| Année: |
1930 |
| Pays: |
Corée du Sud |
| Mission: |
Taikou |
| Rédacteur: | Mgr Demange |
II. — Taikou.
Population catholique 37.455
Baptêmes d’adultes 1.423
Baptêmes d’enfants de païens 2.151
Conversions d’hérétiques 18
Je commence par transcrire intégralement, nous écrit Mgr Demange, un rapport daté du 9 juin 1930, dans lequel mon Provicaire donne, avec précision, une vue d’ensemble de l’état de la Mission pendant la dernière année.
« Nous devons, dit M. Mousset, remercier la divine Providence pour les bons résultats obtenus durant cet exercice, résultats dont on peut se rendre compte par la lecture des relations des ouvriers apostoliques.
« La mauvaise récolte influe toujours plus ou moins sur la vie spirituelle des chrétiens, écrivais-je l’an dernier à Votre Grandeur, et d’après cette remarque généralement vraie, il devait y avoir une diminution des fruits spirituels obtenus dans l’année présente, puisque celle-ci, plus que l’année précédente encore, a été une véritable année de disette. A la ville même de Taikou, où cependant les miséreux peuvent trouver du travail plus facilement, beaucoup ne font qu’un repas par jour, et quel repas !
« Les résultats des efforts de tous semblaient donc, humainement parlant, devoir être inférieurs à ceux des années précédentes, mais, comme l’écrivait l’an dernier Votre Grandeur, le bon Dieu dose bien épreuves et consolations ; Il a voulu que, malgré la grande misère de partout, cette année donne encore d’excellents résultats. Déjà l’exercice 1928-1929 avait été le plus consolant depuis l’érection de notre Mission, en 1911 ; cette année est encore meilleure. Les baptêmes d’adultes dépassent de 126, les baptêmes d’enfants in articulo mortis de 241, les confessions de dévotion de 18.231, et les communions de dévotion de 38.127 ; les chiffres de l’année précédente.
« Comme l’an dernier, les mêmes notes, communes à tous, se retrouvent dans les relations de cette année : émigration nombreuse au Japon, misère générale, excellents travaux des catéchistes rétribués par la Mission, auxquels on doit en bonne partie l’augmentation notable des baptêmes et des catéchumènes, et, comme l’an dernier encore, je regrette que le nombre de ces utiles auxiliaires ne puisse être augmenté.
« Il convient de signaler le mouvement important de conversions qui se dessine dans certaines régions. Dans plusieurs districts des environs de Taikou, on enregistre beaucoup de baptêmes et de nombreux catéchumènes. A Oaikoan, le mouvement commencé ne semble pas se ralentir. A Antong, le missionnaire compte 86 baptêmes ; à Hayang 50 baptêmes et plus de 150 catéchumènes ; à Sil-lyeng, où il n’y avait pas de chrétiens l’an dernier, on compte plus de 30 baptêmes et plus de 100 catéchumènes.
« Dans ces deux derniers districts, il a fallu bâtir. M. Hamon, à Hasang, grâce à un généreux bienfaiteur, a entrepris la construction d’une petite chapelle en briques, car ses chrétiens et catéchumènes ne pouvaient plus tenir dans la misérable chapelle d’antan ; et à Sil-lyeng on a acheté un vaste terrain sur lequel on a construit une chapelle de style coréen, qui semblait devoir suffire pour plusieurs années au moins, mais qui est devenue trop petite. Dans le Tjyenla Sud, la partie la plus déshéritée de toute la Mission, le bon grain, semé depuis des dizaines d’années, paraît vouloir maintenant donner des fruits. A Mokpo, les conversions se font plus nombreuses qu’elles ne l’avaient été depuis trente ans. A Koang-tjyou, capitale de la province et citadelle des Protestants dans cette région, on a acheté un terrain bien situé, et une petite maison va être construite pour réunir les 20 catéchumènes de cette ville, où jusqu’ici il n’y avait pas de chrétiens. A l’île de Quelpaert même, le P. Tchoi Jean est tout heureux de voir enfin les gens venir à lui ; il va construire une jolie chapelle pour réunir ses chrétiens et ses catéchumènes. Les deux autres provinces ne signalent pas de mouvements de ce genre, mais les progrès, quoique plus lents, sont certains. Plusieurs missionnaires, désireux d’obtenir des résultats meilleurs encore, ne se rendent pas très bien compte de la marche en avant, qui cependant est réelle. C’est ainsi que, désagréablement impressionné par la lecture d’un rapport nettement pessimiste, j’ai vite cherché la statistique des travaux de l’année pour le district en question, pensant y trouver un recul considérable sur les années précédentes, et, au contraire, j’ai trouvé partout une avance, quelquefois même assez considérable. Un seul chiffre marquait une diminution, le chiffre des tièdes.
