| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
8 - Les AMBASSADES SIAMOISES |
| Article: |
14 |
BAPTÊME de jeunes SIAMOIS
Un certain nombre de jeunes Siamois restaient en France pour faire leurs études au collège Louis-le-Grand ou pour apprendre divers métiers. Le 15 avril 1687, dix d'entre eux furent baptisés à l'église de Saint-Sulpice. Ils eurent pour parrains et marraines des personnes dévouées aux Missions.
"La longueur de la ceremonie qui, relate Tiberge, dura jusqu'à deux heures après midy, n'affaiblit pas la dévotion de ces néophytes qui edifièrent tout le monde par leur modestie et qui, ayant demandé d'eux-mêmes à jeuner la veille pour se préparer mieux à l'action du lendemain, ne marquèrent aucune lassitude... Ils portèrent huit jours leur habit de baptême, qui est proprement une aube de linge damassé, bordé d'une frange de fil, des bas blancs, des souliers de la mesme couleur, et un bonnet de piqué blanc, orné d'une mousseline gaufrée autour, avec une espèce d'aigrette de mesme étoffe sur le front. Vous ne sauriez croire combien ils sont contents depuis le baptême et combien ils marquent de piété dans la prière, surtout à la messe où ils assistent tous ensemble avec beaucoup de modestie et de récollection apparente.
Ils me demandèrent des chapelets au retour de Saint-Sulpice. Je leur en fis acheter, ils les reçurent avec respect et ils les portèrent sur leur col comme un collier de l'Ordre de Jésus et de Marie. Ils mangèrent avec nous à la première table et ils m'ont demandé ce matin de servir tour à tour pendant la semaine qu'ils seront parmi nous, mais je leur ai répondu que tant qu'ils auroient leur habit baptismal, je les ferais servir par d'autres, en partie par respect pour leur innoncence et en partie par propreté pour ne pas gaster la blancheur de leur robe."
Les chroniques du temps parlent du baptême de douze Siamois . Tiberge, dans la lettre précitée, n'en nomme que dix, omet le nom du onzième et dit que le douzième est malade, qu'il souhaite fort le baptême et qu'il le recevra dès qu'il se portera mieux.
Il s'agit de François Conlec, apprenti horloger. Il décéda quelques semaines plus tard et la cérémonie d'enterrement se fit dans la chapelle du Séminaire, présidée par le curé de Saint-Sulpice assisté de son clergé, le 27 mai 1687.
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