| Année: |
1907 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Mandchourie méridionale |
II. — Mandchourie méridionale
Population catholique 20.628
Baptêmes d’adultes 1.623
Baptêmes d’enfants de païens 3.632
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La mission de la Mandchourie méridionale a joui, cette année, d’une paix qu’elle ne connaissait plus depuis 1900. L’administration des districts s’est faite partout dans les conditions normales. Le travail des missionnaires a été béni de Dieu. La vie chrétienne s’est développée et le mouvement de conversion des païens, s’est accentué fortement, surtout dans certaines régions. Le nombre des catéchumènes est de 6.950.
Pendant les deux années que dura la guerre russo-japonaise, les routes de l’intérieur de la Mandchourie, se trouvaient fermées à la libre circulation. Plusieurs mois même après la signature de la paix, il n’était pas permis de traverser la région occupée par les armées des vainqueurs. La visite pastorale était impossible, au grand regret de Mgr Choulet, qui désirait vivement connaître par lui-même les conséquences de la persécution et de la guerre. Cette année, ce désir si légitime s’est accompli à la grande joie de tous, évêque, missionnaires et chrétiens.
« Au mois de mars 1906, écrit Mgr Choulet, je voulus tenter un essai, et je partis pour aller visiter les confrères du nord de Moukden. Grâce à un vent violent, qui aveuglait la sentinelle, je pus sortir de la ville sans embarras et probablement sans être aperçu. Mais quelques jours après, je tombai sur un poste japonais. J’eus beau parlementer, montrer mes passeports, je reçus l’ordre de revenir sur mes pas ; et, pour m’enlever toute idée de changer de direction, un gendarme me fit la conduite...
« Cette année, nous avons joui d’une grande tranquillité. J’ai pu reprendre mon projet et visiter ma mission. J’en ai parcouru la plus grande partie. Sur ma route, il m’a été facile de me rendre compte des maux que la persécution, les troubles qui l’ont suivie, et la guerre ont attirés sur notre vicariat, et des ruines qu’ils ont accumulées. Dans les montagnes de l’est, les terres restent en friche ; les villages sont encore déserts. Pour sauver leur vie, les habitants ont abandonné tout ce qu’ils possédaient, et ont pris la fuite vers d’autres régions plus tranquilles.
« Pour ce qui nous concerne, je dois dire que quatre de nos districts se ressentent encore beaucoup de la tempête, qui a éclaté en 1900. Ils se trouvaient de création récente. La secousse a été trop forte pour eux. Partout ailleurs, j’ai été heureux de constater que les vides faits par la persécution sont enfin comblés. Si je consulte le chiffre des confessions annuelles, notre situation actuelle est même meilleure.
« Il nous reste encore quelques églises à relever. Toutefois, même sous ce rapport, l’état général n’est pas pire qu’avant les troubles. Nous sommes allés au plus pressé. Des chrétientés, qui n’avaient qu’un oratoire trop disproportionné avec le nombre des fidèles, possèdent aujourd’hui de véritables églises.
« Notre séminaire s’agrandit aussi chaque année, et la place ne reste pas longtemps vide. Le nombre des élèves, grands et petits séminaristes, est en ce moment de 46.
« Nos 134 écoles paroissiales sont fréquentées par 2.788 enfants, dont 1.513 garçons et 1.275 filles.
« L’œuvre qui, dans notre mission, a le plus souffert de la persécution, c’est celle de la Sainte-Enfance. Pendant ces années de troubles, les pauvres gens ont été les mieux partagés. Les plus honnêtes ont trouvé de quoi nourrir leurs enfants. Ceux que la conscience ne retenait point ont eu maintes occasions de se procurer sans beaucoup de peine ce dont ils avaient besoin. D’un autre côté, nos baptiseurs sesont trouvés dans l’impossibilité de s’éloigner de leurs villages. Cette année cependant, nos orphelinats ont reçu quelques recrues. Est-ce la misère qui nous les a amenées, ou leurs parents auraient-ils changé de sentiments à notre égard ? Je ne saurais le dire. J’espère que les travaux entrepris pour relever nos ruines étant terminés, nous pourrons bientôt donner un peu plus de temps à cette œuvre .
« Les districts où la moisson a été plus abondante en baptêmes d’adultes sont : Leaô-yâng avec 184 baptêmes, Mai-mai-kai qui a fourni le même chiffre, Hai-tcheng qui en a donné 172, Siao-hei-chan 150, Moudken 149, San-tai-tsé 102. Dans les autres districts, la centaine n’a pas été atteinte. Mais je suis persuadé cependant que tous les missionnaires ont fait leur possible pour étendre le règne de Notre-Seigneur. »
Mgr Choulet, après cet aperçu général sur la situation de la Mandchourie méridionale, nous donne le rapport détaillé de quelques missionnaires. Nous les suivons dans leurs districts et nous sommes témoins de leurs efforts, de leurs espérances, des obstacles qu’ils rencontrent et des succès qu’ils remportent. Voici M. Corbel, chargé des trois districts de Leaô-yâng, Cha-ling et Koou-kia-tsai, réunis en un seul, par défaut d’un personnel de missionnaires plus nombreux.
