| Année: |
1969 |
| Pays: |
Corée du Sud |
| Mission: |
CORÉE |
| Rédacteur: | Mgr JÉZÉGOU |
RÉGION DE CORÉE
Situation générale
Situation politique
Le slogan du gouvernement du Président Pak-Jong-Hi pour l’année 1969 est : « Construisons en combattant ». On le trouve affiché sur tous les édifices publics des villes et des campagnes, on le trouve inscrit sur les emballages de cigarettes, on le trouve tamponné sur une foule de papiers à caractère plus ou moins officiel...
Et, de fait, la politique du gouvernement est de combattre et de construire.
Combattre, ou au moins être très vigilant, sur la ligne de démarcation qui sépare la Corée du Nord de celle du Sud ; selon les nouvelles officielles, les troupes de Corée du Nord violent assez souvent cette dernière et y provoquent des escarmouches meurtrières. Combattre aussi les infiltrations d’espions et de terroristes, venant de Corée du Nord établir des réseaux d’espionnage dans le Sud (en passant quelquefois par l’étranger) ou fomenter des troubles à l’échelon local. A cet effet, dans toutes les organisations (usines nationalisées ou privées, administrations diverses), dans tous les quartiers des villes et dans tous les villages, ont été créés des groupes de milice d’autodéfense, dirigés et entraînés par des officiers ou des sous-officiers revenus à la vie civile, mais organisés comme une véritable armée et opérant en relation étroite avec la police.
Bien qu’il ne faille pas trop s’en émouvoir pour le moment, il reste certain que les difficultés avec la Corée du Nord sont sérieuses. Tout le monde se souvient de la capture d’un navire américain, le « Pueblo », au début de l’année 1968. Son équipage a dû moisir un an dans les geôles nord-coréennes, après avoir fait de multiples confessions et récité de nombreux actes de contrition. Quelques mois à peine après la libération de cet équipage, un avion américain qui, semble-t-il, était à la fois un laboratoire d’espionnage et une école d’espionnage a aussi été abattu (dans les eaux internationales peut-être), par les forces nord-coréennes, au printemps 1969, et son équipage a entièrement péri, ainsi que ses « élèves ». Des bateaux de pêche sud-coréens se font capturer de temps en temps par la marine militaire nordiste. Des terroristes bien armés arrivent à traverser la ligne de démarcation par petits groupes, ou s’en viennent débarquer loin au sud, en empruntant la voie maritime, et causent des troubles et des morts dans la population civile. Un personnage important de Corée du Nord, qui, lors d’une réunion de la Commission d’armistice, avait fait mine de s’enfuir en Corée du Sud et d’y chercher asile, s’est, en définitive, révélé être un espion de grande classe et a été capturé à… Saïgon, après une poursuite mouvementée. Or, il avait été promené et fêté de ville en ville, pour y faire des discours de propagande anti-nordiste et anti-communiste. Des espions de la Corée du Nord sont assez souvent découverts un peu partout, y compris parmi les membres du Parlement ; un député du parti gouvernemental a été arrêté comme espion au cours de l’été 1969.
On peut craindre que la Corée du Sud devienne un second Vietnam, mais on peut penser que le gouvernement prend les moyens convenables pour éviter ce malheur. Ces moyens sont la propagande, la fondation de la milice d’auto-défense, l’affermissement du pouvoir et le développement économique.
Pour asseoir son pouvoir, déjà fort et somme toute peu contesté, le Président Pak va utiliser un moyen qu’ailleurs on a bien utilisé, à savoir le référendum. Il s’agit d’amender la Constitution afin que le président, déjà élu deux fois au suffrage universel direct, puisse se présenter et se faire élire pour un troisième mandat et ainsi, ou aussi, se faire plébisciter. L’opposition est divisée et inconsistance.
Entre temps, la construction et le développement économique marchent à bonne allure. Grâce à des emprunts de capitaux étrangers, l’industrialisation progresse vivement, les kilomètres d’autoroutes se multiplient, des travaux gigantesques sont exécutés ici et là , les exportations atteignent des chiffres intéressants ; bref, le second plan quinquennal de développement économique, surtout industriel, est en bonne voie de réalisation. Les grandes villes changent d’aspect d’un mois à l’autre : de nouvelles avenues sont percées un peu partout, des voies à niveaux différents sont ouvertes, l’habitat et l’urbanisation sont en grand progrès : les quartiers-bidonvilles insalubres sont peu à peu rasés et remplacés par des ensembles de buildings de six ou sept étages ou davantage, à usage d’habitation. Malheureusement, l’effort porte surtout sur Seoul, la capitale, au point que l’on peut se demander s’il n’y a pas en fait deux Corées du Sud : Seoul d’une part, et tout le reste d’autre part. Il faut tout de même reconnaître que des usines s’implantent aussi à la périphérie de villes de moyenne importance, ou même dans des endroits assez retirés, mais qui réunissent des conditions favorables.
