| Année: |
1910 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Mandchourie Méridionale |
II. ─ Mandchourie Méridionale
Population catholique 24.775
Baptêmes d’adultes 1.526
Baptêmes d’enfants de païens 6.351
Conversions d’hérétiques 2
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« Dans le compte rendu de cette année, je n’ai à signaler aucun événement de grande importance ou d’intérêt particulier. Une tranquillité aussi parfaite que nous pouvons l’avoir dans ces pays n’a cessé de régner toute l’année et de favoriser les Confrères dans l’accomplissement des devoirs de leur ministère auprès des chrétiens.
« La graine des brigands ne s’est cependant pas encore perdue. On ne manque pas de parler encore de leurs exploits, quand arrive l’époque où les moissons sont assez hautes pour leur servir d’abri. Cette année, vers la fin du mois d’août, la vieille ville de Niou-Tchouang est même tombée en leurs mains. Ils en sont restés les maîtres tout le temps nécessaire pour piller les maisons riches et s’assurer quelques otages parmi les habitants les plus marquants. Sans avoir été trop dérangés pendant l’opération, ils ont repris le chemin des Mille Montagnes, qui leur servent de retraite. Le Missionnaire de la localité n’a eu à subir aucun désagrément de leur part ; la crainte de recevoir leur visite ne l’a même pas frappé ; il avait pris la fusillade qu’il avait entendue pour l’effet d’une réjouissance publique.
« Dans les autres localités, les Missionnaires n’ont pas eu, non plus, à souffrir de leurs excursions. A peine quelques-uns ont-ils dû, pendant un mois ou deux, s’abstenir de visiter certains districts pour ne pas s’exposer, sans raison, à tomber entre leurs mains.
« On a parlé aussi de la peste, du choléra ; ces deux fléaux n’ont guère franchi les limites de la Mission.
« Les Confrères ont joui d’une santé relativement bonne ; du moins, ils ont pu satisfaire aux exigences de leur ministère. Seul, j’ai été visité à deux reprises par une dysenterie, qui, rebelle à tout remède, m’a immobilisé pendant plusieurs mois.
« Les fleuves et rivières de Mandchourie ont moins fait parler d’eux que ceux de l’Europe. Nous n’avons eu que quelques inondations partielles, dont les dégâts, assez sensibles pour les régions éprouvées, ne produiront pas de nouvelle hausse sur le marché. Presque partout, les moissons ont été belles ; les grains baissent de prix et sont plus faciles à trouver, ce qui permettra aux sans-fortune de pouvoir couler encore d’heureux jours.
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« Dans des conditions si avantageuses, c’est une moisson extraordinaire que nous aurions dû recueillir ! J’ai le regret de dire que les résultats obtenus ne sont même pas si consolants que ceux de l’exercice précédent. Nulle part ne s’est déclaré un vrai mouvement de conversions vers notre sainte Religion. Ce ne sont que des épis, éparpillés sur tout le territoire de la province, que les Confrères se sont ingéniés à ramener avec patience. Nous n’avons enregistré que 1.528 baptêmes d’adultes, contre 1.665 l’an dernier.
« L’annexion de la Corée par le Japon, les faux bruits de guerre, qui ont suivi cet événement, les nouveaux impôts que nécessitent les changements introduits dans l’administration, dans l’éducation, ont sans doute préoccupé l’esprit de nos Chinois ; mais là n’est pas la seule cause qui les a retenus loin de nous. Le peu de résultats que nous avons obtenu est dû surtout au manque d’auxiliaires indigènes, qui, sans soulever des susceptibilités, pourraient pénétrer chez les païens et faire disparaître les préventions dont ils sont animés contre tout ce qui leur est étranger. Les quelques dizaines de catéchistes qui figurent sur les tableaux n’en ont, pour ainsi dire, que le nom. Engagés faute de mieux, il visent surtout à toucher le petit émolument qui leur a été promis. L’instruction leur fait défaut et l’égoïsme tue chez eux le zèle qui leur serait nécessaire pour bien remplir leurs fonctions.
« Si nous passons aux maîtres d’école, c’est aussi la disette dans notre Mission. Inutile de vous dire que, dans ce cas, on ne peut être difficile pour le choix.
