| Année: |
1909 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouang-si |
| Rédacteur: | Mgr Lavest |
IV. ─ Kouang-si
Population catholique 4.277
Baptêmes d’adultes 219
Baptêmes d’enfants de païens 348
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La mission du Kouang-si continue à lutter contre les difficultés dont Mgr Lavest nous entretenait déjà dans son précédent compte rendu : même malveillance de la part des autorités, même hostilité, plus ou moins déguisée, des lettrés, même indifférence du côté du peuple. Les païens de bonne volonté, qui seraient inclinés à se rapprocher de nous, en sont détournés par les menaces et les procédés malveillants de nos ennemis, par les calomnies de plus en plus répandues contre les missionnaires et la religion. Il ne faut donc pas s’étonner que les résultats, du moins en ce qui concerne les baptêmes d’adultes, soient inférieurs à ceux des années précédentes : « Cependant, écrit Mgr Lavest, malgré les obstacles qui entravent l’œuvre de l’évangélisation, le mouvement des conversions n’est pas totalement arrêté.
« Cette année, à Ou-iuen, près de Nanning, de nombreux adorateurs se sont fait inscrire. Aucun appât temporel ne les attire à nous dans les circonstances actuelles. On peut donc espérer qu’ils persévéreront et parviendront au baptême. A Si-lin également, nous avons un bon nombre de catéchumènes, qui demeurent fermement attachés à la foi. Ailleurs ils sont moins nombreux, très disséminés et leur instruction sera très difficile.
« La maladie a forcé au repos plusieurs missionnaires et huit sont allés au sanatorium de Béthanie et y ont passé une partie de l’année. A l’heure actuelle la santé de quelques-uns d’entre eux est loin d’être complètement rétablie.
« Au mois de janvier 1908, un consulat français a été établi à Nanning ; mais le consul nommé, M. Viroudart, n’est pas encore arrivé. Depuis la suppression du consulat de Long-tcheou, nous n’avons aucun appui contre la malveillance des fonctionnaires chinois, puisqu’il n’y a pas d’autre représentant de la France dans la province. Et cependant, le protectorat pourrait nous être d’une grande utilité, en faveur de nos chrétiens, comme il l’est encore dans d’autres missions.
« Le transfert de la capitale de Koui-lin à Nanning, officiellement résolu l’an dernier, semble être renvoyé à une date indéterminée, à cause des dépenses considérables qu’il entraînerait. Les autorités du Kouang-si, sur lesquelles retombent les charges, ont déjà tant à faire pour les écoles et pour les chemins de fer, et la province a été si appauvrie par les troubles passés, qu’elles trouveront difficilement les ressources nécessaires.
« Au milieu de nos difficultés, la piété et la ferveur de nos fidèles sont pour nous un sujet de consolation. Les œuvres aussi de la Sainte-Enfance se soutiennent en dépit des difficultés et ont donné d’assez bons résultats.
« Depuis plusieurs années, les élèves de notre séminaire se signalent par leur bon esprit, leur application à l’étude et leur obéissance. Il y a neuf ans que cet établissement a été transporté à Nanning et, dans cet espace de temps, grâce à sa situation privilégiée, aucun élève n’a été gravement malade. Il vient de s’augmenter de 6 élèves fournis par l’école préparatoire.
« L’œuvre des religieuses indigènes catéchistes, dirigée par les Sœurs de Saint-Paul de Chartres, est en bonne voie. Six de ces catéchistes sont déjà en district, où elles tiennent des écoles de filles et instruisent les femmes. Quatorze se préparent au couvent. Que ne pouvons-nous établir une œuvre semblable pour les hommes, car le besoin s’en fait impérieusement sentir !
« Voici quelques extraits des rapports des missionnaires sur l’état de leur district et les résultats de leurs travaux :
« A Kouï-lin, M. Renault, provicaire enregistre 8 baptêmes d’adultes. C’est son vicaire, le P. Étienne Où, qui prend soin des chrétientés de Choang-tsuen. Pour lui, ne pouvant guère parcourir les campagnes, il consacre son temps à instruire les chrétiens de la ville. Il s’applique surtout à leur inspirer une grande dévotion pour la sainle Eucharistie et le Sacré-Cœur ; dans ce but, il célèbre avec quelque solennité le premier vendredi du mois et donne ce jour-là un salut, avec bénédiction du Saint-Sacrement.
