| Année: |
1912 |
| Pays: |
Corée du Sud |
| Mission: |
Taikou |
II. — Taikou
Population catholique 26.741
Baptêmes d’adultes 870
Baptêmes d’enfants de païens 776
Conversions d’hérétiques 9
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Ce premier compte rendu de la Mission de Taikou ne contient que des extraits de l’intéressante narration que fait Mgr Demange de sa première visite épiscopale. Nous éprouvons un vif et sincère regret de ne pouvoir reproduire ici tout ce rapport, très riche d’aperçus nouveaux et tout émaillé de gracieux détails.
« Je me permets, écrit Mgr d’Adras, de demander à tous ceux qui s’intéressent à l’apostolat lointain de s’unir au nouvel évêque du Vicariat de Taikou pour remercier le Maître des Apôtres des bénédictions qu’Il a données aux travaux de ses prédécesseurs au point de rendre nécessaire le partage d’un champ devenu trop vaste.
« Ainsi que le disait Mgr Mutel, dans son compte rendu de l’an dernier, « au point de vue « du territoire, du nombre des chrétiens et de l’importance des chrétientés, le Vicariat de « Taikou représente le tiers de la Mission de Corée. »
« Le dernier recensement du Gouvernement général nous a montré, toutefois, que la population y est plus dense que dans le reste de la Péninsule. La population de la partie qui forme le nouveau Vicariat est de près de 6 millions (exactement 5.907.183), contre un peu plus de 8 millions (exactement 8.148.183), pour les deux autres tiers du pays. Par suite, la proportion des chrétiens est moindre pour Taikou.
« Aux quatre provinces qui composent la nouvelle Mission ont été adjoints cinq districts civils d’une province du Nord, dont l’administration nous est nécessaire pour ne pas rendre inutiles deux postes de missionnaires, placés juste sur la frontière des deux Missions.
« Ces quatre provinces ne sont pas également favorisées au point de vue de l’évangélisation. La province du Tjyen-La septentrional contient, à elle seule, 13.506 catholiques, avec une moyenne de 2.000 fidèles par prêtre ; les deux provinces du Kyeng-Syang, Sud et Nord, viennent ensuite avec 4.925 et 6.446 respectivement, soit 1.600 chrétiens par prêtre ; enfin, le Tjyen-La méridional, dont la plus grande partie n’a pas été évangélisée, ne fournit qu’un total de 1.543 catholiques, soit 386 fidèles par missionnaire.
« On a souvent remarqué que les vieilles chrétientés étaient inférieures aux nouvelles, au point de vue du prosélytisme. Nos chiffres, pour cette année, confirment cette constatation.
« Parmi plusieurs raisons données par les ouvriers apostoliques chez lesquels les conversions sont en baisse, la principale, qui se retrouve dans tous les rapports, est la difficulté croissante de la vie matérielle, qui, ici comme ailleurs, suit la même progression que la civilisation naissante.
« L’annexion a donné aux Coréens une sécurité inconnue autrefois. Mais une conséquence désastreuse de cette annexion a été de trouver sans défense leur imprévoyance. De nombreux émigrants du Japon se sont présentés pour acheter des terrains : ils les trouvaient à un prix bien inférieur à celui des terrains semblables du Japon, mais qui paraissait superbe aux Coréens. Peu habitués à la vue de l’argent, et toujours accablés de dettes, ceux-ci se sont trouvés saisis d’une véritable fièvre de vendre. Les sommes reçues ont été vite englouties par les créanciers ; ce qui restait a coulé rapidement entre les mains de ce peuple enfant, et, le prix de toutes choses augmentant, ils se voient obligés de s’adresser à de nouveaux prêteurs. Sans transition, le vieux temps a fait place à une époque de lutte pour la vie, à laquelle les Coréens, toujours isolés, n’étaient pas préparés ; quand ils comprendront la nécessité de s’y faire, la plupart n’en auront plus le moyen.
« Si, pendant cet exercice, le prosélytisme a été en baisse, la formation chrétienne a progressé d’une façon bien consolante. Bien que l’accroissement des confessions annuelles n’ait été que de 361 sur le précédent exercice, les Missionnaires ont enregistré une augmentation de près de 5.000 confessions de dévotion et de près de 14.000 communions répétées.
« En considérant la situation actuelle, et en prévoyant l’avenir, nous restons confiants.
