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Rapport annuel des évêques

Année: 1911
Pays: Chine
Mission: Mandchourie Méridionale
Rédacteur:Mgr Choulet

II. — Mandchourie Méridionale.

Population catholique 25.864
Baptêmes d’adultes 1.463
Baptêmes d’enfants de païens 5.835
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« Sans avoir répondu à nos désirs, écrit Mgr Choulet, et quoique moins abondante que celle des années précédentes, la moisson spirituelle, qui vient d’être recueillie dans des conditions exceptionnelles, nous apporte de véritables sujets de consolations et nous donne des motifs de raviver notre courage pour de nouveaux combats.
« Le total des baptêmes s’élève à 8.292, dont 1.463 d’adultes, 5.835 de petits païens, ondoyés à l’article de la mort, et 994 d’enfants de chrétiens. Le nombre des confessions et communions annuelles a augmenté proportionnellement au nombre des fidèles. Mais une preuve que la vie chrétienne se répand dans ces cœurs nouvellement régénérés, c’est le chiffre des confessions et communions de dévotion, dépassant de beaucoup celui que nous avions enregistré dans le passé. Daigne Notre-Seigneur, par l’intercession de sa sainte Mère, bénir nos œuvres et leur faire rapporter des fruits dignes de sa divine Majesté !


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« Deux terribles maux, qui ont semé la terreur et la misère dans le pays, sont venus se joindre aux difficultés que je signalais l’an dernier.
« Les savants ont donné au premier le nom de « peste pneumonique ». Ce mal était-il connu avant sa soudaine apparition en Mandchourie ? On serait porté à répondre par la négative. Il est du moins certain que son caractère était mal défini et que ses apparitions étaient rares, car la science semblait n’avoir encore cherché et surtout n’avait trouvé aucun moyen de le combattre.
« La peste pneumonique attaque de préférence les individus d’un âge moyen ; mais elle fait aussi des victimes parmi les enfants et les vieillards. Ses premiers symptômes sont des maux de tête, une fièvre intense : viennent ensuite de l’oppression, de la toux, des expectorations caractéristiques avec crachement de sang, qui sont les indices d’une mort prochaine. La maladie dure ordinairement de trois à cinq jours ; elle se transmet surtout par le contact avec des sujets contaminés. En sortant des poumons, siège de la maladie, l’air expiré est rempli de bacilles qui, il est vrai, ne semblent pas pouvoir conserver leur virulence dans les milieux extérieurs, à l’air sec et à la lumière ; mais, dans un appartement occupé par un malade, le danger est immense ; la contamination se fait par l’appareil respiratoire et, si les précautions nécessaires ne sont pas prises, le poumon est promptement infecté.
« On trouve cependant des sujets qui semblent réfractaires au microbe pesteux. Un de nos chrétiens de Moukden était allé visiter un de ses amis malade de la peste. Il ignorait les mesures à prendre pour s’en protéger et, probablement, il ne se doutait même pas qu’il fût nécessaire d’en prendre aucune. Il rapporta chez lui les germes du mal et mourut quelques jours après. Sa famille se composait de sept membres Une femme déserta le logis dès qu’elle se rendit compte du danger ; cinq personnes furent atteintes et enlevées par le fléau. Le fils aîné, qui, sans plus de précaution que son frère cadet, avait soigné les malades et enterré les morts, ne fut pas contaminé, ni même incommodé.
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« L’épidémie de la peste nous est venue de la Mongolie. Elle a été importée en Mandchourie par des chasseurs d’animaux à fourrure. De l’avis unanime des gens expérimentés, il eût été facile, à l’origine, de circonscrire le fléau ; mais on était loin de se douter, alors, des conséquences terribles de sa diffusion.
« Les journaux ont dit que Kharbine avait été le centre d’où la peste s’était répandue dans tout le Nord de la Chine. Ce n’est pas à Kharbine qu’elle s’est d’abord déclarée, mais plus au Nord. Toutefois, c’est à Fou-Kia-Tien, quartier chinois de Kharbine, qu’elle a trouvé un milieu très propice à son développement.
