| Année: |
1889 |
| Pays: |
France |
| Ville: |
Marseille, PARIS, SAINT-RAPHAEL, ROME |
PROCURE DE MARSEILLE .
1889
D’après les arrangements pris en 1877 , les deux maisons occupées par les frères Germain et par leurs cousines , Mlles Francou , devaient fournir le local de notre procure à Marseille . Pour relier commodément ces deux maisons , quelques travaux de réparation étaient indispensables . Ils ont été exécutés dans le courant de cette année , et aujourd’hui , la procure est suffisamment spacieuse pour recevoir tous nos missionnaires de passage , sans qu’on soit obligé , comme par le passé , de les diviser et d’en envoyer une partie loger en ville , quand les départs de nouveaux missionnaires étaient un peu considérables
II. – Séminaire de Paris et autres Établissements communs en Europe .
SÉMINAIRE DE PARIS .
Le 8 juillet dernier , à l’issue de le retraite annuelle des directeurs , ont eu lieu , selon les prescriptions du Règlement , les élections triennales des officiers du Séminaire . M. Delpech a été élu supérieur . MM. Péan et Chibaudel ont été désignés pour l’assister , le premier dans les affaires et les relations extérieures , le second dans la direction du séminaire et des aspirants .
M. Pernot a été élu procureur de la recette ; M. Fleury , procureur de la dépense ; M. Chirou , procureur des commissions ; M. Cazenave , procureur à Rome ; M. Mutel , secrétaire du Conseil ; M. Armbruster , supérieur de la section de la Communauté qui est établie à Meudon.
MM. Rousseille et Lesserteur , demeurent chargés de la direction , le premier de la Maison de Nazareth à Hong-kong , le second du sanatorium de Saint-Raphaël à Montbeton .
La répartition des autres fonctions du Séminaire s’est faite de la manière suivante :
Pour la communauté de Paris , M. Péan est chargé du cours de Morale (2me et 3me années) ; M. Mollard , du cours de Dogme (2me et 3me années) ; M. Chibaudel , du cours d’Ecriture-Sainte ; M. Cottin , du cours de Droit canonique et du cours de Morale , pour ceux des aspirants qui ont terminé leurs études ; M. Mutel , du cours de Liturgie , des archives et de la bibliothèque.
Pour la section de la communauté établie à Meudon , M. Armbruster est chargé des deux cours d’Écriture-Sainte et de Liturgie ; M. Seguin , missionnaire du Yun-nan , du cours de Morale (1re année) ; M. Compagnon , missionnaire du Japon Central , du cours de Dogme (1re année) ; M.Bouchut , missionnaire du Cambodge , du cours de philosophie (1re année) ; M. Favreau , du cours de philosophie (2me année) .
En lisant ce qui précède , plusieurs de nos confrères seront peut-être étonnés de voir figurer, parmi les professeurs de la section de Meudon , trois de nos missionnaires qui ne sont pas directeurs du séminaire de Paris . Voici la raison de cette innovation .
Lorsque , en 1883 , notre communauté dut être divisée en deux sections , nous ne pouvions prendre que parmi les directeurs de Paris le personnel nécessaire pour diriger la nouvelle communauté de Meudon . Or , même en se mettant lui-même dans une grande gêne , notre Séminaire ne put pas accorder à cette dernière ce qui lui était réellement nécessaire . Elle n’a eu , en effet , jusqu’à ce jour , que trois directeurs , tant pour le gouvernement de la maison que pour l’enseignement . L’insuffisance de ce personnel devient évidente , si l’on considère que , outre le soin du temporel , la direction des aspirants , et les classes supplémentaires de Liturgie et d’Écriture Sainte , il y a régulièrement chaque jour à faire deux classes de Philosophie et deux classes de Théologie .
Pour suffire raisonnablement à ce travail , aujourd’hui surtout que cette communauté comprend plus de 80 aspirants , il faudrait un minimum de quatre professeurs , outre le supérieur . Ces nouveaux collaborateurs , non seulement nous ne pouvons pas les trouver dans notre Séminaire de Paris , mais nous éprouvons le besoin d’y rappeler , pour la régularité de tous les services , quelques-uns des directeurs qui en ont été distraits .
