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Publication : MISSIONS ÉTRANGÈRES 1663-1700

Auteur: Henri Sy
Chapitre: 8 - Les AMBASSADES SIAMOISES
Article: 3

DEUXIÈME AMBASSADE (1684-1685)

Cette nouvelle détermina Phra Narai à envoyer d'autres mandarins, mais il ne leur donna pas le titre d'ambassadeurs. Ils avaient pour mission de s'enquérir du sort des premiers, et dans le cas de mort de ceux-ci de manifester le désir de leur maître d'entretenir des relations avec la France. On leur adjoignit quelques jeunes gens qui, mis en apprentissage, s'initieraient aux techniques artisanales d'Europe. Deux missionnaires, MM. Vachet et Pascot, leur étaient donnés pour guides.
Partis d'Ajuthia le 25 janvier 1684, ils étaient en France au mois de novembre suivant. Le petit bateau anglais qui les avait transportés n'ayant aucune patente de commerce, le capitaine se proposait, pour éviter la confiscation de ses marchandises, d'aller jusqu'à Dantsig sans faire escale ni en France ni en Angleterre. Sur les instances de Vachet, il consentit à le débarquer à Margate avec ses bagages. Vachet raconte, sans doute avec beaucoup d'exagération, qu'il réussit à obtenir du roi, malgré l'opposition du trésorier-général chef des douanes, que ses bagages ne seraient pas visités, et que les membres de l'ambassade seraient conduits à Calais sur le yacht royal "La Charlotte".
M. Sevin vint à Calais pour recevoir ses confrères et inviter Vachet à laisser aux Siamois l'honneur du premier rang et ne se considérer que comme leur guide et interprète.
Des ordres avaient été donnés dans les différentes villes que devait traverser le cortège pour faciliter le voyage et traiter avec honneur les envoyés du roi de Siam. "Il est bien doux, écrit Vachet, de vivre parmi tant d'éclat, de n'entendre que des applaudissements". Mais il y a le revers de la médaille : c'est la rusticité et le mauvais vouloir de ceux qu'il avait la charge d'accompagner. "C'est une chose de dure digestion lorsqu'on est avec des gens qui se froissent des actions les plus honnêtes, qu'il faut aiguillonner comme des boeufs pour les disposer à une civilité, et qui se choquent aussi facilement que les autres s'étudient simplement à leur donner du plaisir. Peut-être que je répéterai plusieurs fois cette chanson."
À Beaumont ils furent reçus par M. de Brisacier, supérieur du Séminaire, MM. Fermanel et Lefebvre, et un envoyé du marquis de Seignelay, fils de Colbert et son successeur dans la charge de secrétaire d'État à la Marine.
À Saint-Denis, ils trouvèrent deux carrosses à six chevaux, les plus beaux de la maison de Colbert; les abbés du Séminaire étaient venus dans des voitures, de sorte qu'il se trouva une file de 14 carrosses lors de l'entrée à Paris.





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