| Année: |
1911 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouy-Tchéou |
| Rédacteur: | Mgr Seguin |
II. — Kouy-Tchéou
Population catholique 30.072
Baptêmes d’adultes 1.742
Baptêmes d’enfants de païens 3.929
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Mgr Seguin, coadjuteur de Mgr Guichard, nous adresse le compte rendu suivant sur les résultats obtenus en 1910-1911.
« Depuis un certain nombre d’années, le chiffre des conversions obtenues au Kouy-Tchéou accuse une progression croissante. Le grand mouvement vers le catholicisme qui suivit la guerre du Japon et celle des Boxeurs n’a pas eu de suite durable, mais nous comptons encore beaucoup de catéchumènes sérieux tout disposés à recevoir le baptême.
« Le progrès constaté durant cet exercice est sensible, surtout sur deux points : le développement de nos écoles et le nombre des confessions et des communions.
« En 1910, nous n’avions que 2.135 élèves ; cette année, nous avons atteint le chiffre de 2.785. Ce contingent est surtout fourni par les écoles de campagne. Dans les grandes villes, nous ne pouvons, faute de ressources et de personnel, rivaliser avec l’enseignement officiel laïque. C’est à peine si nous réussissons à obtenir que les élèves chrétiens viennent à l’église apprendre le catéchisme et se préparer à la première communion.
« Les Décrets relatifs à la communion fréquente et à l’âge d’admission des enfants à la première communion ont été reçus avec joie et mis en application. Les Confrères annoncent 17.000 communions de plus que l’an dernier. Partout où la chose était possible, ils ont fait approcher de la sainte Table les tout jeunes enfants. Le chiffre des confessions s’est accru de plus de 7.000.
« Nos catéchumènes sont environ 30.000 : c’est presque le nombre des chrétiens. Les baptêmes d’adultes ont pourtant subi une diminution ; la raison en est que les Confrères, surchargés de travail, ne peuvent pas instruire convenablement leurs néophytes. La visite des stations, l’administration des sacrements, les visites des malades, prennent la plus grande et la meilleure partie de leur temps. D’autre part, les auxiliaires catéchistes font défaut, et il faudra quelques années avant que notre œuvre des catéchistes puisse nous rendre les services que nous en attendons. »
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Après cet aperçu sur les résultats généraux de l’exercice, Mgr Seguin nous fait visiter quelques-uns des districts de la Mission.
« Au Nord, dans le district de Eul-Lang-Pa, M. Freyche poursuit sa marche en avant et nous offre une gerbe de 115 baptêmes d’adultes. Ce cher Confrère est encore seul dans un pays immense ; il aurait bien besoin d’un auxiliaire que nous ne pouvons pas lui accorder.
« La station de Tong-Tse progresse rapidement, sous la direction de M. Jean-Baptiste Ronat et de son zélé vicaire, M. Drouhot. Ce dernier expose ainsi l’état de ce poste : « Le « district de Tong-Tse est assurément un des meilleurs de la Mission, ce qui ne veut pas dire « que tous les chrétiens sont parfaits. Il y a bien quelques fidèles tièdes qui se contentent « d’assister à la messe deux ou trois fois par an ; mais, à côté de ceux-là, peu nombreux, il y a « un bon noyau d’âmes ferventes qui s’approchent fréquemment des sacrements de Pénitence « et d’Eucharistie. Dans la seule ville de Tong-Tse, le nombre des confessions répétées atteint « le chiffre consolant de 2.975, et celui des communions atteint presque 4.000.
« Nous avons eu la joie de voir s’approcher de la sainte Table, pour la première fois, le « jour de Noël, 16 petits enfants, âgés de neuf à onze ans ; ils savaient déjà un peu de « doctrine; tous appartiennent à de bonnes familles. Ils sont l’espoir et l’avenir du district. Ils « viennent régulièrement à l’école parfaire leur instruction religieuse.
« L’école de filles compte actuellement 42 élèves. L’école de garçons, qui manque de « maîtres, est moins florissante. Mais nous avons pu retirer ces jours derniers de l’école « laïque, hélas ! trop fréquentée, cinq enfants qui ont commencé à recevoir chez nous un « enseignement plus chrétien. Deux de ces enfants iront probablement au Petit Séminaire à la « rentrée prochaine. »
« A Tsen-Y, grand district qui compte plus de 1.700 chrétiens, M. Cousin fonde des œuvres et organise ses écoles. Avec l’aide de ses deux vicaires Chinois, il a pu baptiser une centaine d’adultes. Mais l’un de ses collaborateurs est mort dans le courant de l’année ; pour cette raison, la moitié du district n’a pu être visitée.