Il nous restait le moyen de nous adresser aux Évêques de la Société , en les priant de vouloir bien nous prêter , dans ce but , trois ou quatre missionnaires , convenablement doués pour l’enseignement et pour la direction de notre petite communauté. C’est le parti que nous avons pris , en nous reposant avec une entière confiance sur leur sympathie et leur dévouement , pour le succès d’une entreprise qui intéresse à un si haut degré toutes les missions de notre Société .
Notre confiance n’a pas été trompée , et , avec l’agrément de leurs Vicaires Apostoliques , nous avons pu obtenir le concours des trois confrères ci-dessus nommés . Aussitôt que les derniers détails auront été réglés avec leurs Supérieurs respectifs , leurs noms figureront , dans l’État de la Société , parmi ceux des directeurs de notre nouveau Séminaire de l’Immaculée-Conception à Bel-Air , lequel pourra , nous l’espérons , être occupé à notre prochaine rentrée de septembre . En attendant , ils remplissent effectivement les fonctions de directeurs de notre Séminaire de Meudon , et en exercent tous les droits , soit pour la conduite générale de la maison , soit pour la direction spirituelle des aspirants , soit enfin pour toutes les délibérations à prendre dans l’intérêt de cette communauté .
Dans le courant de cette année , le nombre de nos aspirants a subi une légère diminution . En 1888 , après la rentrée , et avant le premier départ de fin d’année, nous avions 237 aspirants , dont 153 à Paris , et 84 à Meudon . Cette année , à la même époque , nous n’en avions que 228 , dont 146 à Paris et 82 à Meudon . Cette diminution dans le chiffre de notre recrutement annuel , ne s’explique que trop facilement , par les graves préoccupations que la nouvellle loi militaire avait semées un peu partout . Daigne le Dieu très bon , par les secrets ressorts de sa Providence , nous conserver , malgré tous les obstacles , les ouvriers indispensables à son Œuvre ! Tous nos confrères savent que , même avec le chiffre actuel de nos aspirants , nous suffisons à peine aux besoins les plus urgents de nos missions .
L’épidémie d’influenza , qui a parcouru , non seulement toute la France , mais encore presque l’univers entier , a visité nos deux communautés , et , presque tout le monde, directeurs et aspirants , a été successivement atteint , mais sans gravité . Non seulement nous n’avons pas dû licencier nos aspirants , comme la plupart des établissements l’ont fait , mais nos classes n’ont jamais été suspendues . Toutefois , nous avons eu le regret de perdre un de nos sous-diacres , M. François Revet , du diocèse de Moutiers , emporté , le 23 février 1890 , à la suite d’un érésipèle . Cette lettre commune n’étant pas encore imprimée à cette date , nous nous permettons d’anticiper de quelques semaines sur l’année 1890 , pour recommander le regretté défunt aux prières de nos confrères . Un des caractères de l’épidémie courante était d’aggraver , ou même de rendre mortelles , un grand nombre d’affections , ordinairement oeu dangereuses par elles-mêmes . Notre pieux sous-diacre est allé à Dieu , muni des sacrements de l’Eglise , et avec un cœur rempli de saints désirs .
Dans notre précédent compte rendu , nous annoncions que , grâce à la libéralité de deux insignes bienfaiteurs , la deuxième section de notre communauté allait être pourvue d’un séminaire adapté à tous ses besoins . Aujourd’hui ce généreux dessein est devenu un fait accompli , par le dévouement et la charité inépuisable de M. François-Marie-Théodore Baron de Gargan , et de Mme Hortense-Alice Espivent de la Villesboisnet , son épouse .
En réalisant cette grande œuvre , au profit de la communauté des Missions-Étrangères , les deux insignes bienfaiteurs ont voulu seconder , d’une manière perpétuelle , la prédication de l’Evangile parmi les nations infidèles , et honorer ainsi , par l’œuvre la meilleure qui fût en leur pouvoir , la Conception Immaculée de la Mère de Dieu . Ils ont voulu que cet édifice matériel fût comme une invocation perpétuelle adressée à la Vierge Immaculée , en appelant sa protection sur eux , sur leurs familles et sur les Missions .