En même temps que pour l’assainissement des quartiers insalubres des villes, un effort réel, mais peut-être peu fructueux, est accompli pour l’assainissement moral : lutte contre la prostitution, contre la délinquance ; rassemblements des délinquants en vue d’une rééducation par le travail. Ces problèmes semblent, en réalité, insolubles, ne serait-ce qu’en raison de la forte émigration qui se produit de la campagne vers les grandes villes, où tout le monde ne peut trouver du travail ni de logement. En effet, les campagnes ne se voient guère affectées par le progrès. De plus, elles se trouvent souvent être les grandes victimes de calamités naturelles, tour à tour sécheresse et inondations, aussi catastrophiques les unes que les autres.
Bien que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, il n’y a pas de déséquilibre notoire dans la vie économique, en raison de l’élévation de la production et du revenu national. Même si le gouvernement actuel, issu directement du coup d’Etat militaire du 16 mai 1961, n’a pas atteint tous les objectifs qu’il s’était fixés au départ, nul ne peut nier qu’il a favorisé un développement très important. Il reste vrai que la politique sociale n’existe pratiquement pas et que des difficultés risquent fort de surgir un jour. En attendant mieux, on peut tout de même signaler l’effort fait en vue de simplifier les « cérémonies familiales » (mariages, funérailles, sacrifices annuels aux parents défunts et ancêtres) et surtout de diminuer les dépenses absolument ruineuses que tout le monde croyait devoir s’imposer à l’occasion de ces cérémonies. Ceci, dans le but de favoriser l’épargne, généralement peu pratiquée jusqu’ici.
Situation religieuse
En ce qui concerne les non-chrétiens, il faut signaler qu’une mosquée a été ouverte à Seoul au cours du printemps 1969. Les bouddhistes, tout en restant généralement enfermés dans leurs beaux cadres montagneux, propices aux pique-niques, font un effort, il faut le reconnaître, pour se renouveler et pénétrer les masses urbaines. Mais ils ont aussi leurs problèmes. D’abord, on ne sait trop pourquoi, le bouddhisme coréen a été, et reste, le véhicule de superstitions chamanistes, ce qui n’est pas spécialement heureux. Ensuite, il reste divisé en plusieurs sectes qui ne cessent de se combattre l’une l’autre. Enfin, aux dires de quelqu’un qui les connaît d’assez près, les jeunes aspirants-bonzes ne sont pas spécialement zélés et n’ont pas beaucoup d’esprit de foi ; ils préfèreraient de beaucoup « le ping pong à l’étude de la théologie ».
Les chrétiens séparés restent divisés en on ne sait combien de sectes et de sous-sectes. Certaines regrettent ces divisions et recherchent l’unité, d’autres se montrent tout heureuses de leur « spécificité » et ne veulent faire partie ni du Conseil œcuménique mondial des Eglises, ni du Conseil œcuménique national des Eglises, tandis que d’autres se font traiter de proprement « hérétiques » et se voient interdire l’entrée au Conseil œcuménique national.
Le pays est tellement couvert d’églises, imposantes ou modestes, qu’on pourrait le croire « superchristianisé ». Mais le pourcentage total des protestants de toutes sortes, bien que double ou triple de celui des catholiques, reste faible par rapport au chiffre de la population. A vrai dire, l’influence du protestantisme sur la vie du pays est bien plus forte que ne le laisseraient croire ses effectifs. Cela est dû à ses multiples œuvres sociales ou éducatives, ce qui est également vrai du catholicisme.
CORÉE DU SUD
POPULATION (31 mai 1968) 30 869 039
Adultes baptisés dans l’année 33 088
Catéchumènes 42 529
Catholiques baptisés 766 991
Pourcentage 2,4 %
DIOCÈSES (30 juin 1969) 13
Evêques Coréens 8
Maryknoll, (Américains) (1) 2
St-Colomban (1 Irlandais, 1 Américain) 2
M.E.P 1
Prêtres Coréens 457
Prêtres Etrangers 351
Religieuses Coréennes 2 036
Religieuses Etrangères 193
Grands séminaristes diocésains 485
Petits séminaristes diocésains 522
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(1) Dont un démissionnaire.
