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Rapport annuel des évêques

Année: 1910
Pays: Chine
Mission: Su-Tchuen Oriental
Rédacteur:Mgr Chouvellon

II. ─ Su-Tchuen Oriental


Population catholique 40.587
Baptêmes d’adultes 2.375
Baptêmes d’enfants de païens 10.761
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Le recensement quinquennal fait, cette année, dans tous les districts de cette Mission, a donné 40.587 personnes baptisées et 17.711 catéchumènes.
« Nous avons enregistré, ajoute Mgr Chouvellon, pendant l’exercice qui se termine, 25.517 confessions annuelles, 78.608 confessions répétées, 18.564 communions pascales, 114.784 communions de dévotion, et 2.375 baptêmes d’adultes, dont 918 donnés à l’article de la mort.
« Le chiffre des confessions et des communions de dévotion suit une progression ascendante. En remerciant la divine Providence, nous reconnaissons avec plaisir que le développement de cet esprit de foi est dû au zèle que les Missionnaires et les prêtres indigènes ont déployé, en expliquant, chaque dimanche, à leurs fidèles la doctrine du catéchisme, selon les ordres de Sa Sainteté Pie X, et en célébrant, chaque année, dans tous les districts, le triduum institué en l’honneur du Saint-Sacrement : ces solennités ont lieu tantôt dans une station, tantôt dans une autre.
« L’événement le plus saillant de cet exercice a été la réunion du Synode régional de Tchong-Kin. Nos chrétiens sont venus en grand nombre assister aux messes pontificales. La cathédrale était trop petite pour contenir les fidèles Quelques dizaines de dignitaires, portant leurs décorations, tenaient la tête de la procession qui conduisait les Prélats de la cure à l’église. Chrétiens et païens garderont longtemps le souvenir de ces belles cérémonies.
« L’administration des districts s’est faite régulièrement, mais non sans difficultés. Le mot d’ordre semble être d’entraver, par tous les moyens, le mouvement des conversions et de décourager les néophytes par mille tracasseries. Certains personnages influents vont même jusqu’à reprocher ouvertement aux nouveaux chrétiens de suivre la religion des Etrangers.

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« M. Fleury expose, dans son compte rendu, les difficultés qu’il rencontre dans le district de Ho-Tcheou. Sa lettre donnant une idée exacte de l’esprit général et des dispositions de beaucoup de païens à notre égard peut être citée en entier.
« La haine des païens contre les chrétiens n’a pas désarmé dans le district de Ho-Tcheou, « nous dit-il ; au contraire tout a été mis en œuvre pour intimider et faire apostasier les « nouveaux baptisés. On commença par tourner la Religion en ridicule, en dénaturant le sens « de tous ses rites et en répétant toutes les calomnies qui ont cours depuis les origines du « christianisme.
« Si ce moyen ne réussit pas, ─ et il réussit rarement, ─ on cherche dans la parenté « quelques vauriens qui, moyennant finances, découvriront bien une vieille histoire de famille « à ramener sur le tapis, ou, au besoin, en inventeront une de toutes pièces. Le pauvre « néophyte ne trouve plus alors personne pour l’aider. Aux yeux de tous ses parents, il n’est « plus qu’un paria, la honte de la famille. Les disputes s’enveniment, traînent en longueur. « Quelquefois des batailles et des procès s’ensuivent. Et les gens influents, satisfaits, de dire « partout : « Voyez ! Un tel, avant d’être chrétien, était le meilleur des hommes ; aujourd’hui, « il se sert de son titre pour nuire aux membres de sa famille ; plus tard, ce sera notre tour à « nous païens. Défions-nous donc, et cessons toute relation avec lui ! » Et voilà un innocent « mis en quarantaine !
« Ces derniers temps, on a même mis en avant la question de patriotisme, disant tout haut « que les chrétiens sont, sans exception, des traîtres à la patrie. Si les Européens ont vaincu la « Chine, s’ils veulent construire un chemin de fer, si le gouvernement ou les vice-rois font un « emprunt, c’est toujours la faute des chrétiens. Sans eux la Chine serait encore le pivot du « monde et de l’univers.
« Les menaces et les bruits mensongers arrêtent bien des bonnes volontés. Que de braves « gens, connaissant la Religion, l’embrasseraient volontiers, s’ils n’étaient retenus par la « crainte des tracasseries auxquelles ils sont exposés en cas d’adhésion !
« Malgré cette campagne, tantôt déguisée, tantôt ouverte, menée pendant toute une année, « j’ai pu conférer 43 baptêmes d’adultes.
« Les anciens chrétiens ont joui d’une complète tranquillité. C’est que, mieux instruits et « plus au courant des affaires extérieures que les néophytes, ils ne sont pas en peine pour « réfuter les inepties des païens sur la Religion et leur prouver que les antipatriotes ne sont pas « de leur côté, mais bien du côté de ceux qui, rejetant en bloc toutes les sciences européennes, « veulent trouver toutes les vertus et toutes les forces de progrès dans la doctrine aride de « Confucius.
« Dans de telles conditions nous nous sommes attachés de préférence, mon vicaire et moi, « à instruire les nouveaux baptisés, à les consolider dans la foi et à exciter les anciens « chrétiens à la réception des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. Quand les beaux jours « reviendront, nous nous élancerons de nouveau à la conquête des âmes de bonne volonté qui « n’attendent qu’une éclaircie dans le ciel un peu troublé de la Chine pour se donner au vrai « Dieu. »

