| Année: |
1888 |
| Pays: |
Corée du Sud |
| Mission: |
Corée |
| Rédacteur: | Mgr Blanc |
II. — Corée.
Population catholique 15.416
Baptêmes de païens 1.183
Baptêmes d’enfants de païens 1.758
Jamais jusqu’à ce jour pareil chiffre de baptêmes d’adultes n’avait été obtenu en.Corée ; ces résultats dépassent ceux même des années qui ont précédé la grande persécution de 1866. Aussi cette année a-t-elle été féconde en tracasseries de tout genre. « Que de courriers de Job, écrit Mgr Blanc, j’ai reçus pendant les douze mois qui viennent de s’écouler ! L’un venait m’annoncer que M. Deguette, vaillamment occupé à instruire les nombreux catéchumènes qui s’étaient déclarés au port de Ouen-san, avait été brutalement arrêté dans son travail, et, en violation du traité franco-coréen, expulsé de sa résidence et conduit à Séoul, escorté de satellites comme un malfaiteur. Un autre venait me demander du secours pour les chrétiens du Nord-Ouest insultés, pillés et menacés d’expulsion par la populace ameutée par des satellites avides. De la province de Tjyel-la, M. Lafourcade m’écrivait : « La persécution vient d’éclater « à Tjin-an où de nombreux catéchumènes se préparaient au baptême ; les satellites sont « tombés sur un village chrétien, ont battu ceux qui leur faisaient résistance, pillé tout ce « qu’ils ont rencontré, et, finalement, mis le feu au village.
« En Kyeng-syang-to, M. Robert, qui a récolté la moisson splendide de 260 baptêmes d’adultes, a eu tout spécialement à souffrir de la jalousie de Satan, furieux de se voir enlever un si grand nombre d’âmes. Des persécutions locales plus ou moins violentes ont éclaté sur presque tous les points de son vaste district.
« A la capitale, nous avons été de longs mois dans l’inquiétude à cause des difficultés qu’a soulevées le gouvernement coréen, au sujet du terrain légitimement acquis par la mission pour y construire nos divers établissements. Dès le commencement, le Président du Ministère des Affaires Étrangères a montré une telle mauvaise foi, qu’il nous a été impossible d’entrer en accommodement, malgré notre vif désir de céder de nos droits pour rester en bons rapports avec le gouvernement. Les choses ont failli aller très loin. Un moment, il était question de jeter quelques chrétiens en prison afin de nous intimider. Nous fûmes sauvés grâce à l’intervention directe du Roi qui parla en notre faveur. Au fort de la querelle, trois élèves de notre petit séminaire furent arrêtés pour avoir franchi, sans le savoir, au cours d’une promenade, une enceinte réservée ; c’est contre eux que la vengeance coréenne se donna libre cours. Enfermés le premier mai dans une prison assez rigoureuse, ils ont eu à y endurer les premières chaleurs. Ils y seraient encore, sans l’intervention bienveillante et énergique du Chargé d’Affaires français, M. Collin de Plancy. Grâce à son appui, les difficultés que nous avions avec le gouvernement ont été aplanies, et nombre de questions litigieuses terminées à notre avantage. C’est aussi sa prompte initiative qui nous a sauvés de grands malheurs au mois de juin dernier. Une sédition menaçante faillit renouveler à Séoul les massacres de Tien-tsin. Déjà des menaces de mort avaient été proférées contre nous, déjà plusieurs Coréens, accusés faussement d’avoir vendu ou fourni des enfants aux Européens, avaient été affreusement massacrés et mutilés par une populace en délire, lorsque sur nos instances, l’affaire ayant été portée à la connaissance du Roi par les représentants des puissances étrangères, des mesures de répression furent prises qui nous sauvèrent d’un désastre. Comme on le sait, l’installation à Séoul d’un représentant de la France, sans nous donner une liberté qui n’est point inscrite dans les traités, est devenue pour nous un principe de force et de sécurité.