« Donc en résumé, progrès très considérables dans une partie de la Mission, et avance maintenue dans l’autre partie, voilà ce qui ressort avec évidence de l’étude des travaux et des résultats pendant l’exercice 1929-1930.
« La maladie, comme l’an dernier, a éprouvé le Séminaire. Le béribéri nous a obligés de donner encore un mois de vacances aux séminaristes après le premier semestre. On a cherché vainement jusqu’ici la cause de cette épidémie, on cherche toujours, espérons qu’on trouvera et la cause et le remède.
Nous n’avons, heureusement, à enregistrer aucun décès cette année parmi les missionnaires, mais deux d’entre eux sont sérieusement fatigués : M. Lucas, qui a dû, après la retraite, aller se reposer et suivre un traitement assez long à l’hôpital de Shangaï, où il est encore ; et le P. Pak Jean, atteint de la fièvre typhoïde au commencement du mois de mars et qui n’est pas encore remis. Ce dernier n’a pu me donner son compte rendu, ce qui fait que, sur les statistiques, ne figurent pas les chiffres des sacrements administrés dans le district de Ratjyou.
« Chez les Sœurs, on a travaillé autant que possible : 3.250 visites de malades à domicile ont été faites, qui ont donné un bon nombre de baptêmes d’enfants et même d’adultes in articulo mortis.
« Nos postulantes sont toujours nombreuses à l’école supérieure ; parmi celles qui ont terminé leurs études, deux ont été admises à l’Université de Tôkyô. Elles y suivront leur cours pendant six années, et sortiront avec un brevet qui leur permettra d’être institutrices et même directrices d’écoles secondaires, de sorte que notre noviciat de Saint-Paul de Chartres de Taikou permettra d’assurer dans les meilleures conditions l’avenir de nos écoles. Les éléments ne manquent pas parmi les postulantes qui, ayant fini leurs études à l’école supérieure de Tôkyô, pourraient être admises à l’Université de cette ville, mais les frais considérables que nécessitent l’envoi et l’entretien d’élèves à l’Université mettent un frein à nos ambitions, si légitimes soient-elles.
« Le couvent a été très éprouvé dernièrement : en l’espace de dix jours, trois futures religieuses sont mortes : une postulante étudiante, qui avait terminé brillamment ses cours à l’Ecole supérieure et devait entrer aussi à l’Université ; une autre postulante, étudiante de première année à l’école supérieure, et une novice qui venait de commencer sa troisième année de noviciat.
« M. Julien, invité comme l’an dernier à donner aux nombreux Coréens chrétiens émigrés au Japon les secours de la religion, est parti, dès le commencement des vacances du Séminaire, pour Tôkyô, où il a passé une quinzaine de jours. Il est actuellement dans le diocèse d’Osaka. De Tôkyô, il m’écrivait que la réception des sacrements s’y était faite exactement comme elle se fait en Corée, avec récitation du catéchisme et examen de doctrine passé par tous les fidèles, quels que soient leur âge et leur condition. Il paraissait très satisfait de la ferveur de ces braves gens. »
A ce rapport d’ensemble, M. le Provicaire a joint un résumé de tous les comptes rendus des districts. La place ne me permet pas de transcrire cette analyse même en entier. Je fais un choix qui permette de se faire une idée de l’état des travaux dans les quatre provinces.
