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Rapport établissement

Année: 1891
Pays: France
Ville: MARSEILLE, MONTBETON, PARIS, BIÈVRES, ROME

PROCURE DE MARSEILLE.


Elle a continué de rendre à la Société ses services accoutumés, sans autre incident extraordinaire que la mort du cher M. Ritter, missionnaire de la Cochinchine occidentale. Trop profondément miné par la maladie, il n’avait retiré de la traversée aucune amélioration, et a fini par succomber peu de temps après son débarquement à Marseille.




SANATORIUM DE MONTBETON.


Dans le courant de l’année, le Sanatorium de Saint-Raphaël a donné l’hospitalité à une quarantaine de membres de la Société. Leur séjour plus ou moins long représente un total de 3,650 journées passées dans la maison. Parmi ces confrères malades, cinq se sont trouvés suffisamment rétablis pour pouvoir regagner leurs missions dans le courant de 1891. Plusieurs autres sont en bonne voie de rétablissement. Deux enfin, M. Borie, ancien missionnaire de Malacca, et frère de notre martyr du même nom, et M. Berger, missionnaire de Pondichéry, y ont saintement terminé leur carrière mortelle.




Il. — Séminaire de Paris et autres établissements
communs en Europe.



SÉM1NAIRE DE PARIS ET DE BIÈVRES.


Le 28 octobre 1891, c’est-à--dire, après la rentrée complète et avant les départs de fin d’année, le chiffre de nos aspirants s’est élevé à 264, dont 156 à Paris, et 108 au séminaire de l’Immaculée-Conception à Bièvres. Dans ce nombre, nous avions le bonheur de compter ceux de nos aspirants qui avaient accompli leur année de service militaire, et qui nous sont tous fidèlement revenus, sauf un qui est rentré dans son séminaire diocésain, ne se sentant pas suffisamment fixé sur sa vocation apostolique.
Peu après la joie de ce retour, nous avions le regret d’en voir 20 autres quitter notre maison pour se rendre à la caserne, et jusqu’à nouvel ordre, cette épreuve se renouvellera chaque année. – Combien ces braves jeunes gens ont besoin, malgré leurs fortes résolutions, d’être soutenus par la prière ! Aussi, Nosseigneurs et Messieurs, nous ne saurions trop les recommander à votre souvenir devant Dieu. Parmi les moyens multiples qui peuvent assurer la persévérance, dans un pareil milieu, la prière occupe une grande place.
La loi militaire n’est pas, vous le savez, la seule difficulté que nous ayons à traverser, et notre séminaire a , dans le moment présent, un besoin extrême d’être soutenu par les supplications que les membres de la Société ne cessent de faire monter vers le Père des miséricordes. C’est là ce qui soutient notre espérance, ce qui nous donne force et courage pour lutter contre les difficultés de chaque jour.
Du reste, toutes les communautés de France éprouvent comme nous ce besoin de la prière, et sous l’impulsion de ce sentiment, il s’est récemment établi entre la plupart d’entre elles une union générale de prières et d’adorations, qui s’étend à tous les jours de l’année, et dont le centre est au Sacré-Cœur de Montmartre. Chaque séminaire ou communauté accepte un jour déterminé pour remplir, pendant 24 heures continues, ce grand devoir de la prière et de l’adoration, au nom de toutes les autres.
Pendant ces vingt-quatre heures, le Très Saint Sacrement demeure solennellement exposé, et, à chaque heure du jour et de la nuit, on accomplit différents exercices religieux déterminés par un cérémonial commun. Quoique nous ayons déjà, au sein de notre Société, l’organisation de la prière perpétuelle, nous n’avons pas hésité un instant à nous associer à cette sainte union. Nous avons tant de choses à demander à Dieu ! Les vingt-quatre heures assignées à nos deux communautés de Paris et de Bièvres, sont fixées, du 26 octobre à six heures du soir au 27 octobre à la même heure. La clôture de l’exercice se trouve ainsi coïncider avec l’anniversaire de la prise de possession de notre séminaire par les premiers directeurs, en l’année 1663.
Le 15 octobre, a eu lieu la consécration solennelle de l’église de notre séminaire de Bièvres. C’est Mgr l’Évêque de Versailles qui a accompli cette imposante cérémonie, en présence de nos deux communautés réunies pour la circonstance. Outre la fondatrice de l’église et du séminaire, les deux vicaires généraux du diocèse, le chanoine Goux, le curé de la paroisse, le maire de la commune, et plusieurs amis de la maison assistaient à la cérémonie. Selon la volonté expresse du fondateur et de la fondatrice, l’église a été dédiée sous le vocable de l’Immaculée-Conception de la Mère de Dieu.
Cette consécration était une fête toute de joie. Deux mois plus tard, le 21 décembre, nous nous trouvions réunis dans le même sanctuaire, pour un deuil de famille, pour rendre les derniers devoirs à notre très cher et très regretté confrère, M. Favreau. Sa santé, quoique ébranlée depuis quelque temps, ne laissait entrevoir à personne, excepté à lui-même, une fin si prochaine. Pour lui, en effet, la mort à courte échéance n’était pas douteuse, et les notes qu’il a laissées nous ont fait voir avec quelle certitude il l’avait prévue, et avec quel calme et quelle sérénité il avait mis ordre à toutes ses aflaires, en vue de ce grand et suprême acte de la vie. C’est bien à lui que peuvent s’appliquer les paroles de Notre-Seigneur : Beatus ille cervus quem, cum venerit Dominus, invenerit vigilantem.
La mort de M. Favreau est une perte immense pour notre séminaire de l’Immaculée-Conception. Sa piété, sa régularité, son dévouement, son amour de l’ordre et du devoir, les connaissances très étendues qu’il avait acquises en matière de philosophie, toutes ces qualités, jointes à une simplicité et à une modestie rares, faisaient de lui un homme extrêmement précieux pour une communauté. Ses restes mortels reposent dans le parc de Bel-Air, au pied d’une grande statue de la Vierge Immaculée, et nombreuses sont les visites qui sont faites à cette tombe bénie.