« Plusieurs fidèles, écrit ce missionnaire, viennent chaque jour à l’église faire leur visite à « Notre-Seigneur et réciter le chapelet en commun. J’ai déjà constaté un changement notable « chez ceux qui sont fidèles à ces dévotions. »
« Malgré des difficultés sans nombre, dit M. Pelamourgues, chargé d’Uin-fou, la bonne « Providence m’a donné, cette année, la consolation d’administrer 26 baptêmes dont 12 « d’adultes ; certes, le nombre n’en est pas considérable, mais, du moment qu’il y a progrès, « je suis content. En outre, les confessions et communions de dévotion ont augmenté dans « une forte proportion. Grâce à l’exemple donné par les deux religieuses indigènes, les « chrétiens s’approchent plus souvent des sacrements, et j’espère que l’an prochain le progrès « sera encore plus sensible. »
« L’année, écrit de Siou-jen M. Ducœur , s’est passée dans un assez grand calme. Cela ne « veut pas dire que la haine soit tombée, mais elle n’a pas eu l’occasion de se manifester.
« De tous mes chrétiens, ceux dont je suis le plus satisfait sont ceux de Pin-lo : ils ne sont « malheureusement pas assez nombreux ; aussi les moleste-t-on de toutes les manières. Les « païens leur retirent les rizières qu’ils leur ont louées et cherchent à leur enlever même le « droit de puiser de l’eau à la fontaine publique. La sourde hostilité qui se fait sentir partout « est loin de favoriser la prédication de l’Évangile. Cette année, j’ai régénéré 11 adultes et 36 « enfants de païens in articulo mortis. »
« A Siang-tcheou, M. Dalle a baptisé 22 adultes et 37 enfants de païens. Il est satisfait du bon esprit et de la piété de ses chrétiens : « La mort, dit-il, a fait de nombreux vides dans mon « petit troupeau : 21 décès dans l’année. Je suis heureux de constater qu’en général ceux que « Dieu a rappelés à Lui ont tous fait une mort édifiante. Leur résignation et leur esprit de foi « ont été pour moi une grande consolation. Tel père faisait appeler auprès de son lit de mort « tous ses enfants et, en présence du missionnaire, des catéchistes et des chrétiens, leur faisait « jurer de ne jamais apostasier, dussent-ils verser leur sang. D’autres, très pauvres, me « suppliaient de dire une ou deux messes pour le repos de leur âme et, sur ma réponse « affirmative, mouraient contents. »
« M. Teissier a obtenu quelques succès à Ou-tcheou où cependant règnent en maîtres les protestants. Il a eu 4 baptêmes d’adultes et 2 d’enfants de païens à l’article de la mort. Un groupe de nouveaux catéchumènes de l’île voisine de Tchang-tcheou, à une lieue seulement de la résidence du missionnaire, lui donne l’espoir d’y fonder une chrétienté.
« Ce sont MM. Poulat et Séosse qui ont obtenu les plus beaux succès à Koui-hien. Ils enregistrent 240 baptêmes dont 62 d’adultes. « La situation du district, écrit M. Poulat, reste « à peu près la même. Au point de vue de l’administration spirituelle, le seul fait à signaler « dans cet exercice est la visite épiscopale. Mes ouailles, pour recevoir les unes le baptême, « d’autres la confirmation, beaucoup les deux sacrements à la fois, ont redoublé d’ardeur dans « l’étude de la doctrine. Aussi nous avons eu la consolation de conférer le baptême à 40 « adultes pendant les quelques jours de la présence de notre évêque à Koui-hien. Le nombre « des confessions et communions de dévotion, de 600 l’an dernier, s’est élevé 900. C’est « done un progrès sensible de l’esprit de foi et de piété dans le district. »
« En juin dernier ont eu lieu les noces d’argent de M. Poulat. Tous les confrères des environs y assistaient ; j’ai tenu, malgré la maladie qui m’avait amené à Hong-kong, à rentrer au Kouang-si pour les présider moi-même. Mais la plus belle couronne de notre confrère, en cette fête, fut la présence de plus de 1.200 chrétièns et païelms qui ont voulu ainsi manifester, de toutes manières, leur affection et leur reconnaissance pour le saint missionnaire qui se dévoue pour eux depuis plus de vingt ans à Koui-hien.
