| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
9 - PERSONNEL du SEMINAIRE - REGLEMENT |
| Article: |
2 |
MORT de FERMANEL
Avec lui disparait l'un des meilleurs ouvriers de la première heure. Il a été souvent question de lui dans les pages qui précèdent et ses éminentes qualités ont contribué pour une large part au succès de l'oeuvre.
On a dit quelle fut son activité pendant son supériorat de 1674 à 1680. Il fit plusieurs fondations en faveur du Séminaire :
Le 30 août 1676, de concert avec une de ses parentes, Madame Puchot il fonda une rente de 400 livres qui, si le Séminaire des Missions Etrangères venait à être supprimé, serait reportée au profit du séminaire archiépiscopal de Rouen créé par le P. Eudes.
Le 7 novembre 1680, autre fondation de 500 livres de rente plus 2.000 livres à la condition que le Séminaire s'oblige :
"à nourrir ledit sieur Fermanel, tant en santé qu'en maladie, pendant sa vie et pendant qu'il séjournera au Séminaire, à lui fournir bois et chandelle et autres accessoires.
à l'entretenir d'habits, linge et autres hardes et d'autres choses généralement quelconques, et à le faire blanchir.
à le loger au Séminaire dans l'appartement qu'il occupe et qui lui sera conservé, et en cas que l'on bâtisse une chapelle qui soit proche dudit appartement, lui faire construire aux dépens du Séminaire un corridor qui aille de sa chambre à l'église, avec une petite tribune sur l'église au bord du corridor.
s'il meurt à Paris, on le fera inhumer au Séminaire avec beaucoup de simplicité et de modestie. On fera célébrer cent messes basses de Requiem aussitôt après son décès, on acquittera un annuel et un service des trépassés.
Si Louis Tiberge survit au donateur et qu'il jouisse d'un revenu inférieur à 800 livres, le Séminaire lui fera une pension de 150 livres par an.
Plus à la charge de loger et nourrir au Séminaire un valet pour servir le sieur donateur durant sa vie, au cas qu'il le souhaitât."
Son testament du 24 avril 1688 demande qu'on donne un louis d'or à chacun des quatre domestiques de la maison.
En avril 1686, Fermanel alla remplacer Etienne Pallu à la procure de Rome. La période du conflit de juridiction entre les Vicaires apostoliques et les religieux n'était point terminée, et pour soutenir les droits des évêques les Jésuites trouvaient en Fermanel un redoutable adversaire.
Sur l'intervention du P. de la Chaise et par ordre du Roi, l'archevêque de Paris signifia à M. de Brisacier que Fermanel devait être rappelé au plus tôt . Il revint donc à Paris en février 1687.
L'année suivante, le 26 avril il s'éteignit et suivant sa volonté fut enterré dans la chapelle basse, devant l'autel de Saint-François Xavier du côté de l'épître, proche du pilier où est l'épitaphe de Melle de Bouillon
Son portrait, gravé par Habert , porte l'inscription :
Vous le verriez ici Tel que nos yeux l'ont vu
Si ces foibles traits avoient pu
marquer un Zèle ardent, peindre une paix profonde
Un Esprit né pour la vertu,
Un coeur aussi grand que le Monde.
Et la "Gallia Christiana" écrit :
"Chez lui la science et la piété allaient de pair. Grâce à sa fortune et à ses amis il aurait pu parvenir aux dignités ecclésiastiques; il aima mieux vivre retiré dans un séminaire. L'austérité de sa vie l'emporte sur sa durée (56 ans). Il mourut au Séminaire pleuré par tous ses confrères comme un ami, un bienfaiteur et un père."
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