La poste de la première pierre a eu lieu le 13 juin . Quoique déjà gravement malade , le baron de Gargan avait tenu à honorer de sa présence cette cérémonie , qui avait également attiré plusieurs amis particuliers de la famillle et des missions , et à laquelle assistait le personnel réuni de nos deux communautés . La cérémonie a été accomplie , selon toutes les prescriptions du Rituel romain , par le Supérieur de notre Séminaire de Paris , dûment autorisé, à cet effet , par Mgr l’évêque de Versailles. Avant de sceller la première pierre , on a déposé , dans une encastrure pratiquée au-dessous , un tube de plomb contenant une médaille de la sainte Vierge avec la date du 13 juin 1889 , un parchemin relatant les noms des fondateurs et les principales circonstances de la cérémonie , un état de tous les membres de la Société des Missions-Étrangères , et une liste des aspirants et des Frères coadjuteurs , actuellement présents au Séminaire .
Après la cérémonie , le baron a exprimé , en termes émus , à toute la communauté , la joie qu’il éprouvait de cette fondation , et , prenant texte du psaume qu’on venait de chanter : Nisi Dominus œdificaverit dontum , in vanum laboraverunt qui œdificant eam : « Permettez-moi , a-il-dit , de renverser un peu les paroles du psaume , sans toutefois en altérer le sens , et de dire : Puisque le Seigneur bâtit cette maison , ce n’est pas en vain qu’auront travaillé ceux qui la font construire . Oui , c’est bien Dieu qui bâtit cette maison . Au commencement de cette année , nous ignorions , Mme de Gargan et moi , qu’une section de la communauté des Missions-Étrangères était logée d’une manière absolument insuffisante . Nous avons appris cela , pour ainsi dire , par hasard , et nous nous sommes sentis inspirés d’acheter cette propriété et d’y bâtir ce Séminaire . »
Le généreux baron ne devait pas voir sur la terre le couronnement de son œuvre . Le 5 du mois d’août , Dieu rappelait à lui , par une mort très sainte , ce fidèle serviteur , pour lui donner la récompense de ses innombrables œuvres de charité . Toutefois , sa mort n’a rien changé à l’exécution du plan arrêté . Sa généreuse compagne a poursuivi , avec une religieuse activité , la réalisation des intentions qu’elle avait toujours pleinement partagées , et , à la fin de l’année , tout le gros œuvres est achevé et la maison couverte . Elige , Domine , locum istum , ut sit Nomen Tuum ibi in sempiternum , et permaneant oculi Tui et cor Tuum ibi cunctis diebus ! (II Paralip. , c. VII) .
SANATORIUM DE SAINT-RAPHAEL .
Il y avait , en janvier 1889, une douzaine de nos confrères au sanatorium de Saint-Raphël , et à peu près autant en décembre . Dans tout le courant de l’année , sans parler de ceux qui n’y ont fait qu’un séjour passager , la maison a donné asile à 20 de nos confrères malades . Quatre d’entre eux , suffisamment rétablis , ont déjà pu regagner leurs missions . Autour de notre sanatorium , nous avons la consolation de voir surgir , parmi les enfants du pays , quelques germes de vocations apostoliques . Daigne le Maître divin des Apôtres bénir ces généreuses aspirations , et les faire arriver jusqu’à cette volonté résolue qui ne recule devant sacrifice !
PROCURE DE ROME .
La première Cause de Béatification de nos Martyrs vient de faire , cette année , un pas considérable . Le travail très étendu de la révision des procès Apostoliques a été heureusement achevé , et , comme on va le voir , le Rme Promoteur de la Foi donne une conclusion favorable , et se prononce très positivement pour la validité de tous les procès faits dans nos missions .