« Je commence le compte rendu de cette année, en disant merci à la Sainte Vierge, qui n’a « cessé, durant cet exercice, de répandre des grâces spéciales sur tout mon district. On peut « voir, par la feuille d’administration, que certains chiffres ont augmenté dans des proportions « bien sensibles. Sans parler de Koou-kia-tsai, qui fait bonne figure dans le tableau, nous « avons 1.177 baptêmes d’enfants de païens, 70 d’adultes, 1.015 confessions annuelles, et « plus de 800 nouveaux catéchumènes. Pour les baptêmes d’adultes, je suis devancé par mon « vicaire, le P. Thaddée, qui, à lui seul, en a 114. L’an prochain, ce sera mieux ; du moins, je « puis l’espérer, puisque les catéchumènes m’arrivent nombreux de plusieurs endroits ; et je « crois, sans témérité, pouvoir compter sur leurs bonnes dispositions.
« A Koou-kia-tsai, je suis heureux de pouvoir signaler un grand changement en mieux, « parmi les chrétiens. Ils montrent de la bonne volonté, et paraissent s’affectionner à leur « nouveau pasteur. Si le chiffre des baptêmes a augmenté à Leaô-yâng, après Dieu, nous le « devons au zèle des Sœurs de la Providence, qui mettent leur dévouement et emploient leurs « ressources à gagner des âmes et à les conduire à Notre-Seigneur. Depuis leur retour, le « district a pris un air de vie qu’il n’avait pas auparavant. La chapelle est mieux entretenue. « Les enfants arrivent plus nombreux à la Sainte-Enfance. On parle plus souvent de religion. « D’autre part, leurs prières et celles de leurs orphelines sont une vraie source de grâces pour « tous.
« On me demandera peut-être à quelle cause attribuer le mouvement de conversions, qui « s’est déclaré dans tout le district ? Je ne saurais le dire moi-même. La plupart de ces recrues « n’avaient jamais entendu parler de religion. Ce n’est pas l’espoir d’être aidés dans leurs « difficultés matérielles, d’être protégés en haut lieu, qui a pu attirer ces hommes à nous. Les « magistrats savent ce qui se passe en France ; et cette connaissance n’est pas faite pour les « disposer à bien recevoir nos demandes. D’ailleurs avec les mandarins, je n’ai que les « relations exigées par la stricte politesse. Après les Boxeurs, j’aurais pu me trouver dans des « occasions plus favorables, pour rendre quelques services à des intéressés ; et cependant, à ce « moment, ils ne sont pas venus. C’est à peine alors si j’ai pu glaner quelques épis, pendant « des années entières.
« Aujourd’hui, le bon vent s’est mis à souffler. Les poissons sont venus d’eux-mêmes se « jeter dans le filet. J’aime à rapporter l’origine de ce mouvement à Dieu seul, et à le « rapprocher de la fondation d’un petit hospice, que j’ai ouvert à Leaô-yâng, pour y recueillir « quelques vieillards.
« Las de prêcher dans le désert, et voulant, comme mes confrères, gagner quelques âmes à « Dieu, il me vint l’idée que mon but pourrait être atteint dans une faible mesure, il est vrai, « par les soins qu’on donnerait à des vieillards, peu favorisés de la fortune et abandonnés de « leurs proches. Nos ressources étaient faibles et la maison étroite. Bientôt il fallut se borner « dans l’admission de nos pensionnaires. C’est à ce moment que se présentèrent les premiers « catéchumènes.
« Châ-ling même semble vouloir se réveiller de sa torpeur. Ce village, jusqu’ici si stérile « en fait de conversions, m’a donné près de cent nouveaux néophytes.
« Le premier groupe important est parti de Kou-kia-tsé, bourg perdu dans les montagnes, à « 90 lis à l’est de Leaô-yâng. Vers le 8 décembre, dix païens sont venus se faire inscrire au « nombre des catéchumènes. Ils nous apportaient aussi l’heureuse nouvelle que, dans leurs « parages, un bon nombre de leurs parents et de leurs amis pensaient à embrasser notre « religion. Un catéchiste, envoyé sur les lieux, pour s’assurer de la sincérité de leurs paroles, « fut reçu à bras ouverts, et nous revint avec une liste de 25 familles, qui se déclarent « nettement prêtes à étudier le catéchisme, pour recevoir le saint baptême.