« Nos vierges indigènes se chargent volontiers des écoles de filles. Pour leur formation, la Mission n’a rien pu faire jusqu’à ce jour. Elles ont fréquenté l’école du village durant leur jeunesse ; elles ont passé ensuite la plus grande partie de leur temps dans leur famille. Il n’est donc pas étonnant que, avec un si mince bagage d’instruction, elles ne puissent pas rendre les services qu’on pourrait tirer de cette source. Quelques-unes réussissent mieux que les autres ; c’est à leurs qualités naturelles qu’elles le doivent.
« Voilà, je crois, la principale cause du peu de résultats que nous obtenons auprès des païens, et aussi, très probablement, le motif pour lequel, parmi nos nouveaux chrétiens, plusieurs manquent d’instruction et deviennent indifférents. Connaissant le mal, il faudrait y apporter le remède. Espérons que le bon Dieu nous accordera les lumières pour trouver ce remède et la patience pour l’appliquer ; ce n’est pas en un jour, même en un an, que nous arriverons à former des auxiliaires possédant les qualités désirables et en nombre suffisant.
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« Quelques extraits de lettres feront voir les difficultés que rencontrent les Missionnaires, le peu d’enthousiasme qu’ils trouvent, au moins dans certaines régions.
« De Kao-Chan-Toun, M. Huchet m’écrit : « Bien petit est, cette année, le nombre des « néophytes dans mon district, et l’avenir ne semble pas présager une meilleure moisson ; « aucun mouvement de conversions ne se manifeste dans la région ; quelques nouveaux « catéchumènes seulement se sont fait inscrire.
« Cependant la tranquillité règne dans nos montagnes, et ces néophytes ont toute facilité « pour pratiquer leurs devoirs religieux. Je constate même avec tristesse que, parmi ceux qui « se disaient catéchumènes, il y a des défections et, ce qui est plus navrant encore, même « parmi ceux qui déjà ont reçu le baptême, il y a des désertions.
« Certains néophytes ont considéré la Religion comme une société de secours mutuels, « dont ils espéraient retirer, à l’occasion, quelque avantage matériel. Pauvres gens ! on a eu « beau leur prêcher sur tous les tons que le but du vrai chrétien n’était pas dans la poursuite « d’un bonheur sensible et terrestre, mais dans l’acquisition des vertus qui mènent aux joies « immortelles et ineffables dans la cité des élus, ils n’ont pu se résoudre à croire que l’essence « de la Religion ne consistait qu’à connaître et adorer le vrai Dieu. Attachés à la terre, ils ne « pensent qu’aux choses de ce monde, sans se mettre en peine des choses du Ciel. Aussi, « quand on leur parle de devoirs à remplir, de sacrifices à s’imposer, ils avouent ingénument « que, en se faisant chrétiens, ils obéissaient à des motifs plus ou moins avouables.
« Ces quelques lignes suffiront pour donner une idée des souffrances morales et des « angoisses du missionnaire. Est-ce à dire que tout soit perdu sans le moindre espoir ? Les « chiffres que j’envoie feront voir qu’il y a encore à Kao-Chan-Toun du travail, et même « beaucoup. »
« Durant le cours de cette année, M. Huchet a enregistré 3.048 confessions de dévotion et 5.439 communions.
« M. Vuillemot m’a remis l’exposé suivant de la situation de son district : « Mon poste est « en baisse sur l’exercice précédent ; il n’a pas donné les résultats de l’an passé, surtout en « baptêmes d’adultes. Bon nombre de petits écoliers étaient assez instruits et assez bien « préparés pour recevoir ce sacrement ; pour différentes raisons, j’ai cru prudent de le différer. « Chez moi, pas de nouveaux catéchumènes. Parmi ceux qui se sont fait inscrire dans le passé, « les plus fervents sont baptisés depuis longtemps ; restent les durs à cuire ! Telle, cette « femme Oang, qui n’a pas encore atteint la quarantaine, et qui, en deux mois, avec une « catéchiste près d’elle, pour le lui enseigner, n’a pu encore arriver à retenir la première page « de son catéchisme.
« Dans les diverses stations du district, deux points capitaux sont en souffrance : le repos « dominical et la loi de l’Église touchant les fiançailles. Grande tendance à s’allier avec les « païens ; et souvent, pour ne pas s’exposer à un refus de dispense, les précautions sont prises « pour me laisser dans l’ignorance. C’est une vraie maladie contre laquelle j’essaie de réagir, « sans pouvoir toujours réussir.