« Au mois de juillet dernier, nous avons aussi eu la joie de voir arriver ici quatre Sœurs de Saint-Paul de Chartres. Elles ont déjà pris en mains l’administration de nos orphelinats, et, grâce au dévouement intelligent avec lequel elles conduisent leur maison, déjà bien des améliorations ont été obtenues. Malheureusement, le local dont elles disposent est insuffisant, et il est de toute nécessité de construire un orphelinat mieux approprié aux besoins de leur œuvre.
« Une autre grande consolation de l’année a été le retour à la pratique religieuse de nombreux. chrétiens, que la crainte de la persécution ou d’autres obstacles avaient tenus éloignés de nous. C’est là la principale cause de l’augmentation du chiffre des confessions annuelles, qui dépasse de plus de 1.000 celui du précédent exercice. »
Après cet exposé général de la situation, Mgr Blanc donne sur chacun des districts quelques détails que nous résumons.
Malgré les tracasseries auxquelles il a été en butte, M. Deguette n’en a pas moins obtenu 155 baptêmes d’adultes. Ouen-san même, où tout a été mis en œuvre pour terroriser les néophytes, a tenu bon. Dix familles chrétiennes ont été expulsées du district, mais tous les catéchumènes ont persévéré, d’autres même se sont déclarés chrétiens. Non loin de là, M. Lemerre a visité 4 stations de chrétiens des montagnes et donné 18 baptêmes d’adultes. Parmi les 33 catéchumènes qu’il a inscrits, l’un d’eux, nommé Pak, lui a, par sa constance, causé. une grande joie. « Pak est un homme résolu ; il entend parler par hasard de la religion du « Maître du Ciel » et se met aussitôt à la recherche d’hommes qui la pratiquent. La Providence lui ayant fait rencontrer des chrétiens, il leur demande des livres, les lit, reconnaît la beauté et la vérité de leur doctrine et la fausseté des idoles, et brûle au su et au vu de tout son village les objets de superstitions qu’il a chez lui. Les voisins s’émeuvent et viennent demander raison de cette conduite au père du néophyte, vénérable vieillard de 72 ans, chef du village. Il répond : « Que voulez-vous ? mon fils a bien fait. Cette doctrine est à suivre. — « Nous vous dénonçons au mandarin, reprend la foule. — Comme vous voudrez, répond le « vieillard, si on m’arrête, j’emporterai ce petit livre (il tenait à la main un livre de prières) et « défierai le mandarin d’y trouver une seule fausseté. » Ce Pak a beaucoup de parents dans ce village ; tout d’abord ils lui ont fait bien des misères ; maintenant ils le laissent tranquille, disant : « Vrai, cette doctrine serait à pratiquer, cependant... » Ce Pak, quoique ardent et d’un caractère bouillant, se laisse mener comme un enfant par ceux qui sont chargés de l’instruire ; on espère qu’il ne sera pas seul à recevoir le baptême à la prochaine administration.
En Hpyeng-an-to, M. Couderc a eu 116 baptêmes d’adultes et visité 31 stations. Une sous-préfecture de son district donne les plus belles espérances, elle compte déjà 17 chrétientés. Un village tout païen et composé de 20 familles est sur le point d’embrasser la foi. L’an dernier un néophyte fervent, chassé comme chrétien de son propre village, est l’apôtre dont Dieu s’est servi pour faire connaître son saint Nom. On signale aussi un réveil des chrétiens baptisés jadis par Mgr Berneux ; en plusieurs endroits, ils redemandent les missionnaires, et comme preuve de conversion, ils ont même catéchisé un certain nombre de païens qui se préparent au baptême.
Dans la province de Hoang-hai, M. Rault est parvenu à grouper ses chrétiens trop dispersés au milieu des païens. 4 villages chrétiens ont déjà été fondés et un cinquième est en formation. Les 39 baptêmes d’adultes qu’il a donnés sont dus au zèle déployé par ses chrétiens pour l’évangélisation de leurs frères : « Une pauvre veuve m’en a amené jusqu’à trois, tous bien préparés. Elle-même, chrétienne de cœur depuis vingt ans, n’avait pas encore pu recevoir le baptême ; lorsqu’éclata la persécution de 1866, elle ne savait que son Angelus, « mais aussi, disait-elle, cette courte prière faisait ma force et mon espérance ; je ne me « rappelle pas d’avoir jamais manqué à la réciter aux heures prescrites. » Elle croyait que tout, jusqu’au nom chrétien, avait disparu dans la tourmente, et ce n’est que l’an dernier qu’elle a rencontré un chrétien. Elle s’en mise aussitôt à l’œuvre de son instruction et Dieu a magnifiquement récompensé sa foi persévérante. Sperent in te qui noverunt nomen tuum, quoniam non dereliquisti quœrenles te, Domine.