« M. Albouy compte à Nanning 30 baptêmes dont 8 d’adultes. « Le grand événement de « ce poste, dit ce missionnaire, est le mouvement de conversions qui s’est produit depuis « quelque mois à Ou-suen. Ce mouvement semble s’étendre, car il y a de nouveaux « adorateurs en plusieurs autres endroits du district. Que n’ai-je plusieurs catéchistes, pour « enseigner la doctrine à tous ces braves gens ! Que ne puis-je surtout parler moi-même leur « langue « tou-jen » pour m’en occuper d’une façon plus directe et plus efficace ! J’en ai déjà « commencé l’étude et j’espère arriver bientôt à la connaître suffisamment pour instruire moi-« même mes catéchumènes. »
« M. Maurice a quitté Chang-se, ancienne résidence de Mgr Foucard, et l’un des postes les plus anciens de la mission, pour s’établir à Hai-iuen, gros bourg où habite un groupe assez compact de nouveaux convertis. Là, il sera plus à même de les instruire, de les préparer au baptême et de les former à la vie chrétienne. Ce confrère enregistre cette année 32 baptêmes dont 3 d’adultes.
« J’apporte, écrit M. Costenoble, ma modeste gerbe de 27 baptêmes, dont 14 d’adultes et 7 « d’enfants de païens in articulo mortis, recueillie dans le district de Long-tcheou. Les « religieuses ont continué leurs courses quotidiennes dans la ville à la recherche des enfants « malades ou abandonnés. Elles ont eu la consolation de régénérer 43 enfants et 7 adultes. « C’est done un total de 21 baptêmes qu’ont obtenu nos efforts réunis. » Notre confrère a installé au centre de la ville chinoise un dispensaire, une école et une salle pour catéchisme. Le vicaire chinois et les catéchistes, dont le nombre a été augmenté, rayonnent dans la campagne à la recherche des âmes de bonne volonté. Daigne le hon Dieu bénir et féconder leurs travaux !
« M. Thomas, en résidence à Se-tehen, est resté à Hong-kong presque toute l’année et est rentré dans son district sans être entièrement guéri.
« Silin a donné 5 baptêmes dont 3 d’adultes. « Je m’efforce, écrit M. Sifferlen, d’instruire « les catéchumènes de Ou-fou qui, malgré les défections, restent très nombreux ; mais ce « travail est lent, car la plupart ne savent pas lire. Les écoles sont de première nécessité. Au « début de l’année, j’en ai ouvert une qui a 24 élèves. A la Pentecôte, j’en ai inauguré une « seconde. »
« M. Courant, nommé à Liou-kia-to depuis novembre, a eu 15 baptêmes dont 3 d’adultes. Il a également un bon nombre de catéchumènes mais rencontre aussi de grandes difficultés pour les instruire.
« M. Epalle, dans son compte rendu, en notant 56 baptêmes, parle comme MM. Sifferlen et Courant, des obstacles à surmonter pour donner, tant aux enfants qu’aux adultes, l’instruction nécessaire : « Après avoir prêché les chrétiens et les catéchumènes sur tous les tons, écrit-il, « pour les amener à envoyer leurs enfants à l’école, j’ai réussi à leur en faire comprendre la « nécessité ; et j’ai pu enfin en ouvrir une. »
« M. Séguret et son vicaire, le P. André Ou, enregistrent à Sin-tcheou 61 baptêmes, dont 23 d’adultes : « J’avais précédemment parlé, dit M. Séguret, d’un triage à faire parmi les « anciens catéchumènes : ceux qui veulent apprendre la doctrine et me préparer au baptême, « et les tièdes, gens sans conviction ni volonté sérieuse pour s’instruire. Cette séparation se « fait peu à peu par la force des choses. Les derniers, pendant les visites, ne viennent ni prier, « ni assister aux instructions ; ils se contentent de garder les insignes religieux et le nom de « chrétien. Ils appartiennent en général à des familles où il n’y a pas encore de membres « baptisés. »
En terminant ce compte rendu, nous demandons à Dieu de bénir la jeune mission du Kouang-si. Qu’Il rende la santé à son vénéré Pasteur et accorde à nos confrères le courage dont ils ont besoin, au milieu des difficultés de l’heure présente.
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