« Est-ce à dire que tout le district soit gangrené ? Non, Dieu merci : les deux parties Nord « et Ouest sont bonnes : la partie Sud ne vaut pas les précédentes, quoiqu’il y ait du bon. « Quant à la partie Est, elle marche sans avancer, si toutefois, elle ne recule pas. Je crois « cependant avoir fait tout mon possible aux visites de Pâques et du Rosaire pour accomplir le « précepte de l’Apôtre : argue, obsecra, increpa in omni patientiâ et doctrinâ. Ici, il y a « quelques familles excellentes, très pratiquantes ; les autres pratiquent, mais suivant les « caprices du moment et la saison de l’année ; suivant que les travaux agricoles sont plus ou « moins pressants.
« Mon seul espoir est dans la jeune génération ; les jeunes ménages sont bons ; il faut « espérer qu’ils pourront renouveler l’esprit du village.
« Pai-Koan-Toun est réellement bien. Les nouveaux chrétiens de ce groupe sont même « mieux disposés qu’ailleurs. Ils ont l’exemple des anciens devant les yeux et s’efforcent de « les imiter. Le fait suivant donnera une idée de leur foi. Cette année, au moment de la « sécheresse, de leur propre initiative, ils se sont imposé des jeûnes, des abstinences et, « pendant trois jours, quittant tout travail, ils n’ont cessé de fréquenter l’oratoire pour « demander à Dieu de leur accorder la pluie. Le bon Dieu a exaucé leurs prières ; une bonne « pluie est venue arroser leurs moissons déjà grillées par l’ardeur du soleil.
« Ces chrétiens ont reçu leur première formation de M. Noir-jean ; ils ont conservé l’esprit « de foi qu’il leur a inculqué. Je vais de temps en temps passer un dimanche chez eux, je suis « assuré de leur persévérance. »
« De Leao-Yang, où il est venu remplacer M. Corbel, M. Roger m’écrit : « Le chiffre des « baptêmes est bien inférieur à celui de l’an passé. Ici, la différence n’est pas sensible ; mais à « Leou-eul-pou, je n’ai pu enregistrer qu’un tiers du chiffre accusé par mon vénéré « prédécesseur. Il est vrai que le nombre des catéchumènes inscrits l’an dernier, à Leou-eul-« pou, n’était déjà que d’une trentaine ; cela présageait donc un ralentissement de « conversions. Les parents montrent peu d’empressement à envoyer leurs enfants aux écoles « qui ont été ouvertes pour les recevoir et pourvoir à leur instruction.
« A Leao-Yang, les visites des Pâques se sont faites avec beaucoup de lenteur ; il est même « des chrétiens qui ont oublié de se présenter. Si M. Corbel, avec tout le zèle qu’il y a mis, n’a « pas pu parvenir à leur faire comprendre la nécessité de s’approcher, au moins une fois l’an, « des sacrements, c’est qu’il n’y a pas grand espoir à fonder sur eux.
« Mon prédécesseur avait chargé une femme catéchiste d’aller de maison en maison « relancer tous les nonchalants ; j’ai l’intention de la rétablir dans sa charge dès l’hiver « prochain pour essayer de sauver ceux que la grâce touchera.
« Je n’ose encore fonder de grandes espérances sur le poste de Heu-Koung-pou, ouvert « depuis 4 à 5 mois à peine. Je serais heureux qu’il pût s’y former un noyau de chrétiens, qui « relieraient ainsi ceux de Chan-Troang-tse et de Toung-Chan-pou à la ville. J’ai l’intention « d’y ouvrir une école.
« L’hospice des vieillards abrite, pour le moment, vingt-quatre hommes et quatorze « femmes. Sept sont morts dans le cours de l’année et ont été aussitôt remplacés. Les de« mandes d’admission sont nombreuses ; l’exiguïté du local ne permet pas de satisfaire à « toutes. De ce côté, comme du côté de l’orphelinat, le Missionnaire n’a que des « consolations. »
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« Voici maintenant quelques lettres qui témoignent de plus de joie pour le présent et de plus d’espoir pour l’avenir.
« La feuille d’administration ci-jointe, écrit M. Sage, accuse une augmentation sensible du « nombre de baptêmes d’adultes et du chiffre total des chrétiens, dans le district d’Ingtse. Nul « doute que, l’an prochain, ce dernier ne dépasse un millier. Ce chiffre eût déjà été atteint, « cette année, si j’avais tenu compte des chrétiens venus d’ailleurs. Je n’en ai pas fait état dans « le présent compte rendu, parce que ces chrétiens, essentiellement nomades, vont et viennent, « au gré des circonstances et de leurs caprices. Peut-être quelques familles finiront-elles par « s’enraciner dans la région ; elles augmenteront un peu mon troupeau. Au reste, l’année « écoulée m’a apporté plus d’une consolation.
