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Lettre commune

Année: 1873
Numéro: 1
Rédacteur: DELPECH

SÉMINAIRE
DES
MISSIONS-ÉTRANGÈRES
128, rue du Bac, Paris
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A Nosseigneurs les Vicaires apostoliques
Et à Messieurs les Missionnaires
De la Société des Missions-Étrangères
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Paris, le 3 mai 1873.

NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,

L’augmentation progressive, et très-considérable en ces derniers temps, du nombre des membres de notre Société, a été pour nous un légitime sujet de grandes consolations, en nous montrant que la divine Providence proportionne ainsi d’une manière admirable le nombre des ouvriers à l’accroissement du travail.
Par une conséquence naturelle, le nombre de nos chers confrères fatigués, malades ou infirmes, s’est accru aussi très-notablement en ces dernières années. Dans cet état de choses il serait à désirer, sans doute, que tous nos vicariats fussent en mesure d’offrir à leurs membres souffrants les moyens de rétablir leur santé ou de refaire leurs forces. Mais la plupart d’entre eux, il faut bien le reconnaître, se trouvent à cet égard dans une complète impuissance, et leurs malades n’ont souvent d’autre ressource que de quitter les missions. Parmi eux il en est, et c’est le plus grand nombre, qui ne s’éloignent qu’à regret du théâtre ordinaire de leurs travaux apostoliques et du milieu naturel de leur vocation. Au fort de leurs fatigues, de leurs maladies, ou de leurs infirmités, ils appellent de leurs vœux le jour où il leur sera donné de reprendre la vie active du ministère. S’ils trouvaient à proximité de leurs missions, sous un climat favorable, un lieu de repos où seraient réunis tous les soins, toutes les distractions, tous les remèdes que réclame leur état de santé, ils préfèreraient volontiers à des voyages longs et pénibles, même à un retour en France, une station de quelques mois dans un établissement qui offrit ces avantages.
Parmi ceux que des infirmités plus graves obligent à se séparer de leurs missions pour toujours, le plus grand nombre aussi, nous en avons la conviction, aimeraient à trouver à proximité du sol béni où il a plu à la divine Providence de les envoyer, un lieu de retraite pour y finir pieusement et tranquillement leurs jours, en contribuant par la prière, au succès des travaux de leurs chers confrères en activité de service.
Dans l’état actuel de notre organisation, satisfaire à ces légitimes désirs est chose de tout point impossible. Nos trois procures, seuls établissements qui puissent offrir quelque analogie avec une maison de retraite ou de repos, ne sont point dans des conditions d’installation matérielle qui permettent de les utiliser à cet effet. Les allées et venues continuelles de ces lieux de passage, les occupations multipliées de nos chers procureurs, seront toujours un obstacle à ce que ces établissements offrent les avantages requis pour un vrai sanatorium ou une vraie maison de retraite.
Préoccupés de pourvoir, et sans retard, à un besoin réel qui s’affirme de plus en plus, nous avons pensé, Nosseigneurs et Messieurs, qu’il était de notre devoir de prendre l’initiative d’une combinaison qui répondit aux désirs souvent exprimés par un grand nombre de nos confrères. Vu l’immense étendue des territoires confiés à notre société, il serait à désirer sans doute que plusieurs établissements, du genre de celui que nous avons en vue, fussent créés pour répondre à toutes les exigences et se trouver à portée de toutes les missions. Mais il nous a paru imprudent de faire cette tentative sur plusieurs points à la fois, et nous nous sommes dit que si, en un point central, elle était couronnée de succès, rien ne serait plus facile que de créer ailleurs des établissements analogues.
Cette idée d’un sanatorium servant en même temps de maison de retraite, une fois admise, nous devions nous préoccuper du choix de l’emplacement le plus convenable, et des moyens de réalisation les moins dispendieux. Tel a été , depuis plusieurs mois, l’objet de nos recherches.
Notre cher confrère, M. Osouf, sur notre demande, a étudié la question très-sérieusement, et à l’unique point de vue de l’intérêt général des membres de la société, en tenant compte du climat, de la proximité du plus grand nombre de missions, du plus ou moins de cherté des choses nécessaires à la vie, du prix d’acquisition et des frais de première installation. Un long rapport, qu’il nous a adressé dernièrement à ce sujet, nous a permis d’examiner attentivement cette affaire et de prendre la résolution que nous venons, Nosseigneurs et Messieurs, vous communiquer par cette lettre. Un site voisin de la ville de Hong-Kong, sur les bords de la mer, nous a paru réunir les conditions que nous avons mentionnées en commençant. A une faible distance d’Aberdeen se trouve une côte à demi-boisée et dont la température, par les plus fortes chaleurs, est toujours favorisée d’une brise rafraîchissante. Les riches négociants de Hong-Kong y ont installé déjà un certain nombre de maisons de campagne. L’un d’eux, connaissant le désir de M. Osouf et le nôtre, a gracieusement offert, à des conditions fort acceptables, une partie de son vaste domaine. Il suffirait d’y élever un bâtiment approprié au genre d’établissement qui nous est nécessaire. Cela se ferait sans de grandes dépenses, et le terrain une fois acquis et la maison bâtie, le tout représenterait une valeur qui serait plus tard, en cas de changement de destination, facilement recouvrable.
Si nous ajoutons à ces avantages que l’achat du terrain, aussi bien que les constructions, se feront sans qu’aucune retenue soit prélevée sur les allocations de la Propagation de la Foi, sans même que nous recouvrions le moins du monde au fonds de réserve dont nous avons entrepris la formation l’année dernière, et que la presque unanimité des vénérés Supérieurs de nos missions a bien voulu approuver, vous trouverez certainement, Nosseigneurs et Messieurs, que notre idée réduite à ces proportions est tout à fait réalisable. D’une part, avantages réels et considérables, à notre avis, offerts à la société ; de l’autre, absence complète de charges pour l’installation projetée : tel est, en deux mots, le résumé de notre plan. Pour les motifs que nous avons donnés au commencement de cette lettre, nous croyons devoir réaliser ce plan sans retard, et dans quelques mois nous espérons qu’il sera possible d’en constater les premiers résultats. Nous reconnaissons volontiers que là ne doit pas se borner tout ce qui est à faire dans l’intérêt de nos chers confrères fatigués, malades ou infirmes. L’utilité de cet établissement que nous allons fonder une fois bien constatée, rien n’empêche que sur d’autres points des tentatives du même genre soient faites ensuite ; et si vous voulez bien, Nosseigneurs et Messieurs, nous donner, sur cette question, les idées que votre expérience vous suggèrera, vous nous trouverez, soyez-en sûrs, toujours prêts à aider de tous nos efforts les améliorations vraiment utiles qui peuvent concourir à procurer à la santé de nos chers confrères tous les soulagements désirables.
Veuillez, Nosseigneurs et Messieurs, agréer l’expression des sentiments respectueux avec lesquels nous sommes, en union de prières et de saints sacrifices.

Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs :

TESSON, Pr. DELPECH, Sup.
VOISIN, PERNOT, MAURY, CAZENAVE, PÉAN, CHIROU,
LESSERTEUR.
GUERRIN, Secr.








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