L’Eglise catholique — Trois événements
En ce qui concerne l’Eglise catholique, il faut noter trois événements importants. Première-ment, la Béatification, le 6 octobre 1968, de 24 des Martyrs de la grande persécution de 1866, parmi lesquels se trouvent inclus 7 évêques ou prêtres des Missions Etrangères. A cette occasion, des célébrations ont eu lieu à Seoul, sur la colline du Namsan, au Théâtre National en plein air, et à l’église commémorative des Martyrs, qui se trouve être doublée d’un musée. Des célébrations ont eu lieu dans diverses autres villes et dans bien des paroisses. A peu près tous les journaux coréens ont publié des articles très intéressants à cette occasion.
Le deuxième est la promotion de l’archevêque de Seoul au cardinalat. L’archevêque de Seoul se trouve être le plus jeune évêque de Corée et aussi le plus jeune des cardinaux. On peut penser ce que l’on veut du cardinalat, mais la promotion de l’archevêque de Seoul a, en fait, été un événement pour tout le pays, et son retour de Rome a été un véritable triomphe, transmis en direct par la télévision à une heure où, normalement, il n’y a pas d’émission. Tous les journaux ont parlé de cette promotion, certains ont choisi cet événement comme le sujet de leur éditorial. On sent que tout ce qui touche à la vie de l’Eglise intéresse le pays d’une façon ou d’une autre. On n’en est plus, en tout cas, à l’époque de la vie cachée et dangereuse des persécutions.
Troisièmement, la création du diocèse d’Andong. Cette création a été à la fois ardemment attendue par certains et violemment combattue par d’autres. Tous avaient de bonnes raisons. Le premier évêque est le P. René DUPONT, m.e.p., qui était supérieur régional de Corée au moment de son élection.
Le nouveau diocèse comprend quatre parties distinctes :
1º — 7 arrondissements civils qui constituaient l’ancien vicariat forain d’Andong. (Ce vicariat forain était une partie de l’archidiocèse de Taegu, qui avait été confié aux M.E.P. en 1956 ; il a été amputé de la ville de Pohang et de l’arrondissement environnant, qui, de nouveau, dépendent directement de Taegu.)
2º — 1 arrondissement civil, qui dépendait directement de l’archidiocèse de Taegu ;
3º — 1 arrondissement civil, qui dépendait du diocèse de Wonjou ;
4º — 2 arrondissements civils, qui dépendaient du vicariat forain de Waegwan, confié aux Bénédictins allemands, lequel dépend aussi de l’archidiocèse de Taegu. En pratique, on peut dire que l’archidiocèse de Taegu a été divisé en deux parties bien égales, si on ne considère que la superficie, la partie nord étant devenue de nouveau diocèse d’Andong.
Dans ce nouveau diocèse, les trois premières parties ci-dessus signalées (1º, 2º, 3) forment un tout assez homogène du point de vue socio-géographique : terrain pauvre, montagneux, relativement peu peuplé : la moyenne d’habitants par km2 n’y est que de 170, alors que pour l’ensemble de la Corée du Sud, elle est de 330 ; d’un traditionalisme très prononcé, peu ouvert au progrès.
Au point de vue qui intéresse la Mission de plus près, les neuf premiers arrondissements sont un véritable terrain à défricher. Sur les dix « paroisses » qui y sont établies, huit sont de fondation très récente : l’Eglise y a été implantée par la seule volonté des missionnaires. Dans tout ce secteur, les effectifs chrétiens sont, sauf exception, absolument squelettiques, et les missionnaires sont véritablement « ad gentes », aux tout premiers débuts de l’évangélisation. La densité moyenne des baptisés catholiques par rapport à l’ensemble de la population n’y atteint que 0,7 % avec une variation de 1,1 % pour la paroisse la plus fournie, à 0,2 % pour la « paroisse » la moins « installée ».
Les deux arrondissements civils de la partie ouest du diocèse, c’est-à-dire ceux qui étaient précédemment confiés au vicariat forain des Bénédictins, sont nettement plus riches, plus développés, plus peuplés, et aussi plus évangélisés. A eux seuls, ils comptent neuf paroisses et deux fois plus de chrétiens catholiques que les neuf arrondissements précédemment cités. La densité moyenne de la population catholique par rapport à la population totale est de 4,5 % avec des variations de 2 % à 6,7 % selon, les paroisses.
Pour une population de 1 720 000 habitants, le nouveau diocèse compte 27 000 catholi-ques, répartis en 19 paroisses, avec, à son service, 23 prêtres, dont 17 prêtres m.e.p., 2 prêtres séculiers coréens et 4 bénédictins, dont 1 coréen et. 3 allemands. Trois ordinations de jeunes prêtres coréens sont prévues pour décembre 1969 ; actuellement, il y a 17 grands séminaristes.