« Les idées changent et continueront à changer, mais pas si vite que nous ne puissions y tenir tête, si nous savons mettre à la hauteur des attaques qui se présenteront l’instruction de nos fidèles. Pour atteindre les païens, il nous faudra agir plus directement et aider d’une manière plus positive le zèle de nos chrétiens qui a été et reste encore l’agent presque exclusif des conversions. Les infidèles ne sont pas et ne seront pas de si tôt réfractaires. Le sérieux de la vie de nos néophytes est la meilleure garantie du sérieux de leur foi. Elle est aussi, croyons-nous, une des causes des sentiments plutôt bienveillants des autorités à notre égard..
« Les rapports entre les fonctionnaires Japonais et les Missionnaires ou prêtres indigènes sont partout cordiaux. Tout ce que nous pouvons demander, c’est qu’on nous laisse profiter, pratiquement, de la liberté de la religion, que reconnaît la Constitution japonaise, et cela, jusqu’ici on le fait. Rien, dans cette Mission, n’a montré pendant cet exercice, que 1’étroitesse de quelques subalternes s’inspirât des chefs ou s’appuyât sur eux.
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« Ces considérations générales faites, ajoute Mgr Demange, jetons un coup d’œil rapide sur les détails.
« J’ai tenu, dès le début., à prendre une connaissance un peu générale de toute la Mission, et ma première visite pastorale m’a conduit dans tous les postes.
« Pour me rendre de la partie Orientale, où se trouve Taikou, dans la partie Occidentale de la Mission, il me faut passer sur le territoire du Vicariat voisin de Séoul. Les deux parties de la Mission de Taikou, orientale et occidentale, sont, en effet, malheureusement, séparées par une grande chaîne de montagnes, presque impraticables, de sorte que le passage direct de l’une dans l’autre est impossible.
« J’ai donc pris, au commencement de septembre dernier, le train de Séoul, jusqu’à l’embranchement d’une ligne en construction, qui se dirige vers le Sud-Ouest. Je la suivis jusqu’au terminus actuel. Là, un cheval m’attendait, qui devait rester mon moyen de locomotion pendant un mois et demi.
« Le premier poste où il me porta est Kosan, administré par M. Bermond. C’est une chrétienté très florissante, en pleine montagne. Après cinq heures de voyage, sous la pluie, l’arrivée, au milieu de la procession aux flambeaux organisée par les chrétiens, me fut bien agréable. Le Missionnaire avait passé, avec son voisin, les journées précédentes au confessionnal. Pendant les trois jours de visite, je distribuai plus de mille communions. Ce n’est pas, du reste, une exception véritable. Le titulaire du poste se félicite de la ferveur de ses ouailles : pendant le dernier exercice, plusieurs fidèles négligents sont revenus aux pratiques religieuses. Sur ses 2.131 chrétiens, aucun n’a manqué au devoir pascal.
« On terminait la construction d’une école plus grande, à laquelle le Père pensait donner un essor considérable. Malheureusement la maladie a retenu M. Bermond à l’hôpital de Taikou, où il a passé deux longs mois, avec une période critique : grâce à Dieu, la malaria a pu être extirpée.
« Une petite journée de cheval nous conduit chez le Provicaire, M. Vermorel. C’est la plaine, dominée par la belle église que de longues économies et une généreuse coopération des chrétiens ont donnée au district. La bénédiction de ce monument, de style Coréen, plus apprécié et plus utilisable qu’une église de style européen, a rempli de joie le pasteur et le troupeau. Cette plaine, qui pourrait être si riche, a, depuis plusieurs années, trompé l’attente des pauvres cultivateurs, et le Provicaire est toujours en proie aux soucis que lui donne la misère de ses chrétiens. Dans une partie de cette plaine, la Compagnie de colonisation Japonaise a établi un assez gros village de catholiques, venus du diocèse de Nagasaki. Ces chrétiens, quoique déracinés, sont pleins de foi et de bonne volonté : mais, jusqu’ici, la colonisation ne leur a guère réussi, et ils sont dans une situation au moins aussi précaire que celle de leurs voisins Coréens.
« Un prêtre indigène administre une autre partie de la même plaine. Une chaumière lui sert de chapelle, et c’est en plein air que j’ai dû donner les soixante confirmations que me réservait cette station. Le Père Barthélemy Ni devra probablement quitter ce village, plein des souvenirs du premier apostolat de cette contrée. Presque tous les habitants sont devenus victimes de leur imprévoyance et, par elle, des usuriers Japonais, qui n’attendent que la construction d’une gare voisine pour les expulser de leurs pauvres maisons hypothéquées.
