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Rapport annuel des évêques

Année: 1911
Pays: Corée du Sud
Mission: Corée
Rédacteur:Mgr Mutel

CHAPITRE II
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Groupe des Missions de Corée
et de Mandchourie

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I. — Corée

Population catholique 76.843
Baptêmes d’adultes 3.967
Baptêmes d’enfants de païens 3 477
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« Les chiffres qui précèdent, écrit Mgr Mutel, comme le compte rendu qui va suivre, s’appliquent encore, pour la dernière fois, à l’ensemble de la Corée.
« Par Brefs du 8 avril 1911, les deux provinces méridionales de Kyeng-Syang et Tjyen-La ont été érigées en Mission distincte, sous le nom de Vicariat de Taikou : le reste de l’ancienne Mission devient le Vicariat de Séoul.
« Mgr Demange, élu évêque titulaire d’Adras, a été sacré à Séoul le 11 juin. NN. SS. Lalouyer et Choulet n’ont pas reculé devant un long voyage pour venir apporter au nouveau Prélat leur bénédiction. La fête a réuni presque tous les Missionnaires et prêtres indigènes; seuls, les plus éloignés n’ont pu y assister. Mgr Demange nous a quittés, peu après, pour s’établir à Taikou, où une réception triomphale lui a été faite par ses nouveaux enfants, heureux et fiers de posséder leur évêque à eux.
« Au point de vue du territoire, du nombre des chrétiens et de l’importance des chrétientés, le Vicariat de Taikou représente le tiers de la Mission de Corée : soit environ 26.000 chrétiens, 18 districts et 390 stations. Si l’on excepte la partie méridionale du Tjyen-La-To et le Nord de la côte du Kyeng-Syang-To, la foi a été prêchée partout, en ce sens que des chrétientés existent sur tout le territoire.

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« Le centre de la nouvelle Mission, Taikou, possède une florissante paroisse de 1.500 âmes. C’était, jusqu’ici, le fief de M. Robert, qui signale l’inauguration d’un cercle catholique pour ses jeunes gens. Des règles assez strictes, qui sont bien observées, obligent les membres du cercle à une fréquentation intense des sacrements et à une bonne instruction religieuse. Il faut, en effet, soutenir la lutte contre les protestants, et la jeunesse doit être formée en conséquence.
« Parmi les conversions de l’année, le Missionnaire compte six abjurations d’hérétiques, dont quatre étaient catéchistes.
« Chez M. Saucet, la récolte de baptêmes a été moindre que l’an dernier. C’est, d’ailleurs, la note générale. La cause de cette diminution paraît bien être l’annexion de la Corée au Japon. Les esprits ont été quelque temps désemparés, et les préoccupations ont fait remettre à plus tard l’instruction religieuse.
« A Ma-San-Hpo, M. Mousset a pu installer une école de garçons qui a reçu la reconnaissance du Gouvernement : elle est fréquentée par 50 élèves.
« Le district de Fusan a gagné quelques baptêmes sur le dernier exercice ; dans la ville même, M. Julien en compte une quinzaine.
« L’île, de Quelpaërt possède 410 chrétiens, administrés par deux Missionnaires. N’était la difficulté des routes et l’éloignement de certains postes, cette situation leur laisserait beaucoup de loisirs ; mais il n’en va pas ainsi, car le moindre voyage est une expédition. Pour tâcher de rendre plus fructueuse sa visite des stations, M. Lacrouts a donné une petite retraite et il se félicite des résultats obtenus. Le 11 février, fête de l’Apparition de Notre-Dame de Lourdes, notre Confrère a organisé, en digne enfant des Pyrénées, une pieuse manifestation qui a attiré de nombreux païens. Il a profité de cette circonstance pour les prêcher et leur faire expliquer la doctrine : excellente semence qui finira bien par lever.