PROVINCE DE KYENG-SYANG NORD. TAIKOU. — M. Vermorel et ses deux vicaires indigènes se réjouissent de compter, pour l’exercice présent, 382 baptêmes d’enfants de païens et 92 baptêmes d’adultes, chiffres supérieurs à ceux des années précédentes ; mais ils déplorent l’exode de plusieurs familles, que la misère oblige d’aller chercher ailleurs, non pas la fortune, mais le moyen de subsister.
L’école de garçons, qui a la reconnaissance officielle, donne de plus en plus satisfaction : maîtres et élèves deviennent meilleurs d’année en année, à la grande joie de tous. J’ajouterai, à ma joie personnelle, car l’esprit des maîtres, je l’ai dit dans un compte rendu qui remonte à plusieurs années, l’esprit des maîtres m’a longtemps causé de l’inquiétude.
L’école des filles, appréciée pour l’éducation qu’y donnent les Sœurs de Saint-Paul de Chartres, justifie de plus en plus sa reconnaissance officielle et continue à être citée comme un modèle par tous. Les pauvres bâtiments anciens ont fait place à une construction nouvelle, simple, solide et bien comprise. Des renseignements, venus d’une source différente des rapports de M. Mousset, me font croire que, rentrant en Corée, je vais trouver dans cette école la plus belle de la ville. Mon cher Provicaire remercie les bienfaiteurs qui lui ont permis cette amélioration bien nécessaire, j’y joins l’expression de ma gratitude, et j’ajoute mes félicitations à lui-même pour n’avoir pas manqué d’une confiance qui, vu le prix de toutes choses en Corée et l’état de nos pauvres finances, était certes méritoire, mais qui, comme toujours, a reçu de la Providence la réponse à laquelle nous sommes habitués.
Pour l’école maternelle, le P. Kim Jean, qui la dirige avec dévouement et compétence, a été mis en demeure d’obtenir l’autorisation officielle. Celle-ci vient d’être accordée, et maintenant, pour assurer l’avenir de cette petite école, le Père, généreusement aidé par son curé M. Vermorel, prépare une maîtresse chrétienne.
L’école du soir est toujours la plus renommée de la ville, grâce aux jeunes gens qui, sans rétribution aucune, continuent à instruire régulièrement les 130 élèves qui chaque jour viennent assister aux cours. Dans les chrétientés situées en dehors de la ville, ont été établies trois écoles du soir, qui donnent de bonnes espérances.
A la paroisse Saint-Joseph, M. Deslandes voit encore augmenter le beau nombre des communions de dévotion, qui atteint cette année le chiffre de 33.058, pour un nombre total d’environ 500 fidèles. « Aux deux groupements de garçons et de filles, écrit le missionnaire, « est venu s’ajouter le groupement des jeunes gens. Les réunions de ces trois associations sont « bien suivies, vivantes et fructueuses. » Il fait aussi remarquer, et à juste titre, l’importante action de son excellent catéchiste, qui tous les jours, matin et soir, réunit les enfants, petits et grands, pour leur enseigner le catéchisme ; le dimanche, c’est le tour des adultes. Le bien fait par ce catéchiste est considérable.
OAIKOAN. — La propagande, faite par deux catéchistes prédicants, a eu comme résultat 93 baptêmes d’adultes. Ceux qui apprennent le catéchisme et donnent des espoirs sérieux, sont plus nombreux encore, et M. Cadars a en perspective une belle récolte pour l’an prochain.
ANTONG. — Ce petit district nous donne 87 baptêmes, presque tous de la ville même, si indifférente jusqu’ici. Les catéchumènes sont très nombreux, tant à la ville qu’aux environs, et le P. Sye Bernard écrit que, s’il y avait là quelqu’un de sérieux pour instruire les personnes de bonne volonté, on aurait de très beaux résultats.
YENG-TCHYEN. — Le P. Ryou André s’est lancé dans l’évangélisation des païens et le bon Dieu a béni ses efforts. A l’ancienne ville de Sil-lyeng, il y a un an, habitait une seule famille de chrétiens ; cette année, outre une vingtaine de nouveaux baptisés, on compte plus de 100 catéchumènes qui paraissent très sérieux. Pour pouvoir réunir tout ce monde, on a acheté un terrain assez vaste, et une maison spacieuse, ayant la forme d’une petite chapelle, a été construite. A la résidence du Père et dans les environs, il y a un très bon mouvement. Le Père est tout heureux, il regrette seulement que plusieurs de ses catéchumènes, ne sachant pas lire, doivent étudier plus longtemps pour savoir par cœur le catéchisme et recevoir le baptême.