Chargé de la province du centre et d’une partie de Kyeng-kei-to, M. Doucet a visité 71 stations, entendu 3.095 confessions annuelles et conféré 184 baptêmes d’adultes. Chaque année lui amène un bon nombre de retardataires, enfants des martyrs de 1866 que la crainte avait jusque-là rendus insoucieux de leur salut. Ils sont encore nombreux surtout dans le bas Nai-hpo.
« Dernièrement, écrit ce missionnaire, au milieu d’un grand village vint à mourir une vieille femme chrétienne dont toute la famille ne pratiquait plus ; son fils fit à cette occasion toutes les superstitions en usage chez les païens, et dressa même un petit autel pour l’âme de la défunte. Sur ces entrefaites, un de ses parents, fervent chrétien, vint le voir et lui fit observer combien sa manière d’agir était indigne de sa part, et témoignait de peu de respect pour sa mère. Enhardi par les conseils de son parent, et conservant au fond de son cœur un certain respect pour notre sainte religion, notre homme, se mit à réfléchir, puis poussé par la grâce divine, en trois ou quatre coups, il fait voler aux quatre coins tout l’appareil superstitieux élevé à sa mère. Les païens s’émurent d’une pareille infraction aux usages traditionnels et accusèrent même le jeune homme près d’un noble voisin, ancien ennemi des chrétiens. Celui-ci mieux avisé leur fit comprendre que les choses avaient marché et que le mieux était de se tenir tranquille. Le jeune chrétien qui avait tant redouté la colère des païens se sentit à l’aise et se mit à pratiquer librement sa religion. »
Tjyel-la-to a été visité en grande partie par MM. Lafourcade et Baudounet. Le premier a été emporté par la fièvre typhoïde, après une administration qui lui avait donné 1.170 confessions annuelles et 52 baptêmes d’adultes.
M. Baudounet, qui a visité 57 stations et baptisé 106 adultes, a aussi failli être emporté au milieu de sa course. L’excès de travail et l’épuisement l’ont conduit à deux doigts de la tombe. M. Robert est allé à son secours et grâce à ses soins, grâce aussi au dévouement de ses chrétiens, notre confrère nous a été conservé.
Le district de M. Robert comprend aussi une partie de Tjyel-la-to et les deux tiers de la province de Kyeng-syang. Outre les 260 adultes baptisés de ses mains, ce zélé confrère a entendu 1.483 confessions annuelles. On devine au prix de quelles fatigues ces résultats ont été obtenus. M. Robert parle surtout des consolations qu’il a éprouvées.