Les structures post-conciliaires
L’Eglise de Corée s’efforce de mettre en place des structures post-conciliaires, jusque dans les endroits les plus reculés. Les laïcs ayant toujours eu à jouer un grand rôle dans la vie et le développement de l’Eglise de Corée, cette tâche est peut-être plus aisée qu’en d’autres pays.
Les évêques ont tous un certain nombre de responsabilités au plan national, mais ils éprouvent bien des difficultés à sortir des affaires de leurs diocèses respectifs pour penser à des problèmes qui se posent sur un plan plus large ou plus lointain. On peut noter aussi des essais de traduction nouvelle de la Bible en commun avec les protestants, un effort réel pour mettre le rituel à la portée du commun des gens, et de grands efforts pour la publication de livres catholiques. Malheureusement, il s’agit surtout de traductions de livres français, allemands, américains ou japonais, souvent dépassés d’ailleurs. L’Eglise de Corée manque vraiment de penseurs et d’auteurs.
On peut dire que l’Eglise reste plutôt traditionaliste ; le vent de contestation qui a soufflé en Europe ou en Amérique n’a guère traversé la Sibérie ou le Pacifique, ni au plan profane, ni au plan religieux. Certains missionnaires étrangers se permettent bien de prendre des initiatives et de faire des expériences nouvelles, mais se font facilement taxer de progressistes farfelus. D’autres, par contre, estiment que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, puisqu’ils « ont l’Evangile et le droit canon » (sic).
La conférence des Supérieurs majeurs d’hommes se réunit de temps eu temps ; elle étudie les moyens de se rendre utile aux membres des divers instituts, aux évêques et à toute l’Eglise. Entre autres choses, elle a organisé une session d’études sur le bouddhisme en avril 1969, elle prépare des enquêtes de sociologie religieuse ainsi que des sessions de recyclage pour prêtres...
La région M.E.P.
Les membres de la Région ont suivi avec un profond intérêt les débats de l’Assemblée générale. Les publications de feuillets roses ou verts ont été appréciées. Mais, malgré les réunions d’information qui ont été tenues par le Régional à son retour, la plupart des confrères sont restés sur leur faim et se demandent un peu s’il y a quelque chose de nouveau, mis à part les Assistants généraux, et la publication des comptes régionaux.
On doit signaler le passage bénéfique de l’abbé PLASSON, secrétaire de la Commission épiscopale de France pour les Missions à l’extérieur, en septembre 1968, ainsi qu’une session dirigée par le P. FRISQUE, s.m.a., et professeur d’ecclésiologie au séminaire de la Mission de France, accompagné du P. Auguste KÉROUANTON, en février l969 ; la retraite annuelle, dans la semaine de la Pentecôte, dirigée par le P. MATURA, franciscain canadien d’origine polonaise qui vit habituellement à la communauté de Taizé. Bien que tout cela ait été bénéfique, le besoin d’un sérieux recyclage se fait sentir ; mais on ne sait trop comment faire, ni à qui faire appel pour nous aider. Le manque d’une connaissance suffisante de la langue anglaise sera, pour la plupart d’entre nous, un inconvénient majeur, même si d’autres sociétés missionnaires travaillant en Corée peuvent nous procurer des facilités de ce côté. A défaut de mieux, dans le groupe d’Andong surtout, les confrères se réunissent entre eux de temps en temps, pour étudier des problèmes pratiques, et en tirent un profit certain.
Groupe de Taejon
Le groupe de Taejon a été attristé par le décès du P. HALLER, le samedi 31 mai 1969. Le P. Haller était malade depuis près de dix ans, mais ne s’était jamais plaint de son état. Il était rentré en France, à la fin de 1967, pour une tentative d’opération chirurgicale, qui s’était révélée inutile. Le P. Haller avait tenu à rentrer en Corée malgré son très mauvais état de santé, et nous était revenu à la fin de décembre 1968. Jusqu’à Pâques 1969, il put encore faire quelque chose pour ses paroissiens, mais son état ne cessait de s’aggraver, et il dut être hospitalisé au début du mois de mai. Ce dernier mois fut, de toute évidence, un véritable calvaire, mais le P. Haller ne se départit jamais de son sourire et ne perdait pas l’occasion de lancer une joyeuse boutade. Pour tous, autant ses confrères que ses chrétiens, il aura été un exemple d’une valeur rare. Ses funérailles ont été triomphales.
