| Année: |
1890 |
| Numéro: |
22 |
| Rédacteur: |
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SÉMINAIRE Paris, le 31 décembre 1890.
DES
MISSIONS-ÉTRANGÈRES
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LETTRE COMMUNE
No 22
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A NOSSEIGNEURS LES VICAIRES APOSTOLIQUES
ET A MESSIEURS LES MISSIONNAIRES
DE LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES (1)
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NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,
Nous avons la consolation de vous envoyer le nouveau texte du Règlement général de notre Société, revu et définitivement approuvé pai le Saint-Siège, et de vous communiquer, en même temps, deux nouvelles décisions de la Sacrée Congrégation des Rites, favorables à la Cause de nos Vénérables Martyrs.
I
Le 25 juillet 1889, nous avions, comme vous le savez, expédié au Cardinal Préfet de la Propagande, avec le texte de notre Règlement général, la liste des amendement proposés, et les votes des membres de la Société sur tous et chacun de ces amendements. Conformément à sa manière de procéder dans les affaires importantes, la S. Congregation nomma une Commission spéciale présidée par un Cardinal, pour étudier cette question, et en faire ensuite son rapport à la Congrégation elle-même. La Commission a consacré une année à peu près entière à l’examen de nos Règles et des amendements adoptés par la majorité ou la minorité des Membres de notre Société. Ce n’est, en effet, que le 16 juin dernier que la S. Congrégation de la Propagande, réunie en assemblée générale , et après avoir entendu le rapport de l’Éminentissime Président de la Commission, a prononcé son propre jugement sur les amendements proposés, et sur ceux qu’elle-même estimait opportuns, et a accordé à notre Règlement, ainsi amendé, l’approbation définitive. Cette décision de la S. Congrégation devait, comme toujours, être sanctionnée par le Souverain Pontife, et elle l’a été le 22 juin, sur le rapport de Mgr l’Archevêque de Tyr, Secrétaire de la Propagande.
Après avoir approuvé les Règles d’une Société religieuse, la Propagande a l’habitude d’en faire elle-même la déclaration authentique par un simple Décret. Ici, pour donner à notre à Œuvre un témoignage spécial de sa paternelle bienveillance, le Saint-Père, a voulu intervenir lui-même, et accorder directement à notre Règlement l’approbation définitive par le Bref Nobis supremum du 2 août, qui se trouve placé en tête du nouveau volume de nos Règles. Cet acte solennel de notre Père commun sera une consolation pour tous les membres, de notre Société, et un motif nouveau de redoubler, envers le Saint-Siège, notre dévouement séculaire ; il sera aussi, nous en sommes persuadés, un motif sacré d’observer avec une, inviolable fidélité des Règles approuvées et imposées par une Autorité si auguste.
Notre Règlement a été imprimé à Rome à la typographie même de la Propagande, sous la direction d’un Prélat, spécialement député par le cardinal Simeoni, pour surveiller l’impression, et assurer la exacte des amendements approuvés par la Sacrée Congrégation.
Nous avons reçu à Paris, dans la deuxième quinzaine de septembre, les feuilles imprimées du Règlement, et, tout en prenant le temps néccessaire pour le brochage nous aurions pu l’expédier dans la seconde quinzaine d’octobre. Il y a donc eu, dans cette expédition, un retard de cinq semaines, occasionné par l’impression , à Paris des documents pontificaux que vous trouverez, Nosseigneurs et Messieurs, à la suite du texte du nouveau Règlement approuvé. L’addition de ces pièces n’était assurément pas nécessaire. Quoique notre Société n’ait vu qu’en 1890 son Règlement général approuvé d’une manière explicite et formelle, nous savons tous que les témoignages de sollicitude, d’estime et de bienveillance, que les Papes n’ont cessé de lui donner depuis son origine, constituaient une approbation équivalente et remplaçaient l’approbation officielle. Toutefois, nous avons pensé qu’il serait consolant pour nos Confrères d’avoir sous la main quelques-uns des nombreux documents pontificaux que nous possédons dans nos archives, et qui nous font voir quels ont été, depuis 230 ans, les sentiments paternels du Saint-Siège, vis-à-vis de notre Société.
