| Auteur: |
André MARILLIER |
| Chapitre: |
0 - Un synode de catéchistes |
| Article: |
CHUTES |
CHUTES
Les étapes de la promotion des prêtres du pays, tâche de longue haleine, apparaissent. Le Saint-Siège a consenti à cette fin des facultés exceptionnelles (par exemple celle d'ordonner des sujets qui ne savent pas le latin), renouvelables seulement après un bilan critique : ce bilan est périodiquement dressé. Sur tous les problèmes de la communauté des fidèles : par exemple les étapes du catéchuménat, la pénitence publique imposée aux apostats..., les instructions des premiers évêques consignées dans des directoires indéfiniment recopiés sont devenues, après quelques dizaines d'années, une tradition qui fait autorité et qu'on invoque aux heures de crise.
Ce même mécanisme créateur d'une tradition joue au séminaire de Paris, à mesure qu'y sont reçus, discutés, comparés les comptes rendus des missionnaires. Par leurs témoignages, leurs confidences, leurs demandes de conseils, voire par leurs doléances, le journal de la mission du Tonkin et les courriers qui l'accompagnent alimentent de loin la flamme du foyer où se forgent de nouvelles vocations apostoliques. Une crise qui survient au Tonkin soixante ans après l'arrivée de François Deydier est à cet égard révélatrice. Les provicaires du vicariat occidental reprochent alors vivement aux directeurs de Paris d'avoir fait partir deux prêtres qui n'étaient pas passés par leur maison. Ces nouveaux confrères sont arrivés dans la mission avec toutes sortes d'idées préconçues, n'ont pas réussi à s'intégrer et après quelque temps ont dû repartir 8b. Ainsi, en dépit de la distance géographique, un même esprit continue de souffler au séminaire des missions étrangères et dans la lointaine mission du Tonkin.
(8b) MM. Jean-Baptiste Bourgine (arrivé en 1727) et Charles de Saint-Phalle (1730).
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