Le P. CHIZALLET ressent très fortement la lourdeur du poids de ses 87 ans et ne quitte guère sa chambre, passant son temps à lire.
Le P. BEAUDEVIN, curé-fondateur de la paroisse de Sapkyo depuis 1966, fait progresser l’évangélisation de son district et enregistre 160 baptêmes d’adultes, principalement dans la petite ville de Sapkyo, qui compte maintenant 420 fidèles, et au bourg de Eungbong, qui en compte 413. Au point de vue matériel, il a atteint à peu près ses objectifs en terminant la construction d’une maison pour religieuses au centre paroissial, en dotant son église d’une sacristie convenable, et en construisant une belle et spacieuse chapelle au bourg important de Toksan. Il a eu la joie de voir ses fidèles augmenter de 1 500 à 1 681.
Le P. PAILLET, tout en étant malade du cœur, a remplacé le P. Jean OLLIVIER à Kyuam pendant que ce dernier était à l’Assemblée générale ; puis, à son retour, il a pris la charge de la chrétienté de Koangchon. Koangchon est une ville commerçante de 35 000 habitants, mais son évangélisation ainsi que celle des communes avoisinantes n’est, pour ainsi dire, pas commencée, si bien que le nombre de ses fidèles ne s’élève qu’à 264. Mais personne ne doute du talent d’évangéliste du P. Paillet : premier curé de cette paroisse, il assure qu’il a bon espoir de voir l’Eglise progresser ; chaque dimanche voyant arriver de nouveaux catéchumènes, l’assistance aura doublé en six mois (1).
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(1) Le P. PAILLET a dû rentrer en France sur décision médicale en décembre 1969.
TAEJON
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Vicaire général PP. BLANC Jean
Chancelier de l’évêché JÉZÉGOU Robert (1)
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Supérieur local (juillet 1969) JÉZÉGOU Robert
Conseiller régional OLLIVIER Jean
Econome régional Séoul FROMENTOUX Emile
MINISTÈRE PAROISSIAL
Popu- Catho- Adultes Catéchu-
lation liques baptisés mènes
* *
KANGKYONG 108 000 2 204 40 61 DENÈS Jacques (2)
KOANGCHON 75 000 264 62 PAILLET Auguste (3)
KYUAM 102 000 2 100 69 79 OLLIVIER Jean (4)
KEUMSARI 25 000 1 503 40 30 TELLIER Olivier (5)
SAPKYO 74 000 1 681 160 165 BEAUDEVIN Emile
Ville de TAEJON
SONGNAMDONG 40 000 1 371 139 249 HALLER François
puis
YESAN 103 000 3 416 133 160 OLLIVIER Jean
YOUGOU 75 000 633 9 50 BLANC Jean
TAEAN 120 000 751 28 31 CRINQUAND Jean (6)
GUTIERREZ Jacques
HONGSAN 35 000 770 53 50 SINGER Pierre (7)
puis
GUTIERREZ Jacques
MINISTÈRE EXTRA-PAROISSIAL
Aumônier des Sœurs de la Sainte-Famille à Séoul SINGER Pierre
ÉTUDE DE LA LANGUE
A Séoul PONCET Gilbert
PLASSIER Auguste
RETIRÉ DU MINISTÈRE
A Taejon CHIZALLET Emile (8)
* Recensement du 31 mai 1969
(1) Curé de Haptok jusqu’en 1968, chancelier de l’évêché en septembre 1968 ; aide du P. Haller à Songnamdong, puis chargé de la paroisse à la mort de celui-ci (31 mai 1969). Supérieur régional le 22 juillet 1969.
(2) Congé en 1969. Remplacé par intérim par le P. Maguet, du diocèse de Andong, et nommé chancelier de l’évêché à son retour (octobre 1969).
(3) Le P. Paillet a remplacé le P. Ollivier à Kyuam de juin 1968 à février 1969. Premier prêtre résident à la paroisse de Koangchon, fondée effectivement le 1er mars 1969.
(4) A l’Assemblée générale, et congé de juin 1968 à février 1969. Dessert en semaine Keumsari depuis avril 1969. Curé de Songnamdong le 1er septembre 1969.
(5) Congé avril-octobre 1969.
(6) Vicaire à Songnamdong jusqu’en décembre 1968. Premier prêtre chargé du district de Yougou, à partir de janvier 1969.
(7) Assure le service du dimanche à la paroisse de Keumsari depuis avril 1969.
(8) Le P. Chizallet est décédé dans sa mission le 9 janvier 1970.