« De là, il faut une longue journée pour nous conduire à la capitale de la province : Tjyen-Tjyou. Pendant quatre heures, l’œil est agréablement occupé à contempler la tour de la belle église qui domine la plaine immense. Hélas ! cette église, mise en chantier, il y a plusieurs années, y est encore. Le vénéré M. Baudounet a travaillé toute sa vie pour élever ce monument à saint François-Xavier. Sapèque par sapèque, sans avoir rien reçu de France, par ses privations et celles de ses chrétiens, il a amassé pour ce sanctuaire. Puisse Dieu, pour qui il a voulu faire très beau, inspirer à quelque dévot du Patron des Missions de faire l’aumône de ce qui manque et de presser par là le couronnement de 20 années de labeurs et de soucis !
« La route est longue et difficile qui conduit de Tjyen-Tjyou à Tjin-An où le P. Etienne Kim s’est établi, dans une gorge, sur le flanc de la grande chaîne.
« La bénédiction d’une très modeste chapelle, au toit de pierres plates, et celle d’une école, à laquelle le Père a trouvé moyen de procurer un maître Japonais qu’il prépare au baptême, prirent place pendant les intervalles que la pluie nous laissa. Les chrétiens, simples, venus de très loin, à travers la montagne, bénirent cette pluie, qui empêchait l’évêque de sortir et leur permettait de satisfaire leur curiosité, un peu gênante, à la vérité, mais si affectueuse !
« M. Peynet est chargé du poste de Syou-Ryou, où l’itinéraire me conduisit ensuite. Là, une foule plus considérable encore se trouvait réunie, et tous les Confrères des environs avaient voulu être auprès du titulaire de ce beau district, pour la bénédiction de la chapelle et de l’école, cette dernière, une des plus florissantes de la Mission. « Journées inoubliables, « écrit le Missionnaire, où chacun mit du sien et prit aussi large que possible sa part de la « bonne gaîté chrétienne. »
« A Sin-Syeng-Ri, M. Mialon est content de ses chrétiens, et non sans raison. S’il ne tenait qu’à lui, ils seraient non seulement parfaits, mais à l’abri de la noire misère. Il a bâti une résidence qui défiera les tempêtes ; tout est solide à Sin-Syeng-Ri.
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« En deux jours de voyage, après avoir franchi la frontière du Tjyen-La sud, j’arrivai chez M. Cadars. C’est là un pays tout différent de ce que j’avais vu précédemment. Les chrétiens, sortis de leur village au-devant de moi, me saluaient d’un : « Loué soit Jésus-Christ ! » rude, presque agressif. C’est leur manière d’être timides. Keiryang est une oasis au milieu du désert païen, immense, hélas ! L’installation du Père est encore un campement ouvert à tous les visiteurs, comme à tous les vents. Le jeune Missionnaire, qui n’a pas connu d’autre situation depuis son arrivée de France, s’y est fait et assure ne pas en souffrir. Il en profite pour jeter la bonne semence à tout venant. J’ai donné, en une seule fois, le baptême à dix adultes très bien préparés. Les quatre beaux villages au milieu desquels le Missionnaire s’est établi, s’ébranlent vers la lumière.
« Grâce aux aumônes que sa prose, très appréciée des lecteurs des Missions catholiques, lui procure, M. Cadars pourra bientôt, espérons-le, remplacer sa grande porte, sous laquelle il dit la messe, par une vraie chapelle. Il a été au plus pressé, en fondant une école qu’il entretient en grande partie, mais pour laquelle il voudrait être plus indépendant.
« Le centre voisin de ce district est Mokpo. Il était administré à mon passage par M. Tourneux, à qui était échue une dure succession. Une époque vit, dans cette région, des conversions en masse. Dans les moissons de ce genre il y a plus de paille que de grain, et, en brûlant, la paille atteignit le bon grain. Il me fallait remplacer M. Peynet. Comme je quittais Mokpo, M. Tourneux le quittait aussi, et, en gagnant le beau poste qui lui était provisoirement confié, il crut entrer dans la Terre promise. Ses anciennes ouailles considérèrent cette mesure comme une punition ; elles en conçurent une contrition efficace ; les faibles se séparèrent des mauvais. Aussi fut-ce avec joie que, quelques jours à peine après son retour en Corée, j’envoyai M. Chargebœuf recueillir les bons épis épars. Physiquement et moralement, ce district, à peu près tout en îles, est le plus pénible de la Mission ; notre Confrère passe bien brusquement de la vie qu’il a menée, pendant douze ans, à Paris, à une nouvelle édition de celle qui précéda son départ. Ses débuts font augurer, comme prochaine, une résurrection de cette chrétienté, la seule qui m’ait mal impressionné.