A cette série de documents, nous avons ajouté un certain nombre de pièces émanant de l’autorité civile, et qu’il est nécessaire ou intéressant de connaître.
II
Connaissant, Nosseigneurs et Messieurs, le très vif interêt que vous portez à la Cause de nos Vénérables Martyrs, nous profitons de cette occasion pour vous communiquer deux nouvelles décisions favorables, prises par la Sacrde Congrégation des Rites, depuis l’envoi de la dernière lettre commune. Elles sont l’une et l’autre, relatives aux Martyrs de notre première Cause, dont nous avons indiqué les noms dans la lettre commune du 31 décembre 1889, page 246.
La première décision est relative aux écrits des Vénérables Serviteurs de Dieu. Avant que la S. Congrégation des Rites puisse passer à l’examen définitif d’une cause de Béatification, le Saint-Siège exige que les écrits des Serviteurs de Dieu aient été intégralement revus par un théologien, spécialement député à cet effet, et que, après avoir entendu son rapport, la S. Congrégation statue qu’il n’y a rien de ce côté, qui puisse s’opposer à la poursuite de la Cause. Cette question a été traitée dans la Congrégation du 17 mai dernier, et la décision a été : Nihil obatat quatenus ad ulteriora procedi possit. Voilà donc encore un pas de fait vers la conclusion définitive de cette grande affaire.
La seconde décision, prise dans la congrégation du 31 mai, déclare valides tous les procès relatifs à la première Cause, qui ont été instruits dans nos Missions, et dont la nomenclature a été donnée dans la dernière lettre commune, page 250. Comme on le voit, par cette, décision, la S. Congrégation des Rites n’a fait que consacrer les conclusion déjà prises par le Rme Promoteur de la Foi, et que nous avons déjà fait connaître dans la même lettre commune, page 251, en y expliquant en même temps les termes qui pouvaient paraître obscurs. Toutefois, la décision conforme de la S. Congrégation, et l’approbation du Souverain Pontife étaient indispensables pour donner force de loi à ces conclusions. Aujourd’hui, grâce à Dieu, la chose est faite, et nous sommes heureux de reproduire, à la suite de cette lettre, le Décret authentique qui établit ce point d’importance capitale. Car, on ne l’a pas oublié ; c’est dans ces procès, reconnus valides et acceptés par le Saint-Siège, que doivent être puisées les preuves établissant le Martyre, la cause du Martyre, et les Miracles ou signes obtenus par l’intercessi- on des Vénérables Serviteurs de Dieu.
On remarquera que ce Décret est commun aux martyrs de l’ordre de saint Dominique et de la Société des Missions-Étrangères. Les causes de tous ces vénérables serviteurs de Dieu ont été, en effet, réunies en une depuis le commencement. Mais, à partir du Décret du 11 juin dernier, elles se trouvent divisées, et chacune des deux Sociétés devra désormais s’occuper séparément des Martyrs qui lui appartiennent.
Quel bonheur pourtous les membres de la Société, si, dans un avenir prochain, il nous était donné de voir placer sur les autels cette belle phalange de Martyrs ! Pour obtenir ce résultat, nous ne négligerons rien de ce qui est en notre pouvoir. Mais, à l’emploi des ressources humaines que peuvent suggérer le zèle, la vigilance et la prudence chrétienne, il est indispensable d’ajouter les moyens sur naturels, une prière assidue et ardente, et aussi l’invocation privée des Vénérables Serviteurs de Dieu. Il est vrai que, pour la Béatification des Martyrs, l’Eglise n’exige pas même la preuve des miracles avec la rigueur que pour les Confesseurs. Toutefois, les miracles ou les grâces extraordinaires obtenus par leur intercession, servent toujours beaucoup à assurer et à accélérer le succès d’une Cause. Dans les nécessités graves, implorons donc l’assistance de nos Vénérables Martyrs, engageons à recourir à eux les âmes simples et droites qui se trouvent autour de nous, car c’est à celles-là surtout que Dieu se plaît à accorder des miracles.
