| Année: |
1888 |
| Numéro: |
20 |
| Rédacteur: |
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SÉMINAIRE Paris, le 31 décembre 1888.
DES
MISSIONS-ÉTRANGÈRES
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LETTRE COMMUNE
No 20
A NOSSEIGNEURS LES VICAIRES APOSTOLIQUES
ET A MESSIEURS LES MISSIONNAIRES
DE LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES
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NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,
L’année qui vient de finir aura été pour nos Missions une année de bénédiction ; les résultats des travaux sont notablement supérieurs à ceux des années moyennes, le seul chiffre des baptêmes d’adultes surpasse de plus de 5.000 celui de l’exercice 1887.
Voici, du reste, le total des résultats obtenus en 1888 dans nos 26 Missions :
26.990 baptêmes d’adultes ;
805 conversions d’hérétiques ;
180. 348 baptêmes d’enfants de païens.
Grâces soient donc rendues à la divine Miséricorde pour le bien qu’Elle a daigné opérer par notre humble ministère ! Il semble, en effet, que le bon Dieu ait voulu nous montrer de nouveau qu’à Lui seul appartient toute puissance ; les plus grandes consolations sont venues du côté où, humainement parlant, on eût été moins en droit de les attendre.
Un mouvement très accentué de conversions s’est manifesté dans les missions de l’Annam et du Tonkin. Sur ce sol, dévasté naguère par le fer et le feu, et rouge encore du sang des martyrs, a germé une moisson magnifique. Le nombre des baptêmes a presque doublé dans la plupart de ces missions, et les catéchumènes se présentent partout en grand nombre.
Au Japon, la création d’un troisième Vicariat, demandée par la S. C. de la Propagande, a déjà permis d’étendre le champ d’action de l’apostolat, et dans quelque temps on en verra, nous en avons la confiance, les heureux résultats. Les dispositions bienveillantes du gouvernement japonais envers les missionnaires catholiques ne se sont pas démenties, et le ministère s’ exerce toujours avec grande liberté.
Il n’est pas jusqu’à la Corée qui ne jouisse enfin des prémices de cette liberté si impatiemment attendue ; les fruits abondants déjà recueillis et les œuvres qu’on va pouvoir y développer donnent, pour l’avenir de la religion en ce pays, les plus belles espérances.
En Chine, si quelques signes permettent de constater une détente dans les rapports entre les autorités et les missionnaires, les difficultés, restent toujours nombreuses. Jusqu’à ce jour, le Kouy-tcheou n’a pas été indemnisé des pertes qu’il a subies, et le Thibet attend encore que justice lui soit rendue des attentats commis l’an dernier par les lamas.
L’occupation par les Anglais de la Haute-Birmanie a permis à nos confrères de la mission du Nord de réoccuper leurs anciens postes et d’en fonder de nouveaux. A l’hostilité de l’ancienne administration, a succédé une protection large et efficace, qui permet de donner une impulsion nouvelle à cette jeune mission..
Dans les Indes, l’extinction de la double juridiction que l’établissement de la hiérarchie a fait disparaître, et les mesures prises au dernier synode pour l’évangélisation des païens, ont commencé à porter leurs fruits. Outre les œuvres de l’apostolat proprement dit, celle de l’éducation et de l’instruction de la jeunesse, qui a dans ces missions une si haute importance, est aussi en progrès.
Toutefois, en face de la lutte redoutable que nous livrent les protestants sur ce terrain, il semble impossible que, vu notre nombre, l’exiguité de nos ressources et aussi notre vocation spéciale, l’on arrive à donner à cette œuvre de l’enseignement toute l’extension qu’elle demanderait. Et cette nécessité n’est point particulière à l’Inde, elle se fait sentir également dans plusieurs autres de nos missions, surtout celles du littoral. Daigne le Seigneur susciter aux ouvriers apostoliques des auxiliaires nombreux et dévoués, qui leur prêtent, dans les missions, le concours que les Églises de France trouvent si puissant dans les congrégations exclusivement vouées à l’enseignement
Dans la rédaction de cette lettre, nous avons suivi l’ordre précédemment adopté en faisant un chapitre pour chacun des groupes de nos Missions. Un huitième chapitre est consacré aux Établissements communs. Nous nous sommes fait un devoir de reproduire, autant que possible ; les comptes rendus tels qu’ils nous ont été envoyés des missions. Quelques-uns seulement ont dû être abrégés, non pas précisément pour diminuer le volume de cette lettre, qui ne sera jamais trop longue si elle ne contient que les faits intéressants, particuliers à l’année courante, mais pour ne pas reproduire des détails, intéressants sans doute, mais plus généraux, ou qui ont trouvé place dans les précédentes lettres communes.
Si les comptes rendus des missions pouvaient être rédigés en se bornant aux faits, quelque nombreux qu’ils soient d’ailleurs, qui caractérisent proprement le ministère de l’année courante, et aux aperçus généraux qui sont motivés par ces faits, nous serions on ne peut plus heureux de les publier tous intégralement. Il y aurait à cela plusieurs avantages : les informations données seraient plus sûres, la suite des faits mieux indiquée, et l’histoire de nos Missions, écrite ainsi année par année, par les missions elles-mêmes, formerait pour l’avenir une source historique des plus authentiques. On reviendrait ainsi à ce qui se pratiquait dans les premières années de la Société. Les documents les plus précieux de nos archives sont certainement ces relations des premiers Vicaires Apostoliques, publiées chaque année in extenso.
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