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« En revenant par Mok-Hpo sur le continent, nous longeons les îles de la côte du Tjyen-La-To, qui ont donné plus de fleurs que de fruits. A un enthousiasme de douteux aloi a succédé un état de torpeur qui fait la désolation du Missionnaire. Il faut dire, à la décharge de ces néophytes, que, disséminés au milieu des païens et trop éloignés de la résidence du prêtre, ils sont naturellement portés à négliger l’observation des dimanches et d’autres devoirs plus essentiels encore.
« Proportion gardée, il en est un peu de même pour les villages de l’intérieur. Dans les chrétientés lointaines, à une ferveur peu éclairée s’allient des indépendances de conduite déconcertantes : des chrétiens prennent des brus païennes sans dispense ; d’autres vont jusqu’à donner leurs filles à des païens. Nous sommes ici, il ne faut pas l’oublier, en pays neufs, où la foi catholique n’avait, il y a quinze ans, aucun adhérent. Au centre de son district,
M. Cadars a pourtant réussi à asseoir les bases d’une solide et fervente communauté.
« Dans les postes suivants, nous retrouvons les vieux chrétiens, dont la foi est généralement très vive et la pratique de la religion exemplaire. M. Peynet remarque cependant que la bonne simplicité d’autrefois tend à disparaître et il craint que la génération qui se prépare ne vaille pas sa devancière. Soixante élèves fréquentent son école, où il s’efforce d’affermir l’instruction religieuse des enfants, vrai moyen de réagir contre l’esprit du siècle.
« De la ville de Tjyen-Tjyou, M. Baudounet annonce des résultats un peu plus maigres pour cette année. Ce cher Confrère a été retenu presque tout le temps sur le chantier de son église. Objet des rêves de toute sa vie, préparée par des économies amassées pendant vingt ans, cette construction est enfin sur pied. C’est un véritable monument qui eût pu servir de cathédrale. Mais le gros œuvre seul est achevé ; et le Missionnaire se recueille pendant quelque temps, afin de réunir les fonds qui lui permettent d’y donner la dernière main.
« Le P. Etienne Kim a été amené, il y a quelques années, à pousser une pointe jusque dans la province voisine de son territoire, dans une région éloignée de tout centre chrétien. Chaque année lui apporte quelques épis nouveaux : il compte aujourd’hui plus de 250 fidèles dans les deux districts de Ham-Yang et An-Eui.
« En dix ans, M. Vermorel a réussi à doubler son troupeau ; le chiffre de 3.000 étant dépassé, il a fallu songer à lui donner un aide. Une nouvelle station a été fondée pour un prêtre indigène qui rend le meilleur témoignage de ses chrétiens. Il a pu donner 94 baptêmes d’adultes et ramener une quarantaine de tièdes au giron de la sainte Eglise.
« C’est la dernière fois, ajoute Mgr Mutel, que je fais la revue de tous les districts qui précèdent ; car ils font partie du Vicariat de Taikou. Au point de vue des résultats, ils donnent à peu près le tiers de la récolte totale : soit 1.209 baptêmes d’adultes et 1.176 d’enfants de païens in articulo mortis.