Nous parlons de la première Cause de Béatification . Tous nos confrères savent , en effet , que nous avons deux Causes distinctes , qui se poursuivent actuellement à Rome . La première comprend :
1o Les Serviteurs de Dieu dont la Cause fut introduire par Décret de la Sacrée Congrégation des Rites , en date du 29 mai 1840 , approuvé par le Pape Grégoire XVI , le 19 juin de la même année . Dans ce Décret , on distingue , outre 7 Martyrs indigènes , les Vénérables Pierre-Dumoulin Borie , évêque élu d’Acanthe et Vicaire Apostolique du Tonkin Occidental , François Jaccard , François-Isidore Gagelin , Joseph Marchand , Jean-Charles Cornay (On sait que , lorsque le Souverain Pontife approuve le Décret d’Introduction d’une Cause , il confère , par le fait même , le titre de Vénérables aux Serviteurs de Dieu compris dans ce Décret) ;
2o Les serviteurs de Dieu dont la Cause fut introduite par Décret de la Sacrée Congrégation des Rites , en date du 12 juin 1843 , approuvé par Grégoire XIV , le 9 juillet de la même année , et comprenant , outre 29 indigènes , le Vénérable Jean-Gabriel-Taurin Dufresse , évêque de Tabraca et Vicaire Apostolique du Su-tchuen ;
3o Les serviteurs de Dieu dont la cause fut introduite par Décret de la même Congrégation , en date du 17 septembre 1857 , approuvé par le Pape Pie IX , le 24 septembre de la même année . Parmi eux, on distingue , outre 6 Martyrs indigènes , les Vénérables Gilles Delamotte , Augustin Schœffler , Jean-Louis Bonnard et Auguste Chapdelaine .
Dans ce même Décret du 24 septembre 1857 , se trouvent compris les Vénérables Laurent Imbert , évêque de Capse et Vicaire Apostolique de Corée , aves ses deux missionnaires , Pierre Maubant et Jacques-Honoré Chastan , ainsi que 80 Martyrs indigènes du même Vicariat . Mais l’état de persécution où s’est trouvée la mission pendant de longues années , n’ayant pas encore permis d’achever les procès apostoliques exigés par le Saint-Siège , ces 83 Martyrs de Corée se trouvent , par le fait , séparés de cette première Cause , et formeront une Cause à part , pour toutes les formalités qui doivent suivre l’Introduction .
La deuxième Cause est celle qui fut introduite par Décret de la Sacrée Congrégation des Rites , en date du 1er février 1879 , approuvé par Léon XIII , glorieusement régagnant , le 13 du même mois . Outre 31 Martyrs indigènes (y compris le prêtre Pierre Luu , dont nous avons parlé dans la précédente lettre commune) , elle comprend les Vénérables Etienne-Théodore Cuenot , évêque de Metellopolis et Vicaire Apostolique de la Cochinchine Orientale , Pierre-François Néron , Jean-Théophane Vénard , et Jean-Pierre Néel .
Des procès apostoliques relatifs à cette seconde Cause , voici la nomenclature de ceux qui ont déjà été reçus à Rome : Procès du Tonkin Occcidental et du Tonkin Méridional , en 1885 ; du Cambodge , en 1886 ; de la Cochinchine Occidentale , en 1887 ; de la Cochinchine Septentrionale , en 1889 . Il ne manque plus que les procès qui doivent être instruits au Kouy-tcheou et dans la Cochinchine Orientale , et l’on espère les recevoir assez prochainement . Ce n’est qu’alors que notre postulateur pourra solliciter l’examen officiel de tous ces documents par le promoteur de la Foi , à l’effet de faire établir leur validité . En attendant , pour gagner du temps , il fait à la chancellerie des Rites , toutes les démarches nécessaires pour obtenir la transcription , et au besoin , la traduction des procès déjà reçus .
Quant à la première Cause , c’est-à-dire celle qui comprend les Martyrs déclarés Vénérables en 1840 , 1843 et 1857 , pour mieux faire comprendre où elle en est aujoud’hui , ce qui a déjà été fait , et ce qui reste encore à faire , nous croyons répondre au désir d’un grand nombre de nos confrères , en reprenant ici brièvement les choses depuis le commencement .