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Après cet aperçu général sur les résultats des travaux de l’année et les obstacles que rencontre l’évangélisation, Mgr Chouvellon nous fait l’exposé suivant de l’état des œuvres et des districts de son Vicariat.
« Les productions de notre Imprimerie sont de plus en plus appréciées des Confrères, des chrétiens et des commerçants. Sous l’habile direction de MM. Gourdon et Lamonnerie, nos presses nous donnent, chaque année, de nouveaux livres de propagande, de controverse ou de doctrine. Elles impriment aussi des prospectus, des réclames, des cahiers de comptes, etc. Nos deux chers Confrères sont vraiment surchargés. Notre modeste journal ne progresse pas suivant nos désirs, les Chinois de l’intérieur étant moins avides de nouvelles et de réformes que leurs compatriotes qui habitent le littoral. Mais cela peut venir un jour et il est bon que nous soyons prêts à l’heure voulue.
« Le nombre des élèves de nos séminaires a un peu diminué, ces deux dernières années : cela tient aux causes passagères que nous avons signalées dans notre dernier compte rendu. Les Missionnaires qui se dévouent à la formation du clergé indigène sont satisfaits du bon esprit et de l’application de leurs élèves. Il est bien certain, cependant, qu’on ne peut pas demander aux Chinois la même somme de travail et la même application qu’aux Européens.
« Grâce à l’habileté et à la science de l’excellent Dr Guillemet, médecin attaché au consulat et mis à notre disposition par le Gouvernement Français, notre hôpital a retrouvé sa prospérité et sa clientèle d’autrefois. Je relève dans le rapport de la Sœur supérieure de cet établissement ces chiffres très satisfaisants :
Malades soignés à l’hôpital 262
Journées d’hôpital 8.957
Malades soignés au dispensaire 19.740

« Le pensionnat de nos chères Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie ne compte encore que 15 élèves. Nos Religieuses ayant reçu trois nouvelles recrues, nous espérons que le nombre de leurs pensionnaires augmentera rapidement. Nous leur souhaitons un complet succès. Le gouvernement chinois ouvre des écoles pour jeunes filles ; il est à désirer que nos chrétiens ne restent pas en retard.
« L’état de santé du cher M. Farges ne lui permettant plus de rester aumônier de l’hôpital, il a été nommé curé d’Eullang-tan, belle station au milieu des bois : voilà son rêve réalisé !
« C’est M. Derouin qui le remplace. Il ne manquera, certes, ni de travail ni de soucis.
« Depuis quelques années, notre troupeau a augmenté considérablement. Les catéchistes, les maîtres et les maîtresses d’école ne suffisent pas à l’instruction et à la formation des néophytes. Aussi, les Evêques du Groupe, réunis en synode à Tchong-Kin, ont-ils reconnu la nécessité d’en augmenter le nombre et de les rendre capables de remplir leur charge avec fruit. Ils ont donc exprimé les vœux suivants : 10 instituer dans chaque Mission une communauté de Vierges chinoises, destinées à former des religieuses indigènes pieuses et aptes à tenir nos écoles paroissiales de filles ; 20 fonder une école normale pour la préparation des catéchistes et des maîtres d’école.
« M. Derouin a été spécialement chargé de réaliser le premier projet et d’organiser et diriger l’œuvre nouvelle dans ses débuts, qui seront certainement difficiles.
« L’École de Français, dirigée par les Petits-Frères de Marie, n’ayant pas un nombre suffisant d’élèves, nous avons pensé que ces chers Frères travailleraient plus utilement à la gloire de Dieu en s’occupant de l’École normale. Notre proposition a été acceptée, et ils ont pris à leur charge l’instruction religieuse des élèves, l’enseignement des sciences et le maintien de la discipline dans l’établissement, sous la haute direction de M. Derouin. Nous espérons donc réussir enfin cette œuvre, plusieurs fois tentée, toujours avortée et dont le besoin se fait de plus en plus sentir.
« Une demande a été adressée aux Petites-Sœurs des Pauvres en vue d’une fondation nouvelle dans la ville de Tchong-Kin. La Supérieure générale a donné une réponse favorable, et a promis d’envoyer ici quelques religieuses, dès qu’elle aurait les sujets nécessaires. Nous aimons à penser que l’année prochaine ne se terminera pas avant d’avoir vu à l’œuvre ces admirables Servantes des pauvres et des vieillards. Les œuvres de bienfaisance étant particulièrement estimées par le peuple Chinois, nous sommes assurés d’avance que ces saintes filles gagneront bien vite la sympathie des chrétiens et des païens, et deviendront de merveilleux instruments d’édification et la source de nombreuses conversions.