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« Par le Tchyoung-Tchyeng-To, nous entrons dans la partie qui forme le Vicariat de Séoul.
« M. J. Gombert apporte 65 baptêmes, chiffre supérieur à celui du dernier exercice ; par contre, il signale un déchet qui est dû à l’émigration et à la tiédeur de certains néophytes. Malgré son zèle à convertir les païens de son village, un petit nombre de ceux-ci sont arrivés jusqu’au baptême. Ils le demandent, cependant, au dernier moment, et le réclament pour leurs enfants en danger de mort.
« Dans la ville de Kong-Tjyou, M. Rouvelet a fondé une petite école fréquentée par 15 élèves. Il se plaint de la misère toujours croissante; là, comme partout, elle est mauvaise conseillère.
« Les 131 baptêmes récoltés par M. Polly, ne donnent pas une idée adéquate du travail et des résultats de l’année. Il faut voir les centres nouveaux ouverts à la foi, qui donneront de belles moissons à l’avenir.
« La ville de Hai-Mi fournit 17 néophytes et 15 catéchumnènes ; les deux villes de Sye-San et Htai-An sont entamées ; celle de Hong-Tjyou, qui acceptait la bonne Parole, l’an dernier seulement, et donnait 35 baptisés, en fournit 83 durant cet exercice ; et nombreux sont encore les catéchumènes.
« Il est permis d’espérer que ce poste nouveau doublera de même sa population l’an prochain. Femmes et enfants suivent les chefs de famille et s’instruisent avec ardeur. Des recrues nous viennent de l’hérésie, qui malheureusement, nous avait devancés dans la place. Un des catéchistes protestants a fait son abjuration ; un autre s’y prépare avec son fils et sa bru, l’un et l’autre catéchistes ambulants. Dans le village même de la résidence du Missionnaire, presque toute la population est entrée au bercail, et il ne reste plus que deux familles païennes.
« Un total de 97 baptêmes constitue la récolte de M. Krempff, qui, à force de presser ses chrétiens d’instruire leurs voisins, a obtenu d’eux des efforts admirables. Sur une centaine de catéchumènes, 20 des mieux doués ont été baptisés le Samedi-Saint. Depuis lors, ce Confrère a dû se rendre au Sanatorium de Hong-Kong pour chercher le repos et des forces nouvelles. Pendant son absence, la garde de son troupeau a été assurée par ses deux voisins, MM. Polly et Devise.
« M. Devise a conduit à bonne fin la conversion d’un jeune catéchiste anglican commencée l’an passé. Même avec une quarantaine de baptêmes d’adultes, la population du district n’a point augmenté. Deux années de disette consécutives ont forcé quelques familles catholiques à émigrer ailleurs.
« Les deux stations qui se partagent la partie Nord de la Province comptent ensemble une population de 3.000 fidèles. M. Bouillon, qui en dirige 2.000, a conféré 162 baptêmes d’adultes. Il a fait de Tjyang-Ho-Ouen, sa résidence, une paroisse fervente, qui lui a donné plus de 5.000 communions de dévotion. Une école de filles a été bâtie ; elle n’attend plus que des Sœurs pour s’ouvrir.

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« A l’automne, je m’étais mis en route pour visiter le Kang-Ouen-To. Un malencontreux accident m’a forcé, au bout de quinze jours, d’interrompre ma visite. J’ai pu, néanmoins, installer M. Guillot dans son poste de Ryong-So-Mak. Il a trouvé là une chrétienté bien groupée ; sur 1.200 fidèles, 800 sont à proximité de sa demeure ; sa chapelle, pourtant assez vaste, se trouve ordinairement trop petite ; aux grandes fêtes, il distribue jusqu’à 400 communions.
« Chez M. Jaugey, j’ai eu la joie de bénir un oratoire construit dans un centre ouvert à la foi depuis six ou sept ans seulement.
« A Hpoung-Syou-Ouen, c’est une vraie église que le P. Augustin Tjyeng a réédifiée ; elle a été bénite aussi lors de ma visite. Le baptême d’une cloche et l’érection d’un double chemin de croix ont couronné cette belle fête.
« M. Rouquette, qui annonce 77 baptêmes, fait remarquer que les idées nouvelles commencent à faire invasion parmi les nouveaux convertis. Il rend, néanmoins, bon témoignage de ses chrétiens de vieille souche, qui ont su garder leur bonne simplicité.
« Dans son immense district de Ryeng-Tong, M. Lu-cas a vu son troupeau diminuer, par suite d’une émigration commandée par la disette et la misère. Il constate aussi que la propagande acharnée des protestants ne lui laisse guère le moyen de faire de nombreuses conquêtes.
« La grande Province du Ham-Kyeng reste encore presque fermée à l’Evangile. Dans le Sud, nous n’avons pas de convertis au delà de Ko-Ouen ; et il faut remonter jusqu’à l’extrême Nord pour en trouver quelques-uns, administrés par les Missionnaires du Kan-To.
« M. Poyaud a recueilli à Ouen-San une trentaine de baptêmes, dont 5 de protestants. Il note avec plaisir la ferveur de sa congrégation, qui lui a donné plus de 2.000 communions de dévotion.
« La Colonie chrétienne de Kan-To dépasse aujourd’hui 3.000 âmes. En raison de la dispersion des néophytes, il a fallu créer un troisième district occupé par le P. Pierre Tchoi. Cette région a joui d’une tranquillité parfaite ; les catéchumènes dépassent 700 et l’œuvre des conversions a donné un total de 391 baptêmes. »
Mgr de Milo, désirant donner une idée plus exacte de la bonne marche de ces stations, communique ensuite de larges extraits des comptes rendus de ses missionnaires. Il ressort de ces édifiants récits que Dieu est toujours admirable dans ses desseins de miséricorde vis-à-vis des âmes qu’il s’est choisies.