PROCURE DE ROME.


Les deux derniers comptes-rendus (3 décembre 1889 et 1890) ont fait connaître d’une manière aussi claire et aussi complète que possible tout ce qui concerne les Causes de Béatification de nos vénérables Martyrs.
Dans le compte-rendu de 1890, après avoir exposé ce qui avait été fait jusqu’ici pour la révision des écrits, pour la constatation du non-culte, pour la déclaration de la validité des procès instruits dans nos missions, nous ajoutions, en parlant de la première Cause (Décrets de 1840, 1843, 1857) :
« Maintenant, le premier travail qui s’impose est de démontrer que tous et chacun des serviteurs de Dieu compris dans la Cause, ont été réellement mis à mort en haine de la foi, et partant qu’il y a eu pour chacun véritable martyre.
« Il faut établir, en outre, la vérité des miracles ou signes, obtenus par l’intercession des serviteurs de Dieu. Cette double démonstration, l’avocat de la cause ne peut la faire que par des preuves tirées exclusivement des procès apostoliques et des documents authentiques déjà approuvés et acceptés par la Sacrée Congrégation.
« Pour cela, il doit compulser les vingt-trois volumes des procès et les documents qui ont servi à l’introduction de la Cause, afin d’en extraire les témoignages sur lesquels il appuiera sa démonstration. Ce travail, qui est désigné sous le nom de Sommaire, est, comme on le voit, très considérable par son étendue. Il est, en outre, d’une importance capitale ; il est comme l’arsenal d’où devront être tirées les preuves pour établir le martyre des serviteurs de Dieu, et les miracles obtenus par leur intercession. Il doit donc être fait avec un grand soin, et surtout avec une exactitude absolue. Aussi nous ne pensons pas que ce Sommaire puisse être terminé et imprimé avant dix-huit mois ou deux ans. »
L’avocat de la cause, M. Minetti, y a consacré son temps et ses soins pendant toute cette année, et, au 31 décembre, le travail se trouve assez avancé pour qu’on puisse en commencer l’impression vers la fin de janvier ou le commencement de février 1892.


Veuillez agréer les sentiments de très profond et très affectueux respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être, en union de prières et de saints sacrifices,

Nosseigneurs et Messieurs,

Vos très humbles et tout dévoués serviteurs,

Pour les directeurs du Séminaire :

Fl. HINARD, Secrétaire.






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