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Publication : TONKIN 1666 - 1765

Auteur: André MARILLIER
Chapitre: 1 - Un synode de catéchistes
Article: VOUÉS AU SERVICE DE LA MISSION

"VOUÉS AU SERVICE DE LA MISSION" 3

Porteur d'un projet : doter l'Eglise du Tonkin de prêtres tonkinois, François Deydier ne le dévoile pas d'emblée, du moins pas de façon explicite. Il ne fait pas faire retraite aux catéchistes sur le thème du sacerdoce. S'il annonce la formation d'un "séminaire" avec "des jeunes capables d'apprendre les lettres latines" (F), ce sera parmi les conclusions d'une réunion dont le but essentiel a été d'aider les catéchistes à se remettre dans le droit fil de leur vocation. Ils font silence, prient, se demandent pardon les uns aux autres, renouvellent leurs engagements et s'imprègnent d'instructions "nécessaires à leur état". Toutes choses que les pères jésuites les auraient eux aussi exhortés à faire.

Dans cette institution des catéchistes qu'il trouve établie au Tonkin et entend bien maintenir, François Deydier ne perçoit pas une confrérie de pieux laïcs ni un tiers-ordre religieux, bien que les catéchistes aient prononcé "les trois voeux de religion" (H). Célibataires ou veufs, ils se sont engagés à ne pas se marier ; ils ont promis de garder la pauvreté évangélique en ne gardant pas pour eux-mêmes les aumônes des chrétiens ; ils ont juré obéissance aux pères. Deydier voit dans leurs voeux "de très efficaces moyens pour parvenir à la sainteté propre de leur état", qui est, pense-t-il, d'être "voué au service de la mission". Les catéchistes sont des auxiliaires du clergé. François Deydier estime même que leur état "entre en partage des plus saintes fonctions du sacerdoce". C'est pourquoi son synode, sans être centré sur les problèmes de l'instauration d'un clergé, se déroule néanmoins dans une perspective cléricale.

Parce que les catéchistes travaillent "au service de la mission" (F), le missionnaire français ne les a pas invités, mais convoqués, comme un chef rassemble ses hommes. Leur réunion commence par l'évocation des "ouailles" ou brebis dont ils sont dans l'ordre spirituel les bergers. Et c'est en fonction de leurs responsabilités pastorales que Deydier s'inquiète de leur savoir. Ayant reconnu en eux "beaucoup d'ignorance des choses nécessaires à leur état", il tâche de mettre à jour leur connaissance de la parole sainte à transmettre, en particulier aux chrétiens mourants et aux catéchumènes.




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