Nous sollicitons aussi, dans les temps difficiles que nous avons à traverser, un spécial souvenir devant Dieu pour notre Séminaire, et nous vous prions d’agréer les sentiments de très profond et très affectueux respect, avec lesquels nous avons l’honneur d’être,
Nosseigneurs et Messieurs,
Vos très humbles et tout dévoués serviteurs,
DELPECH, supérieur,
CHIBAUDEL, pro-secrétaire.
TUNQUINEN.
BEATIFICATIONS SEU DECLARATIONIS MARTYII
VENERABILIUM SERVORUM DEL
IGNATII DELGADO EPISCOPI MELLIPOTAMENSIS
ORDINIS PREDICATORUM
ET SOCIORUM
IN ODIUM FIDEL AB IDOLOLATRIS INTERFECTORUM
ET
COCHINCHINEN., TUNQUINEN ET SINARUM
VENERABILIUM SERVORUM DEL
JOANNIS ISIDORI GAGELIN
MISSIONNARII APOSTOLICI ET PROVICARII GENERALIS
COCHINCHINE
ET SOCIORUM
IN ODIUM FIDEL AB IDOLOLATRIS INTERFECTORUM
PERTINENTIUM AD PERISIENSE SEMINARIUM
MISSIONUM AD EXTEROS.
Quum a Sanctissimo Domino Nostro Leone Papa XIII indultum jam fuisset ut in supradictis Causis Dubium super Non Cultu una cum altero super Validitate Processuum proponi ac discuti posset in Sacrorum Rituum Congregatione Ordinaria, absque interventu et voto Consultorum, RR. Esrumdem Causarum Postulatores eumdem Sanctissimum Dominum Nostrum supplices rogarunt, ut peculiarem Sacrorum Rituum Congregationem constituere dignaretur pro diseutiendo eiusmodi Dubio, quemadmodum alias in similibus Causis ab Apostolica Sede indultum fuerat. Quorum precibus Sanctitas Sua benigne annuens, per Decretum Sacræ ipsius Congregationis, sub die 9 Decembris superioris anni, Particularem eiusmodi Congregationem ad effectum uti supra constituit, quam constare voluit ex Emis et Rmis Cardinalibus Ledochowski, D’Annibale, Zigliara, Macchi, meque infra scripto Cardinali Præfecto ac Relatore, necnon ex RR. DD. Prælatis officialibus eiusdern Sacræ Congregationis, nempe Panici Pronotario Apostolico, Caprara Promotore Sanctæ Fidei, et Persiani Assessore, una cum subscripto Secretario. Quurn itaque hæc Particularis Congregatio ad Vaticanas Ædes subsignata die coadunata sit, a me infra scripto Cardinali Præfecto et Relatore sequens propositum fuit dubium, nimirum « An constet de Validitate Processuum Apostolica Auctoritate Constructorum, nec non Inquisitionum ab Ordinariis habitarum item de Obedientia præstita Decretis Sa. Me. Urbani Papæ VIII super cultu iisdem Venerabilibus Dei Servis non exhibito in casu et ad effectum de quo agitur. »
Sacra porro eadem Congregatio, omnibus accurate expensis, rescribendum censuit : Affirmative ad utrumque : adjectis documentis quœ suppleri valent ; et suppli-candum Sanctissimo tam pro sanatione defectuum, quam ut documenta authentica ad Sacram Conregationem de Propaganda Fide et a Missionariis ad Parisiensem Societatem Missionum transmissa, quœque Ordinariorum Processum loco habita fuere, habeantur in linea œqualis probationis cum Processibus Apostolicis, reliqua vero ut adminicula. Die 31 Maii 1890.
Facta postmodum de præmissis Sanctissimo Domino Notro Leoni Papæ XIII per infra criptum Secretarium fideli relatione, Sanctitas Sua sententiam Sacræ Congregationis ratam habuit et confirmavit, ac petitam Sanationem benigne impertita est. Die 11 Jun ii anno eodem.
† CAJ. CARD. ALOISI-MASELLA,
S.R.C. Præfectus.
VINC. NUSSI, Secr.
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