« Dans un petit village du district de Syeng-tjyou, une femme païenne qui commençait à apprendre les prières tomba malade d’un abcès à la jambe. Après plusieurs mois de souffrances, sa plaie ne faisait que grandir, exhalant une odeur insupportable telle, que son fils, païen lui-même, ne pouvait rester dans la chambre où se trouvait sa mère à demi-mourante, pour recueillir son dernier soupir. Le catéchiste du lieu en ayant été informé partit aussitôt pour l’exhorter et la préparer au baptême. Mais le fils de la moribonde lui remontra qu’il était impossible de pénétrer dans la chambre, à cause de la mauvaise odeur. D’ailleurs, tout remède étant inutile, il le priait de vouloir bien se retirer. André, c’était le nom de notre néophyte, insiste, veut à toute force voir la malade, qui, informée elle-même de son arrivée, demande à ce qu’on l’introduise auprès d’elle. Celui-ci pénétra donc dans l’appartement, qui n’était qu’une espèce de taudis obscur, même en plein jour ; il expliqua de nouveau à la pauvre souffrante les vérités fondamentales de la religion, pendant que son fils était allé chercher quelque remède au village voisin ; l’excita à la contrition de tous ses péchés passés, et sur le désir qu’elle lui en manifesta, il lui administra le baptême qu’elle reçut avec les plus admirables dispositions. L’eau régénératrice n’eut pas plus tôt coulé sur son front qu’elle rendit son âme à Dieu. Mais quel ne fut pas l’étonnement de son fils, lorsqu’il fut de retour, en constatant, avec tous les autres gens de la maison, que toute mauvaise odeur avait disparu. Bien plus, le cadavre n’avait rien de laid, rien qui fût de nature à inspirer une frayeur quelconque, comme cela arrive d’habitude. « C’est contre toutes les lois de la nature, s’écria-« t-il ; après la mort, la mauvaise odeur devrait être plus insupportable qu’auparavant, et c’est « tout le contraire qui arrive. Quelle peut être la cause d’un pareil prodige ? »
« André profita alors de l’occasion pour lui expliquer les premières vérités de notre sainte religion, la doctrine du péché originel effacé par la réception du baptême avec tous les péchés actuels, lui parla du ciel et de l’enfer, etc. Le pauvre païen crut se trouver dans un autre monde ; il avoua qu’il n’avait jamais rien entendu de semblable, et après avoir enterré sa mère avec toutes les cérémonies chrétiennes, il se mit aussitôt à étudier les prières, lui et toute sa famille.
« Au district de An-eui, un vieillard de quatre-vingt-cinq ans, jusqu’à ce jour ennemi le plus implacable de notre sainte religion, vient de se convertir et de recevoir le sacrement de la régénération. N’est-ce pas un ouvrier de la onzième heure ? Mais autant il a été acharné à persécuter Celui qu’il adore aujourd’hui, autant il s’efforce de lui rendre un culte digne de lui. Après avoir reçu le baptême, il me disait que chaque jour il récitait mille fois les invocations de Jésus et de Marie, sans compter bon nombre d’autres prières vocales. Que le bon Dieu le conserve dans ces admirables dispositions !
« Pour la première fois, j’ai pu me rendre à Ke-tjyei, île assez vaste pour former un district, où résident un mandarin et plusieurs lieutenants militaires. Bien que l’entrée de l’île fût extrêmement difficile à cause de la police qui se montre très sévère, au moyen de mon passe-port je pus obtenir une barque et pénétrer, malgré la surveillance des gardes, au village où l’on avait préparé la réunion. Les païens connurent bientôt mon arrivée, ce qui ne pouvait se faire autrement, vu que les maisons de nos néophytes se trouvent enclavées entre celles des infidèles. Ils vinrent donc me voir dès le soir de mon arrivée, me firent mille questions sur mon pays, mes parents que j’y avais laissés, la cause de mon voyage à l’île, mon âge, etc., questions auxquelles je répondis de manière à les satisfaire tous ; puis je leur fis expliquer la doctrine par mon servant. Ils trouvèrent cette doctrine admirable et se montrèrent tout disposés à l’embrasser, demandant pour cela des livres de religion que je leur fis distribuer. Le lendemain ils assistèrent au catéchisme et aux cérémonies du baptême, car le catéchiste m’avait préparé 15 adultes qui reçurent le sacrement de la régénération le soir même. Ils vinrent encore me saluer à mon départ et me promirent tous qu’ils se feraient chrétiens. J’appris, deux mois plus tard, qu’ils avaient tenu parole et que plus de 40 d’entre eux étudiaient les prières et le catéchisme ; mais le diable ne se tint pas pour battu. Cet ennemi de toute vérité fit si bien qu’en moins de quelques mois cette chrétienté naissante fut anéantie de fond en comble. »