« Kharbine est le pays des rêves de nos Chinois. De toutes les provinces du Nord de la Chine, c’est une émigration continuelle de marchands, d’artisans, qui vont y tenter la fortune. En quelques années d’existence, Fou-Kia-Tien, qui jadis était à peine un village, a vu sa population s’élever à plus de 40.000 âmes. Sa situation laisse beaucoup à désirer : bâtie dans un endroit marécageux, malsain, elle a déjà été plusieurs fois visitée par le choléra. La peste y trouva une population serrée, dont tous les soucis sont d’amasser le plus d’argent possible sans se préoccuper des principes les plus élémentaires de l’hygiène. Aussi ne tarda-t-elle pas à y faire de nombreuses victimes et à jeter la panique parmi ceux qui restaient debout.
« L’instinct de la conservation l’emportant, cette fois, sur l’amour des richesses, ils se mirent à déserter en foule ce pays où la mort fauchait à grands coups. Les trains qui se dirigent vers le Sud étaient bondés de fuyards. Malheureusement, beaucoup emportaient avec eux une provision de microbes. Les uns expiraient durant le trajet ; les autres, moins atteints, portaient plus loin les germes qu’ils avaient ramassés sur le terrain de la contagion ou que leur avaient communiqués leurs compagnons de route.
« C’est par suite de cet exode que le fléau se déclara à Moukden, malgré la distance de plus de mille kilomètres qui sépare Kharbine de cette ville. En présence du danger qui existait pour les régions non contaminées, les chemins de fer cessèrent de transporter les voyageurs. Mais cette mesure n’arrêta pas le mouvement ; beaucoup entreprirent, en voiture ou même à pied, le trajet qu’ils ne pouvaient plus faire par des moyens plus rapides.
« Le port de Niou-Tchouang étant fermé par les glaces, les fuyards devaient prendre la route de terre par Shan-Hai-Koan. C’est grâce à cette circonstance que la région, au Sud de Moukden, fut presque épargnée, tandis que, sur la route impériale qui conduit au Tche-Ly, villes et villages eurent bientôt à enregistrer de nombreux cas de peste.
« On les attribua d’abord à la malveillance des Japonais, qui, disait-on, avaient empoisonné les puits, afin de faire disparaître l’élément chinois du pays dont ils voulaient s’emparer. On nettoya les puits malgré le froid rigoureux de la saison ; on plaça des sentinelles pour en surveiller l’approche : toutes ces précautions n’arrêtèrent pas les ravages de la peste.
« On finit par s’apercevoir que la mort ne sortait pas des puits, mais venait des nombreux cadavres restés le long des routes que suivaient les fuyards. Les efforts se concentrèrent alors, dans chaque village, à en défendre l’entrée aux voyageurs étrangers. Des cordons sanitaires furent établis, obligeant ces voyageurs à quitter la route ordinaire, s’ils voulaient continuer leur chemin et à se frayer un passage dans la campagne déserte. Par un froid de 300 à 400 au-dessous de zéro, tout passant qui n’était pas connu dans la localité voyait se fermer devant lui les pauvres auberges du pays, et, à moins qu’il ne trouvât une maison que la peste avait fait abandonner, il devait passer la nuit à la belle étoile, n’ayant rien pour réchauffer ses membres engourdis, ne pouvant même rien se procurer pour calmer un peu sa faim. A la fonte des neiges, combien de cadavres ont été retrouvés qui, probablement, n’avaient pas été terrassés par la peste !
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« En 1899, la peste bubonique nous avait été apportée à Niou-Tchouang des ports du Sud de la Chine. Les autorités du lieu ne surent alors prendre aucune mesure pour en enrayer le progrès. C’est par centaines que, chaque jour, elle enlevait ses victimes. Cette année, les autorités chinoises ne méritent pas de reproches. Notre Vice-roi, le premier, a compris le devoir que cette situation critique lui imposait. Par ses ordres les mandarins se mirent aussi à l’œuvre ; les négligents étaient révoqués sans merci. C’est grâce aux mesures prises par eux que la Province de Moukden a moins souffert que les deux Provinces septentrionales.