« D’abord, les écoles ont été mieux fréquentées. Les parents semblent mieux comprendre, « pas tous, hélas ! la nécessité d’une solide instruction religieuse pour leurs enfants. En suite, « il me semble qu’il se dessine un certain mouvement dans les chrétientés extérieures.
« Pa-Keu-chou a fourni quelques baptêmes d’adultes. De plus, un certain nombre de « femmes, dont les maris sont baptisés depuis des années et qui, jusqu’à ce jour, avaient « refusé de suivre leur exemple, sont venues se présenter, au moment de la visite, et paraissent « être résolues, cette fois, à s’instruire pour pouvoir recevoir le baptême.
« De tout côté, les chrétiens demandent des maîtres et des maîtresses d’école pour « s’instruire. En plusieurs endroits, ─ Sang-Lin-tse, Chang-Koou-tse, etc., ─ un certain « nombre de familles ont demandé à être reçues comme catéchumènes. »
« M. Guillon accompagne son compte rendu de ces quelques lignes : « La gerbe de « baptêmes, que j’ai à offrir, n’est pas bien considérable ; mais j’ai l’espoir que, l’an prochain, « la moisson sera plus abondante. Pour la première fois depuis longtemps, il se dessine un « petit mouvement de conversions dans les deux postes de Yang-Koou et Sioung-Yao. J’ai là « quelques catéchumènes qui me paraissent bien disposés ; j’ai l’espoir d’en faire rapidement « de bons chrétiens. Vu le milieu de vieux chrétiens dans lequel ils se trouvent, ils n’auront « pas de peine à s’instruire de leurs obligations, et leur foi, je l’espère, ira en s’épanouissant « tous les jours.
« A Kai-Tchoou, les catéchumènes sont nombreux. Parmi eux, un certain nombre sont « assez instruits pour recevoir le baptême et me demandent à être admis à la réception de ce « sacrement ; je n’ai pas cru devoir céder pour le moment à leurs instances. Ce poste est de « fondation récente et son avenir dépend de la formation des premiers néophytes.
« Dans mon district, l’événement important de l’année a été, sans conteste, la « reconstruction de l’église de Yang-Hoon. Grâce aux talents de M. Joseph Caubrière, elle « s’est relevée, disent les chrétiens, plus belle qu’elle n’était avant l’incendie qui l’avait « détruite. Les travaux de restauration étaient finis au 15 août, et j’en ai profité pour fêter plus « solennellement l’Assomption de la sainte Vierge. A cette occasion, M. Beaulieu avait bien « voulu venir revoir son ancien poste et célébrer la solennité de cette fête au milieu de ses « anciens chrétiens, qui se sont efforcés de sanctifier ce saint jour, en s’approchant nombreux « de la sainte Table. »
« A San-Tai-tse, la fête de l’Assomption a eu aussi un cachet particulier. Aux chrétiens de la localité étaient venus se joindre la plupart de ceux qui, en 1900, avaient cherché dans cet endroit un refuge contre la fureur des Boxeurs. Ce dixième anniversaire de leur délivrance avait été choisi pour renouveler à Marie, leur Libératrice, l’expression de leur amour et de leur reconnaissance et laisser aux générations futures un monument de la protection dont la sainte Vierge les avait entourés dans cette critique situation.
« Ce monument, dit M. A. Caubrière, est une modeste stèle en pierre, dessinée et sculptée « par les chrétiens eux-mêmes, en souvenir de la protection de la sainte Vierge ; en souvenir « aussi des trente-deux chrétiens tombés sous les balles des Boxeurs.
« M. Cuvier, à la tête de 70 de ses chrétiens, pour la plupart nos anciens compagnons « d’armes, est venu bénir ce monument. Nous avons eu une fête splendide. Elle s’est terminée « par une magnifique procession de la statue de N. D. de Lourdes, à travers tout le village. « L’affluence des païens était considérable. Espérons que la sainte Vierge les aura attirés et « les aura touchés.