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« Pendant que nos Confrères du Kan-To étaient à Séoul, poursuit Sa Grandeur, un incendie a détruit la plus grande partie du marché de Ryong-Tjyeng-Tchou. La résidence de M. Curlier, sa chapelle, presque tout son mobilier ont été réduits en cendres. Sans se laisser abattre par cet accident, ce brave Missionnaire s’est établi, pour l’été, au village voisin ; puis il s’est mis à réparer le désastre. Ses chrétiens, bien que fort éprouvés eux-mêmes par l’incendie, ont montré une grande bonne volonté. Grâce à un don venu d’un insigne bienfaiteur de France, chapelle et résidence ont été reconstruites sur un meilleur plan.
« D’autre part, la maladie a visité M. Larribeau, qui est aujourd’hui parfaitement rétabli.
« La fondation, faite l’an dernier, de deux postes avancés dans le Nord du Hpyeng-An-To n’était point justifiée par le nombre des chrétiens à administrer, puisque nous en comptons à peine 140 ; mais il était urgent de chercher à répandre la foi catholique dans ces régions où les protestants nous ont devancés. Ce premier exercice a donné 31 baptêmes d’adultes.
« M. Bodin a fait ses premières armes à Yong-You. Son école lui a donné satisfaction : un inspecteur du Gouvernement a rendu ce témoignage, qu’elle est, dans toute la contrée, la mieux installée et celle qui donne, au point de vue de l’instruction, les meilleurs résultats.
« Un nouveau centre s’est ouvert, à 300 lys de la résidence de ce Confrère, dans les montagnes de Maing-San.
« Le district de Hpyeng-Yang a donné 84 baptêmes et celui de Chinnampo 31. Outre son école de filles, M. Lereide en a une autre de garçons, à laquelle une école païenne a demandé de se réunir. Jusqu’à présent, il y a plutôt lieu de se féliciter de cette fusion ; car les enfants païens trouvent l’occasion d’étudier la doctrine catholique.
« Dans l’ensemble, le Hoang-Hai-To nous procure 300 baptêmes d’adultes. Dans la seule ville de TjaiRyeng, M. Mélizan en a enregistré 21 ; 17 autres ont été administrés par ses chrétiens à des adultes à l’article de la mort.
« M. Wilhelm signale l’érection de deux nouveaux oratoires dans des stations éloignées.