« M. Saunier, chargé de Siu-Yang, a plus que doublé le nombre de ses écoles. Les enfants des deux sexes qui y apprennent les prières et la doctrine dépassent la centaine.
« Notre jeune Confrère, M. Larrart, a fait ses premières armes dans le district de Ta-Pao. Comme prémices, il offre déjà une gerbe de 16 baptêmes d’adultes dont la préparation avait été commencée par son prédécesseur. Il a pris charge tout récemment du district voisin de Se-Lan que son titulaire, M. Brunel, a dû quitter pour refaire sa santé au Sanatorium de Hong-Kong.
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« A l’Est de la Mission, nous trouvons d’abord le district de Toan-Po, qui a reçu la visite pastorale. M Harostéguy a enregistré un chiffre de confessions bien supérieur à celui des exercices précédents. Dans plusieurs stations importantes, les chrétiens, dociles aux exhortations du missionnaire, ont fondé des sociétés pour l’entretien des écoles. Ce district a donné 169 confirmations.
« J’ai également visité l’important district de Tou-Chan, administré depuis 1900 par M. Bacqué, qui, par son zèle et son activité, a su augmenter considérablement le nombre de ses chrétiens. J’ai eu la joie de conférer le baptême à 30 adultes et d’administrer 170 confirmations. Le cher M. Bacqué a entendu plus de 1.700 confessions.
« Tin-Fan et Tong-Tchéou n’ont pas trompé les espérances que nous avions conçues ; 58 baptêmes d’adultes et quelques nouvelles familles de catéchumènes. Telle est la gerbe qu’apporte M. Darris.
« M. Noyer est satisfait de la ferveur des chrétiens de Pin-Fa, avides de recevoir les sacrements. Il enregistre 1.875 confessions et plus de 2.000 communions. Tous les enfants chrétiens, sans exception, fréquentent l’école paroissiale.
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« Les régions de Gan-Choen et Tchen-Lin, à l’Ouest de la Mission, ont été bouleversées par la guerre civile. Les planteurs d’opium se sont révoltés. La troupe est intervenue et a livré plusieurs combats où les rebelles ont eu de nombreux tués et blessés. Toute cette agitation est maintenant calmée ; mais l’administration des chrétiens a été sérieusement entravée par ces événements. Nos Confrères de ces régions ont, néanmoins, obtenu 80 baptêmes d’adultes.
« La région de Hin-Y-Fou et les pays voisins offrent toujours les mêmes beaux résultats, au milieu des mêmes difficultés. Les peuplades aborigènes viennent volontiers à notre sainte Religion ; les ouvriers évangéliques ne peuvent suffire au travail que demande la situation actuelle. De Hin-Y-Fou à Lo-Hou, nous ne comptons pas moins de 20.000 catéchumènes qui nous font concevoir de riches espérances. Les baptêmes d’adultes ont été de 519, dont 116, chez M. Williatte, à Tse-Hen ; 98, à Tche-Chou, chez M. Doutreligne ; 69, à Lo-Hou, chez M. Joseph Esquirol ; 57, à Lo-Yang, chez le Père Hia ; 45, à Tchen-Fong, dus au P. Paul Tcheou ; 47, à Hin-Y-Fou, chez M. Schotter ; 23, à Ta-Chan, chez M. Cheilletz ; enfin 54, à Hin-Y-Hien, chez M. Louis Esquirol.
« Ce dernier district est surtout composé de Chinois. M. Louis Esquirol nous a envoyé, sur l’état de sa chrétienté, une relation fort intéressante dans laquelle il constate, avec bonheur, un progrès constant.
« M. Joseph Esquirol a terminé la construction de son oratoire de Lo-Hou. Ses écoles de Lo-Kouen et de Yang-Li, ouvertes aussi aux enfants païens dont elles préparent la conversion, sont arrêtées dans leur essor par le manque de ressources. Ce zélé Confrère se félicite des résultats de l’exercice et loue particulièrement le mérite de deux dames catéchistes auxquelles il a confié l’instruction des jeunes filles et des mères de famille.