« On a compté environ 34.000 victimes dans toute la Mandchourie. Sur ce nombre, la part de la Province du Sud n’est que de 6 à 7.000. Si la peste se fût d’abord déclarée chez nous, il est probable que, pris au dépourvu, nous eussions eu de plus grandes pertes à déplorer ; mais, avant que le fléau ne nous arrivât du Nord, on avait eu le temps de se procurer des renseignements sur sa nature et, surtout, sur les moyens à prendre pour s’en défendre. Le moyen que l’expérience a montré le meilleur est le masque en gaze, protégeant l’appareil respiratoire contre les microbes et purifiant l’air qu’on respire.
« Malgré toutes les précautions que nous avions pu prendre, l’apparition du fléau à Moukden ne nous laissa pas insensibles. Les nouvelles qui nous étaient arrivées des régions contaminées étaient plutôt de nature à inspirer une crainte plus qu’ordinaire. Trois Confrères de la Mission du Nord avaient été déjà emportés par l’épidémie ; le docteur Mesny, habitué à soigner des pestiférés, avait été terrassé dès son arrivée à Kharbine ; à Moukden, un docteur anglais avait trouvé la mort en voulant sauver ses malades. Le sentiment des docteurs sur l’étiologie de la peste n’avait alors rien de rassurant l’un d’eux, homme sérieux et qualifié cependant, nous assurait qu’il était impossible d’approcher un pestiféré sans contracter le mal.


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« En face de ce danger, notre premier soin fut de recourir au Sacré Cœur de Jésus pour implorer sa miséricorde et de recommander à tous nos chrétiens de se mettre sous sa protection par un vœu solennel. Quoique notre confiance reposât sur les secours d’En-Haut plus que sur les moyens humains, ces derniers ne furent pas négligés. Les Confrères furent avisée des précautions à prendre ; des désinfectants leur furent envoyés. Pour donner moins de prise au fléau, le personnel de nos écoles et catéchuménats fut licencié et les hommes de service dans les résidences eurent défense d’en sortir.
« C’est à Moukden que les chrétiens ont été le plus éprouvés. Nous avons compté une douzaine de victimes.
« A Leao-Yang, M. Roger a vu disparaître une de ses meilleures familles. « Le district de « Leao-Yang, écrit-il, a, comme celui de Moukden, payé son tribut à la sinistre visiteuse. La « peste, après avoir rôdé quelque temps autour de la ville et fait une quarantaine de victimes à « nos portes, est allée frapper un dernier coup dans une de nos chrétientés, au Sud de Leou-« Eul-Pou. Elle a emporté six personnes, composant toute une famille, la plus religieuse, je « pourrais dire la seule vraiment religieuse de l’endroit. A chacune de mes visites à la « chrétienté voisine, j’étais sûr de voir arriver la vieille Kang avec sa fille et ses trois fils. Ils « faisaient ainsi cinq lys à l’aller et autant au retour pour venir entendre la messe, et cela par « des chemins souvent détestables.
« Cette famille recevait, en février dernier, un parent venu du Nord. Le lendemain, le « visiteur, qui portait avec lui les germes de la maladie, s’alitait pour ne plus se relever. Le « surlendemain, c’était le chef de la maison qui se sentait pris à son tour. La police, avertie, « accourt aussitôt, et, sans même prendre la peine d’enlever le cadavre, fait clouer les portes et « les fenêtres de la maison. Cinq personnes vivantes se trouvent ainsi séquestrées avec un « cadavre qui devait nécessairement devenir pour tous un foyer d’infection.