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« Nous rentrons dans le Kyeng-Keui-To par le district de M. Le Gendre. A Song-To, c’est le statu quo dans une tension qui date déjà de plusieurs années. La campagne donne de meilleurs résultats. Une nouvelle station a été créée à Pang-A-Ta-Ri, qui compte une douzaine de néophytes et 40 catéchumènes. Le mouvement paraît sérieux ; les femmes l’ont suivi comme les hommes, et, dans certaines familles, ce sont elles qui ont fait le premier pas. Cette région, jadis visitée par Mgr Berneux, possède quelques catholiques plutôt tièdes que nous espérons voir revenir.
« Au Sud de Séoul, le district de Ha-Ou-Ko-Kai a donné 83 baptêmes, ce qui porte sa population à près de 2.500. M. Le Gac trouve sa chapelle trop étroite pour une assistance qui lui donne, aux jours de fête, jusqu’à 400 communions. Elle fut bâtie, autrefois, pour le village lui-même, qui est resté modeste ; mais les environs fournissent un contingent considérable. Le chiffre des communions de dévotion s’élève à 7.639. Ce Confrère a eu l’heureuse idée de provoquer une communion générale des enfants. Une retraite de trois jours les a préparés à la fête, qui fut de tous points splendide et a donné d’excellents fruits.
« A An-Syeng où existe déjà une école de garçons, M. A. Gombert cherche à fonder une école de filles. Etant donnée l’absence de tout établissement de ce genre dans cette ville, on peut espérer qu’elle réunira de nombreuses élèves. En attendant, ce Missionnaire a mené une vraie campagne pour obtenir que les jeunes chrétiennes apprennent du moins à lire. Ce point est en effet très important ; il est avéré que les enfants dont les mères savent lire sont les mieux instruits et qu’ils récitent plus fidèlement leur catéchisme.
« Dans un centre commercial comme Chemulpo il est difficile d’obtenir l’observation parfaite du repos dominical. M. Deneux regrette que trop de chrétiens ouvrent leur boutique dès 9 heures du matin, à leur retour de l’église. Il est juste de dire que l’assistance est nombreuse, tant à la messe qu’à la bénédiction du Saint-Sacrement. D’autre part, les exercices de dévotion du Carême sont très bien suivis. Aux mois de mars, mai, juin et octobre, la messe quotidienne réunit de nombreux fidèles. Les deux écoles de cette localité, entièrement confessionnelles, sont très fréquentées et restent une pépinière de catéchumènes.
« La paroisse de Séoul extra muros, dont la population dépasse aujourd’hui 1.800 âmes, possède une église trop étroite qu’il faudrait agrandir. M. Doucet n’en a malheureusement pas le moyen, parce que toutes ses ressources passent dans ses écoles, source d’un bien inappré-« ciable. Leur programme, écrit-il, est celui des écoles officielles ; l’instruction qu’elles « donnent n’est point inférieure à celle que reçoivent les élèves du Gouvernement. La « simplicité, la bonne tenue des petites filles, la propreté des salles de classe ont fait la « surprise des inspecteurs, qui, en trois occasions, ont donné des éloges mérités aux « excellentes Religieuses. »
« La paroisse de la cathédrale a été privée, durant une bonne partie de l’année, de la présence de son curé, M. Poisnel, que son état de santé a forcé à chercher du repos et des soins à Shang-Haï et à Hong-Kong.
« Les chrétiens japonais de Corée ont maintenant, en M. Kleinpeter, un missionnaire qui connaît leur langue et s’occupe uniquement d’eux. Son ministère exige des déplacements multiples et de longs voyages, car ces chrétiens, que les affaires ont attirés en Corée, sont dispersés sur tout le territoire. Un premier recensement a porté leur nombre à 652 : mais ce chiffre est certainement inférieur à la réalité.


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« Après trois années d’existence, notre modeste journal s’est transformé. Le Gouvernement Général n’autorise, pour le moment, que des journaux dirigés par des Japonais : tous les autres ont dû disparaître ou s’organiser en revues spéciales. C’est le dernier parti que nous avons pris, en continuant la publication sous la forme d’un Bulletin religieux, qui paraît tous les quinze jours. M. Meng en a pris la direction à la place de Mgr Demange.
« Les Pères Bénédictins sont encore occupés aux constructions. Mais, sans attendre la fin de leur installation, ils viennent d’ouvrir le premier cours d’une école destinée à nous former des maîtres chrétiens ; 23 élèves le fréquentent, presque tous internes. Le but poursuivi est d’assurer autant leur formation chrétienne et morale que leur bonne instruction. En dehors de cette œuvre, les Pères ont ouvert un atelier de menuiserie et une forge qui sont comme l’embryon d’une école industrielle. Fréquentée déjà par une cinquantaine d’apprentis, cette institution attire beaucoup la jeunesse coréenne, à tel point qu’il est impossible de satisfaire à toutes les demandes.
« Au printemps de cette année, nous avons eu la consolation de posséder parmi nous le Rme Père Abbé Supérieur Général de la Congrégation de Sainte-Odile, qui est venu visiter sa nouvelle fondation.
« Chez les Sœurs de Saint-Paul, je dois signaler un accroissement notable dans le nombre des postulantes. Ce progrès, tout providentiel, répond au besoin que nous avons de maîtresses pour les écoles de filles qui se fondent un peu partout dans la province. Les orphelinats de Séoul et de Chemulpo comptent 273 enfants. Les deux maisons ont soigné 3.695 malades, et inscrit 1.962 visites à domicile.
« La rentrée dernière a porté à 96 le nombre des élèves de notre Séminaire de Ryong-San. Cet accroissement, providentiel aussi, n’est pas sans nous apporter quelques soucis. Il a fallu construire un bâtiment nouveau pour abriter ces nouvelles recrues. En attendant son achève-ment, on a dû s’ingénier pour loger tout ce monde dans un Séminaire préparé pour 40 élèves. Et maintenant, il reste, le bâtiment paye, à subvenir à l’entretien d’un nombreux personnel. »

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