| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
7 - Fin d'un rêve |
| Article: |
10 |
Missions Etrangères 1653-1663
Henry Sy
CH.7 - Fin d'un rêve
10. Vers la fondation du Séminaire
Dans la pensée de Pallu, les meilleurs sujets devraient avoir reçu une première formation dans les Congrégations de la Sainte-Vierge, avoir fait partie des Assemblées dites Aa, avoir été associés d’une maison.423 Ils pourraient alors être admis dans la Maison des Missions, en d’autres termes le Séminaire qu’on se propose de fonder à Paris. À diverses reprises, au cours de son voyage, l’évêque d’Héliopolis revient sur cette idée, par exemple, dans une lettre adressée de Surate le 7 mars 1663 à Messieurs les séminaristes424, dans une autre écrite de Ténasserim, en décembre de la même année aux directeurs de la communauté de Saint-Josse.425
Les trois procureurs ecclésiastiques : Vincent de Meur, Michel Gazil, Luc Fermanel et les trois procureurs laïques : Jean de Garibal, René de Voyer d’Argenson, Antoine Pajot de la Chapelle, n’ignoraient pas les intentions de Pallu et de Lambert de la Motte, qui leur avaient laissé sur ce point des instructions écrites et verbales; Lambert de la Motte en avait fait mention expresse dans sa procuration du 14 juin 1660.426
Mais pour exécuter le mandat qu’ils ont reçu, il leur faut un local. Sans doute, les communautés de Saint-Josse, de la rue Coupeau, de la rue Saint-Dominique, de la rue Saint-Étienne des Grès portent à l’oeuvre des Missions un réel intérêt; aucune d’elles ne lui consacre son activité exclusive. Les procureurs cherchèrent donc une maison vraiment adaptée au but envisagé. Un heureux concours de circonstances la leur fera découvrir et acquérir en 1663.
On n’a pas oublié, d’autre part, les démarches faites à Rome en 1657 en vue «de l’establissement d’une maison ou communauté dans la ville de Paris, qui ait pour fin generale le secours spirituel des plus abandonnés dans les faux bourgs des villes, dans les terres et villages, et qui tende particulierement comme à sa dernière fin à dresser et preparer des ouvriers pour travailler à la conversion des infidelles.»427 Un résumé en langue italienne de cette pièce subsiste aux Archives de la S.C. de la Propagande.428
Enfin une troisième supplique présentée par François de Laval, Pierre Lambert et François Pallu affirmait à nouveau qu’»il est non seulement convenable, mais encore nécessaire, de fonder un séminaire qui ait pour fin unique la propagation de la foi chez les infidèles, et dans lequel les ecclésiastiques puissent se rassembler pour éprouver leur vocation et se préparer par tous les moyens convenables à quelque Mission que ce soit.»429 Enregistrée à la S.C. de la Propagande le 1er juillet 1658, elle n’eut pas de suite immédiate.
Sur le point de s’embarquer, Pallu écrivit à Mgr Alberici, Secrétaire de la Propagande : «Pour donner à nos missions une plus grande stabilité, nous avons constitué à Paris trois procureurs. Non seulement nous leur avons confié nos intérêts matériels, mais nous leur avons prescrit avec plus de soin encore de former et d’instruire ceux que Dieu appellerait à notre oeuvre. À cet effet, avec l’aide des aumônes reçues, nous avons acheté une maison et y avons laissé un certain nombre de clercs, avec les ordres et instructions nécessaires pour que, en temps opportun, ils puissent nous rejoindre, pourvu que Son excellence le Nonce les ait reconnus aptes à notre mission.»430
Deux mois plus tard, il mande d’Alep au même Secrétaire qu’après avoir constitué à Paris, en qualité de procureurs, Messieurs de Meur, Gazil et Fermanel, il leur a adjoint trois autres ecclésiastiques de grand mérite, Messieurs Abelly, Piques et Poitevin, chargés de diriger et instruire les clercs, en recevoir d’autres et éprouver leur vocation et leurs aptitudes au ministère apostolique.431
De ces documents il résulte que la fondation d’un séminaire à Paris a été voulue par les deux premiers vicaires apostoliques. Elle sera réalisée par leurs procureurs tant ecclésiastiques que laïques. Ceux-ci seront secondés, nous verrons dans quelle mesure, par les confrères de la Compagnie du Saint-Sacrement, et combien d’autres... déjà rencontrés au cours de notre étude ou récemment acquis à l’idée de l’expansion de l’Évangile au-delà des limites de la vieille Europe. À des titres divers, ils ont tous contribué à jeter les premières bases de la Société des Missions-Étrangères. Ayant bien mérité de l’Église et de la France, ils ont tous droit à notre reconnaissant hommage.
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