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« En parcourant les différents districts, nous trouvons peu de faits intéressants ; cela vient de ce que les Confrères se contentent souvent d’exposer les besoins de leurs paroisses et de donner les chiffres de leur administration.
« En novembre dernier, le bon M. Magnac, curé de Ten-tse-ho, a été témoin d’un audacieux coup de main, qui aurait pu lui être fatal. Près de son oratoire, se trouvent deux entrepôts de la ferme du sel. On sait combien ces établissements sont mal vus par le peuple. Donc, une belle nuit, une bande de gens armés se portait sur les dits entrepôts, les dévastait et les pillait entièrement. Personne ne songea à attaquer l’oratoire. Il faut dire que notre Confrère est très estimé du peuple ; c’est probablement la raison pour laquelle sa résidence a été épargnée, au moment du pillage.
« Les écoles de M. Magnac sont toujours prospères. Il a conféré 27 baptêmes d’adultes, dont 6 à l’article de la mort.
« Notre doyen d’âge, M. Landes, dont la vue baisse toujours, mais dont le courage ne faiblit pas, visite avec soin son petit district de Hin-Long-Tchang. Son seul chagrin est de ne pas pouvoir réveiller le zèle de ses vieux chrétiens qui ne font presque pas de propagande parmi les païens.
« M. Ménier a pris avec courage, malgré son âge avancé, la charge du poste de Tien-Tche, près de notre Petit Séminaire.
« M. Pons, curé de la cathédrale, constate avec plaisir l’heureuse impression que les solennités du Synode ont laissée dans sa chrétienté. Son orphelinat s’est accru, cette année, d’un ouvroir spacieux, bien aéré, bien éclairé, où les orphelines apprennent à tisser, à coudre, à tricoter et à broder. Les étrangers qui visitent cet atelier en admirent la bonne tenue. L’hôpital nouvellement bâti pour les pauvres malades a donné d’excellents résultats : en quelques mois, M. Pons a fait donner des soins à plus de 1.800 malheureux ; il a administré 400 baptêmes in articulo mortis.
« M. Décomps s’attache de plus en plus à sanctifier ses chrétiens par l’Apostolat de la Prière et la Communion Réparatrice ; il compte 8.295 communions de dévotion. Le Sacré-Cœur se plaît à bénir le zèle du curé et la ferveur des chrétiens. Un paroissien vient d’offrir 20.000 francs pour rebâtir l’église de Su-Tin. M. Giraux est chargé de la construction de ce nouvel édifice.
« Depuis plusieurs années, M. Leroy est plus ou moins souffrant. Il a semblé qu’un voyage à Hong-kong le soulagerait. Puisse-t-il y trouver la santé et nous revenir bientôt plein de force !
« M. Casimir Cacauld est très satisfait du Triduum qu’il a donné à ses chrétiens, dès son arrivée à Yun-Tchouan. J’ai pu ainsi, dit-il, connaître mieux et plus vite les brebis qui me sont confiées. » Ce cher Confrère a doté sa paroisse d’un beau clocher. Les cloches ne tarderont pas à venir.
« M. Chaudier, malgré bien des difficultés, voit grossir sou troupeau. Les demandes d’adoration affluent. Il a reçu un auxiliaire dans la personne d’un nouveau prêtre chinois. Ses écoles sont prospères et lui donnent toute satisfaction.
« Des troubles assez graves ont éclaté dans le district de Tong-Leang. Le sous-préfet, ayant augmenté les impôts sur les papeteries, qui sont nombreuses dans la région, patrons et ouvriers cessèrent le travail et se mirent en grève. Les ouvriers, sans salaire, se rassemblèrent en plusieurs bandes, se mirent à parcourir le pays et s’occupèrent à rançonner les familles riches. On dut mobiliser la troupe. Mandarins et grévistes, fatigués de la situation, firent un compromis : quelques meneurs, ─ soi-disant les principaux et les plus coupables, ─ seraient arrêtés, mis en jugement et punis ; de son côté, le sous-préfet renonçait au nouvel impôt, et l’ordre était rétabli.