« Comment dépeindre, comment imaginer même les souffrances atroces que durent « endurer, pendant les deux jours et les deux nuits qu’ils vécurent encore, ces pauvres « malheureux ! Aux angoisses intérieures de se savoir condamnés à une mort certaine se « joignaient encore les tourments du froid et de la faim, car ils n’avaient plus de combustible. « La mère, cependant, demeura jusqu’à la fin à la hauteur de sa tâche. Elle ne cessait de « consoler et d’encourager ses enfants et de prier pour le défunt. Les soldats et des païens « curieux, les entendant prier à haute voix, se demandaient entre eux : « Que sont donc ces « chrétiens, qui prient et chantent ainsi près de leurs morts ? »
« La pauvre femme n’interrompit qu’un instant sa prière : ce fut lorsqu’elle entendit clouer « les portes et les fenêtres de la maison. Mais quand on lui eut donné l’assurance que la « maison ne serait pas brûlée, elle reprit tranquillement sa prière qu’elle ne termina qu’avec le « dernier soupir. Elle est morte à genoux. Après elle s’éteignirent successivement la fille aînée « et ses trois jeunes frères. Je n’ai pu être averti à temps pour leur porter les derniers « sacrements. Ils s’étaient confessés, il y avait un mois à peine.
« Il faut toutes les lumières de la foi pour jeter un peu de clarté sur ce lugubre tableau. « Mais le seul souvenir de ces braves gens me met plus de paix et consolation au cœur que « toutes les vilenies de leurs semblables ne m’ont causé d’ennuis et de chagrins. Puissent ces « courageuses victimes intercéder auprès de Dieu pour leurs compatriotes et leur obtenir, par « le mérite de leurs prières et de leur résignation en face de la mort, la grâce de mieux vivre à « l’avenir ! »
« M. Lecouflet rapporte un fait non moins digne du nom chrétien, mais plus consolant dans « son dénouement.
« A Y-Lou, une famille païenne avait été enlevée par la peste. Un seul enfant de trois ans « avait échappé à la mort. La police l’offrit à qui voudrait le recueillir. Une famille chrétienne « du même endroit l’accepta et l’emmena chez elle. Le lendemain, l’enfant succombait, lui « aussi, à l’implacable maladie, après avoir été ondoyé avant de rendre le dernier soupir.
« La police, informée de la mort de l’enfant, se rend aussitôt sur les lieux, enlève le « cadavre, et, après avoir sommairement désinfecté la maison, consigne toute la famille et « barricade portes et fenêtres. Ces bons chrétiens sont restés ainsi enfermés pendant plusieurs « jours : aucun n’a été atteint de la peste. J’ai vu là une protection spéciale du Sacré Cœur. »
« Cette protection du Sacré Cœur s’est montrée d’une manière sensible en plusieurs circonstances. Grâces Lui en soient rendues à jamais !
« Quoique nous n’ayons eu que peu de pertes à déplorer parmi nos chrétiens, l’épidémie n’en a pas moins arrêté l’essor de nos œuvres. Elle a jeté le désarroi dans les écoles et les catéchuménats que nous avons dû licencier par mesure de prudence. Les visites des missionnaires aux chrétientés de leurs districts sont devenues impossibles, à cause des cordons sanitaires qui avaient intercepté toute communication. Les chemins de fer avaient d’ailleurs suspendu leur service ordinaire. La Mission n’a pas été seule à souffrir de cet état de choses ; le commerce a été paralysé et l’industrie a chômé durant tout l’hiver.


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« Le second désastre qui a éprouvé la Mandchourie est l’inondation. Il y avait bien une dizaine d’années que nous n’en avions pas souffert. Aussi a-t-elle causé d’autant plus de ravages que les cultivateurs, ne l’ayant pas subie depuis un long temps et se croyant désormais à l’abri, avaient remplacé la culture des céréales qui craignent peu l’humidité par d’autres genres de cultures à bénéfices plus rémunérateurs, mais qui n’ont pas l’avantage de pouvoir supporter un bain forcé prolongé.