« Je me suis rendu deux fois à Kou-kia-tsé. Je suis rentré exténué de fatigue, à cause du « mauvais état des routes, mais le cœur touché des dispositions que j’ai cru voir dans ces « néophytes. Une école a été ouverte sous la direction d’une vierge : aujourd’hui, je compte « 45 familles, qui ont commencé l’étude de la doctrine.
« Un second groupe de catéchumènes s’est formé à Leoù-eul-pou. Nous nous y sommes « installés à la Pentecôte, et déjà plus de 50 familles nous ont donné leurs noms. Ce village, « d’au moins 20.000 âmes, n’est qu’à 30 lis de Châ-ling. Souvent il avait attiré les regards des « missionnaires qui se sont succédé dans ce dernier poste. Des tentatives avaient été faites « plusieurs fois pour l’entamer, mais toujours sans résultat. En certaines circonstances, ses « habitants se montrèrent très mal disposés à notre égard.
« Cette année, la vierge Thècle, en quête d’âmes, se rendit chez eux, dans l’espérance de « baptiser quelques petits moribonds. Assez bien reçue dans des familles, elle amena la « conversation sur la religion. A son retour, elle me parla de cet heureux changement dans les « dispositions des habitants de ce village.
« J’y envoyai un catéchiste pour voir si l’heure du bon Dieu n’avait pas sonné pour eux. Il « me revint avec une liste de 12 familles, dont les chefs l’accompagnaient pour venir passer « les fêtes de la Pentecôte à Leaô-yâng. Depuis lors, le nombre des néophytes s’est accru. Une « maison a été louée pour les réunir. Une école a été installée, et un catéchiste y réside à poste « fixe.
« Avant de finir, j’ajoute un mot sur notre église de Châ-ling. Elle se relève rapidement de « ses ruines. Elle est déjà tout habillée de neuf. Bientôt, il ne lui manquera que ses vitraux. « Puisse-t-elle se remplir de chrétiens fervents, qui fassent la gloire de Dieu et la consolation « de leur pasteur ! »
« Le district de Mai-mai-kai, reprend Mgr Choulet, très prospère, mais tout nouveau au moment de la tourmente, avait été rudement secoué. Jusqu’à cette année, il ne semblait pas vouloir revenir à la vie, et avait donné fort peu de consolation au missionnaire, qui en fut chargé. Enfin, là aussi, le bon vent a souillé ces derniers temps. Le chiffre de baptêmes s’est élevé à 180, et, lors de la tournée que j’y ai faite au mois de juin, les chrétiens que j’ai vus m’ont paru mieux comprendre leurs devoirs.
« M. Carrère, à qui il est confié, vient de perdre sa meilleure chrétienté. Avant l’époque des Boxeurs, le P. Maurice Ly avait fait beaucoup d’adeptes à Tcheng-kia-toûn et aux envivons. Suivant la carte qui avait servi à établir les limites de la mission, cette région se trouvait au nord du Leaô et relevait de la juridiction du vicaire apostolique de Mandchourie. Mais la carte ne répond plus maintenant à ce qui existe, La rivière que nous avions prise pour un affluent du Leaô est le Leaô lui-même, en sorte que Tcheng-kia-toûn se trouve sur sa rive droite, au lieu d’être sur la rive gauche. Or, d’après le décret de la Propagande, approuvant les limites proposées par les deux vicaires apostoliques de la Mongolie et de la Mandchourie, c’est cette rivière qui sépare les deux missions. J’ai cru devoir me conformer à la teneur de ce décret, et j’ai passé ce poste aux missionnaires belges, nos voisins. Pour la même raison, les chrétientés qui se trouvent dans la sous-préfecture de Kang-ping, et qui dépendaient du district de Pa-koû-men, sont maintenant aussi sous la direction de ces missionnaires.
« Le district de Hai-tcheng ne se compose que de chrétientés nouvelles. M. Maillard, qui vient d’être appelé au séminaire, en avait pris la direction à la mort de M. Letort. Malgré sa faible santé, il y a conféré de nombreux baptêmes. Un fait, qu’il me rapporte, montre que la semence est tombée en bonne terre. Ce sont les derniers moments d’un de ses nouveaux chrétiens, vieillard de soixante-treize ans. Il s’appelait Mou, de son nom de famille.