Régulièrement , les procès ordinaires , ou les documents équivalents , qui ont servi pour l’Introduction d’une Cause , ne peuvent pas suffire pour procéder à la Béatification . Mais il faut faire un second procès , qui est appelé procès Apostolique , parce qu’il est instruit , non par l’autorité de l’Ordinaire du lieu , mais par délégation expresse du Saint-Siège , ou du Seigneur Apostolique . A cet effet , après l’Introduction des trois Causes de 1840 , 1843 et 1857 (qui furent plus tard réunies en une seule , et que nous appelons notre première Cause) , des Lettres Rémissoriales furent envoyées par la Sacrée Congrégation des Rites à tous ceux de nos Vicaires Apostoliques , qui avaient à s’occuper des procès des Vénérables serviteurs de Dieu . Ces lettres sont appelées Rémissoriales , parce qu’elles remettent , au juge délégué , les pouvoirs nécessaires pour instruire le procès , au nom et par l’autorité du Souverain Pontife lui-même . Elles contiennent en même temps toutes les instructions nécessaires pour faire régulièrement le procès , pour le clore quand il est achevé , et pour l’expédier à Rome .
Cette première Cause comprenant 52 martyrs (déduction faite des 83 de Corée) , et plusieurs témoins devant être juridiquement interrogés sur chacun d’eux par un tribunal ecclésiastique , composé à cet effet au sein de la mission , il est facile de comprendre que la confection de tous ces procès devait demander un temps considérable , surtout si l’on tient compte des persécutions ,des troubles et des empêchements multiples , qui se sont rencontrés dans plusieurs de nos missions .
Le premier de ces procès apostoliques qui arriva à Rome fut celui de la Cochinchine Orientale , en 1871 ; les autres arrivèrent successivement : celui du Tonkin Méridional en 1873 , celui du Kouy-tcheou en 1874 , ceux du Su-tchuen Oriental et de la Cochinchine Septentrionale , en 1876 , ceux du Tonkin Occidental et de la Cochinchine Occidentale , en 1877 ; enfin celui du Kouang-si , en 1883 .
Le procès de Corée , comme nous l’avons dit , n’a pas encore pu être terminé .
Outre ces procès , qui roulent sur le Martyre des Serviteurs de Dieu , un a été fait à Paris sur le non culte , c’est-à-dire , pour établir qu’on a fidèlement observé la constitution d’Urbain VIII , défendant de rendre aucun culte public aux serviteurs de Dieu, avant leur Béatification . Deux autres ont été instruits , l’un à Versailles , l’autre à Reims , pour établir deux guérisons miraculeuses . Ces trois procès de Paris , Reims et Versailles , avaient été envoyés à Rome en 1868 . Celui de Versailles comprend deux procès annexes qui ont été faits , l’un à Londres , l’autre à Rome même , sous la présidence du promoteur de la Foi , pour établir la même guérison miraculeuse .
Les procès une fois reçus à Rome , sont sur la demande du Postulateur , ouverts par la Sacrée Congrégation des Rites , et avant qu’il soit permis de passer outre , ils doivent être , quand il en est besoin , traduits , et , en tout cas , recopiés , par les traducteurs et écrivains assermentés de la Sacrée Congrégation , lesquels doivent être inconnus du Postulateur , et ne peuvent avoir avec lui aucune relation . Ce travail de traduction et de copie est toujours long . Pour notre première Cause , il forme 21 volumes in-4o d’écritures , et n’a été achevé qu’en 1882 .
Après avoir été dûment collationnés par le chancelier des Rites , les 21 volumes furent livrés à l’avocat de notre Cause , M. Minetti , qui se mit immédiatement à l’œuvre pour démontrer que , dans tous et chacun de ces procès , les prescriptions de la Sacrée Congrégation avaient été fidèlement observées . Le devoir de l’avocat est encore d’expliquer les choses obscures , de concilier les contradictions apparentes , et enfin , s’il y a réellement dans la procédure quelque vice deforme , d’en faire demander la sanation au Saint-Père par l’entremise du Postulateur . Ce travail de l’avocat était imprimé dans les premiers mois de 1884 , et ne contenait pas moins de 617 pages in- 4o .
Dans une Cause de Béatification , l’avocat s’identifie avec les promoteurs de la Cause , et son rôle , comme celui du Postulateur , est d’en défendre les intérêts . Le Promoteur de la Foi , au contraire , s’identifiant avec la Sacrée Congrégation des Rites , a pour devoir d’en faire ressortir les côtés faibles ou défectueux , et c’est à lui naturellement qu’appartient le dernier mot sur la question . C’est donc à lui que sont finalement réservés , et l’examen des procès , et le contrôle de la thèse de l’avocat sur leur validité . Ce travail est fait , en premier lieu , par le sous-promoteur de la Foi , le Promoteur se réservant à lui-même le dernier examen et la conclusion .