« Une autre cause qui vint aggraver les dégâts de l’inondation fut la fonte des neiges. Jamais la neige n’était tombée avec tant d’abondance. A peine une couche avait-elle disparu qu’une autre couche recouvrait de nouveau le sol. La terre restant gelée jusqu’à une profondeur considérable, l’eau qui provenait de la fonte de ces couches successives ne s’écoulait pas et couvrait toute la campagne, enlevant aux cultivateurs même la possibilité de pénétrer dans leurs champs. L’orge et le froment ne purent pas être ensemencés ; les autres céréales ne le furent que très tard.
« Quand l’inondation se produisit, au mois de juillet, elle trouva des récoltes encore tendres qui ne purent offrir aucune résistance. Une seconde crue d’eau, plus forte que la première, se produisit vers la mi-août ; elle acheva de détruire ce que la première avait épargné. De la pointe Nord de la Mission jusqu’à la mer, sur une largeur de vingt kilomètres, la rivière Leao n’a rien laissé sur son passage. C’est la misère en perspective pour l’hiver prochain. Afin de se prémunir contre une famine, notre Vice-roi vient d’interdire l’exportation des grains qui servent à la consommation des habitants.


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« Durant le présent Exercice, nous n’avons constaté nulle part un mouvement extraordinaire de conversions vers notre sainte Religion. Certains districts fournissent à peu près les mêmes résultats chaque année ; d’autres sont soumis à des hausses ou des baisses, sans qu’il soit possible d’en analyser exactement les causes.
« Celui de San-Tai-Tse donne le beau chiffre de 227 baptêmes d’adultes. M. A. Caubrière a la bonne fortune de trouver parmi ses chrétiens de précieux auxiliaires qui lui amènent des catéchumènes, les instruisent et les forment à la vie chrétienne. Voici ce qu’il en écrit, lui-même : « Mes chrétiens ont fait avec ferveur les prières et les bonnes œuvres que Votre « Grandeur leur avait conseillées pour détourner, s’il était possible, le fléau de la peste. « Quelques hommes de San-Tai-Tse ont voulu, à cette occasion, faire davantage pour mériter « la protection du Ciel. Munis de la permission requise, ils ont organisé d’eux-mêmes une « modeste Confrérie du Sacré-Cœur de Jésus, qui compte déjà une trentaine d’hommes et de « jeunes gens, dont le but est, avec leur sanctification personnelle, la conversion des païens du « district. Ils, font la communion générale tous les premiers vendredis du mois. Cette « Confrérie rend encore d’excellents services, soit en allant remuer les tièdes jusque chez eux, « soit en prêtant son concours pour donner plus de solennité aux enterrements des chrétiens « pauvres ou éloignés. »
« Le district de Hai-Tcheng-Ta-Che-Kiao apporte une bonne contribution aux résultats généraux. M. Soumireu et son vicaire, le P. Jean Yu, ont recueilli 154 baptêmes d’adultes. De création récente, ce district compte 1.236 néophytes, qui font de nouvelles recrues dans leur parenté et parmi leurs amis. C’est ainsi, en formant boule de neige, que s’accroît le troupeau de M. Soumireu.
« La région qui comprend l’ancien parc de chasse des empereurs de Chine a été récemment ouverte à l’agriculture. Elle a été détachée du district de Kai-Yuen et confiée à M. Pérès, qui y travaille dans le silence et la solitude. Ce Confrère a recueilli 119 baptêmes d’adultes. Il administre 860 chrétiens disséminés dans deux sous-préfectures. Comme complément de ses écoles, qui fonctionnent avec succès, il a établi des cours de catéchisme du dimanche et des cours d’instruction du soir pour les ouvriers.