« Nous avons pu entendre, ces jours-là, plus de 700 confessions et distribuer plus de 1.500 « communions. Le banquet, qui suivit la messe, réunissait plus de 600 convives. Les cœurs « étaient tout à la reconnaissance envers Marie et à l’enthousiasme d’une si belle cérémonie. »
« Au récit de cette fête, M. A. Caubrière ajoute quelques mots sur les derniers moments d’une vierge de son district. « La vieille Fare nous a quittés pour un monde meilleur. Si je ne « me trompe, avec ses 90 ans déjà bien passés elle était la doyenne des vierges indigènes de la « Mission et l’une des fondatrices du couvent de San-Tai-tse, il y a de cela fort longtemps. « Ayant reçu, dans sa jeunesse, les directions de M. Berneux, devenu depuis l’Évêque-martyr « de Corée, elle applaudissait de tout cœur, sur ses vieux jours, aux dispositions nouvelles par « lesquelles nous cherchons à rajeunir le monastère. Vaillante et dévouée jusqu’au bout, elle « fut emportée par les premiers froids de l’hiver dernier. Le soir de sa mort, je lui demandais « si elle se trouvait bien tranquille.
« ─ J’ai peur, me répondit-elle.
« ─ De quoi donc ?
« ─ D’échapper cette fois encore à la mort et de ne pouvoir aller au Ciel, voir le bon « Dieu. »
« Pour terminer, voici encore quelques lignes de M. Lecouflet : « Je vous envoie le compte « rendu pour le district de Tiei-Ling. Vous y verrez que les chrétiens, pour la plupart, ne « manquent pas de ferveur, puisque j’ai eu 2.627 confessions de dévotion et 5.123 « communions. J’ai pu donner deux retraites de première communion. La joie qu’éprouve le « missionnaire, après ces retraites, compense largement la peine qu’il a dû se donner. C’est « une consolation de voir combien le bon Dieu bénit ses enfants.
« Nous, avons eu une belle fête patronale du Sacré-Cœur. Oriflammes, bannières, « étendards, rien n’y manquait, si ce n’est un peu de beau temps ; la pluie ne cessait de tomber « depuis six jours. Toutefois, dans l’après-midi de la fête, elle cessa ; une éclaircie se « produisit. Nous en profitâmes rapidement pour élever un reposoir, et Notre-Seigneur put « sortir de l’église. Huit Confrères avaient bien voulu venir me prêter leur concours pour la « cérémonie. Daigne le Sacré-Cœur bénir mes paroissiens, augmenter leur foi et leur amour et « multiplier leur nombre ! »
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* *
« Rien de spécial à ajouter sur les différentes œuvres qui existent, trop peu nombreuses, hélas ! dans la Mission. La part apportée par les Confrères au total des petits païens baptisés à l’article de la mort est plus faible que celle de l’exercice précédent. C’est grâce au beau nombre fourni par les Sœurs de la Providence, qu’il nous a été permis d’arriver à un chiffre plus élevé que celui de l’an dernier.
« Nos deux Séminaires, grand et petit, continuent à faire la consolation de leurs directeurs, MM. Beaulieu et Carrère. Une ordination nous a donné deux nouveaux prêtres indigènes, le dimanche du Patronage de saint Joseph. L’année prochaine à pareille époque, nous espérons compter six prêtres de plus. Nous n’éprouvons pas de grands obstacles à recruter nos élèves. Mais une sérieuse difficulté nous vient du peu de santé des sujets. Quoique mieux soignés que dans leur famille, un bon nombre sont épuisés avant d’arriver à la fin de leurs études. Le programme n’est cependant pas chargé ; il contient à peine le strict nécessaire.
« Un cas extraordinaire de maladie est venu, il y a quelques jours, jeter l’émoi dans la communauté. Un jeune élève a été emporté en moins de 24 heures. Un médecin, sans avoir ausculté le malade, avait cru y reconnaître un cas de peste bubonique. Heureusement pour la communauté, il n’en était rien. L’élève, transporté à l’hôpital japonais, examiné par les docteurs de cet établissement, fut déclaré atteint du croup, compliqué de pneumonie galopante ; on ne lui trouva aucun symptôme de peste.
« Les Confrères mettent toujours leur espoir dans les écoles primaires pour instruire la jeunesse et en faire de bons chrétiens. C’est pour cette raison que la Mission n’épargne aucun sacrifice pour les aider à soutenir cette œuvre. Mon grand désir serait de pouvoir ouvrir une école normale, afin d’y former des maîtres dignes de ce nom et capables de donner à nos écoles la valeur qu’elles devraient avoir. »
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