« Malgré ce contre-temps, le cher M. Claval a visité régulièrement ce district et a même bâti un nouvel oratoire dans la grande station de Yun-Kia-che, où se dessine un bon mouvement vers la Religion. Je me propose d’aller, vers la Toussaint, bénir cette chapelle.
« De Py-Chan, M. Thomas écrit : « Les deux visites de mes stations se sont effectuées « d’une façon normale. La station de Tsin-mou-kouan semble se ressentir de ses origines « protestantes ; les quelques néophytes qui paraissaient d’abord zélés sont plutôt tièdes et « indifférents. Je vais y établir une maîtresse d’école chargée, d’instruire les femmes ; sinon, « tout est à craindre pour l’avenir de ce poste. »
« M. Marrot a bien travaillé. Résister aux menées des protestants, se défendre des intrigues des païens et construire pour ses nombreux convertis un oratoire plus spacieux n’est pas une petite besogne. La dernière fête de Noël a été remarquable et remarquée par le grand nombre de fidèles venus pour y assister. Le 16 juillet, en la fête du Mont-Carmel, j’ai béni solennellement le nouvel oratoire de Leang-Chan, dédié à Notre-Dame de Lourdes et à saint Roch. Puissent les nombreux adorateurs de cette région persévérer dans leur ferveur et apprendre assez de doctrine pour devenir de vrais et solides chrétiens !
« M. Buffet regrette « de n’avoir pas d’oratoire convenable dans la ville de Kouy-Fou, lieu « de passage de nombreux étrangers, où les protestants ont déjà plusieurs établissements. Il « faudrait, ajoute-t-il, pouvoir acheter quelques maisons voisines : sans cela il est impossible « de bâtir une église. » Espérons que les vœux de notre Confrère se réaliseront un jour ; c’est mon désir depuis longtemps.
« Le cher M. Perrier, après huit mois passés à l’hôpital, a pu regagner son district dans un meilleur état de santé. En son absence, le P. Han a fait la visite du district.
« Le zèle de M. Mommaton s’est exercé sur quelques retardataires qui, bien qu’âgés de 20 à 30 ans, n’avaient pas encore fait leur première communion. Il en a gagné une vingtaine.
« Le district de Fou-Tcheou est administré, depuis quelques mois, par M. Meillier et celui de Ouan-Hien, par M. Lombard. Dans ce dernier, les néophytes sont nombreux. Notre Confrère ayant à voyager sur un territoire vaste et montagneux, était véritablement surchargé : il sera aidé désormais par un nouveau prêtre chinois.
« Le district de Yeou-Yang, où est M. Louis, a été éprouvé par la famine. Pressés par le besoin, plusieurs apostats sont revenus au bercail.
« M. Théodore Cacauld a enregistré, à Tchen-Kia-ouan, le beau chiffre de 250 baptêmes d’adultes, dont 29 à l’article de la mort. « Ce résultat, dit-il, est dû à la grâce divine, mais « aussi à la tranquillité dont nous avons joui pendant ces quelques années. » Il a été grandement soulagé dans son travail par le P. Matthieu Mée, dont le zèle et le dévouement sont bien méritoires. Un nouvel auxiliaire a été attaché à ce district.
« M. Tournier, curé de Ta-Tsiou, a 18 élèves à son école normale. Ses chrétiens assistent régulièrement aux exercices du Chemin de la Croix et aux Saluts du Saint-Sacrement qui ont lieu chaque dimanche dans la soirée. Malheureusement, ils sont portés à la chicane et aux procès. Ce pays a été troublé par les bandes de Tong-Leang ; l’arrivée de 300 soldats et l’exécution de quelques meneurs ont rétabli l’ordre.
« M. Bétin fait remarquer avec tristesse que son oratoire de Tchong-Tcheou est délabré. Il est trop petit pour le nombre de ses chrétiens, et inhabitable en été.