« La mise en pratique du Décret Quam singulari a été pour les Confrères une source de consolations. « Nous avons eu à Leao-Yang, écrit M. Roger, une première communion qui « comprenait les enfants de huit à quatorze ans. Ils étaient près de cinquante à s’approcher « pour la première fois de la sainte Table. C’était un événement que nos Chinois n’avaient « jamais vu. Cette nouveauté leur parut d’abord suspecte, et ce ne fut pas sans quelque « méfiance et même sans quelques murmures qu’ils entendirent parler du projet. Cependant, « lorsque, au jour fixé, ils virent ces petits enfants, préparés par trois jours de retraite, prendre « part au divin Banquet et en revenir avec un recueillement dont beaucoup d’entre eux « n’étaient pas capables, ils durent avouer qu’ils n’avaient jamais rien vu d’aussi touchant ni « d’aussi pieux.
« Je n’oublierai pas, ajoute M. Roger, l’émotion que j’ai éprouvée, lorsque, quelques « minutes après la communion, ils commencèrent, de leurs voix jeunes et sonores, les actes de « l’action de grâce. Le lendemain de ce grand jour, je rencontrai une fillette de huit ans qui « pleurait, je ne sais pour quelle bagatelle : il me suffit d’évoquer le souvenir de la « communion de la veille pour la voir aussitôt sécher ses larmes et ramener le sourire sur ses « lèvres. » M. Roger, qui regrette une diminution dans le nombre de ses baptêmes d’adultes, fournit une gerbe de 116 néophytes.
« M. Huchet déplore son impuissance à ramener tous ses chrétiens à 1’accomplissement de leurs devoirs religieux ; mais il se réjouit à la pensée de la ferveur de ses premiers « communiants. « Ils étaient plus de 120, dit-il. Parmi eux, dociles aux prescriptions du « Souverain Pontife, figuraient 50 petits enfants de huit à dix ans, bien préparés, pieux comme « des anges : c’était un spectacle vraiment touchant et délicieux. La plupart de ces chers petits « désirent maintenant se confesser et communier souvent et ils font de grands efforts pour « mériter cette faveur. »
« Ecoutons encore M. Bareth nous dire l’impression qu’il a retirée d’une semblable cérémonie. « Conformément au Décret Quam singulari, 67 enfants du premier âge : 45 à la « fête de l’Immaculée-Conception, 22 à celle du Patronage de Saint-Joseph, se sont présentés « à la sainte Table. C’est bien dans de telles circonstances que se remarque l’influence de la « mère chrétienne. Non contente d’envoyer son enfant aux exercices de la retraite « préparatoire, elle le surveille à la maison, le fait prier et surtout dirige sa confession. J’étais « ému en regardant le travail de ces mères, tout imprégnées de l’idée de leur importante « mission, toutes convaincues de leur influence. Que dire de la candeur de la plupart des « communiants ! Je vois encore une petite fillette de sept ans révolus, s’avançant au Banquet « Eucharistique, le sourire aux lèvres et le visage tout radieux ; c’était bien l’innocence qui « s’offrait à Celui qui a dit : Laissez venir à moi les petits enfants. »


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« Je n’ajouterai qu’un mot, conclut Mgr Choulet, sur les différentes œuvres de la Mission. Nos baptiseurs et baptiseuses se sont vus souvent arrêtés dans leurs voyages, soit à cause de la peste, soit à cause du mauvais état des routes ; mais les Sœurs de la Providence nous ont permis, par leur activité, inspirée par un saint zèle, de conserver presque dans son intégrité le chiffre ordinaire de baptêmes de petits païens. Elles viennent de reprendre la direction de l’orphelinat de Moukden.
« Notre Séminaire nous a procuré, dans le cours de l’année, quatre nouveaux prêtres. L’ordination, à laquelle prenaient aussi part cinq exorcistes et deux tonsurés, a eu lieu le 2 juillet. Des quatre prêtres, trois sont déjà dans le ministère auprès d’un ancien missionnaire, chargé de les former et de les diriger. Le quatrième, fatigué à l’époque de l’ordination, ne s’est pas encore relevé et n’a pu, jusqu’à ce jour, célébrer sa première messe.
« Plusieurs Missionnaires ont été éprouvés par la maladie pendant cet Exercice. Mais la divine Providence a eu pitié de nous et ne nous a pas demandé de plus grands sacrifices. »



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