| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
7 - Fin d'un rêve |
| Article: |
7 |
Missions Etrangères 1653-1663
Henry Sy
CH.7 - Fin d'un rêve
7. Faveurs et libéralités royales
Pallu a avoué à Mère Marie de Saint-Bernard avoir passé assez inutilement bien du temps à la Cour du Roi. Peut-être escomptait-il une pension, puisque Lambert de la Motte, on le sait, s’était vu accorder une rente de 600 livres sur l’abbaye Saint-Ouen de Rouen.
C’est seulement le 24 octobre 1665 que Sa Majesté donnera à l’évêque d’Héliopolis une pension annuelle de 3.000 livres sur cette même abbaye, pour six ans seulement. Le 24 mars 1668, la pension sera accordée audit prélat sa vie durant. Également le 24 octobre 1665, l’évêque de Bérythe recevra 3.000 livres de rente sur l’abbaye Saint-Étienne de Caen, pour six ans d’abord, puis sa vie durant.
«Outre plusieurs dons et gratifications, tant annuelles et ordinaires, qu’extraordinaires, faites par Sa Majesté tant aux Missions en général, qu’aux évêques, missionnaires, maisons, séminaires et communautés qui en dépendent, soit ès-Indes Orientales, soit en Canada ou en Perse, où il y a des évêques titulaires et Vicaires apostoliques de la correspondance du Séminaire des Missions étably à Paris.»412 Mais en 1661, les missionnaires ne bénéficièrent que de certains avantages d’ordre juridique. Un brevet royal du 9 octobre confirmé et amplifié le 20 du même mois «permet aux dits évêques et aux missionnaires d’aller aux Indes, d’y séjourner autant qu’ils le jugeront à propos pour leur pieux dessein; sans que pour cela ils perdent les privilèges qui leur seroient acquis s’ils demeuroient dans le Roiaume; ni que les charges et offices qu’ils y tiennent puissent être censés vacans ou impétrables, nonobstant toutes ordonnances à ce contraires, auxquelles Sa Majesté déroge à cet égard. Et veut en outre que pour les inciter davantage, et d’autres à leur exemple à poursuivre leur pieux dessein et à ne l’abandonner pas ils puissent tenir ès-dits pays de la Chine et autres de l’Orient tous les biens meubles et immeubles qu’ils y auront acquis par quelque titre légitime que ce soit, d’en disposer en faveur de leurs héritiers ou de telles autres personnes, pourvu qu’elles soient régnicoles.»413
Des projets de lettres de Louis XIV accréditant les Vicaires apostoliques près des souverains de la Chine, Cochinchine et Tonquin auraient été préparées à la Cour. Le brouillon d’une d’elles est conservé aux archives des Affaires Étrangères. «Il n’est pas certain que la lettre ait été emportée par Pallu et remise au souverain.»414
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