Le P. SINGER, curé, du gros bourg de Hongsan depuis 1964, s’inquiète de voir ses forces physiques diminuer, alors qu’augmente le nombre de ses stations secondaires. Il s’inquiète aussi de l’exode des ruraux vers les grandes villes et de voir les meilleurs éléments de ses fidèles s’en aller l’un après l’autre. Pour tenter de retenir quelques bons éléments à la campagne, il s’efforce de les aider à trouver les moyens d’améliorer leur niveau de vie.
Le P. Jean OLLIVIER, à son retour de l’Assemblée générale a retrouvé sa paroisse de Kyuam. Il s’apprêtait à commencer la reconstruction de l’hôpital renommé de la paroisse, lorsqu’à la suite du décès du P. Haller et de la nomination d’un nouveau Régional, il a été nommé curé de la paroisse de Songnamdong, en ville de Taejon.
Le P. JÉZÉGOU, en même temps qu’il est devenu chancelier de l’évêché de Taejon à la suite du rappel du P. Cuny à Paris, est resté curé de la vieille chrétienté de Haptok jusqu’à la fin de l’année 1968. Puis, il s’est installé à Taejon pour mieux s’acquitter de son travail à l’évêché et pour aider le P. Haller à la paroisse de Songnamdong. Après le décès du P. Haller, il a dû mener les deux charges de front, malheureusement au détriment des paroissiens quelquefois. Sa nomination à la charge de Régional prive Mgr HOANG d’un collaborateur apprécié d’une part et, d’autre part, semble confirmer la tradition selon laquelle les chanceliers ne font pas long feu à l’évêché : d’abord le P. Dupont est devenu Régional au bout de deux ans, ensuite le P. Cuny est devenu Assistant à Paris au bout de six mois, enfin le P. Jézégou est devenu Régional au bout d’un an. Avis aux amateurs qui veulent « monter en grade » : devenez d’abord chancelier à l’évêché de Taejon ! La promotion est pratiquement assurée !
Le P. Jean BLANC, orné du titre de vicaire général, doit sans doute à ce titre, un peu fictif dans la réalité, d’être le seul confrère qui soit encore chargé d’une « grosse » paroisse. Il est aidé par un vicaire coréen. Bien que les difficultés ne manquent pas, l’apostolat progresse, et le bâtiment va bien aussi.
Le P. GUTIERREZ, premier curé de l’aride et vaste district de Taean, à l’extrême nord-ouest du diocèse, a réussi, non sans difficultés ni patience, à implanter l’Eglise dans la ville même de Taean et à s’attirer de nombreuses sympathies, gage d’un progrès sensible pour l’avenir. La chrétienté, bien qu’encore peu étoffée, se montre très attachante.
Le P. TELLIER, curé de la ville de Taechon jusqu’en décembre 1968, s’est vu nommer curé de la vieille chrétienté rurale, et un peu abandonnée ces dernières années, de Keumsari. Il avait commencé sa « reconversion », tout en sachant son départ proche pour un congé bien mérité. Il la continuera certainement à son retour, pour le plus grand bonheur de ses braves paroissiens. Entre temps, le service de cette paroisse était assuré par le P. Singer, son voisin du sud-ouest, pour le dimanche, et par le P. Ollivier, son voisin du nord-ouest, pour certains jours de semaine.
Le P. DENÈS, curé de la paroisse de Kangkyong depuis 1965, a, lui aussi, pris un congé de repos bien mérité. Grand amoureux de la mer, il craignait beaucoup de prendre l’avion pour s’en aller. Il a dû se résoudre à devenir « moderne », et il semble même qu’il n’ait pas tenu ses résolutions de passer ses journées à faire du kayak dans la rade de Brest, puisque, dit-on, il serait vulgairement resté sur les routes bien terrestres au volant d’une voiture ! Pendant son absence, le service de la paroisse est accompli par le P. Yves MAGUET, ex-birman, qui en est à sa deuxième année d’étude de la langue.
Le P. CRINQUAND, à la paroisse de Songnamdong, en ville de Taejon, jusqu’à la fin de l’année 1968, est devenu le premier curé de la nouvelle paroisse de Yougou. Jusqu’à ce moment, le siège de la nouvelle paroisse était une station secondaire, sans lieu de culte ni résidence. Depuis la fin de l’année 1968, il y a une église et un presbytère, et surtout des bonnes volontés en grand nombre. Depuis le début, le P. Crinquand fait porter ses efforts sur l’instruction, non seulement des catéchumènes, mais aussi des baptisés, et, à cet effet, circule souvent dans ses cinq postes secondaires.