HAYANG. — Ce nouveau poste promet beaucoup. A la ville même, il y a eu déjà beaucoup de baptêmes, et le nombre des catéchumènes atteint le chiffre de 139. Dans plusieurs villages voisins, il y a aussi un bon mouvement de conversions. Ces braves gens, fidèles à suivre les exercices du culte, ne pouvaient trouver place dans le modeste hangar qui servait de chapelle. Cette année, grâce à un don généreux, une petite église en briques se construit sur un très bel emplacement acheté en partie par les offrandes de ces pauvres chrétiens, qui tiennent encore à travailler gratuitement à la construction de leur chapelle, dont ils sont très fiers. Mais le plus heureux de tous est bien le titulaire du poste, M. Hamon, qui plein d’enthousiasme, espère convertir la majeure partie des habitants de l’endroit.
PROVINCE DE KYENG-SYANG SUD. EN-YANG. — Diminution sérieuse du chiffre des baptêmes, comparé au chiffre des années précédentes, et exode des chrétiens chassés de chez eux par la misère. Par contre, la ferveur des fidèles va en augmentant : M. Beaudevin enregistre une augmentation de plus de 500 confessions et 2.000 communions de dévotion. La chapelle est devenue trop petite pour les dimanches et jours de fêtes, aussi notre confrère va-t-il entreprendre la construction d’une vaste église.
FUSAN. — Dès son arrivée à Fusan, M. Bulteau, était tout marri de voir ses tout petits obligés d’aller à l’école maternelle des protestants ; aussi, cette année, il s’est mis à l’œuvre et a construit une maison assez vaste pour servir d’école maternelle et de salle de réunion pour ses chrétiens. Maintenant, loin de voir ses petits aller chez les protestants, il voit d’anciens enfants de l’école protestante venir chez lui. Son école enfantine compte 81 enfants. La salle d’école sert aussi pour l’école du soir, qui réunit 70 jeunes personnes. « Je sais bien, écrit-il, « qu’il ne faut guère attendre de résultats immédiats, j’entends des baptêmes d’élèves ; « cependant je constate que ces trop modestes œuvres font connaître la Mission catholique et, « dans bon nombre de familles, la question de l’étude de la religion est posée. »
TJINTJYOU. — Beaucoup de catéchumènes dans la région de Syountchyen, mais le Père semble douter de leur persévérance et même de celle des nouveaux chrétiens de cet endroit, tandis qu’il loue les catéchumènes et les nouveaux chrétiens de Haptchyen, qui, à tous points de vue, semblent meilleurs. Là une petite chapelle de style coréen a été construite l’année dernière, grâce à la générosité d’une nouvelle chrétienne et de son mari encore païen. Du titulaire de ce district, mon Provicaire m’écrit : « Je ne saurais assez féliciter le P. Tjyeng « Joseph pour le zèle persévérant avec lequel, sans craindre la fatigue, il s’occupe des « chrétiens de certaines stations éloignées, tâche rendue plus difficile par l’insuffisance de la « préparation initiale. »
ILE DE KETYEI. — Il est consolant de constater un renouveau de ferveur principalement chez les chrétiens de la résidence même, et j’apprends cette nouvelle avec d’autant plus de joie que, avant mon départ de Corée, j’avais dû user de rigueur pour faire comprendre à ces insulaires les exigences de la doctrine chrétienne. Au témoignage de mon Provicaire, le mérite de ce changement revient tout entier au P. Kim Paul, qui, à un jugement excellent, joint un zèle intense et persévérant. Son école paroissiale comprend 90 enfants, qui mettent de la vie dans la résidence et de la joie au cœur du pasteur.