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L’Ile de Quelpaërt, où quinze heures de vapeur me conduisirent ensuite, a, pendant dix ans, proposé la patience comme vertu dominante à MM. Lacrouts et Taquet, qui, depuis l’époque des massacres, en 1901, attendirent que la grâce réparât le désastre. Là où il ne restait, après la tourmente, que quelques vieilles femmes et quelques enfants, il y a actuellement 400 chrétiens bien instruits et bien pratiquants. Les Pères inscrivent avec joie 1.500 catéchumènes qui semblent sérieux. Si leurs espérances se réalisent, les années prochaines doubleront le nombre des fidèles. Et pourquoi pas ? M. Lacrouts, qui est « compatriote » de Notre-Dame de Lourdes, n’a-t-il pas eu l’heureuse idée de l’appeler à son secours ? Depuis deux ans, à la fête de son Apparition, sous des arcs de verdure d’où pendent les superbes fougères de la montagne, la belle statue de la bonne Mère reçoit les hommages de milliers d’insulaires. C’est une manifestation grandiose ; une vraie fête de l’île, à laquelle les autorités, en grande tenue, tiennent à assister.
« Parmi les instruments de la miséricorde divine près de ces pauvres gens, il faut saluer les deux Sœurs Coréennes de Saint-Paul de Chartres qui travaillent sur ce champ lointain. Elles ont fait, en y allant, un très grand sacrifice : il leur en faudrait un, plus grand, pour le quitter aujourd’hui. A l’harmonium, dans la chambre trop petite qui sert d’église, chantaient les fillettes, nombreuses, toutes, sauf deux, païennes encore. Des 60 élèves de leur école, la plus grande partie sait tout le catéchisme et possède la doctrine.
« Le voyage pour franchir la montagne, un ancien volcan, derrière laquelle se trouve M. Taquet, est long à travers la forêt vierge qui ceint le pic de 2.000 mètres. M. Taquet est tout à fait à l’extrême Sud de la Corée. Au milieu de ses chrétiens et chrétiennes, bien moins cérémonieux que ceux du continent, il apparaît comme un patriarche au centre de sa grande famille.
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« Le bateau me ramena à Fusan et je rentrai à Taikou, d’où je repartis, au début de janvier, pour la visite des provinces occidentales.
« Le poste d’un prêtre indigène, à neuf lieues de Taikou, vit aussi, au milieu d’une affluence considérable, la bénédiction d’une chapelle, construite avec les économies du P. Augustin Kim.
« Je repassai à Taikou, pour une nuit seulement, et le lendemain soir j’étais à Masanpo. M. Canelle y fait, silencieusement, ses premières armes. Il s’occupe avec succès de continuer l’école commencée par son prédécesseur, M. Mousset, à qui a été confiée la tâche peu considérable, mais encore moins consolante, de gérer les fonds de la Mission. Notre jeune Confrère a eu l’initiative de faire une école du soir pour les chrétiennes, confiées à une personne âgée ; celle, aussi, de fonder une petite revue de district. Ces deux louables initiatives ont déjà leur récompense dans l’intérêt que ses fidèles y trouvent.
« Le P. Kim Pierre semble le mandarin de Sye-Tchyen. La Mission est, en effet, établie dans les anciens bâtiments d’un relai du gouvernement que son prédécesseur, M. Julien, eut, il y a quelques années, le talent d’acquérir. Ecoles , œuvre de secours mutuels, conférences, relations avec les principaux habitants de la ville, dont il s’est acquis l’estime par ses écoles, les soins d’une chrétienté considérable, occupent incessamment le zèle de ce jeune prêtre, heureusement robuste.
« Les routes pénibles étaient finies ; par le chemin de fer, je vins à Fusan.
« Ici, c’était vraiment une fête de famille. Je me trouvais de nouveau dans cette petite maison où j’avais commencé, il y a 13 ans, ma vie de missionnaire. Combien changé tout cela ! Seule, cette petite maison, et, seules, des figures reconnues parmi les nombreux fidèles, me rappelaient ce passé.
« Dans la cour de la gare, un des terminus du Transsibérien, étaient rangés les catholiques du port et de tout le district ; au premier rang, devant les habits blancs, c’étaient les vêtements de cérémonie de la foule chrétienne des Japonais, conduits par le Maire catholique de la ville, entouré de sa famille. Tous se mirent, sans aucun respect humain, à genoux devant tout le monde pour recevoir la première bénédiction de l’Evêque.
