons songer maintenant à rebâtir notre grand séminaire, qui menace ruine. Le travail sera long et dispendieux.

« Nos œuvres de Tchen-tou continuent à marcher convenablement. Notre hôpital français est fréquenté par les malades que nous envoient le vice-roi et les grands mandarins. Les Chinois préfèrent venir chez nous que d’aller chez les Anglais ou les Américains, qui ont cependant des hôpitaux mieux installés que les nôtres. La raison en est qu’ils n’aiment guère à entendre les sermons des protestants. Ce qui les attire chez nous, ce sont surtout les soins intelligents et dévoués de nos religieuses. Actuellement, 14 Franciscaines Missionnaires de Marie sont chargées de notre grand orphelinat et de nos deux hôpitaux, dont l’un, situé à la porte nord de la ville, est réservé à la classe pauvre. Ces deux hôpitaux sont toujours bondés, et nous devons souvent refuser des malades, faute de place. A ces hôpitaux sont annexés deux dispensaires, où le travail abonde et qui fournissent aux religieuses l’occasion d’ondoyer beaucoup d’enfants moribonds.

« On parle toujours d’une voie ferrée qui doit relier Tchen-tou à Han-keou, mais l’argent extorqué aux contribuables pour ce travail aurait été déjà absorbé par des besoins urgents. Il semble, toutefois, que le projet se réalisera sous peu. Le vice-roi aurait, dit-on, invité des ingénieurs japonais pour diriger les travaux. Ces messieurs sont en route et ne tarderont pas d’arriver, si nous en croyons les journaux. Les écoles de français et d’anglais de Tchen-tou perdront, par le fait même, bon nombre de leurs élèves, car ni la France ni l’Angle-terre ne seront chargées de la construction de ce chemin de fer. Il suffira, dès lors, de connaître la langue japonaise pour trouver un poste lucratif dans cette grande entreprise. Nous aimons à croire néanmoins que notre école aura des élèves, grâce au zèle de nos chers Frères et à leurs aptitudes spéciales pour l’enseignement. »


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