« Je l’avais, m’écrit-il, baptisé l’an dernier, et lui avais donné l’apôtre saint Jean comme « patron. Je suis encore émerveillé de l’intelligence, de la clarté, et surtout du ton convaincu « avec lequel il m’avait récité son catéchisme et ses prières. Toute son âme transpirait à « travers ses paroles, et on sentait qu’il croyait et qu’il aimait. Je ne l’avais pas perdu de vue, « car il m’avait vivement frappé la première fois. De plus, il venait régulièrement se confesser « aux grandes fêtes. A Noël dernier, malgré le mauvais temps et une indisposition qui l’avait « beaucoup affaibli, il fit à pied, accompagné de ses deux fils, chrétiens eux aussi, un trajet de « 25 lis, pour venir à Hai-tcheng. Je le confessai le soir même. Quelques heures après, il « recevait avec ferveur Jésus, qu’il était venu, comme les bergers, adorer de si loin. Le « lendemain de la fête, il ne put se remettre en route. On crut d’abord que ce n’était qu’une « petite fatigue. Durant la journée, il se disait assez fort pour pouvoir partir le jour suivant. Le « bon Dieu en avait disposé tout autrement. Dans la nuit qui suivit, il se trouva plus mal. On « vint me chercher dès le grand matin. A mon arrivée, il était sans connaissance. Je lui donnai « aussitôt une dernière absolution et l’extrême-onction avec l’indulgence de la bonne mort. Il « resta dans cet état jusqu’au soir vers 4 heures, moment où, sans avoir repris ses sens, sans la « moindre secousse, il rendit sa belle âme à Dieu, tandis que les chrétiens et moi récitions les « prières des agonisants. C’était la fête de son saint patron. il alla la célébrer au ciel. »
« Le district de Siao-hei-chan est celui de la mission qui a le plus grand nombre de chrétiens. M. Huet l’administre avec l’aide du P. Martin Paî. Il voit avec une douce joie son troupeau s’accroître chaque année. Durant cet exercice, il a régénéré 150 adultes. L’évangélisation des païens ne l’arrête pas dans son zèle pour la sanctification de ses ouailles. « Le travail du missionnaire, dit-il, ne consiste pas seulement à faire de nouveaux chrétiens. « C’est une besogne de tous les jours, et qui exige bien des soucis et une grande dépense de « forces et d’attention. Cette année, grâce à la paix que le bon Dieu a bien voulu nous « accorder, j’ai pu parcourir tous les postes de mon district. Aussi les chiffres que je donne « sont-ils de la plus stricte exactitude. Un seul coup d’œil jeté sur la feuille d’administration, « suffira pour prouver que Siao-hei-chan n’est pas une sinécure.
« En parcourant les diverses chrétientés, j’ai pu constater que si mes ouailles sont loin « d’être parfaites, il y a pourtant parmi elles un certain mouvement an avant. La plupart ne « manquent pas de bonne volonté pour le service de Dieu et le salut de leur âme. Mais « beaucoup n’ont pas le moyen de dissiper leur ignorance ; et leur extrême pauvreté en « empêche un certain nombre de donner à l’accomplissement de leurs devoirs, tout le temps « qu’ils voudraient. »
« M. Sage, qui a la charge du district de Koang-ning, composé de chrétiens dont la ferveur laissait un peu à désirer jusqu’à ces derniers temps, a remarqué un vrai changement parmi eux. Il se manifeste surtout par une fidélité plus parfaite à sanctifier le dimanche. Quelques-uns, connus pour leur relâchement, sont revenus au bercail. Deux familles se sont déclarées catéchumènes.
« La vieille chrétienté de Kou-kia-toun, située à l’est de la ville, donne toujours pleine satisfaction. Les fidèles aiment à s’approcher des sacrements, et ne craignent pas, pour venir les recevoir, de passer un ou deux jours à la ville à chaque grande fête. Le missionnaire se propose d’aller désormais chez eux le premier dimanche de chaque mois.
« Les chrétiens de Toung-koôu pratiquent régulièrement leurs devoirs. Mais ceux de Leoû-tai-tse et de Kaô-li-sul-toun se signalent par une trop grande négligence. Ceux de Souei-miao-toun, en revanche, sont revenus en grand nombre à leur ferveur primitive. Le dimanche, ils forment une assistance nombreuse à la récitation des prières. La maîtresse d’école, qui vient de s’y établir, a rassemblé une trentaine de petites filles, dont plusieurs viennent du village voisin, Tsao-yuen-tse, où le missionnaire constate également un véritable progrès.
« Trente famille de catéchumènes s’instruisent à Chao-ing-tse, et autant à King-heû-mên. La ville de Y-tchoôu n’a encore qu’une seule famille dont tous les membres soient baptisés, mais un grand nombre de personnes se sont déclarées prêtes à embrasser notre sainte religion. La moisson s’annonce pleine des meilleures espérances. Pour la conduire sûrement à maturité, il faudrait un missionnaire à poste fixe dans cette région. Il dirigerait l’instruction de ces nombreux catéchumènes, ranimerait le zèle des anciens fidèles, et fonderait ainsi un nouveau district, appelé à prendre un grand développement. »
Mgr Choulet termine son compte rendu par la recommandation de Notre-Seigneur à ses apôtres : La moisson est grande, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson qu’il nous envoie des ouvriers pour la recueillir.
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