« La trop modeste chapelle était ornée, comme les Japonais savent orner, des fleurs qu’ils avaient apportées. Le nombre des confirmations fut le double de ce qu’avait prévu M. Julien. Parmi les confirmands se trouvait un jeune Japonais qui a exactement l’âge de ma vie de missionnaire : il naquit, en effet, le lendemain de mon arrivée à Fusan. Il fut mon premier baptisé ; le premier parmi les Japonais, il a reçu de moi la confirmation, et, s’il plaît à Dieu, il sera le premier prêtre Japonais ordonné à Taikou. Depuis longtemps, ce descendant des Martyrs d’Urakami demande qu’il lui soit permis de se donner à Dieu. Je l’ai appelé à l’évêché, et, en finissant ses études primaires supérieures à l’école de la ville, il reçoit du procureur les premières leçons de latin, avant d’entrer, l’année prochaine, au Séminaire de Nagasaki.
« De Fusan, je me rendis au Nord, à Kim-Tjyen, où le P. Joseph Kim administre, avec un grand sens pratique, un district difficile, à cause de l’éloignement des stations. Deux écoles, qui font plus de vide à sa bourse qu’elles ne le remplissent de consolations, l’occupent abondamment.
« Le train me ramena à une gare intermédiaire, entre Kim-Tjyen et Taikou, d’où, à cheval, je gagnai le poste de Kasil.
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« Parmi les difficultés qui. tiennent au manque de personnel, une des plus sensibles pour moi a été l’éloignement de notre vénéré doyen, M. Achille Robert, à qui nous devons notre cathédrale. Il est allé chercher au pays natal une nouvelle provision de santé ; celle qu’il avait apportée de Besançon, il y a 35 ans, était tout à fait épuisée.
« M. Saucet a dû prendre la charge de deux districts avec près de 4.000 chrétiens. Il a passé plus de six mois à parcourir les stations du district de Taikou et de Kasil. En dehors de ces courses, il résidait à Taikou, où le soin de la paroisse de la cathédrale l’a obligé à entendre plus de 10.000 confessions, sans compter les autres travaux du ministère.
« Les chrétiens de Kasil ont, maintenant, en M. Tourneux, un pasteur dont ils sont contents, et, ce qui est mieux, qui est content d’eux.
« Taikou est la plus belle chrétienté, comme groupe, de toute la Mission. Plusieurs centaines de fidèles assistent chaque jour à la messe ; les dimanches, l’église est pleine, et, les jours de fête, quand les campagnards se joignent aux gens de la ville, elle est trop petite.
« Une Société de jeunes gens, pleins de bonne volonté, s’était formée, il y a deux ans. Un règlement, basé sur une année d’expérience, a précisé son but et utilisé ses forces. Les réunions, chaque dimanche soir, de 8 à 10 ou 11 heures, sont bien suivies : un minimum de 60 membres y prend régulièrement part. Dans ce cercle d’études, les jeunes conférenciers se forment sous la direction d’un chef-conférencier pour la doctrine, et d’un chef-conférencier pour les œuvres. Chaque mois, une séance publique, avec projections, trouve la salle bien trop petite.
« Une action sociale précise est demandée à chaque membre actif et les membres honoraires aident de leurs aumônes. Quand il est à Taikou, l’Evêque préside toutes les séances, car il a voulu s’en charger lui-même et il rêve d’en faire, non une œuvre de district particulier, mais une œuvre ramifiée dans tout le Vicariat, pour grouper toute l’élite de la jeunesse catholique. Les succursales commencent à s’établir et les prochains comptes rendus pourront donner, je l’espère, de bonnes nouvelles de cette œuvre essentielle.
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« Des œuvres particulières des districts, j’ai peu de choses à dire. Elles s’épanouissent selon l’initiative et les ressources des titulaires des postes. Les écoles sont à la fois la plus lourde charge et la plus grande source de soucis pour les ouvriers apostoliques.
« Des œuvres générales, je voudrais parler ; mais j’en suis bien empêché. Ni séminaire, ni couvent de religieuses ou de religieux, ni aucune des œuvres générales nécessaires au bon fonctionnement d’une Mission. Les quatre Religieuses indigènes, qui travaillent dans le Vicariat, nous sont prêtées par le Couvent de Séoul ; nos 18 Séminaristes empruntent l’hospitalité du Séminaire de Mgr Mutel. »
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