Pierre Youn, frère du catéchiste de l’île, et lui-même chrétien et apôtre fervent, fut arrêté sous de vains prétextes, puis conduit à Htong-yeng. Mis plusieurs fois à la torture, il refusa constamment d’apostasier et de dénoncer ses coréligionnaires. Le juge criminel embarrassé de cette résistance qu’il s’était flatté de vaincre en référa au gouverneur de Tai-kou. Celui-ci répondit : « Les chrétiens sont tous des voleurs ; qu’on envoie l’accusé à Tjin-tjyou pour l’y faire exécuter. » Pierre fut donc conduit à ce dernier tribunal, et sur la demande du juge de lui dire ce qu’il pratiquait, notre néophyte récita à haute voix les commandements de Dieu et de l’Église. Mais la sentence était déjà portée. Le juge le renvoya en prison et ordonna à ses valets de l’étrangler pendant la nuit. M. Robert ajoute : « J’ai eu le bonheur de connaître intimement le saint martyr, et je puis dire en toute confiance que c’était un chrétien fervent et rempli de zèle pour la conversion des infidèles. Déjà je fixais mes regards sur lui pour m’aider à la propagation de la foi dans les îles ; le bon Dieu me l’a ravi, mais c’est pour lui donner la couronne qu’il ne réserve qu’à ses fidèles amis. Tout me fait espérer que le sang de Pierre Youn, versé pour la foi, fera germer de nombreux fruits de salut à l’île de Ke-tjyei. »
Après dix-neuf mois d’une dure captivité, la généreuse chrétienne, Colombe He, est sortie le 29 août de la prison de Tai-kou. Par sa constance dans sa foi et l’héroïsme de sa patience, elle est sortie victorieuse de toutes les tortures, forçant l’admiration de ses compagnons de captivité et des bourreaux eux-mêmes. Elle a généreusement confessé sa foi jusqu’à la fin et confondu plus d’une fois ses juges par la sagacité de son esprit et la fermeté de ses réponses.
« A Séoul, continue Mgr Blanc, la population chrétienne augmente de plus en plus ; dans l’intérieur de la ville, j’ai eu 582 confessions annuelles et baptisé 83 adultes. M. Poisnel, en dehors des murs, a entendu 483 confessions annuelles et donné 70 baptêmes d’adultes, ce qui fait plus de 150 baptêmes d’adultes rien que pour la capitale. C’est la première fois qu’une pareille consolation nous est accordée.
« Nos premières constructions ont produit la meilleure impression sur les chrétiens et les païens. Quoique nos travaux soient encore bien modestes, la renommée aux cent bouches parle déjà de notre cathédrale qui n’est point encore commencée ; les catéchumènes s’instruisent avec plus d’ardeur, les païens se rapprochent des chrétiens, les préjugés contre nous tombent peu à peu, chacun voit dans nos constructions une preuve de la pleine liberté que le gouvernement va désormais accorder à la religion catholique. Combien nous avons été heureux de la manière dont nos chrétiens se sont conduits quand on a commencé les travaux de nivellement ! Tous les hommes valides de la capitale et des environs sont venus travailler gratuitement pendant trois jours, et cela malgré les grands froids de décembre et janvier. Vieux et jeunes y mettaient une ardeur admirable et trouvaient dans leur foi et leur contentement de quoi réchauffer leurs mains glacées par le froid. Les femmes et ceux qui ne pouvaient travailler eux-mêmes envoyaient des mercenaires à leur place. Pauvres enfants, combien ils étaient heureux de contribuer à l’érection de cette cathédrale après laquelle ils soupiraient depuis si longtemps ! Le mouvement s’est propagé plus ou moins dans les huit provinces, et chacun a envoyé sa petite obole, peu considérable il est vrai, mais qui a dû réjouir le cœur de notre divin Maître.
« Notre petit séminaire compte aujourd’hui 20 élèves, les cours s’y font régulièrement, beaucoup d’améliorations ont été faites, mais il nous manque des bâtiments.
« Nous avons eu le bonheur de faire notre retraite annuelle dans les premiers jours d’octobre ; par la grâce de Dieu tout le monde y est venu, c’est la première fois que nous nous sommes trouvés tous réunis. Aussi combien nous étions heureux de voir que tous les missionnaires de Corée sont vraiment Cor unum et anima una ! A cette occasion, j’ai endossé le vêtement ecclésiastique, ce que je n’avais pu faire encore à cause de certains empêche-ments ; nos chrétiens sont tout joyeux et tout fiers de voir leur évêque circuler librement et à découvert dans les rues de la capitale. »
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