PROVINCE DE TJYEN-LA NORD. NAPAOUI. — Les chétiens sont bons, en général, écrit le P. Ri Joseph, mais ils se gênent peu pour recevoir les sacrements et assister à la messe les jours de fêtes non chômées. Toutefois, durant cette année, on a constaté un progrès réel : les confessions de dévotion ont plus que triplé, ce qui donne bon espoir pour l’avenir. Trois associations : une pour les jeunes gens, une pour les femmes et une pour les enfants, ont été établies, qui dès maintenant portent des fruits. Outre les deux visites annuelles régulières de toutes les stations, les Pères ont fait, un peu partout, des visites supplémentaires, et c’est en partie à cela qu’il faut attribuer la grande augmentation de cette année dans le nombre des sacrements reçus. A Kounsan, sans aucun avis préalable, les chrétiens ont acheté une maison, future résidence pour le prêtre ; ils avaiens bien pensé recevoir de la Mission la majeure partie de la somme à payer, mais leur espoir ayant été frustré, ils attendent le retour de l’Evêque pour revenir à la charge. Il est évident qu’un prêtre à demeure dans ce port très fréquenté pourrait faire beaucoup de bien.
KASAIPEL. — Ce petit district n’a pas donné beaucoup, ce qui n’est pas étonnant, vu le petit nombre de chrétiens, et malheureusement le manque de concorde parmi ceux qui passent pour être les têtes de la chrétienté. Le P. Ri Ignace voudrait attaquer sérieusement la ville de Keumsan, où il y aurait espoir de réussite ; mais, comme cette ville se trouve assez éloignée de la résidence du Père, il faudrait avoir là un catéchiste sérieux pour accueillir et instruire les gens de bonne volonté.
TJIN-AN. — Le P. Ri Barthélemy présente une belle gerbe de 42 baptêmes d’adultes instruits, dont plus de moitié pour le poste de la résidence. Il attribue ce résultat en partie à l’école du soir qui fonctionne régulièrement, et ce succès, obtenu dans la chrétienté où il réside habituellement, lui fait regretter vivement que plusieurs écoles du soir dû cesser de fonctionner par suite de la misère générale.
TJYENTJYOU. — La relation du P Kim Etienne est plutôt pessimiste : il divise les chrétiens de la ville en trois catégories : fervents, à peine pratiquants et tièdes. M. Mousset, qui a visité à plusieurs reprises cette chrétienté dans le courant de l’exercice, déclare cette classification défectueuse et l’appréciation défavorable fortement exagérée. Les confessions de dévotion ont doublé cette année, et les communions sont de 6.000 plus nombreuses que l’an dernier. Grâce à un don considérable fait par un chrétien généreux, une école a été ouverte, qui donne de bons résultats : tous les enfants chrétiens peuvent maintenant recevoir une éducation chrétienne.
SYOURYOU. — Dans le district civil de Kim-Tjyei, M Lucas a quatre nouvelles stations, pauvres chrétientés composées en grande partie des montagnards qui viennent chercher du travail à la ville. Tout près de la gare a été acheté un vaste terrain qui permettra plus tard la fondation à cet endroit d’un nouveau poste. Les habitants, qui pendant de longues années étaient indifférents, viennent à nous. Le père a eu là plusieurs baptêmes, et il espère en avoir encore. A la résidence même, 70 petits et petites de sept à onze ans ont fait une retraile de trois jours pour se préparer à la communion solennelle qui a eu lieu le jour de Pâques. Les sacrements, reçus plus fréquemment, montrent qu’il y a progrès dans la vie religieuse des chrétiens. Les bonnes relations entretenues avec les païens ont permis de donner un certain nombre de baptêmes à l’article de la mort.
NEUNGTARI. — Dans ce district nouveau, il y a une hostilité marquée des païens contre les chrétiens. Pour y remédier, le P. Kim Paul junior, premier titulaire du poste, a ouvert une école, recevant indifféremment chrétiens et païens, mais les résultats espérés se font attendre ; cela ne décourage pas le jeune prêtre, et c’est heureux, car il semhle que, dans cette région, il faudra un travail considérable et de longue durée pour vaincre l’hostilité des païens. Les chrétiens, heureusement, sont fervents, et le zélé pasteur saura entretenir et accroître leur ferveur.