Les 21 volumes des procès de nos Vénérables et le volume ou la thèse de l’avocat furent donc remis , en mai 1884 , entre les mains du sous-promoteur . Quoique un tel examen lui demandât un travail considérable , et que notre Cause ne fût pas la seule qui réclamât son temps , nous avions espéré qu’il serait terminé dans deux ou trois ans . Il n’a pu l’être qu’à la fin de cette année 1889 .
Toutefois ces années de retard n’ont pas été entièrement perdues . Les écrits assez volumineux de nos Vénérables serviteurs de Dieu devaient être soumis à l’examen et à la revision de théologiens , députés par la Sacrée Congrégation , et celle-ci ne devait pas s’occuper du fond de notre procès , avant que cet examen des écrits ne fût achevé ; ce travail s’est poursuivi pendant que le sous-promoteur examinait la validité du procès , et il est aujourd’hui entièrement terminé .
En outre , si cette révision de nos procès a été longue , nous sommes heureux de pouvoir dire qu’elle a été entièrement favorable à leur validité , comme on le verra par les conclusions du Promoteur de la Foi que nous allons reproduire ci-dessous .
En attendant , voici la liste complète des procès , dont la validité a été admise , avec l’indication , pour chaque mission , du nombre de volumes qu’a donnés la copie .
1o Cochinchine Septentrionale . – Procès faits à Thua-thien , Quang-tri et Quang-binh , 6 volumes .
2o Cochinchine Occidentale. – Procès faits à Gia-dinh , Vinh-long et Mac-bac , 2 volumes.
3o Cochinchine Orientale , 1 volume .
4o Tonkin Occidental , 4 volumes .
5o Tonkin Méridional , 1 volume .
6o Su-tchuen Occidental et Oriental , 1 volume .
7o Kouy-tcheou , 2 volumes .
8o Kouang-si (la copie n’est pas encore faite) .
9o Procès de Reims pour établir un miracle , 1 volume .
10o Procès de Versailles pour établir un autre miracle , 1 volume .
11o Procès de Rome , complément de celui de Versailles , 1 volume .
12o Procès de Paris , pour le non-culte , 1 volume .
Voici maintenant , textuellement reproduites , les conclusions favorables du Rme Promoteur de la Foi , relativement aux procès ci-dessus énumérés , en y comprenant même celui du Kouang-si , car on a obtenu , par dispense , d’en faire constater la validité , quoique la copie ne soit pas encore faite .
Mgr Caprara , Promoteur de la Foi , avait à répondre à cette question : « An constet de validitate Processuum Apostolica Auctoritate constructorum , nec non Inquisitionum ab Ordinariis habitarum : item de obedientia prœstita decretis sa : me : Urbani Papœ VIII super cultu iisdem VV . Dei SS. non exhibito , in casu ad effectum de quo agitur ? »
Et voici quelle a été sa réponse :
« Quod attinet utramque dubii propositi partem , favorabili ejusdem resolutioni nullum proprie dictum obstaculum superesse puto , et idcirco censeo ita rescribi posse :
Affirmative ad utrumque : adjectis documentis , quœ suppleri valent ; et supplicandum SSmo tam prosanatione defectuum , quam ut documenta authentica , ad Scram Congregationem de Propaganda Fide et a Missionariis ad Parisiensem Societatem Missionum transmissa , quœque Ordinariorum processuum loco habita fuere, habeantur in linea aqualis probationis cum Processibus Apostolicis , reliqua vero uti adminicula .