« A Lan-Tchouan, M. Cazaban constate que l’œuvre des conversions rencontre de grandes difficultés. Il a pu administrer 48 baptêmes d’adultes, dont 26 in articulo mortis. Deux familles apostates, comptant plus de 30 personnes, sont revenues à la foi. « Si la vie du « missionnaire a ses heures tristes, écrit notre Confrère ; elle a parfois de bien douces « consolations. »
« Les différentes stations du district de Ouang-Kia-ouan ont été visitées, à deux reprises, par M. Déléon, qui regrette que le nombre des baptêmes ne soit pas en proportion de celui des adorateurs. Il faudrait doubler le nombre des écoles, afin de les instruire comme il convient. Mais où trouver des maîtres d’école ? Voilà la grosse difficulté !
« De son côté, M. Gibergues se propose de donner à ses catéchumènes une sérieuse instruction religieuse avant le baptême. « L’expérience m’a prouvé, dit-il, qu’ils n’apprennent « plus grand’chose après la réception de ce sacrement. » La belle station de la ville de Yun-Tchang, dont il est chargé, a un pressant besoin d’un oratoire. Il y a bon espoir de conversions nombreuses, du jour où il y aura un lieu convenable pour les réunions des fidèles.
« A Pen-Choui, M. Louison entretient de bons rapports avec les autorités locales. Aussi sa chrétienté donne-t-elle de beaux résultats, malgré les épreuves diverses qui l’ont frappée. Les communions de dévotion sont en honneur : notre Confrère enregistre plus de 1.000 communions réparatrices. Les exercices du Chemin de la Croix, les Saluts du Très Saint-Sacrement, qui ont lieu chaque dimanche, sont bien suivis. Les écoles sont florissantes ; mais, à cause de la disette, le Missionnaire est obligé de nourrir la plupart des élèves. Il ne regrette pas ce sacrifice qui lui permet de procurer l’instruction religieuse à des âmes qui en profiteront.
« Le district de Tong-Hiang, écrit M. Valentin, gardera longtemps le souvenir des belles « fêtes de juillet dernier, dont voici le compte rendu d’après notre journal La Vérité : Sa « Grandeur est arrivée à Tong-Hiang le 30 juin. Le lendemain, Elle a béni solennellement les « stations du Chemin de la Croix. Le samedi, 2 juillet, ont eu lieu les longues et belles « cérémonies de la consécration de l’autel, qui est tout en pierres de taille, parfaitement « sculpté et doré. Le dimanche, 3 juillet, au milieu d’une affluence considérable, Monseigneur « a béni le bel oratoire et l’a dédié au Sacré-Cœur et à N.-D de Lourdes. La grand’messe « solennelle, avec diacre et sous-diacre, a été célébrée par Sa Grandeur. Les chants, sous la « direction de M. Giraux, ont fait un peu penser à la patrie absente. Une belle couronne de « huit prêtres européens et de six prêtres indigènes rehaussait l’éclat de ces fêtes. Le « lendemain, 61 adultes recevaient le sacrement de Confirmation : ce chiffre prouve la vitalité « du district. »
« Le district de Tong-Hiang est très vaste ; il compte un bon nombre d’adorateurs. M. Valentin aurait bien besoin d’un assistant.
« M. Gallice a hérité du beau poste de Miao-Iu-tsao fondé et organisé par M. Derouin. Que Dieu bénisse le zèle et les efforts de notre jeune Confrère ! »

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Mgr de Dansara termine son compte rendu par une liste des plus beaux chiffres de baptêmes d’adultes obtenus dans les différents districts. C’est une nouvelle preuve du travail et du zèle des Missionnaires à étendre le règne du Sauveur dans les églises confiées à leurs soins. Ego plantavi... Deus autem incrementum dedit !


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