SIN-OUEN-RI. — M. Peschel compte, comme fruit du jubilé, une augmentation d’un millier de confessions et communions de dévotion, et aussi le retour d’une dizaine de tièdes. Bien des choses ne marchent pas aussi bien qu’il le voudrait ; mais, en vrai ouvrier apostolique, il ne se décourage pas : « Il y a bien pourtant, écrit-il, quelques motifs d’espérer « et aussi quelques progrès notables. Le chiffre de dix baptêmes d’adultes instruits et d’une « quarantaine d’enfants de païens moribonds serait peu de chose pour d’autres districts, mais « ici ces chiffres sont un motif de remercier Dieu. » Ne plaignant ni son temps ni sa peine, M. Peschel, appelé par ses confrères, a donné dans sept districts des conférences avec projections : « Que le bon grain, dit-il, jeté largement, ne reste pas sans fruit, c’est tout ce que je puis et veux ambitionner. »
POU-AN. — Les résultats obtenus dans ce district ne sont guère consolants : deux baptêmes d’adultes seulement, et peu d’espoir pour l’avenir, car dans tout le district on ne compte que neuf catéchumènes. Le P. Ri Jacques attribue cela à l’isolement de la chrétienté où il réside : là tous les habitants sont chrétiens, et il n’y a pas de païens non plus aux environs immédiats ; aussi ne cache-t-il pas son désir de changer de résidence, si possible, pour aller dans un endroit où il pourrait facilement attaquer l’élément païen.
PROVINCE DE TJYEN-LA SUD. MOKPO. — Il y a un changement à Mokpo. Pour la première fois depuis bien longtemps, le P. Tjyou Paul a la joie d’enregistrer 59 baptêmes d’adultes instruits, dont 35 pour la résidence même, et nombreux sont les catéchumènes. Le Père mérite bien cette consolation, car depuis des années il se donne une peine énorme, et ses efforts persévérants sont d’autant plus méritoires qu’il n’avait obtenu jusqu’ici aucun résultat sérieux. Actuellement le grain semé dans les larmes semble vouloir lever abondamment. Cette année, a été construite une belle et vaste salle de réunion, et l’école du soir, qu’on avait dû interrompre faute d’institutrice, a recommencé à fonctionner. Les îles continuent à végéter, sauf celles de Sangtjo et de Hatjo, qui ont donné 13 baptêmes. Plusieurs stations des îles semblent devoir bientôt disparaître, malgré les efforts du prêtre.
ILE DE QUELPAERT, DISTRICT DU NORD. — Là aussi changement en bien. Le souvenir de la persécution et des massacres de 1901 tenait toujours éloignés de nous les païens ; cette année, ils semblent vouloir se rapprocher. Le P. Tchoi Jean a donné 30 baptêmes dans la ville même, et il pense que ce bon mouvement continuera. L’ancienne chapelle ne suffisant plus, il va construire dès cette année une belle église en briques ; une somme de 5.000 yen est déjà trouvée. Malheureusement beaucoup de jeunes gens partent au Japon, et làbas ils ont de la difficulté à se maintenir bons chrétiens ; à leur retour il faut les rééduquer et leur faire perdre les mauvaises habitudes contractées durant leur séjour à l’étranger.
ILE DE QUELPAERT, DISTRICT DU SUD. — Là aussi, quelques baptêmes et espoir sérieux pour plus tard. Depuis son arrivée dans ce district, le P. He Thaddée parle de quitter Hongno pour aller s’installer à Sye-keuipo, où il pense avoir une action plus étendue sur l’élément païen ; mais comme il n’a qu’un an de présence dans ce poste ; il semble bon d’attendre encore pour avoir la certitude de ne pas lâcher la proie pour l’ombre.
La Mission de Taikou est entrée dans sa vingtième année d’existence. Pendant les deux dernières années, la maladie m’en a tenu éloigné ; dans cette épreuve, ma principale consolation était d’apprendre que, en mon absence, le mouvement en avant s’accentuait notablement. Dans quelques semaines, bien guéri et même rajeuni, j’y serai de nouveau. Dieu, si bon pour les siens, non seulement les soutient en toute difficulté, mais après l’épreuve. Il sait envoyer la joie, et combien plus largement la joie que l’épreuve !
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