Les deux derniers arrivés, les PP. PONCET et PLASSIER ont terminé leur première année d’étude de la langue et peuvent rendre quelques services dès maintenant.
Groupe d’Andong
« Le bon vieux papa », c’est le titre qui est accordé au P. COYOS. Responsable du vicariat forain d’Andong, il s’est donné bien du souci pour terminer la construction d’une école pour jeunes filles, qui sera dirigée par la Congrégation des Sœurs de la Doctrine chrétienne. Ces sœurs viennent du Luxembourg. Par ailleurs, le P. Coyos est spécialiste des remplacements. La création du diocèse d’Andong lui a permis de se décharger de ses responsabilités… pour se charger de celles de vicaire général. Mais, avant de les assumer, il a voulu aller respirer l’air sain de l’Alaska.
Avant de devenir l’évêque du nouveau diocèse, Mgr DUPONT était supérieur régional. La vie consistant en mouvements, le régional qu’il était et l’évêque qu’il est ne sait pas tenir en place : il est toujours sur les routes, avec tout de même quelques arrêts pour porter la bonne parole à ses sujets, à des religieuses, à des laïcs. C’est un conférencier et un prédicateur très apprécié. Ses divers talents et charismes sont reconnus partout. S’il n’était devenu évêque, il aurait été président de la Conférence des Supérieurs majeurs, mais sa nomination a bouleversé tous les plans desdits supérieurs. Sa nouvelle charge est aussi lourde qu’importante ; la voyant de loin venir, il a tout fait pour l’éviter, mais n’ayant pu y échapper, il se « reclasse » et prend son travail à cœur. Et tout le monde sait que le cœur, il l’a bien bon.
Le P. LEVERRIER, qui était curé de Yongjou jusqu’à la fin de 1968, se spécialise actuellement en bouddhisme, suit les cours de l’université bouddhique de Seoul et étudie de près la vie des moines bouddhistes..
Le P. NOËL a retrouvé sa petite communauté de Yongyang à son retour de l’Assemblée générale. Entre temps, cette paroisse avait été tenue par le P. ZIEGELMEYER, encore à l’étude de la langue, et qui a su l’occasion de faire un excellent stage pratique.
Le P. BERTRAND était curé de la paroisse importante de Pohang jusqu’à l’érection du nouveau diocèse. L’érection du diocèse apparaissant imminente et la paroisse de Pohang ne devant pas faire partie de ce diocèse, le P. Bertrand n’a pu entreprendre aucun projet sérieux, ni même en envisager. Tant à la paroisse que dans les dessertes, il a dû se contenter d’un travail un peu routinier. Le cimetière paroissial ayant été exproprié en vue de la construction d’un important centre sidérurgique, il a fallu acheter et aménager un nouveau terrain et y déplacer 140 tombes.
Le P. PELISSE était chargé des travaux de construction de l’école de jeunes filles de la ville d’Andong jusqu’à son départ en congé, au début de 1969.
Quant au P. ROUMÉGOUX, curé de la paroisse de Sinamdong, en ville de Taegu, à l’extérieur du vicariat forain, il a quitté cette paroisse en même temps que le diocèse d’Andong était érigé et en a profité pour partir en congé. Cette paroisse de Sinamdong était vraiment trop lourde pour un seul homme ; actuellement, elle est tenue par deux prêtres coréens.
Le P. BIDEAU était curé de la petite paroisse de Yongdok, à proximité de la côte est. L’apostolat y était difficile, la chrétienté étant encore embryonnaire. Le Père s’occupait aussi du reclassement d’une petite communauté de lépreux et, pour essayer d’élargir le contact avec les masses non chrétiennes, avait ouvert un jardin d’enfants. A la création du diocèse, il a été nommé à l’ouest dans l’une des deux paroisses de la ville de Sangjou, l’autre étant tenue par le P. Bertrand.
Le P. DOC, chargé de l’aride et pauvre secteur de Chongsong, éprouve de grosses difficultés à faire progresser l’évangélisation ; il a cependant eu la joie de voir un village très éloigné s’ouvrir spontanément à l’Evangile et lui donner un sujet d’espoir.
Le P. DURAND a, lui aussi, ouvert un jardin d’enfants pour essayer d’élargir les contacts avec la masse païenne. Il se plaint aussi d’une émigration si forte que, en ce qui concerne les chiffres au moins, il n’y a aucune apparence de progrès de l’Eglise.
Le P. DESCHAMPS a quitté la paroisse d’Andong pour se livrer à une étude plus approfondie des traditions et des coutumes qui constituent le fond des mœurs coréennes.