« Sed hæc , prudentissimo Emorum Patrum , aliorumque Suffragantium judicio , subjecta omnino esse volo . »
Les paroles du Promoteur adjectis documentis quœ suppleri valent font allusion à quelques pièces , d’importance secondaire , qu’on n’avait pas trouvées lors de la révision générale . Mais ces pièces ont été retrouvées depuis . La réserve que les paroles citées paraissaient introduire dans les conclusions n’existe donc plus . Quand le Promoteur dit qu’il faudra recourir au Saint-Père pro sanatione defectuum , il veut parler de défauts accidentels de forme, qui sont presque inévitables dans une procédure aussi longue , et dont on a peu l’habitude . Le Saint-Père accorde toujours cette sanation . Au contraire , s’il s’était agi de défauts substantiels ou affectant le fond des choses , non seulement cette faveur eût été refusée , mais les procès auraient été simplement déclarés invalides . Enfin le Promoteur déclare qu’il y a lieu de recourir au Souverain Pontife , pour obtenir que les documents envoyés des missions , et qui ont tenu lieu de procès ordinaire pour l’Introduction de la Cause, aient , devant la Sacrée Congrégation, la même valeur probante que les procès Apostoliques . Pour comprendre cela , il faut savoir que , quand il s’agit d’établir qu’un Vénérable serviteur de Dieu mérite les honneurs de la Bétification , la Sacrée Congrégation n’admet exclusivement que les preuves tirées des procès Apostoliques , c’est-à-dire , des procès faits par Lettres Rémissoriales ou par délégation expresse du Saint-Siège , et dans lesquels ont été observées toutes les conditions et prescriptions par lui imposées . Toutefois , le Souverain Pontife accorde , dans certains cas , et par faveur , que le procès ordinaire , ou les documents qui l’ont remplacé pour l’Introduction de la Cause , aient la même force probante que les procès Apostoliques . C’est là ce que le Rme Promoteur propose de demander pour notre Cause en particulier .
Les conclusions favorables du Promoteur de la Foi , quoique ayant une autorité considérable , ne sont cependant pas définitives , et ne le deviendront qu’après avoir été acceptées par la Sacrée Congrégation des Rites elle-même . Mais tout permet d’espérer que cette acceptation ne souffrira aucune difficulté . Telle est l’habitude de la Sacrée Congrégation vis-à-vis de son Promoteur , et dans le cas présent , l’acceptation est d’autant plus probable que l’examen officiel de nos procès n’a donné lieu à aucune observation grave .
La source authentique des preuves se trouve dûment établie ; les écrits des Vénérables Serviteurs de Dieu ont été révisés par les théologiens députés ; toute l’attention de la Sacrée Congrégation des Rites va se concentrer désormais sur la question capitale : An constet de martyrio et causa martyrii , necnon de signis seu miraculis , in casu et ad effectum de quo agitur ? Cette question est délibérée dans trois congrégations successives (l’anti-préparatoire, la préparatoire , et la solennelle ou définitive) , séparées l’une de l’autre par un laps de temps assez considérable . Si la réponse des trois congrégations est affirmative et approuvée par le Souverain Pontife , la cause est comme terminée , et une nouvelle congrégation , réunie , cette fois , sous la présidence du Souverain Pontife , est seulement appelée à répondre à cette dernière question : An stante approbatione martyrii et causa martyrii , signis seu miraculis a Deo illustrati et confirmati , tuto procedi possit ad solemnem beatificationem ?
Prions et faisons prier , avec plus d’ardeur que jamais , pour le succès de cette grande cause , qui sera pour notre Société , non seulement un immense bonheur , mais encore et surtout un nouveau gage de la divine protection .
Jesu , tuorum Martyrum
Remunerator optime ,
Quas supplices effundimus ,
Preces benignus suscipe .
Veuillez agréer les sentiments de très profond et très affectueux respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être , en union de prières et de saints sacrifices ,
Nosseigneurs et Messieurs ,
Vos très humbles et tout dévoués serviteurs ,
Pour les Directeurs du Séminaire :
G. MUTEL , Secrétaire .
NOMS DES NOUVEAUX MISSIONNAIRES
QUI SONT PARTIS DU SÉMINAIRE DE PARIS , DANS LE COURANT
DE L’ ANNÉE 1889
__________
Est parti le 23 avril 1889.
MM. DE POUR
JACQUEMARD Charles-Marie-Alphonse Moutiers Cambodge.
Sont partis le 1er mai 1889 .
PERROY Félix-Hri-Franç-Donatien Luçon Birmanie Mérid.
CHAIZE Antoine Lyon Tonkin Méridional.
BERNARD Jean-Calixte-Firmin Grenoble Pondichéry.
REY Charles Lyon Kouang-tong.
TOUR Jean-Marie-Baptise Paris Coïmbatour.
