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Lettre commune

Année: 1907
Numéro: 44
Rédacteur:

SOCIÉTÉ

DES


MISSIONS-ÉTRANGÈRES


Compte rendu des travaux de l’année 1907





SOCIÉTÉ

DES


MISSIONS-ÉTRANGÈRES

~~~~~~

COMPTE RENDU

DES TRAVAUX DE 1907






PARIS

SÉMINAIRE DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES

128, RUE DU BAC, 128
___


1908

SÉMINAIRE Paris, le 31 décembre 1907
DES
MISSIONS-ÉTRANGÈRES
____

LETTRE COMMUNE
Nº 44




A Nosseigneurs les Vicaires apostoliques
et à Messieurs les Missionnaires
de la Société des Missions-Étrangères



NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,

En vous présentant chaque année le compte rendu des travaux de tous les membres de la Société, nous commençons par rendre grâce à Dieu, l’Auteur de tout bien. C’est Lui la source de la lumière, qui éclaire les âmes que les missionnaires ont introduites dans I’Église : Il est la force qui les a défendues contre l’ennemi, et les maintient dans le chemin de la vérité.
Nous sommes heureux de mettre sous vos yeux les résultats de ce présent exercice :

34.161 baptêmes d’adultes,
528 conversions d’hérétiques,
137.043 baptêmes d’enfants de païens en danger de mort,
48.744 baptêmes d’enfants de chrétiens.

Pour apprécier justement les fruits de ces travaux, fruits qui ne répondent jamais à l’ambition des ouvriers apostoliques, il ne faut pas oublier les difficultés toutes spéciales au milieu desquelles ils ont été préparés et recueillis. Ce sont celles-là mêmes que l’Apôtre des nations a rencontrées dès les premiers jours de l’Église… dans les tribulations, les séditions... dans les veilles... par la science... par la longanimité, par la mansuétude, par l’Esprit-Saint, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la force de Dieu, par les armes de la jutice à droite, à gauche, dans la gloire et l’ignominie... comme mourants et voici que nous vivons, comme tristes, mais toujours dans la joie. (Il Cor., VI, 4-10.)
En lisant les rapports venus de toutes nos missions, nous entendons le même cri de détresse sortir de toutes les bouches : insuffisance des ressources. Quelques-uns de nos évêques manquent de l’indispensable pour la conservation des œuvres et l’entretien des missionnaires.
Combien nous sommes attristés de nous trouver dans l’impuissance de pourvoir à des besoins si pressants ! Notre tristesse grandit chaque jour, dans la crainte trop justifiée où nous sommes de voir diminuer encore en France les sources où nous puisons en grande partie les secours destinés à soutenir nos missions. Plus que jamais les missionnaires doivent tendre à assurer l’avenir des œuvres, en mettant à contribution les chrétiens indigènes.
Les peuples de l’Asie sont inquiets ; ils s’agitent. Ils aspirent à un autre état de choses. En Chine, ce mouvement se développe rapidement et menace de se transformer en anarchie. Son premier résultat, pour nos misions, est de réveiller singulièrement l’hostilité des mandarins et des lettrés, qui surveillent de près nos confrères, et usent de la force et de la ruse pour entraver leur action. Quelles seront les conséquences de ce mouvement panasiatique ? Les hommes politiques peuvent les envisager avec inquiétude. Pour nous, nous savons que c’est Dieu qui mène les peuples.
La propagande protestante est un des sérieux obstacles que le missionnaire rencontre, sur toutes les routes de l’Asie, dans son œuvre d’apostolat. Elle est à redouter sans doute par son posélytisme et ses nombreuses écoles, où elle cherche à attirer même les enfants catholiques. Mais elle nuit surtout à l’évangélisation en présentant au monde païen cette diversité de croyances chrétiennes, qui engendre la défiance même vis-à-vis de l’Église catholique, quand ce n’est pas une indifférence générale vis-à-vis de toutes les religions.
Pour triompher de tous ces obstacles, les évêques et les missionnaires placent leur confiance en Dieu, dont ils défendent la cause. Ils s’adressent aux âmes généreuses du monde entier, pour leur demander le secours de leurs prières et de leurs aumônes, afin de développer les œuvres de charité , les écoles surtout à tous les degrés, soutenir les séminaires, entretenir les catéchistes et multiplier ces auxiliaires si utiles des ouvriers apostoliques.
Entre autres considérations bien consolantes, qui frappent à la lecture de presque tous les comptes rendus, nous notons celle du zèle apporté par les fidèles, stimulés par les pasteurs, à se conformer aux instructions du Saint-Père sur la communion fréquente. Dans toutes nos missions, un grand nombre de chrétiens ne voient le prêtre que deux ou trois fois l’année. Pour ceux-là, il leur est matériellement impossible de s’approcher souvent de la sainte Table. Néanmoins, nous remarquons partout de très louables efforts pour mettre la communion fréquente à la portée du plus grand nombre possible de fidèles. Les inviter à se rendre souvent à ce banquet divin, c’est leur assurer des forces pour le combat et des lumières pour les guider dans le chemin de la vérité en les détournant des sentiers de l’erreur.
Les instructions du Souverain Pontife sur le catéchisme ont été reçues partout avec une piété et une obéissance filiales. Jusque-là, dans plusieurs vicariats, la pénurie de missionnaires, la persécution, les circonstances de lieux et d’autres encore, avaient laissé l’instruction des chrétiens presque entièrement aux soins des catéchistes. Désormais les prêtres eux-mêmes, partout où la chose est possible, enseignent le catéchisme aux fidèles.
Parmi les événements heureux de l’année 1907 nous devons signaler la nomination de deux nouveaux évêques, Mgr Seguin, coadjuteur du vicaire apostolique du Kouy-tcheou, sacré le dimanche du Saint-Rosaire, et Mgr de Gorostarzu, élu vicaire apostolique du Yun-nan. Nous demandons à Dieu qu’il répande ses plus abondantes bénédictions sur les deux prélats, afin que leur épiscopat soit fécond et glorieux pour leurs missions.
Nous envoyons aussi un salut et un souvenir d’affectueuse vénération à Sa Grandeur Mgr Caspar, qui a demandé au Souverain Pontife de le relever de sa charge de vicaire apostolique de la Cochinchine septentrionale, pour passer, dans la retraite et le silence si chers à sa piété, les derniers jours de sa vie, éprouvés par les infirmités et la maladie.
Notre nécrologe enregistre une longue liste de 23 morts pour l’année 1907, dont un évêque, Mgr Fenouil, le doyen d’âge de la Société, et deux provicaires, MM. Le Guilcher et Blanchard.
A la fin de cet exercice, il y a, dans nos missions : 36 évêques, 1.370 missionnaires, 765 prêtres indigènes, 2.767 catéchistes, 5.40 églises ou chapelles, 44 séminaires avec 2.188 élèves, 4.145 écoles avec 122.842 enfants des deux sexes, 343 crèches et orphelinats avec 23.162 garçons et filles entretenus aux frais de la Sainte-Enfance, 421 pharmacies ou dipensaires et 119 hôpitaux, hospices et léproseries.




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