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« Dans la banlieue de Kouy-Yang, le petit district de Kay-Tchéou fait, tous les ans, de nouveaux progrès. M. Chaffanjon a baptisé 31 adultes ; il a près de 20 élèves dans son école : « Chaque année, écrit-il, je baptise régulièrement quatre ou cinq familles : tous leurs membres
« adorent et se font instruire en même temps ; c’est un total annuel de 20 à 25 baptêmes « d’adultes. Je prévois la fin prochaine de ma cueillette, parce que, à Cha-Mou-Pin, où « s’obtenaient les conversions, presque toute la population est chrétienne. C’est avec un vif « sentiment de joie que j’ai vu s’ouvrir une nouvelle station à Keou-Tchang-Pa, où quelques « familles apprennent la doctrine. »
« Le P. Pierre Yang annonce de Tcha-Tso l’ouverture de nouvelles stations tout en déclarant qu’il refuse d’inscrire les catéchumènes avant qu’ils aient commencé l’étude du catéchisme.
« Les œuvres communes de la capitale continuent à faire le bien sans bruit, mais avec fruit. L’Ecole de catéchistes a reçu une trentaine d’élèves. Trois sont déjà morts ; plusieurs ont quitté l’établissement ; il en reste encore vingt qui font preuve de solide piété et d’une grande ardeur au travail. Deux fois par an, comme au Séminaire, ils sont examinés sur les matières inscrites au programme ; j’ai eu la joie de constater que leurs progrès étaient vraiment remarquables. Ils appartiennent à toutes les races du Kouy-Tchéou ; mais l’élément chinois est en grande majorité. M. Michel a reçu, dans la personne du P. Laurent Hou, un auxiliaire dont il avait un pressant besoin.
« A Hin-Y-Fou, M. Schotter a créé une œuvre analogue pour les indigènes. Les élèves reçoivent une instruction religieuse plus complète et s’exercent à la lecture du chinois romanisé.
« Le Grand Séminaire compte 25 élèves : 5 minorés, qui passent leur temps de probation ; 8 tonsurés, qui ont achevé leur première année de théologie ; et 12 nouveaux, qui commencent l’étude de la philosophie.
« La rentrée du Petit Séminaire a donné un total de 30 élèves ; celle du Probatorium, 30 également
« Le Séminaire indigène, situé près de Hin-Y-Fou instruit 14 élèves, tous de race Dioy. Par leur bon esprit et leur application au travail, ils donnent pleine satisfaction à M. Williatte, qui en a la direction.
« Le jour de la fête des saints Pierre et Paul, j’ai conféré l’ordination sacerdotale à un de nos séminaristes chinois ; il ne tardera pas à recevoir une destination : les postes vacants ne manquent pas.
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« Au mois de novembre 1910, nous avons eu la douleur de perdre un vétéran de l’apostolat au Kouy-Tchéou, le vénérable M. Esslinger. Il était contemporain de Mgr Faurie. Pendant de longues années, il travailla avec succès dans le Sud-Est du Vicariat. Accablé par l’âge et les infirmités, il passa ses dernières années dans la retraite et la prière. Il nous a laissé l’exemple d’un missionnaire zélé, excellant surtout à instruire et à former les nouveaux chrétiens.
« La glorification de nos Martyrs produit des fruits de salut. A Kouy-Yang, une petite nièce du Bienheureux Joseph Tchang-Ta-Pong s’est fait inscrire, avec son mari et ses enfants, au nombre des catéchumènes. Elle était gravement malade : avant de mourir, elle a reçu, dans les meilleures dispositions, le sacrement régénérateur qui lui a ouvert les portes du Ciel, où elle est allée jouir, près de son grand-oncle, du bonheur des Elus. Son mari est un petit-neveu du Bienheureux Joachim Ho. Toute la famille est maintenant baptisée et remplit pieusement ses devoirs. Ce sont les seuls parents chrétiens de nos deux célèbres Martyrs de 1815 et 1839.
« Au mois d’avril 1911, MM. Fayet et Cousin, délégués selon les prescriptions du droit par Mgr Guichard, et accompagnés de quelques séminaristes, ont procédé à l’exhumation et à l’examen des ossements du Bienheureux Pierre Oû, exécuté à Tsen-Y en 1814. Le tombeau était situé près de Long-Pin, dans la campagne, à quelques lieues de la ville. Les précieuses reliques ont été transportées à Kouy-Yang. Nous aimons à penser que nos chers Martyrs plaident sans cesse auprès de Dieu les intérêts spirituels de notre Mission et qu’ils obtiendront des secours efficaces pour nous, nos chrétiens et nos œuvres, dans les heures critiques que nous traversons. »
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