GONTIER Joseph-Abel Aoste Cochinchine Sept.
CURLIER Jean-Jules-Léon Saint-Claude Corée.
CHALVE Ulysse Valence Tonkin Occidental.
Sont partis le 7 août 1889.
REY Joseph-Anselme Avignon Japon Central.
LAFFITTE Jean Agen Cochinchine Sept
GARNIER Eugène-Marie Nantes Cochinchine Orient.
PINON Louis-Julien-Marie Nantes Tonkin-Méridional.
PICHAUD Mathurin-Augustin-Jos Luçon Tonkin Occidental.
SCHLOTTERBEK Paul-Marie Fréjus Tonkin Occidental.
MÉRIEL Joseph-Pierre Bayeux Cochinchine Orient.
LAVEISSIÈRE Jean-Antoine Saint-Flour Mandchourie.
PASQUIER Pierre-Joseph Lausanne Corée.
Sont partis le 21 août 1889.
LE TOHIC Jacques Vannes Mayssour.
BENOIT François-Etien.-Amans Rodez Cochinchine Occid.
FOULQUIER Marie-Aug.-Ch.-Eugène Rodez Birmanie Septentr.
Est parti le 2 octobre 1889.
ALIX Joseph-Jean-Baptise Rennes Corée.
Sont partis le 13 novembre 1889.
LACAZE Joseph-Louis Rodez Su-tchuen Orient .
FAYOLLE Jean-Pierre Lyon Su-tchuen Mérid.
CHAUDIER André Le Puy Su-tchuen Orient.
MANN Auguste-Louis Strasbourg Su-tchuen Orient.
PARMENTIER J.-Bte-Séraphin-Nicolas. Saint-Dié Su-tchuen Occid.
BADIE Hippolyte Bayonne Yun-nan.
NICOL François Vannes Kouy-tcheou.
GAUDU Louis Saint-Brieuc Yun-nan.
GIRE Jacques-Joseph Le Puy Su-tchuen Mérid.
BROTTE Benjamin Lyon Su-tchuen Mérid.
DUCLOUX François Lyon Yun-nan.
Sont partis le 27 novembre 1889.
BRULEY Georges-Marie-Prudent Laval Japon Septentrional.
BERTHOLET Mathieu Lyon Kouang-si.
HOUILLE Gabriel-Alphonse Paris Siam.
MARAVAL Jean-Baptise Albi Corée.
BERNAT Marius-Henri Rodez Siam.
MAYRAND Placide-Augustin Cahors Japon Septentrional.
THÉNOT Charles Nancy Japon Central.
WEHINGER Jean Brixen Birmanie Septentr.
DAUGUET François-Pierre Rennes Cochinc.Orientale.
VERSTRAETEN Louis-Charles Gand Birmanie Septentr.
FAUCILLON François-Marie Angers Malacca.
Sont partis le 11 décembre 1889.
MULLER Balthazar Strasbourg Pondichéry.
ROUSSEL Alfred-Marie Rouen Japon Méridional.
CHAVANOL Jean-Marie Lyon Pondichéry.
SERVANTON Jean-Baptise Lyon Mayssour.
RIVIÈRE Louis Le Puy Coïmbatour.
DELMAS François-Casimir Rodez Japon Méridional.
TESSON Henri-Victor Séez Pondichéry.
BOULANGER François-Marie-Gabriel Nancy Coïmbatour.
TROUSSÉ René-Joseph Nantes Mayssour.
Sont partis le 23 décembre1889.
PAGÈS Justin Rodez Coll.gén. de Pinang.
SAJOT Auguste Bourges Tonkin Méridional.
QUINTON Victor-Charles Laval Cochinchine Occid.
HERRGOTT Valentin Strasbourg Cambodge.
RENOUARD Alfred-Joseph Mende Tonkin Méridional.
CHANÈS Henri Le Puy Kouang-tong.
CALAQUE Marie-Léon-Albert Saint-Dié Tonkin Occidental.
RAYSSAC Adolphe Cahors Kouang-tong.
VUILLEMOT Joseph-Franç-Alexand Saint-Claude Mandchourie.
KAMMERER Charles Strasbourg Kouang-tong.
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