Le P. DOMON, de vicaire est devenu curé de cette paroisse, qui est la cathédrale du nouveau diocèse. Il a aussi la lourde charge de former au travail le premier prêtre coréen issu du vicariat forain d’Andong.
Les cinq étudiants en langue, les PP. FEUVRIER, GAZTAMBIDE, DIRIBARNE, MAGUET, ex-birmans, et ZIEGELMEYER ont travaillé d’arrache-pied tout en rendant des services à droite et à gauche. Le P. Ziegelmeyer a fait l’intérim de Yongyang pendant l’absence du P. Noël, puis a été nommé en avril 1969 curé de Ka Eun. Avec la fondation du nouveau diocèse, les autres ne tarderont pas à être chargés de ministère apostolique.
ANDONG (1)
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Evêque (sacré le 25 juillet 1969) Mgr DUPONT René
Vicaire forain, puis vicaire général (juillet 1969) P. COYOS Célestin
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Supérieur régional (jusqu’à sa nomination épiscopale) PP. DUPONT René
Vice-supérieur régional PELISSE Marcel (4)
MINISTÈRE PAROISSIAL (2)
Popu- Catho- Adultes Catéchu-
lation liques baptisés mènes
ANDONG 270 000 2 100 93 100 DOMON Pierre
CHONGSONG 88 000 265 45 50 DOC Roger
POHANG (3) 251 000 2 035 116 38 BERTRAND Pierre
PONGHOA 121 000 584 18 43 DURAND Armel
YECHON 161 000 1 702 26 38 MESSINI Pierre (4)
YONGDOK 128 000 288 40 42 BIDEAU Jean
YONGJOU 157 000 1 023 43 30 LEVERRIER Roger
YONGYANG 70 000 267 3 56 NOËL Roger (4)
Ville de TAEGU
SINAMDONG (3) 5 161 219 100 ROUMÉGOUX Henri (4)
MINISTÈRE EXTRA-PAROISSIAL
Aumônier du couvent et des œuvres des Sœurs de Pohang GZELLA Stanislas
Aumônier du sanatorium de Kalpyong DESLANDES Louis
Chargé de travaux PELISSE Marcel (5)
ÉTUDE
— de la langue ZIEGELMEYER Georges (6)
— et en instance d’affectation au 1er juillet 1969 FEUVRIER Louis
MAGUET Yves
GAZTAMBIDE Antoine
DIRIBARNE Pierre
— bouddhiques, Séoul LEVERRIER Roger
— coréennes, Séoul DESCHAMPS Christian
_____________
(1) Vicariat forain de l’archidiocèse de Taegu jusqu’à l’érection du nouveau diocèse d’Andong (décret du 29 mai 1969).
(2) Ce tableau ne tient pas compte des changements intervenus depuis juillet 1969.
(3) Ces paroisses dépendent directement de Taegu depuis l’érection du nouveau diocèse.
(4) Congé en 1969.
(5) Curé de Yong Ju en juillet 1969.
(6) A fait l’intérim du P. Noël (juin 1968-avril 1969). Curé de Ka Eum en avril 1969.
Les PP. DESLANDES et GZELLA sont toujours aumôniers des diverses œuvres, fondées autrefois par le premier nommé. Ces œuvres, expropriées par le nouveau complexe sidérurgique qui s’installe à proximité de la ville de Pohang, ont acquis de nouveaux terrains et déménagé leur personnel et, bien sûr, leur aumônier.
Bien des confrères s’inquiètent du fait que l’Eglise n’a pas suffisamment « percé » dans leur secteur et n’y parvient guère ; ils s’inquiètent aussi d’une certaine baisse de qualité chez leurs chrétiens ; ils s’inquiètent de ce que deviennent les nombreux chrétiens qui émigrent dans les grandes villes. L’Eglise de Corée n’a aucune politique en faveur de ces émigrés, et beaucoup de ceux-ci semblent perdre contact avec l’Eglise. Les confrères s’inquiètent aussi du fait que le nombre des conversions semble baisser et devoir baisser en même temps que, avec l’amélioration du niveau de vie, un certain « matérialisme à la japonaise » tend à s’amplifier.
Par ailleurs, même si la Corée se trouve enchantée de certains progrès et succès au plan économique, il reste bien des ombres au tableau, spécialement aux plans politique et social, et on peut facilement prévoir bien des difficultés pour l’avenir.
Enfin, il n’est pas besoin d’avoir beaucoup d’imagination pour penser que le sens des réalités spirituelles risque fort d’être de moins en moins compris et que le travail missionnaire va devenir de plus en plus ardu.
Robert JÉZÉGOU,
Supérieur régional.
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